Faut-il vendre son vélo?


Nos vélos au placard devront encore attendre avant de savoir si leur patron sortira vainqueur de l’épidémie

On sait d’ores et déjà que l’année 2020 sera une année noire pour le cyclisme

Avec la pandémie qui s’étend, nos vélos vont perdre tout attrait cette saison. Ils l’ont déjà perdu par la force des choses. Les organisations (FFC, FFVélo) qui se sont spontanément ralliées aux pouvoirs publics risquent de perdre de nombreux adhérents du fait de l’interdiction de rouler à vélo pour les balades, les courses et le cyclotourisme en général. Tant pis pour elles! Ce faisant elles ont délibérément battues en retraite sans négocier un espace de liberté pour les pratiquants seuls…et on a de quoi leur en vouloir.

Il est patent qu’aucune fédération rattachée au Ministère des Sports ne pouvait aller contre une décision qui s’imposait à tous mais on aurait pu négocier. Cela n’a pas été fait.

On peut vraiment regretter que les positions fédérales ont entrainé l’interdiction totale du vélo de randonnée y compris chez ceux qui roulent habituellement seuls. Comme c’est mon cas depuis de nombreuses années.

Pour les fans de cyclisme, c’est un coup de massue que d’être confiné alors que les beaux jours sont là et que la montagne nous attend.

Des chemins vides où l’épidémie aurait pu se propager en raison de la foule habituée à s’y masser (Soppe-le-Bas)

Grimper le Hundsrück, poursuivre par Masevaux, la vallée du Soultzbach, en quoi cela pouvait-il concourir à aggraver l’épidémie?

Se retrancher derrière un hypothétique risque d’accident qui viendrait encombrer les urgences est une construction intellectuelle de vraiment mauvaise foi. Pourtant certains de mes amis se sont engouffrés dans cette brèche…et ils y sont toujours. En quarante de vélo, je n’ consulté un service hospitalier qu’une fois. Il suffit donc d’une fois, une probabilité infime pour décider du sort de notre passion sportive.

Plus ça va, plus un report se précise pour la Grande Boucle qui doit faire une halte en Limousin avec une arrivée à Sarran, en Corrèze, le 9 juillet.

(Pascal Coste, président du conseil départemental, sur le Tour de France 2020 qui doit s’arrêter en Corrèze)

Comment peut-on imaginer que le Tour de France puisse encore se tenir en juillet alors qu’on peine encore à circonscrire la pandémie et alors même que le rassemblement sportif est appelé à rassembler des millions de gens sur le bord de nos routes? On pourra en revanche se féliciter de voir évitée la pollution engendrée par la Grande Boucle dans nos massifs.

Perspective bien dérisoire, direz-vous, en regard des milliers de morts et de la vertigineuse amplitude que prend l’épidémie en Europe et qu’on peine à contenir.

Vendre sur le marché de l’occasion?

Les entreprises du cycle comme Cycleurope ou Décathlon, comme toutes les manufactures du loisir sont lourdement impactées par le confinement et l’interdiction de pratiquer son sport favori.

Ceux qui piaffent d’impatience afin de remonter sur leur vélo risquent de devoir encore attendre longtemps et le home-trainer ne pourra pas durer indéfiniment.

243000 annonces!

Si l’on croit pouvoir abandonner facilement à bas prix sa bécane, on se trompe; ainsi le site le Bon Coin est le premier site marchand à afficher autant de vélos d’occasion avec …243000 annonces!

Sur le Bon Coin, ce vélo de route tout carbone à 9000 euros trouvera t-il un acquéreur? on peut en douter.

Soyons réalistes!

Soyons réalistes, un vélo comme celui-là n’a plus qu’une valeur sentimentale. D’un point de vue marchand il ne vaut plus rien tout carbone qu’il soit et équipé en Di2.

On ne vend pas son vélo quand le sport est en pleine déprime…sinon on le brade. En revanche on peut espérer s’en débarrasser auprès d’un vélociste lorsque le confinement cessera et à condition d’en acheter un plus moderne. Les professionnels vont avoir des stocks d’invendus et on pourra peut être repérer de bonnes affaires avant la fin de saison.

Espérons que d’ici là, la levée de notre interdiction sera intervenue.

2 réponses sur « Faut-il vendre son vélo? »

  1. Cher Max,
    Dans les 1ers temps du confinement, j’ai eu tendance à réagir comme toi, de façon très individualiste en regard de cette catastrophe collective : oui pourquoi ne pas autoriser les cyclistes, et les randonneurs…et les pêcheurs…et tous ceux qui effectivement ont plutôt une pratique individuelle.
    C’est ce qui se passe chez nos voisins allemands, belges, suisses avec toutefois des contextes sanitaires autres : moins de personnes contaminées, des équipements suffisants, des masques…et surtout une culture vélo = mode de déplacement bien différente de chez nous.
    Rappelons que chez nous le dernier plan vélo national date seulement de septembre 2018 et la loi LOM vient d’être votée : donc n’espérons pas que les mentalités changent rapidement chez nos décideurs politiques.
    A qui se fier alors ? Ecoutons le personnel soignant admirable dans son combat quotidien contre les ravages de ce virus et qui jour après jour, même si la situation semble se stabiliser (je n’ose pas dire encore s’améliorer..) nous enjoint de rester au maximum chez nous. Nous leur devons un minimum de respect (cf.article : https://www.rue89strasbourg.com/alsace-personnel-soignant-deuxieme-vague-tout-aussi-catastrophique-172306).
    Soyons patient donc et surtout un minimum civique (pensons aux autres)
    Cordialement

    1. Je ne réagis pas de façon très individualiste, je demande qu’on ne nous assigne pas des mesures contraires aux libertés individuelles dont l’efficacité reste à démontrer. Empêcher un type de faire du vélo ou d’aller à la pêche, on ne sait toujours pas en quoi ça diffuse le virus. Les Allemands l’ont très bien compris.
      Les soignants n’ont aucune légitimité à nous donner des leçons de civisme, voire de moralité. Pour tout dire ils m’agacent avec leur « restez chez vous! » Ce qui n’a rien à voir avec leur dévouement et leur cadre professionnel qu’ils maitrisent du mieux qu’ils peuvent dans des conditions où la sécurité des soins reste vraisemblablement aléatoire vu le manque de personnel et l’absence de matériels adaptés, le tout politiquement assumé par le pouvoir en place…et vu aussi l’évacuation massive de malades chez nos besoins.
      Donc non, je n’écoute pas le personnel qui n’a aucune vision de se qui passe à l’extérieur autrement qu’à travers des clichés abondamment repris par les médias. Des types « qui tiennent les murs » dans les quartiers, des marchés bondés, des populations incultes sur le plan sanitaire et des populations urbaines en recherche de joie de vivre qu’on assigne à résidence.
      Alors pensez aux autres ne change rien aux problèmes. Rien dans mes comportements ne porte atteinte à l’intégrité de mes semblables.

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