La chikaya tourne autour des commerçants qui veulent travailler. Le gouvernement résiste mollement. Les syndicats ont du mal à se faire entendre. Bref, cette fête du travail n’a plus la cote. D’autant qu’un populisme rageur prend un malin plaisir à cracher sur les syndicats ouvriers. Quels beaux lendemains se préparent !
Si le cœur vous dit, venez voir les coureurs cyclistes derrière chez moi qui vont se disputer la côte de Rammersmatt plusieurs fois de suite.
Faire attention aux accidents cardiaques, la semaine passée un trailer est mort lors du trail du Grand Ballon.
Chaque fois que je grimpe à vélo depuis que je suis passé à la coronarographie, j’y pense. A l’accident cardiaque. Alors je modère mes ardeurs. Je teste les statines accusées de provoquer toutes sortes de désordres comme les crampes, les vertiges, …mon cardiologue m’a dit c’est indispensable car ça fixe les plaques atheromateuses en évitant qu’elles se brisent et viennent causer un AVC ou un infarctus. Je ne conteste pas tout en étant considéré comme un asymptomatique porteur d’un maladie coronaire non obstructive. Il faut faire avec. Jusqu’au bout.
Mon autre préoccupation c’est maintenir un capital musculaire avec mon régime méditerranéen. J’avale beaucoup de protéines pour compenser tout ce que j’ai abandonné sur le plan nutrition, pain, charcuterie, pizza, chips, frites, …Du yaourt, des amandes, de l’emmental, du poulet, des sardines, du lait écrémé
Inquiétante déclaration du médecin fédéral de la Fédération de Cyclotourisme, François le Van: « Avec l’âge et la surcharge pondérale…le cyclotouriste est plus exposé que le sédentaire car il s’entraîne constamment, et le jour où survient l’accident, les conduits sont bouchés à 90% et il fait un infarctus massif » (Cyclotourisme N°598 janvier 2011).
Jean dans l’ascension de la route dite des Américains à la Bresse
C’est dur à admettre. On peut avoir l’âme d’un cycliste militant, les jambes d’un grimpeur accompli, l’indéfectible besoin d’enfourcher sa bécane au moins une fois chaque semaine et se retrouver entre les bras du monde médical sans l’avoir demandé.
J’en ai été le témoin actif puisque mon cardiologue qui prône tant l’activité physique a détecté une pathologie cardiaque chez moi qui correspond à des artères athéromateuses.
Pas n’importe quelles artères, celles qui entourent et nourrissent le cœur (le muscle cardiaque) et qu’on nomme artères coronaires.
Elles sont au nombre de trois:
l’artère interventriculaire antérieure (IVA)
l’artère circonflexe
l’artère coronaire droite
Un score calcique de malade de 611!
C’est au scanner qu’on a détecté ce score peut enviable de 611 qui qualifie la quantité de plaques athéromateuses qui tapissent mes coronaires. Un score qui ne doit pas en principe dépasser 100. Ce score est qualifié de risque élevé pouvant conduire à un infarctus du myocarde. Bref à une crise cardiaque!
Tout droit à la coronarographie
La coronarographie va confirmer les dégâts. Moins graves qu’attendus mais pourtant redoutés.
Dans les cas aigus, la coronarographie détecte des sténoses des artères (des rétrécissements) qui débouchent immanquablement sur la pose de stents (des ressorts) ou un pontage coronarien.
Dans mon cas, je suis ressorti de l’examen avec le diagnostic de « maladie coronarienne non obstructive ». Autrement dit des coronaires avec sténoses non significatives. Cela dit je suis ce qu’on appelle un patient asymptomatique qui ne souffre pas d’essoufflements à l’effort, ni de de douleur thoracique. Autrement dit un cycliste/malade qui s’ignore! Je crois que nous sommes nombreux dans ce cas, plus qu’on le pense au fur et à mesure que l’âge avance.
Je m’en sors plutôt bien avec un Score SYNTAX=0 (terme technique dont je ne connais pas l’échelle)
La suite sera perte de poids, baisse du mauvais cholestérol LDL (à diviser par 2), régime alimentaire dit méditerranéen, 150 mn d’activité par semaine… sans oublier un traitement médicamenteux à vie à base de statine et d’aspirine.
C’est une perspective pas très coercitive qui est à ma portée. Avant même d’apprendre mon état cardiovasculaire, j’avais entamé un régime visant à réduire mon surpoids. J’ai déjà perdu 9 kg en trois mois (100gr/jour).
