Le cycliste qui passe par là ne manque pas de sang-froid, il doit affronter un grand giratoire dénommé rond-point d’Aspach.
C’est devenu un rond-point stratégique, confluence de grands axes pour rejoindre Belfort ou la vallée de la Doller.
Depuis que des turbines exceptionnelles y passent, on a créé une voie centrale pour éviter au porteur d’emprunter le grand rond.
Stratégique aussi pour les Gilets jaunes.
Actuellement, le grand rond est occupé par une exposition de camions et d’engins de travaux publics. C’est la convergence des forces dans la lutte, je présume.

Je n’ai pas les clés de décodage de cette revendication protéiforme qui va du pouvoir d’acheter, à la démission de Macron, voire au retour du septennat!
Difficile pour un syndicat de faire un catalogue revendicatif.
Aujourd’hui la voie centrale sert surtout à stocker les fourgons venus de Roumanie ou de Pologne. (lire mon article Dumping social sur nos routes)
Ceux-là sont systématiquement priés d’attendre une heure avant de repartir.
Ces travailleurs profitent de la directive Bolkenstein. Alors ils sont punis doublement par le GJ.
Ils font ce qu’on appelle du cabotage, c’est à dire qu’ils habitent au-dessus de la cabine de pilotage pendant trois mois et transportent les colis d’Amazon.
Ils gagnent 1800 euros pour les trois mois et ils repartent chez eux pendant un mois me glisse un Gilet jaune.
C’est vrai qu’avec le mouvement GJ, on tourne en rond.

Je discute au bord de la route avec les uns et les autres tandis qu’une dame ordonne le passage des véhicules, un à un, à la condition de montrer son gilet et de klaxonner.
Une autre tient un bristol sur lequel il est écrit « un klaxon=un soutien »
Moi, j’aurais plutôt écrit « un euro= un soutien » dans ma logique « j’veux des tunes ».
Alors les usagers se prêtent de plus ou moins bonne grâce à ce rituel.
J’avoue avoir du mal à comprendre cette équation.
Pendant ce temps là, un cortège de camions tournent en rond.
Il me rappelle le sketch de Raymond Devos.
