Quatre jours de voyages (1/4)


Un château extravagant, je dirais kitch. Comment s’appelle t-il? L’abbaye de Montpeyroux. Sous ses airs actuels de château se cache une véritable fondation cistercienne de la région. Remaniée à plusieurs reprises, l’abbaye a ces derniers temps été réhabilitée en maison de retraite et en centre de vacances pour enfants. (Le Petit Fûté)

Revisiter son voyage, c’est le refaire un peu mentalement. Sans efforts. Et c’est aussi découvrir ses images et approfondir la connaissance de lieux, l’origine des toponymes, les témoignages du temps passé.

Alors je commence par revoir ma halte de Châteldon dans le Massif Central non loin de Thiers.

J’ai peur. Tous ces lieux isolés où l’on peine à trouver âme qui vive. En une journée, je rencontre une personne, un randonneur comme moi. Les hameaux, les bourgs sont vides, les pancartes « maison à vendre » abondent et, ici et là, des néerlandais attirés sans doute par la solitude des lieux qui défrichent et ravalent les façades de ces petits eldorados nouveaux. La France, terre d’immigration, a encore de quoi loger du monde.

Je ferai le tour des Bois Noirs, juste de quoi franchir les six cols recensés
  • 63/0376 Le Pas
  • 03/0871 La Plantade
  • 03/0824 Beau Louis
  • 03/1151 Les Planchettes
  • 42/1121 La Chaume
  • 63/0525 Pas du Loup

Je remarque que mon circuit est « à cheval » sur trois départements: Le Puy de Dôme, L’Allier et La Loire.

J’ai croisé dans la forêt un randonneur. Il semblait aguerri et pourtant il cherchait le sommet du Puy de Montoncel.

  • « Qu’avez-vous pour naviguer? »
  • « Mon nez!… »

Je n’ai pas insisté, je suis parti. Avec mon GPS et mon extrait de carte « papier », parfois je cherche par où passer pour rejoindre un col. Le monsieur qui voyage sans instrument, tant pis pour lui. Idem pour les cols: la notion de col est très fluctuante d’un individu à l’autre, alors que le Littré dit « passage étroit entre deux montagnes ». Quand j’ai expliqué à mon quidam de rencontre que je cherchais mon dernier col, il a ri « des cols, il y en a plein ici » m’a t-il affirmé.

J’abandonne.

Quand j’ai quitté Chäteldon le matin sur mon vélo, j’allais un peu à l’aventure ne sachant pas si j’allais parvenir à trouver et à grimper mes six cols convoités. L’employé municipal prend son service, je l’interroge sur le temps prévu, pensant avoir affaire à un pro du climat local…il sort son Iphone et me dit « vous n’avez pas regardé la météo?… »
Dans cette région, les hameaux sont légion. On est toujours chez quelqu’un mais on ne voit personne.On ne sait pas si les lieux-dits se transmettent de père en fils…
Le col de la Plantade a droit a un itinéraire fléché.Sommet à 4km avec 5% de pente, je devrais y arriver
Le Bourg de la Guillermie. L’église affiche sa rectitude, sa fierté, même si les habitants sont rares.Nous sommes sur la ceinture des Bois Noirs et sur le Circuit de Découverte du Patrimoine de la Vallée du Sichon.
La Plantade, c’est mon deuxième col de la journée et ma satisfaction n’est pas feinte. Km20/700m. Le relief n’a rien de semblable avec les Vosges car il s’agit ici d’un succession de creux et de bosses qui vous obligent à jouer des manettes en permanence. Je me garde bien de passer les bosses sur des grand couples ne sachant pas ce qui reste à venir…en fait je terminerai avec 1700m au total
A la droite du père, le cheval, à la gauche Châteldon. J’ai un peu forcé sur les pixels, dans la vallée c’est la grisaille qui prédomine
A partir de là, mon routier devient inopérant. Impossible de rouler dans la caillasse pendant 14km. Alors je marche. La signalétique de l’Allier inspire la pauvritude dirait l’autre
Menhir? non érosion chimique du granit
Faudrait envoyer une délégation du Club Vosgien pour refaire les panneaux
Là je cherche une issue car ma trace GPS e conduit dans un dédale de pierres, alors je tente un passage d’engins forestiers. Laissez-moi redescendre!
ça redevient acceptable. les gorges de patins de frein sont remplies de graviers, les jantes n’aiment pas…
Quand je quitte la forêt, le temps gris vire au beau.
Arrêt de bus? mes roues sont couvertes de boues et de graviers. J’ai faim, j’ai juste emporté trois gaufrettes à la confiture. J’ai mis six heures pour parcourir les 75 km. Évidemment on peut toujours regretter de ne pas avoir eu un vélo Gravel mieux chaussé avec soi

Plus tard, je vous conterai en détail mes trois journées à Monpazier avec les Amis du Randonneur… voir le parcours GPS :

https://www.openrunner.com/r/10048361

Une réponse sur « Quatre jours de voyages (1/4) »

  1. Je vous souhaite une visite agréable de cols. Un beau rapport. Comme si j’avais su où était votre séjour d’une nuit.
    Salutations André Verbeek ccc 3557

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