Étiquette : gilets jaunes

Cherchez l’erreur!

Cherchez l’erreur!

Dans cet inextricable conflit, l’erreur c’est moi. Je leur ai dit au Gj, leur gilet était destiné à rester au fond de la boite à gants. Pas à s’afficher sur les ronds-points. Je suis victime d’une usurpation d’identité, celle du cycliste sur la route. A présent, on me confond.

Je les entends les auto-mobilistes: « tiens, un gilet jaune qui se met au vélo! »

Véridique, l’autre jour, alors que je déambulais sur la colline de la Loh à Steinbach, un promeneur de chien m’a interpellé « si vous cherchez le rendez-vous des Gilets jaunes », c’est par là!… » me dit-il en m’indiquant la direction de Leclerc.

Publicités

Les potins du lundi

Dix gilets jaunes flottent au vent autour du rond-point, les dix morts depuis le début du conflit, me dit-on…

J’y passe en rentrant de temps à autre lorsque c’est ma route.

Le grand rond-point du Pont d’Aspach s’est transformé. Je ne suis pas expert mais on me dit que ce mouvement est installé pour durer. D’ailleurs des constructions discrètes ont pris le relais des barrages filtrants. Elles sont en terrain privé comme au rond-point du Nouveau Monde à Soultz qui serait devenu un lieu de rencontre appelé « le petit jaune ». Le militant qui m’aborde ne ressemble pas à ceux du début. Il m’accueille. Avec jovialité. Et me propose une photo avec mon vélo sur le grand giratoire.

Dis à tes copains qu’il faut venir nous voir. Des dizaines de voitures passent en klaxonnant comme au premier jour et les petits enfants à bord nous font coucou de la main.

Un observateur expert, Philippe Corcuff, juge qu’un confusianisme s’est installé parmi les Gilets jaunes. C’est le développement de domaines où circulent des passages entre des thèmes de gauche, de droite et d’extrême droite. Ce ne sont pas les extrêmes qui se rejoignent : le confusianisme peut être présent chez des gens modérés dit-il dans Médiapart.

Je l’ai senti dès le début, la gauche radicale à laquelle j’adhère ne se retrouve pas dans cette confusion des genres, cette porosité de thèmes contraires. L’effondrement des valeurs de gauche, son émiettement, nous oblige à vivre dans un brouillard idéologique. Étrange cohabitation! Il est vrai qu’on ne peut pas demander aux gilets jaunes de rejoindre une culture politique faite de trahisons et de compromissions néo-libérales depuis trente ans. Au moins.

Il faut donc vivre avec ce fameux brouillard des idées, celles qui incarnent un besoin de justice, de renouveau démocratique et d’autres franchement réac., pourtant rares, que l’on découvre sur les ronds-points.

La France en friche (filature Ziegler, Buhl vallée du Florival) saura t-elle renaître?

Le mouvement semble déterminé. Insensible au Grand Débat qui tente de récupérer les modérés. Ce qu’ils veulent eux, c’est le départ de Macron.

De l’autre coté, le raout à répétition de Macron avec les maires ressemble à une campagne bis. Les maires qui s’exposent dans ce jeu avec Macron prennent à leur tour le risque de se couper de la base sociale qui s’exprime. C’est en campagne qu’il est bon Macron. Il sait entortiller son auditoire sans jamais mettre en cause son credo libéral. Ses recettes sont connues d’avance, ses chiffres implacables qu’il assène comme des vérités de l’ordolibéralisme de Bruxelles. Regardez le Brexit! dit-il, c’est ça que vous voulez? comme pour nous convaincre qu’aucune alternative n’est jouable. Attendons de voir!

Balade ordinaire

La saucée jusqu’à Wattwiller

Quand je ne trouve pas de titre, je ne vais pas rester une plombe à baptiser ma balade. Sauf avis contraire de mes lecteurs, ce sera donc balade ordinaire. En Alsace, les grains passent avec le redoux. Au pied du massif ça arrose sec! Je pars entre deux. Je passe à Michelbach, je prends la piste à Guewenheim et je m’arrête à Pont d’Aspach.

passage à niveau sans voie

On a vraiment affaire à un campement. Des tas de palettes, un feu, une cabane couverte de bâches. Je ne comprends rien. Mais je ne cherche plus. Les trois gars là ont trouvé une occupation. Ils campent derrière leurs slogans. Le gentil chien vient me renifler, méfiant, des fois que je sois un CRS déguisé en cycliste. Il a son harnais autour du poitrail. Jaune le harnais, ça va de soi. Quand j’ai pris un peu d’escarbilles dans les yeux, je traverse le grand rond en faisant l’épouvantail pour inquiéter autour de moi.