Tout ce laïus pour dire qu’on peut faire du vélo depuis quarante ans et souffrir malgré tout d’une maladie cardiaque qu’on ignore souvent…en dépit du fait que je suis suivi par un cardiologue tous les ans avec électrocardiogramme et test d’effort depuis plus de vingt ans.
Avec Doctolib, le secrétariat médical est devenu simple comme un coup de click
Les services de santé achèvent leur déclin.
Après la déconfiture de nos hôpitaux voulus par le pouvoir en place, voici venir la désintégration de la médecine libérale et ses cohortes de praticiens venus de l’Europe centrale pour suppléer à nos carences.
C’est après un simple mail émanant de Doctolib, le site de rendez-vous en ligne, que j’ai mis fin à plus de dix ans de suivi médical avec mon cardiologue.
Il m’a fallu tout de même trois appels aux secrétariats mentionnés pour comprendre que, non, plus rien ne tournait rond dans la relation avec notre monde médical.
Pourtant parmi ces interlocuteurs, l’un d’eux avaient dû appuyer sur le fameux bouton de Doctolib qui permet d’annuler un rendez-vous d’un seul click. Mais aucun n’a osé le reconnaître car le système est devenu tellement opaque et déshumanisé que toute relation, toute interrogation, une simple offuscation est désormais irrecevable.
En retour à mes observations, j’ai obtenu un avertissement écrit illico presto sur ma boite mail.
il est inacceptable que vous parliez au personnel sur ce ton, ceci ne sera pas accepté au sein du cabinet.
Cette injonction que j’assimile à un mépris de classe m’est insupportable.
J’en ai donc tiré les conséquences, le cœur gros, je n’irai plus chez ce cardiologue. Je me souviens qu’il me disait « le test d’effort, vous le faites tous les jours sur votre vélo », un peu comme si le test d’effort ne m’était pas indispensable.
Il y a quelques années déjà, c’était avec mon ophtalmologue.
Elle prenait sa retraite bien méritée comme on s’en doute, mais sans successeur. Les patients, dont certains relevant du grand âge, étaient donc invités à aller se faire voir ailleurs.
Ailleurs?
Oui, pour moi jusqu’à Belfort!
Jusqu’à ce qu’une solution bancale du service public local moribond me récupère avec à la clé une complexité inavouable à base de déplacements en plusieurs lieux et des agendas informatisés incertains doublés d’un personnel qui papote chiffons comme si les aveugles en puissance souffraient en outre de surdité.
C’est la génération du personnel people complètement désinhibé de sa mission à qui l’on a désormais affaire .
Avec Doctolib, on est assurés d’être expulsé de son rendez-vous sans ménagement.
Le site Doctolib à qui la médecine libérale confie ses patients dispose déjà de nos adresses (âge, taille, poids,…) et de l’indication probable de nos pathologies et comorbidités potentielles. Il commence à abriter toutes sortes de marchands du temple du bien-être dont la presse fait ses choux gras et pourra bientôt se faire hacker sans difficulté par des pirates russes. Ne soyons donc pas surpris de voir prochainement des offres sur nos boites mail vantant des lunettes, des home-trainers, des lits médicalisés, des couches culottes, des assurances tous risques et des offres d’obsèques low-cost alléchantes.
J’avais mon électrocardiogramme aujourd’hui. J’en ai profité pour demander à mon cardiologue ce qu’il pensait de mon enregistrement de course à pied lundi dernier où j’ai « carburé » à une moyenne de 140.
Selon lui c’est normal, la course à pied « consomme » plus de pulsations qu’à vélo entre 15 à 25%.
Cela dit, le médecin m’a rappelé un principe, ne pas dépasser 150 pulsations avec mon vieux diesel, c’est à dire 220 moins mon âge .
Je lui ai dit: je ne comprends pas, depuis que je me suis mis au jogging avec le Covid, je n’arrive pas à descendre en dessous de 7 minutes le kilomètre…
Le cardiologue m’a regardé dans les yeux, puis il m’a dit, c’est normal, vous êtes vieux et vous voulez faire des performances comme si vous aviez 30 ans.
Fermez le ban! Mais ça m’a fait un choc car être vieux je croyais que ce n’était que dans la tête.
Alors j’ai essayé autrement d’aborder le sujet.
Dans les côtes à vélo, je surveille mon cardio, quand il atteint 150, ça me fait peur, alors je ralentis…
Vous avez essayé l’électrique?
Bon d’accord, j’arrête. Le sujet devient trop délicat. Il ne m’a pas dissuadé, il a juste écrit « patient actif pratiquant le VTT, et toujours le jogging. »
Tension « blouse blanche » 17/9, pourtant il avait mis la blouse verte. Pouls 60. (C’est bien parce que mon cœur me donne l’heure en même temps)
Le cardiologue a terminé sa visite et je suis parti tout penaud.
