Bloc-notes du 22 juin

la musique populaire va t-elle sombrer dans les débordements de décibels?

Fête de la musique: j’y suis allé, j’en suis revenu.

La ville avait bien fait les choses: elle était dans le noir. La plupart des lampes de rue étaient éteintes et c’est à tâtons qu’on a dû contourner la Collégiale de Thann pour atteindre les festivités.

J’ai compris, après coup, que c’était une manière comme une autre de dissuader les vieux de se risquer dans les rues de la ville et de craindre la fracture d’un col du fémur. Surtout qu’autour de la Collégiale, il y a des fossés profonds non signalés.

La fête de la musique est devenue un boulevard de vociférations amplifiées, tellement amplifiées que même dans mon lit à deux kilomètres du centre-ville, je les entendais encore.

Finalement la fête de la musique à force de « ratisser large » n’a conservé qu’un style de musique, celle des bals du samedi soir. Après avoir parcouru au pas de charge l’avenue de la Première Armée, nerf sensitif de la ville, je me suis enfui par la rue des Généraux Ihler.

Devant le resto Caseus, des danseurs habillés en cow-boys remerciaient le public, le gobelet de bière à la main.

Place de Lattre, le comble: un type sous une tente dans le noir hurlant « les portes du pénitencier » derrière une sono et son déferlement de décibels.

La fête de la musique instituée par Jack Lang le jour du solstice d’été n’est plus ce qu’elle était à l’origine: une fête des musiques où le moindre musicien ou chanteur pouvait s’installer devant chez lui et montrer sans savoir-faire.

Nul quatuor, nul jazz, nulle musique sensible. Tout cela a disparu, noyé dans un conformisme de répertoires convenus.

En 2010 à Mulhouse

Le cycliste se tue bien

18 cyclistes fauchés d’un seul coup en mars 2021

Combien sont-ils les cyclistes à « se tuer » à vélo en 2021? vingt-deux

Aussitôt les statisticiens se ruent sur leurs calculettes et en déduisent que la mortalité du cycliste a quadruplé par rapport à 2019.

Le cycliste a cette particularité: sa mort est remarquable. Les jeunes entassés dans une voiture qu’on peinent à extraire des épaves entourant un arbre ou un poteau au petit matin d’un retour de bal ne font pas l’objet de statistiques ciblées. Les cyclistes, si!

On se demande bien pourquoi il faut à chaque fois dénoncer l’arbre qui cache la forêt. Peut-être existe t-il un renoncement à insister sur l’accidentologie des bals du samedi soir? car très peu en effet rentrent aujourd’hui du bal à vélo. On n’est plus en 36, le Front Populaire n’est plus, itou le Front Républicain.

DNA 22/06

Certes vingt-deux cyclistes tués, c’est vingt-deux de trop, mais ça ne fait pas une statistique.

Parmi ceux qui se tuent seuls, l’ancien président de la Ligue lorraine de cyclotourisme Bernard Monchot et fondateur du Comité régional (CoReg) de la Fédération française de cyclotourisme (FFCT).

D’après la gendarmerie, le cycliste roulait sur la départementale puis s’est subitement orienté vers la gauche pour tourner en direction de l’ancienne commune de Coutures, intégrée à Château-Salins.

Cela a eu pour effet de couper la route à un automobiliste, qui l’a vu arriver de face et n’a pu l’éviter.

Relativisons la dangerosité du vélo: le nombre de cyclistes est en forte augmentation du fait de l’avènement de nouveaux usagers équipés de vélos électriques et l’accidentologie augmente forcément en conséquence. D’autant que les automobilistes ne sont pas toujours aussi respectueux des distances de sécurité à observer.

Tués à vélo, trop!

Accidentologie routière (chiffres sécurité routière)

17 morts à vélo en février! Les chiffres sont là. Les tués à vélo augmentent.

Selon Olivier Schneider, président de la FUB « la majorité des tués, contrairement à une idée reçue, ce n’est pas en ville, c’est hors agglomération » et « ce sont souvent des hommes de plus 50 ans qui sont les victimes ». Sous-entendu, ce sont des cyclotouristes âgés.

C’est vrai que les seniors de plus de 65 ans sont en forte hausse (+18% tous usages confondus) parmi les tués. Est-ce l’effet du papy-boom?

Soit 184 cyclistes tués lors des 12 derniers mois contre 147 en 2010. Si les chiffres sont indéniables, en revanche il manque un paramètre, celui de la croissance des cyclistes observés lors des 10 dernières années.

Plus précisément, il manque aux chiffres des tués les causes et les circonstances de ces décès de cyclistes. Ont-ils percuté un véhicule? ont-ils été renversés? sont-ils seuls en cause?

Ce flou entretient la suspicion vis à vis de l’État et de ses services. Les pouvoirs publics ont choisi de faire un enjeu politique de l’accidentologie routière depuis de longues années. Que va décider le gouvernement de façon arbitraire? ne va t-on pas en profiter pour imposer le port du casque? Emmanuel Barbe, délégué interministériel à la sécurité routière, n’y sera pas étranger.

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