La FNAUT poussée à la faute


carré 2012L’heure des questions est arrivée.

Comment un consultant recruté par la FNAUT (Fédération Nationale des Associations d’Usagers des Transports) a t-il pu commettre un rapport insinuant qu’un kilomètre parcouru à vélo coûte plus cher qu’avec une voiture (au coût marginal) ou avec un transport en RER?

Maintenant que tout le monde s’est bien marré et que les DNA (Dernières Nouvelles d’Alsace) se sont inspirées de ce rapport publié le 7 décembre 2012, il reste à faire le bilan des dégâts.

Osez affirmer qu’un km à vélo coûte 0,15 euro alors qu’une voiture revient 0,27 euro, c’est un foutage de gueule magistral qui demande que la FNAUT rende des comptes.

Le préjudice est réel et beaucoup de cyclistes au quotidien se sentent floués.

A commencer par moi qui avec mon vélo de ville parcourt, bon, mal an, 2000 km de vélo; un vélo acheté sur une foire aux puces 30 euros!

Quand je pense que des associations cyclistes sont partenaires de la FNAUT, j’ai honte.

En quoi est-ce une faute?

C’est d’abord une faute morale.

La plus grave; celle qui consiste à accréditer l’idée que se déplacer à vélo a un coût « d’usage » alors qu’il n’en a pas.

Comment rééquilibrer la part modale du vélo en ville si l’on commence par dire que chaque kilomètre revient à 15 centimes?

Ainsi vous iriez chercher votre baguette de pain en y affectant 15 centimes à l’aller et 15 centimes au retour?

Contrairement aux autres formes de transport qui mobilisent infrastructures, foncier et immobilisations capitalistiques, le vélo ne consomme rien. Pas un autre coût environnemental que celui de sa fabrication.

Assimiler le vélo aux autres formes de moyen de déplacement est donc une erreur et la FNAUT a eu tort de publier cette étude sans les réserves d’usage.

Si l’on voulait justifier un coût économique, il conviendrait d’abord d’isoler tous les vélos qui ne roulent pas, ceux qui sont des objets inertes dans les garages ou les greniers, bref! des choses. Et ensuite déduire tous les coûts induits par ce qui n’a pas valeur d’usage: les déplacements de loisirs.

Et identifier les vrais usagers cyclistes. Pas ceux pour qui le vélo n’est qu’un objet palliatif aux déplacements habituels.

On attend à présent que la FNAUT corrige son erreur.

Pour bien comprendre comment raisonnent nos économistes du transport, en voici un exemple sur cette vidéo.

L’économiste qui s’exprime est justement Jean-Marie Beauvais, l’auteur de l’étude de la FNAUT.

http://dai.ly/xr107m

Dans cet univers de maitrise et de calculs de notre expansion urbaine et démographique, de calculs isochrones pour rejoindre les centres urbains, on remarquera que le vélo est rarement cité.

Un beau témoignage de notre hérésie culturelle et économique.

4 réponses sur « La FNAUT poussée à la faute »

  1. A votre place, avant de mettre ce texte sur votre blog et de vous aventurer à parler de « faute morale », j’aurais contacté la FNAUT pour lui demander des éclaircissements sur le coût d’usage du vélo déterminé par Jean-Marie Beauvais, qui est effectivement surprenant.
    Communiquez-moi votre adresse électronique, je vous enverrai un numéro de FNAUT Infos dans lequel vous trouverez les explications qui vous manquent.
    Jean Sivardière, président de la FNAUT
    PS Les coûts déterminés par Jean-Marie Beauvais sont les coûts d’usage des différents modes de transport pour le consommateur, rien à voir avec les coûts pour la collectivité (coûts d’infrastructures, coûts d’exploitation, subventions ou coûts externes)

    1. Oui, oui, on est bien d’accord.
      C’est justement ce que je reproche à votre consultant et à la FNAUT: proposer des coûts de circulation pour l’usager à vélo comparable à ceux du RER après déductions des subventions…ce qui permet aux médias comme les Dernières Nouvelles d’Alsace de reprendre vos informations.
      Je persiste donc à dire que la faute de la FNAUT est morale.
      Vélomaxou
      Ps: merci pour votre offre de FNAUT infos, nous sommes déjà abonnés

      1. Le consultant n’est pas concerné par vos critiques, il a traité le sujet proposé par la FNAUT. Quant à la FNAUT, son objectif était clair : bien connaître le coût d’usage de chaque mode de déplacement pour le consommateur, afin de mieux comprendre le rôle de la tarification dans le choix du mode de déplacement. Je suis désolé, je ne vois toujours pas en quoi cette démarche constitue une « faute morale ».
        Je suis d’autant plus surpris de votre réaction inutilement agressive que, dans FNAUT Infos n°212, mars 2013, page 6, nous avons expliqué la signification des résultats du consultant.
        Jean Sivardière

      2. Je pense qu’il est temps de clore le débat.
        Non, ce rapport ne reflète pas le coût d’usage du vélo.
        Votre calcul macroéconomique a agrégé des achats de cycles de compétition avec des cycles urbains et vous a conduit à conclure que le coût d’un kilomètre vélo revient à 15 centimes…sans même enquêter avec finesse et discernement sur les pratiques réelles des utilisateurs par types de déplacement et de pratique.
        En agissant ainsi, vous contribuez à dévaloriser l’image du vélo, sa simplicité, sa propreté, son bienfait pour la santé et la réalité de son coût d’usage parmi d’autres moyens de transport largement subventionnés et…déficitaires pour certains.
        En outre, à aucun moment, vous n’intégrez dans votre comparaison le coût environnemental des autres types de transport face au vélo.
        En cela, un grand nombre de cyclistes usagers quotidiens se sentent trahis par les conclusions de votre rapport.
        Max Tissot

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