Les adeptes de compétition connaissent leurs zones par cœur. Normal puisqu’il est question de …zones cardiaques.
Les touristes à vélo s’en foutent un peu. Pourtant on aurait tort d’ignorer ce que l’on inflige à son système cardio-vasculaire, surtout en prenant de l’âge.
Une surveillance médicale est nécessaire avant d’entreprendre tout effort physique inhabituel.
Si je prends mon cas, l’ami Garmin m’alerte quand je fais mon jogging en zone 5 d’un bout à l’autre de la balade. La zone 5, c’est celle où le cœur est le plus sollicité, à plus de 90% de sa capacité max. Pour moi, c’est toute fréquence au-dessus de 141 puls/mn. A ce stade là, on voit qu’on est en zone rouge et qu’il ne faut pas trop exagérer.
Pour déterminer cette zone rouge maximum, il faut connaître son pouls maximum. A la louche, tout le monde sait qu’empiriquement, c’est 220 pulsations moins son âge et donc à 50 ans, 170 pulsations…et à 70 ans, 150 seulement. Il est donc illusoire de vouloir grimper un col aussi vite que vingt ans auparavant!
L’autre manière de connaître son pouls maximum, c’est lors du test d’épreuve sur un banc de pédalage avec un médecin. Pour moi c’est actuellement 157. C’est donc voisin de la méthode empirique, juste un peu au-dessus.
Mon travail cardiaque par zones de la sortie VTT d’hier.40 minutes en zone 5, c’est déjà beaucoup. C’est pourquoi j’ai toujours mon affichage de cardiofréquencemètre devant moi au guidon afin de pouvoir mettre pied à terre…à temps.
A quoi correspondent ces zones?
Une activité en zone verte ou jaune est à privilégier dès lors que nous ne sommes pas compétiteur
Selon Garmin qui est une référence dans le monde en matière d’outils sportifs tels que GPS et montres connectées, ces cinq zones mesurent l’impact d’une activité physique sur votre capacité cardio-respiratoire.
correspondance en zones et effort cardiaque de la zone 1 à la zone 5 (en bas). Ainsi le seul fait de « travailler » en zone 2 est suffisant pour entretenir sa capacité respiratoire
Comment savoir comment sont calculées les zones?
elles dépendent de votre fréquence cardiaque maximale
exemple d’un enregistrement de fréquence cardiaque fourni par mon GPSMap 62S lors de ma sortie VTT du 17 février.
Difficile d’y voir clair dans ce mouvement de yoyo infligé à son cœur lors d’une sortie VTT.
Superposé au relief, on voit que le travail cardiaque est maximum en ascension…
Le travail cardiaque superposé au relief (en vert)
Mais le travail cardiaque remonte aussi sur le plat vers le km 18, pourquoi? tout simplement parce que sur la piste cyclable, on a mis les booster pour rouler plus vite (courbe bleue) derrière un type qui voulait en découdre. Je sais c’est typiquement macho.
Hôpital Mulhouse, les urgences toujours en grève. J’ai hésité à venir avec mon vélo, je n’aurais pas su où le remiser. Donc j’ai pris l’hélico qui passait au-dessus de chez moi
Soulagé. Test d’effort réussi. « Excellente performance » a écrit le cardiologue….et il a ajouté » récupération rapide ».
Quand j’ai parlé de mon cardio à 166 dans certaines côtes vosgiennes, j’ai vu qu’il tiquait un peu. « par rapport à 220 moins l’âge, c’est un peu haut… »
âge? taille? poids?… je me suis souvenu du sketch des Deschiens…
J’ai enfourché la bécane et run!…cette année la selle est à réglage électrique, je déhanchais un peu, alors on a baissé le tube depuis le pupitre. On n’arrête pas le progrès.
Au bout du 7eme palier, j’ai déclaré forfait. J’avais plus envie.
Bilan: 225 watts (watt, unité de puissance, nom commun peut s’écrire aussi W du nom de James Watt) Bref, j’atteins presque la puissance d’un vélo électrique… pendant 30 secondes!
Mon vélo ondulait dans les courbes de l’accordéon reliant les wagons du tram-train.
Cette manière de laisser croire qu’on a reçu une France en loques et qu’elle mériterait davantage que les aménagements intelligents et modérés d’un pragmatisme non idéologique est dévastatrice car elle laisse l’ensemble des électeurs macroniens et de leurs représentants dans un état de saisissement indigné. (Philippe Bilger, ancien avocat général)
Même les soutiens éclairés de la droite française s’interrogent.
