
En chemin le VTT démodé ne se remarque pas. Il est camouflé. Sa rusticité lui confère une forme d’universalité temporelle. Celui-ci est mon dernier. Et le restera vraisemblablement, vu ma décroissance naturelle.
Le seul critère qui saute et sautera aux yeux de tous, c’est qu’il n’a pas le sésame électrique dont plus personne ne se passe.

En revanche avec celui-ci, je lui promets encore de l’avenir car il m’apporte beaucoup de satisfaction pour son usage « hybride ». Voyages équipés de sacoches et depuis peu sorties locales pour peindre avec mon matériel. Ce qui lui convient aussi ce sont les bouts d’itinéraires non revêtus dont il se sort très bien.

Je sais ce qu’est devenu le pilote de cet engin mais l’engin a disparu. Dans cet étroit sentier qui longe la maison, je me souviens encore de la dureté des épines des rosiers ornementaux
Celui-là n’est pas passé de mode: il est indémodable. Je dirais qu’il fait partie des meubles à la maison. Vélo à tout faire, je saute dessus à la moindre alerte d’évacuation des lieux en direction du commerce local ou pour satisfaire ma curiosité si la moindre rumeur de quartier intervient.

Le problème est là. Ce vélo carbone LOOK 555 est devenu vintage. Il a été équipé de dérailleurs électriques entretemps. Mais le temps passe et la mode aussi. C’est avec ce type de machine qu’on reconnait les vieux à vélo incapables de se moderniser.
Il faut en convenir, je ne suis pas prêt au saut générationnel. Il est fort probable qu’avec la trouille ambiante sur route je n’en change jamais. Ma dernière chaîne remonte au 20 mai 2024. Les connaisseurs apprécieront ma maigre activité en cyclisme sur route…
