Jour : 24 décembre 2018

Le Randonneur

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Le Père Noël a bien fait les choses.

Il m’a déposé dans ma boite à lettres ce 24 décembre le Randonneur de janvier 2019.

La couverture est intrigante.

N’y voyons pas malice, c’est tout simplement le numéro 69.

Un sacré numéro d’équilibristes à vélo.

Aller sur le site du Randonneur à vélo

Château de Wildenstein à pied

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Kruth et la vallée de la Thur lors d’une accalmie de pluie et de vent en ce 24 décembre

Des Schlossberg (montagne au château), il doit en exister des centaines.

On ne peut pas tous les connaître.

Mais celui-ci, si près de chez moi, je ne le connaissais pas.

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Mon cheminement du jour à pied abordera ce piton granitique de l’époque glaciaire qui domine le lac de Kruth

La preuve qu’on peut passer pendant vingt ans sur la route en contrebas au bord du lac réservoir de Kruth avec son vélo et tout ignorer de l’existence de ce château perché là-haut dans la forêt.

C’est un peu le problème avec nos engins modernes, on va trop vite.

Avec le VTT, j’ai déjà ralenti le rythme pour m’engouffrer dans des sentiers improbables.

Aujourd’hui, je serai à pied.

C’est bien aussi la balade à pied.

Mon confrère et ami Pierre Brunner est un esthète de la marche à pied et les vallées de la Thur et de la Doller n’ont plus de secrets pour lui. Sans aucun doute.

Allez consulter son blog LTD-RANDO 68 et ses randonnées sympas

Sa notoriété est telle qu’il est en tête du moteur « gougueleu » avec son Circuit des Roches du coté de la Schlucht.

Même le Club Vosgien en rougit. C’est dire!

Ce matin donc, promenade dominicale au barrage-réservoir de Kruth en amont de notre vallée de la Thur.

Je voulais voir son remplissage, après tant de mois de sécheresse.

Je l’ai vu!

Tous les mini-torrents qui l’entourent sont en furie.

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A pied, j’avise un panneau derrière l’auberge marqué « escalade ».

Grimpeur invétéré, j’escalade ce piton rocheux qui domine le lac.

C’est pas trop difficile, puisque je ne grimpe pas à quatre pattes.

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J’apprends la langue sanglier vite fait, ouik-ouik, heu-heu-heu, Ffft, Rouf-vrouff, Wouk…un vacabulaire que beaucoup de nos contemporains peineraient à maîtriser

J’aborde un grand plan forestier.

Toute la surface est couverte d’accrobranches, ce nouveau jeu à la mode pour attrapper le touriste de passage.

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Je suis dans un parc d’attractions, vide d’occupants en cette saison.

Puis j’avise un fléchage sentier de découverte…et me voila à nouveau grimpant vers le sommet de ce piton rocheux.

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Un parcours confortable

Très vite je comprends que je suis sur le chemin d’un château fort moyenâgeux, le château du Schlossberg, dénommé aussi château de Wildenstein, dont le village en amont du lac porte le nom.

Facile: tous les cent mètres des planches explicatives de belle qualité.

Je commence à l’épisode trois, j’ai raté les deux précédents.

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J’ai raté le départ de l’excursion mais pas le plus intéressant, semble t-il.

Je remonte donc le chemin taillé dans la roche avec ses « pas d’ânes » pour aider les animaux de trait à porter les charges jusque là-haut. Sur les cotés de petites rigoles pour évacuer l’eau des pluies.

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le sentier taillé dans la roche et ce qui ressemble à une saignée destinée à un barrage de bois

Le château du Schlossberg est mentionné pour la première fois en 1253. Lors de sa vente par les sires de Horbourg à l’abbaye de Murbach. Ruiné dès le XIVe siècle, il n’est rebâti qu’en 1575, puis aménagé pour une défense plus efficace pendant la guerre de Trente Ans…détruit à nouveau par les Suédois en 1644. (in Les Vosges du Sud par le Club Vosgien volume 6-éd 2eme trim 1981)

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le château tel qu’il devait être avant sa ruine
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Un reste de muraille apparaît


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la barbacane et son accès
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l’entrée du château est creusée dans la roche. elle est courbe pour déjouer les tirs de l’attaquant. à gauche, une trouée apportant de la lumière et donnant sur un précipice
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on identifie quatre niveaux sur les vestiges
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A l’étage supérieur de la ruine, on domine la vallée de la Thur
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Le Club Vosgien (?) a installé un abri dans l’enceinte de la ruine. Je n’aurais pas osé. J’aurais préféré conservé l’authenticité des lieux sans y ajouter une marque contemporaine aussi discrète soit-elle
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on redescend par là.
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le sentier est transformé en rû tellement il a plu
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Des moraines glaciaires. Débris de roches arrachées lors de la glaciation qui recouvrait la contrée sur 400m de hauteur
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on aperçoit la barrage du réservoir de Kruth en contrebas lors de la descente.
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Voici le point de départ que j’ai raté au bord de la route qui longe le lac derrière l’auberge

Vous pouvez télécharger mon parcours ici

Vous pouvez éviter ma grimpée hasardeuse en prenant tout simplement le chemin balisé qui mène au château (triangle rouge sur ma carte IGN ancienne) mais qui est signalé anneau bleu sur place.

