Vieux cycliste en bord de route

Et si nous, les retraités, devions accepter de prendre moins ?

Je suis retraité.

Et je vais écrire quelque chose que l’on entend rarement de la bouche d’un retraité : je comprends les jeunes lorsqu’ils disent que notre génération leur coûte cher.

Nous avons eu la chance de vivre plus longtemps que les générations qui nous ont précédés. Nous avons bénéficié d’une médecine extraordinaire, d’un système de retraite protecteur et d’une période où la démographie permettait de financer beaucoup plus facilement la solidarité entre générations. Je suis de ceux qu’on appelle les boomers, comme le dit si bien François Bayrou lui même boomer.

Mais cette époque est en train de disparaître.

Il y a moins d’enfants.Moins d’actifs pour financer davantage de retraités. Nous vivons plus longtemps. Les dépenses de santé augmentent. La dépendance va devenir un problème considérable. J’en sais quelque chose puisque ma mère a du faire l’objet d’un placement en EHPAD pendant de longs mois.

Et pendant ce temps, nous continuons à demander aux générations suivantes de financer tout cela.

À quel moment devons-nous nous demander si nous n’allons pas trop loin ?

Vivre plus longtemps : est-ce toujours un progrès ?

Je ne suis évidemment pas favorable à ce que l’on abandonne les personnes âgées.

Mais je pense que nous devons avoir le courage de distinguer soigner et prolonger à tout prix. Le corps médical semble parfois peu intéressé à intervenir urgemment dans les EHPAD, c’est la rumeur qui se colporte…

Lorsqu’une personne âgée est malade, la médecine doit-elle toujours chercher à repousser la mort, même lorsque les traitements sont lourds, pénibles et n’apportent plus qu’un faible bénéfice ?

Personnellement, je ne suis pas certain de le vouloir.

Si un jour je suis très âgé, atteint d’une maladie incurable et que les traitements ne permettent plus de retrouver une vie que je considère comme acceptable, je voudrais pouvoir dire :

« Je préfère que l’on me laisse partir plutôt que de prolonger artificiellement mon existence. »

Ce choix devrait être respecté.

Il ne signifie pas que ma vie ne vaut plus rien.

Il signifie simplement que je considère que mourir fait partie de la vie.

Mais attention à ne pas franchir une ligne rouge

Il y a cependant une différence fondamentale entre deux idées.

La première est de dire :

« Je ne veux pas que l’on prolonge ma vie à tout prix. »

La seconde serait de dire :

« Les personnes âgées coûtent trop cher, il faut donc cesser de les soigner. »

La première relève de la liberté individuelle.

La seconde serait une décision collective extrêmement dangereuse… bien que les réseaux sociaux ne se privent pas de le suggérer

Je ne souhaite pas que l’État décide de la valeur d’une vie en fonction de l’âge ou de son coût pour la collectivité.

Ce choix doit rester celui de la personne.

Et le droit de vote ?

On entend également certains proposer de retirer le droit de vote aux personnes âgées.

Là encore, je comprends la question, même si je ne suis pas certain d’accepter la réponse.

Une personne de 80 ans vote aujourd’hui pour des décisions dont les conséquences pourront encore se faire sentir dans trente ans. Un jeune de 20 ans, lui, vivra probablement ces conséquences pendant des décennies.

Mais retirer le droit de vote à partir d’un certain âge serait une pente dangereuse.

Pourquoi 75 ans plutôt que 70 ? Pourquoi 80 plutôt que 85 ?

Et qui déciderait qu’un citoyen est devenu trop vieux pour participer à la démocratie ?

Je préfère que nous conservions le droit de vote pour tous, mais que nous ayons davantage conscience de notre responsabilité envers ceux qui nous survivront.

Nous ne sommes pas inutiles

Je refuse aussi l’idée selon laquelle un retraité ne servirait plus à rien.

Nous avons travaillé.

Nous avons élevé nos enfants.

Nous avons transmis.

Nous aidons souvent nos familles.

Nous faisons vivre des associations.

Nous continuons parfois à travailler ou à créer.

Nous avons donc encore une place dans la société.

Mais avoir une place dans la société ne signifie pas nécessairement avoir droit à toujours plus.

C’est peut-être là que nous devons accepter de changer de regard.

La vraie question

La question n’est finalement pas :

« Combien pouvons-nous encore obtenir de la société ? »

Elle devrait être :

« Que sommes-nous prêts à laisser aux générations qui viennent ? »

Je ne prétends pas avoir la solution.

Je suis simplement un retraité qui regarde autour de lui et qui se demande si nous avons collectivement le courage de reconnaître que notre longévité a aussi un coût.

Peut-être devons-nous accepter de travailler plus longtemps lorsque nous le pouvons.

Peut-être devons-nous accepter certaines limitations.

Peut-être devons-nous surtout apprendre à ne pas considérer chaque progrès médical permettant de gagner quelques mois ou quelques années comme un progrès absolu.

Et peut-être devons-nous retrouver une chose que notre société moderne semble avoir oubliée :

savoir mourir.

Pas abandonner les vieux.

Pas décider que certaines vies ne valent plus la peine d’être vécues.