Macron n’en fait-il pas trop?
Il n’est pas tendre Bilger qui poursuit:
Quoi, ces Français ne sont pas contents de l’avenir radieux qu’on leur prépare mais préfèrent leur imparfait présent, quoi, ces citoyens sont plus attentifs à leur pouvoir d’achat et à leur manière d’aller au travail qu’à l’écologie et à son triomphe ou non quand ils seront tous morts !
C’est déjà la lutte finale chez Macron. Voila un président qui s’est consumé plus vite que les autres.
Un vieux stalinien n’aurait pas su si bien dire.
Il faut se plonger dans le tram-train pour comprendre l’autre
tram-train à la porte haute
Mon vélo s’abandonnait.
Il ondulait dans les courbes de l’accordéon reliant les wagons du tram-train.
Ensemble, nous songions à cette jeunesse enjouée qui se pressait dans la grande chenille.
Un train de paroles dont nous ne comprenions pas tout.
Saccadées, empruntes d’un mélange de cultures, les phrases des jeunes ados détonnaient; mon univers grammatical prenait subitement des rides.
Il faut se plonger dans le tram-train pour comprendre.
J’avais échafaudé un plan ou plutôt deux pour rejoindre la capitale sans jouer au chat et à la souris.
Plan A: vélo
Plan B: vélo plus tram-train
L’appellation tram-train est-elle propre à l’Alsace? je ne sais pas. C’est Jean-Marie Bockel qui a eu l’idée de construire un gros tram pour rejoindre Thann depuis Mulhouse.
Son inauguration le 11 décembre 2010 a fait l’objet d’une manifestation de mécontents (déjà!) (voir mon billet )
J’ai pris le B pour aller à mon électrocardiogramme annuel.
Avec le plan B, j’arrive pas en cycliste chez le cardio.
cycliste adepte de l’anarchie joyeuse
J’en profite pour faire un tour au centre-ville.
La grande roue place de la Réunion est déjà en action.
Le passage des Cuveliers est l’astuce cycliste qu’il faut connaître puisque l’avenue du Président Kennedy est partiellement interdite.
Pour tout vous dire, mes déplacements au centre-ville sont erratiques; je suis un cycliste adepte de l’anarchie joyeuse comme Pierre Sansot.
Mulhouse-Rixheim de jour, ça va.
J’en profite pour réviser les changements apportés à la ville.
Le long du quai d’Alger, la population des « gros hamsters » progresse.
Ils sont installés tous les cent mètres sur le gazon et cassent la croûte.
Rejoindre la rue de Bâle
Comment traverser cette jungle de circulation dans les circonvolutions de trois giratoires inextricables!
J’accède à pied à notre passerelle menant à la rue de Bâle en priant.
Puis je dois à nouveau traverser la D66 et me faufiler dans un étroit goulet aménagé pour les vélos, je suis dans la rue de Bâle, ouf!
Rue de Mulhouse à Rixheim, rien de neuf, le cycliste est drossé contre les platanes.
Pour le retour en pleine nuit, ça craint.
Le secrétariat d’un médecin est un va-et-vient générationnel.
Comment va madame votre épouse?
Mais elle est partie l’année dernière…
Ô je suis navrée, toutes mes condoléances!
Mon laisser-passer cardiologique sur le porte-bagage, je saute sur ma bécane souhaitant encore rester un peu chez les bien-portants.
Je quitte Rixheim
Mieux vaut être équipé de son… gilet jaune.
Un fois dans mon tram, 40 minutes et je suis at home.
Tous les deux ans, le contrôle cardiaque s’impose.Pour nous les
cyclos vétérans du dimanche.
Le dénommé Conconi a pondu une méthode de mesure de l’endurance cardiaque qui n’est
pas très agréable pour ceux qui habituellement préfèrent voir la
campagne défiler sur leur vélo.
Pédaler avec une charge mécanique évolutive jusqu’au point
d’inflexion où votre puissance commence à battre de l’aile, c’est
la méthode de Conconi.
Le problème de ces vélos statiques, c’est que vous pouvez
toujours pédaler de plus en plus fort, le spectacle en face de vous
reste immuable: un cardiologue devant ses écrans…et une
assistante compatissante.
Mais pas de Grand Ballon en vue!
Bon, pour cette fois, on est reparti pour un tour.
Avec mes petits 240 watts -1/3 de cheval
quand même- et mes 162 pulsations au compte-tours, je
suis reparti, le coeur alerte, le long du couloir interminable du
centre hospitalier, encore fourbu de mes 170 bornes de la
veille.