Je pousse à Bernwiller. Comment ne pas confondre l’un et l’autre? Bernwiller est plus proche de Berne que Berrwiller. Ce sera mnémotechnique à retenir. J’ai vérifié, 2km de moins, ouf!

Quand j’arrive à Heimsbrunn, la capitale est dans un beau halo tricolore. Je continue d’échapper aux grains qui passent. Je remonte vers le nord jusqu’à Bollwiller.

Mulhouse dans le lointain

Demi-tour! Celui-là, pas moyen d’y échapper: à Berrwiller, c’est la saucée jusqu’à Wattwiller. Le cuissard mouillé, ça rafraichit les cuisses. J’ai le vent de face, ça sèche plus vite.

Wattwiller

Oui, c’était la balade ordinaire, la balade de santé.

La bonne affaire du siècle

Gilets jaunes ou effet de serre, deux combats diamétralement opposés

Quatre organisations viennent de collecter 2 millions de signatures, la Fondation pour la Nature et l’Homme, Greenpeace France, Notre Affaire à Tous et Oxfam France ( à lire ici)

Je ne peux pas passer à coté de cette nouvelle sans réagir.

Ensemble, les signataires disent « stop à l’inaction » climatique. La pétition pour « l’Affaire du siècle », c’est un recours contre l’État devant son manque d’action face au réchauffement climatique.


Ed Hawkins, un spécialiste du climat britannique, rattaché à l’université de Reading, a synthétisé en un GIF les températures de ces 166 dernières années.

Je connais la réponse de l’Etat: « allez vous brosser avec votre pétition! » La réponse de notre écolo-ministre compatible LREM De Rugy n’a d’ailleurs pas tardé « ce n’est pas dans un tribunal qu’on va faire baisser les émissions de gaz à effet de serre »

Cette mauvaise humeur en rappelle une autre diamétralement opposée, celle des Gilets jaunes (encore eux!)

D’un coté, ceux qui veulent sauver le climat tout en faisant comme avant et de l’autre ceux qui veulent du pognon pour vivre…et rouler en bagnole, diesel inclus.

On n’est pas sorti de l’auberge.

Glacier du Rhoneglestcher (cliché vélomaxou)

Mais derrière cette opposition contestataire se cache en fait un mépris de classe. Ne tournons pas autour du pot, ceux qui signent pour le climat les yeux fermés ont du fric et n’en ont rien à cirer des gilets jaunes autour des ronds-points qui émargent à Pôle Emploi ou qui font la queue pour gratter la Prime d’Activité généreusement offerte par Macron.

Dettinger/Jouanno

le boxeur Dettinger a perdu son sang-froid

Figurez-vous que notre Chantal Jouanno va toucher 176.000 euros pour organiser le dialogue avec les Gilets jaunes.

Une somme rondelette pour discuter avec des gens qui émargent pour la plupart à 800 euros.

De l’autre coté, Christophe Dettinger qui a oublié qu’il n’était plus boxeur face aux gendarmes samedi à Paris.


La fédération de boxe, elle, est plus sévère. Elle fustige « le comportement inacceptable et honteux » de Christophe Dettinger dans un communiqué, quand son dernier entraîneur en date, Laurent Boucher, le traite de « con » sur France Inter. « En boxe anglaise, on apprend à ne pas taper un homme au sol. Jamais. Et lui, il l’a fait », regrette le coach.

Celui-là risque d’écoper de la peine max. Peut-être cinq ans.

Sa cagnotte solidaire atteint actuellement 118.252 euros.

En deux jours.

Je vais faire en sorte, comme d’autres, que Christophe Dettinger face mieux que Chantal Jouanno pour subvenir à ses frais de procès et à sa famille.

https://www.leetchi.com/c/soutient-un-boxeur-gilet-jaune

Il est everybody, le gilet jaune

En notre absence, la revendication continue! Il reste les stigmates ça et là d’une crise dont les acteurs ont déserté la place. Sur les ronds-points, depuis que les Gj sont partis, on assure la permanence du mouvement avec des slogans plus ou moins convaincants inscrits sur les murs. Il est non seulement le peuple notre gilet jaune, il est tout le monde! Je me souviens d’une époque déjà lointaine où l’on inscrivait sur les cabines de transformation de l’EDF dans les campagnes « Poujade avait raison ». De quoi avait-il raison Pierre Poujade? plus personne n’en sait rien. On peut dès lors s’attendre pendant de années à voir sur ce rond-point de Saint-Amarin « Je suis les Gilets jaunes » bien au-delà de notre souvenir de ce mouvement protestaire, une génération du « like » que tous les contempteurs de l’intelligentsia médiatique s’arrachent et tentent de maintenir en vie sous perfusion. Juste de quoi occuper la vacuité de notre espace politique décérébré.