Gueule cassée


au revoirLe pauvre type n’a plus de mâchoire.

Arrachée par un éclat.

Alors son copain le porte à l’infirmerie.

Après des semaines de souffrances dans la puanteur des chairs qui pourrissent, il sera évacué.

C’est en 1918 et l’armistice est proche.

Des greffes?

Une prothèse en inox?

La chirurgie faciale est encore balbutiante.

Son copain avait ouvert la fenêtre, pour faire de l’air.

Il se voit dans le reflet de la vitre: un trou béant sans dents ni langue!

C’est horrible, la guerre.

Il ne veut plus rentrer chez lui, il ne veut pas que ses parents le voient ainsi.

Alors son copain va fouiller dans les dossiers des soldats morts ou disparus.

Il va prendre le nom d’un autre, celui d’un sans famille.

La suite?…on veut la connaître.

Comme il fait un vent sibérien ce matin en Alsace, je ne vais pas m’exposer au vélo comme tous les jeudis.

C’est dans Au revoir là-haut de Pierre Lemaître chez Albin Michel (Goncourt 2013)

ISBN 978-2-226-24967-8

14-18, je ne l’ai pas connue, ni même la seconde. Mais gamin, près de chez moi, il y avait un invalide de guerre, un GIG comme on disait, un Grand Invalide de Guerre. Avec son pilon à la place de la jambe, Mimile effrayait les enfants lorsqu’ils l’entendaient arriver en haut du village.

Quelle boucherie, la guerre!

 

 

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4 commentaires

  1. Sur le même thème, voir le livre « la chambre des officiers » de Marc Dugain, qui a été repris au cinéma. Il y a plus de « détails » dans le livre, le film joue plus sur la suggestion visuelle (on n’en montre pas bcp, tout est suggéré). Je serais curieuse de savoir si vous avez déjà lu ce livre (ou vu le film), par rapport à celui de Pierre Lemaitre, puisqu’ils traitent visiblement du même thème (les débuts de la chirurgie, les blessures inacceptables de la guerre, les conditions de soins, le regard des autres sur ces soldats abîmés à vie, etc…).

    1. Non je ne l’ai pas lu. Mais j’observe un regain d’ouvrages sur la Grande Guerre. Je pense que je vais marquer une pause dans le registre du morbide. Je viens il y a peu d’avaler Le Pavillon des Cancéreux (700 pages). Stop! Enfin se plonger dans d’autres temps permet de relativiser ceux du moment.

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