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Les potins du lundi

Je pourrais vous parler ce matin comme on le fait dans les stammtisch d’Alsace. De tout et de rien tant le bavardage libère le ressenti, les rancœurs, les bonheurs. Vous dire que c’est un crève-cœur de voir les charcuteries Tempé liquidées, le cochon n’étant plus porteur après tant de séismes cardio-vasculaires et cette vague de véganisme qui balaie tout sur son passage, ou encore de Manurhin qui se désespère de ne pouvoir redémarrer son commerce de flingues faute d’agrément d’Etat. Non, ce que je vais vous dire ce matin relève aussi du café de comptoir mais dans un autre domaine.

Pourquoi le tram-train de la Thur est aussi mal aimé?

Parce que ses détracteurs ont choisi dès le début de lui faire la peau. Des détracteurs? Oui, les inconditionnels du TER, les utilisateurs frontaliers, ces navetteurs contraints, se sont sentis grugés dès le départ. Faire rouler un tram sur une voie SNCF, c’était le plus mauvais choix à faire selon eux. Arrêts fréquents, absence de confort, et temps de trajets accrus. Pour les partisans du TER, si le tram-train a été construit jusqu’à Thann, c’est uniquement pour que l’agglo de Mulhouse atteigne la taille requise pour bénéficier d’un tram dans sa ville.

Guebwiller va attendre longtemps avant de revoir un train revenir devant sa gare: plus aucune ligne de train ne doit posséder sur son trajet des passages à niveau. Construire un pont pour la D83? faut pas rêver!

A nous de vous faire préférer le train! Je ne sais plus si ce slogan de la SNCF a existé un jour ou si je l’ai inventé. Utilisateur occasionnel du train, j’ai pris le tram-train de la vallée de Thann pour me rendre vendredi à l’Assemblée Générale du CADRES Mulhouse.

Je me suis un peu forcé, histoire de ne pas prendre ma voiture comme 95% des habitants des lieux. Ma fibre écolo a gagné.

Première déconvenue, le tram-train n’arrivera que dans 20 minutes. Je m’installe au volant de ma voiture sur le parking de la gare et j’écoute la radio. La SNCF n’y est pour rien, il suffisait que je me renseigne sur l’horaire. Vingt minutes, c’était le temps du voyage, en voiture. Bon, admettons!

Deuxio, je veux prendre mon billet. Il est 17h45 et le soleil qui descend lentement sur le Thannerhubel rend l’écran du distributeur illisible. Je tourne la grosse molette à l’estime sans voir ce qui est sélectionné…Au bout de deux cycles, j’obtiens mon billet cartonné.

Je monte dans le tram-train. Un visage barbu se penche sur moi. C’est le contrôleur. Il n’a pas perdu de temps. Je suis en règle. « N’oubliez-pas de composter au retour! » Au retour, j’apprendrai que le contrôleur a été chic avec moi car le billet de tram-train doit être composté sur le quai de la gare et pas dans la voiture du tram comme je l’ai fait…quel novice ce Maxou!

A propos de billet de train, vous avez vu le coût des prunes affiché dans toute les gares? ça fait froid dans le dos. Dès le 20 mars, pour améliorer la sérénité et l’équité de tous pendant le voyage, les règles de régularisations à bord de vos trains changent. La sérénité et l’équité? vous êtes sûrs?…moi ça me fout la trouille…

Des prunes dissuasives.

Notre tram-train est confortable. Pas suffisamment en tous cas pour les habitués qui mettent les pieds sur la banquette en face. Ce genre de comportement m’insupporte et j’imagine que nombre de voyageurs potentiels renoncent au train à cause de ces incivilités. J’en fait partie. Un ami a fait la remarque à l’un d’eux. A sa descente du tram, un comité d’accueil l’attendait. Gardons-nous donc de toute remarque provocante!

A Cernay, une effroyable gamine de six ans environ est montée à bord avec sa famille. Son jeu jusqu’à l’arrivée a été de parcourir le couloir central pendant tout le trajet en courant et en se traînant à plat ventre comme un Océdar. Un vrai démon! Jamais un parent n’est intervenu.

Au retour, j’apprendrai par un ami que mon billet n’était pas le moins cher (!), et nous ferons un kilomètre à pied le long des quais pour passer le temps car nous sommes arrivés trop tôt avant l’arrivée du train. Pourtant quand je stationne avec ma voiture à Mulhouse, mon smartphone me prévient de la fin de mon stationnement payant un quart d’heure avant, mais la SNCF ne sait pas me prévenir de l’arrivée de son train.

A nous de vous faire détester le train.

Les biffins contre les jaunes

Le Gouvernement est en ordre de bataille dispersé. Macron rentre en pétard du ski, Castaner liquide son préfet de police…et pour faire bonne mesure le Sénat en remet une couche avec l’affaire Benalla. Il est fait appel à la troupe pour défendre le Fouquet’s attaqué par les Gilets jaunes. Les pétochards se demandent ce qui se passerait si on subissait une vraie attaque de Trump ou de Poutine…

Le Fouquet’s, son charme intemporel demeurera t-il?

C’est un très mauvais message à l’adresse des citoyens de semer l’idée qu’un ennemi intérieur est parmi nous. L’action des Gilets jaunes est un spectacle bon enfant qui n’a rien à voir avec un mouvement insurrectionnel. Non, un vrai mouvement insurrectionnel pourrait ressembler à la rigueur à celui des grèves de la sidérurgie en 1979 où les manifestants neutralisaient des voies ferrées, des moyens de communication radio et des systèmes énergétiques. Ici, nous n’avons rien de tout cela, juste quelques symboles du capitalisme bling-bling donnés en spectacle avec des feux de Bengale sur les chaînes d’info en continu. Rien de comparable avec les lanceurs de balles de défense qui éborgnent les manifestants. Le pire pour Macron, qui n’en peut mais, est donc loin d’être arrivé. Les gesticulations du pouvoir sont d’un ridicule qui confine à l’excès.

L’ultra-gauche aurait donc quelques vertus, celle au moins de réveiller nos consciences face à l’endormissement du bon peuple par le dogme libéral incarné par Macron. Son Grand Débat est en train de faire « pschitt » et les Européennes se présentent sous un jour peu reluisant pour la classe dominante et sa doxa qui veut briser nos valeurs communes, services publics, enseignement, retraites, sécurité et justice sociales.

Curieux positionnement politique qui venant d’un sexagénaire féru de chose publique est pour le moins déconcertant. Je n’en rougis pas. Péché avoué est à moitié pardonné diront mes compagnons de route plutôt discrets sur ce registre de la citoyenneté. Je m’attends à devoir encore prendre parti prochainement pour l’Europe des peuples et contre l’Europe du libéralisme économique. C’est un devoir pour nous tous.