3km-100m de dénivelée. Pour la digestion le jour de Noël, c’est très bien.

Un reste de muraille apparaît

Les potins du lundi

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La rumeur se colporte (Crispin et Scapin par Daumier)

Ce n’est hélas pas un conte de Noël.

La rumeur grandit.

Des femmes disparaissent dans des cabines d’essayage et on ne les retrouve jamais.

Les plus anciens se souviennent de cette rumeur colportée en 1969 de bouche à oreille puis reprise par la presse et appelée « la rumeur d’Orléans »

A cette époque là, point d’internet.

Aujourd’hui l’internet colporte les rumeurs à la vitesse de la lumière.

Parmi les rumeurs, il est difficile de discerner le vrai du faux; c’est un bruit qui court, une nouvelle sans garantie de certitude.

Les grandes énigmes policières ou politiques font l’objet de rumeurs nombreuses; parmi elles l’affaire Boulin, l’affaire Markovic, l’affaire Ben Barka, l’affaire du Pain Maudit, l’affaire Omar Raddad, l’affaire du Temple Solaire, l’affaire Godard, l’affaire Dupont de Ligonnès,…

On reproche beaucoup aux réseaux sociaux d’être en outre à l’origine de thèses complotistes pour mettre en doute la sincérité de décisions politiques.

Exemple dernier avec le Pacte de Marrakech ratifié par l’ONU et accusé de programmer une immigration massive. Une rumeur qui a été capable de faire exploser le gouvernement belge.

Entre-nous soit-dit, un pacte malvenu qu’on a précisé non contraignant alors que les peuples se sentent menacés à divers titres par l’immigration.

Parfois ce sont les médias qui alimentent la polémique et qui instaurent le doute. Il est souvent difficile de dire la vérité quand les thèses en présence manquent de preuves tangibles.

Longtemps on a accusé les adjuvants des vaccins de propager des maladies.

Même démentie, cette rumeur persiste et elle est peut-être à l’origine de cette défiance vaccinale propre à la France.

lire ici à propos des adjuvants

Certaines rumeurs sont alimentées parfois par les journalistes eux-mêmes, bien qu’ils s’en défendent, alors qu’ils dénoncent en même temps les fake-news (les fausses nouvelles) colportées par les réseaux sociaux.

Prenons un exemple.

Cette femme décédée aux urgences de l’hôpital Lariboisière, à Paris le 18 décembre.

Voici un drame incroyable tel qu’il est rapporté par la presse et qui pose un problème propre à alimenter la rumeur: on serait en danger à l’hôpital.

Cette personne amenée par les pompiers vers 18h45 a été retrouvée morte le lendemain matin à 6h20.

Où ça? comment? pourquoi?

Nous n’en saurons peut-être jamais rien.

Vous allez aux urgences pour un mal de tête, croyant y être en sécurité, et vous en ressortez les pieds devant.

Voila qui fout la trouille.

Que dit la presse?

Au bout de cinq heures d’attente, elle aurait été appelée pour voir un médecin, mais n’aurait pas donné de réponse (L’express.fr)

Aussitôt, ma compréhension des faits laisse penser qu’il y a quelque chose qu’on nous cache et qu’une rumeur est en train de naître.

Cette femme, visiblement, a été appelée, elle n’a pas répondu, on a considéré qu’elle était partie (L’express.fr)

Aucune procédure hospitalière bien écrite et respectée ne peut conduire à une telle conclusion.

En fait, la personne n’avait pas quitté les urgences, elle y était morte!

Et personne ne l’a vue mourir, ni parmi les patients qu’on dit nombreux, ni parmi le personnel.

Était-elle cachée dans un recoin des urgences? dans les toilettes? sous la couverture d’une civière?…

Dans ce cas précis, la presse en dit trop peu et manque à son devoir de transparence en n’étayant pas ses informations. Il semble qu’elle se contente de l’information officielle sans la vérifier.

Dans le communiqué de presse de l’AP-HP qui relate les faits, voici ce qu’on peut lire in fine en bas du texte…comme s’il s’agissait de relativiser ce drame…

L’AP-HP est un centre hospitalier universitaire à dimension européenne mondialement reconnu. Ses 39 hôpitaux accueillent chaque année 8,3 millions de personnes malades : en consultation, en urgence, lors d’hospitalisations programmées ou en hospitalisation à domicile. Elle assure un service public de santé pour tous, 24h/24, et c’est pour elle à la fois un devoir et une fierté. L’AP-HP est le premier employeur d’Ile de-France : 100 000 personnes – médecins, chercheurs, paramédicaux, personnels administratifs et ouvriers – y travaillent.

C’est un effectivement un devoir et une fierté de savoir comment cette personne prise en charge par l’AP-HP a pu échapper à la vigilance de ceux qui étaient chargés de s’en occuper et de lui donner les soins.

L’affaire sera-elle étouffée? mise sur le compte de la pression due au manque d’effectifs?

On attend de savoir puisqu’on nous assure que nos services publics sont parmi les plus chers et les meilleurs.

Sinon la rumeur qu’on nous cache quelque chose risque d’enfler.

Les Français ont le droit de savoir, dit l’autre