Mais permettre à chacun, lorsqu’il arrive au terme de son existence, de dire :

« J’ai suffisamment vécu. Je ne veux pas que l’on me retienne ici à tout prix. »

Si cette réflexion choque, tant mieux.

Car si nous ne sommes même plus capables de parler sereinement de la mort, du coût du vieillissement et de la responsabilité entre générations, comment allons-nous préparer honnêtement l’avenir de ceux qui viennent après nous ?

Cycliste malgré tout

Cycliste enrhuBé

J’ai abandonné l’idée de manifester aujourd’hui contre la réforme des retraites. Je délègue mes pouvoirs de nuisance. Le Français est un rouspéteur, c’est pour ça qu’il manifeste dès que l’occasion se présente. Finalement, je prends la mesure pleine et entière de mon statut de retraité avec ses pathologies habituelles de vieux.

Remarquez qu’ici, en Alsace, on fait le gros dos face au mécontentement. On attend que l’orage passe. L’Alsacien n’est pas gaucho pour deux sous, même trois. Le désordre de rue, il aime pas, l’Alsacien. C’est un atavisme ancien auquel il s’accroche. Un vieux fonds de social-chrétienté l’anime; prendre des coups sur la tête depuis Paris? non, ça ne lui fait pas mal. Il ne sent rien. Sa retraite en miettes, façon puzzle, dans quarante ans, après avoir voltigé de gros boulots en petits boulots au nom de la flexibilité libérale? non, ça ne le dérange pas.

Moi, pour l’heure je traine ma carcasse d’un bout à l’autre de la ville, médecin, pharmacien, maison. Maison, pharmacien, boulanger, radiologue. Je n’ose pas sortir mon mulet de campagne.

Le vélo sert à tout. Même malade, je ferme les écoutilles qui enserrent mon cou, un bonnet d’âne sur la tête bien enfoncé et je roule. Oui, ça racle dans la pente. Gober de l’air froid, la trachée se plaint. Devant la pharmacie, une contorsion. Pour sortir mon gant de la main, le doigt arthrosé (je ne sais pas si ça se dit) n’est pas content quand on lui tire dessus. Je me tourne face au mur pour ne pas montrer mon rictus.

Le sirop, il n’est pas gratuit. Le collutoire non plus. Si c’est pas remboursé, c’est que c’est pas efficace, me dis-je…la pharmacienne hausse les épaules comme pour acquiescer.

Puis elle ajoute, je vous fais six pour cent de remise! Bon reconnaissons l’effort salvateur.

Oui parce que vous ne savez pas, en plus de ma crise d’arthrose qui me fait mal partout, j’ai attrapé une rhinopharyngite. Chez moi rien n’est simple. D’abord un mal à avaler puis rhinite abondante, puis toux et sensation de bronches enflammées…et après, tout en même temps! Tas de mouchoirs au pied du lit, quand y’en a marre, je me lève. La nuit est foutue.

Mais le vélo me transporte malgré tout. Celui de la ville. Quand j’aborde les bordures, je trace un segment bien droit et oblique, ce qui me permet de décramponner la main droite douloureuse du guidon. J’évite la puissance qui fait avaler de l’air froid comme un carbu de turbo. Autrement dit, je presse mou.

Bref je suis devenu une Gordini avec un moteur de deux chevaux sous le capot.

Je ne vous oublie pas.

A vélo moins de bobos

Les salariés qui viennent au travail à vélo posent 15% d’arrêts maladies de moins que leurs collègues et voient leur risque de cancer divisé par deux, selon les experts en mobilité d’associations et de collectivités.

A lire sur France info.fr

Quoi de neuf?

Une convalescence qui traîne

Quoi de neuf, Vélomaxou?

C’est la plaisanterie qui me convient.

Je répondrai donc « du vieux! »

On en est tous plus ou moins là, lorsqu’on prend de l’âge.

J’admire ces forçats de la « musclette » qui sans regimber se font les biscottos été comme hiver dans des salles ou sur le tarmac. Continuer à lire … « Quoi de neuf? »

Vélomaxou en vacance

carré 2012Ne pas s’inquiéter: ce blog est en vacance, en vacance de titulaire.

Il se trouve que je suis encore dans l’incapacité, ce n’est pas la première fois, de faire mon vélo.

Trop de toux scélérate qui m’épuise.

J’en suis réduis à me soigner comme les asthmatiques de plus en plus nombreux avec ces pollutions de l’air et à attendre…

…attendre des jours meilleurs.

Je ne vous oublie pas, je lis ça et là ceux qui sont d’insatiables bavards sur la toile cycliste et qui me font grand bien.

Bon appétit!

En cas d’insomnie, on a la nuit devant soi pour réfléchir.

Quoi le vin contient des sulfites?

Ce n’est pas nouveau.

Depuis 2005, la mention est obligatoire sur les bouteilles de vin.

Mais avant 2005, le vin contenait déjà ces fameuses sulfites, c’est à dire du soufre.

Le souffre est là pour interdire les micro-organismes indésirables de se développer.

En excès, le souffre donne le mal de tête. Continuer à lire … « Bon appétit! »