Conciliabules déjantés


La bicyclette accompagne la société. Ses joies, ses peines et aussi ses clichés colonialistes.

Je rentre complètement défoncé.

Sexa-cyclo, mais sexa d’abord!

Vous ne pouvez pas savoir comme je galère dans les côtes.

Je m’impose pourtant de les grimper, puis je rentre complètement défoncé.

C’est mon ivresse à moi.

Je vide les bouteilles d’eau pétillante et je rafle tout ce qui traine dans le frigo.

Puis j’attends l’heure du repas…mi éveillé, mi endormi, encore étourdi par l’exercice.

Les couples décomposés

Mon somnifère, ces soirs là, c’est la télé; je sombre dans le sommeil au bout de 10 minutes pendant que ma femme, la zapette à la main, fait défiler le caléidoscope de pixels.

Du vomi en boite 16/9eme!

Non, pas toujours,

J’ai regardé Taddeï.

Depuis qu’on en dit tant de mal, je suis allé voir au-delà de mes heures prohibées.

Les couples décomposés et les partages d’enfants au programme.

Un inextricable maquis sur fond d’amour interrompu, de haine, de droit de la famille et de discussions sordides pour savoir où habiteront nos mômes.

Bon courage la nouvelle société!

A minuit, j’ai décroché et je me suis réfugié dans les bras de Morphée.

C’est après le Sirnitz que je suis parti en vrille.

Pour en revenir à hier, j’ai grimpé au Sirnitz comme on dit ici.

En fait on grimpe plus haut jusqu’au Kreuzweg.

Ce machin là m’en fait baver.

Si vous faites Kreuzweg-Sirnitz sur Googeuleu, vous allez me trouver…

On a les artères de son âge, hélas.

C’est après le Sirnitz que je suis parti en vrille.

Deux cyclos français, reconnu grâce à leurs maillots, m’ont doublé. Des vrais.

Pas comme moi avec mon prétentieux maillot « Cent Cols ».

Un routier et un vététiste.

J’ai bien vu que le routier tentait de s’accrocher derrière le VTT.

Que nenni!

Le « SSOListe » d’Habsheim lui a mis une pâtée dans les derniers méandres en sprintant en danseuse tout en zieutant les dégâts dans la branche d’en- dessous.

Un train encore trop rapide pour moi

Moi qui n’était qu’un modeste spectateur chassant l’ombre, j’ai alors perdu mes marques et j’ai cherché un dernier pignon, du souffle et de la vitesse.

En vain!

Ma délivrance est arrivée quand j’ai distingué à travers le bois le refuge du Kreuzweg et son toit rouge.

Neuf kilomètres à 7-8%, c’est agaçant.

Heureusement, j’avais en live les teuf-teufs pétaradants qui descendaient en face de moi.

Des avances à l’allumage douteuses qui donnaient de grandes détonations comme si c’était la guerre.

Niederweiler est à 309m, Sirnitzsattel à 1064…la dénivelée est de 755m.

Comme je monte entre 9 et 11 mètres/minute, il m’a fallu 1h15 pour atteindre le sommet.

C’est mathématique.

Un train encore trop rapide pour moi.

Je songe encore…

Je songe encore à mes amis qui roulent Audax.

Sont-ils arrivés à bon port?

Ceux d’hier partis courir la campagne d’Alsace pendant 200 km.

J’en ai été jadis, mais ça ne me tente plus de courir après les kilomètres en file indienne dans l’appréhension permanente d’un « touché de roue ».

Mes commentateurs ne sont pas tendres, « ils n’ont pas vraiment l’aspect de vrai cyclo. Ils portent des tenues de coureurs et roulent sur des vélos tout nu -pas de garde boue, pas de sac de guidon- Je suis d’une autre génération »dit l’un d’eux un peu désabusé….Et ils ont de vilaines casquettes en platière mastique sur la tronche, dit l’autre.

Ils vont me fâcher avec la corporation, mais il est vrai que la formule Audax semble en perte de vitesse; en quelques années les troupes ont fondu.

Monter la butte derrière chez soi

L’autre cyclisme qui fait [fureur] (ah, non pas ce mot là!), je veux dire qui fait le bonheur des cyclistes (et des marchands), c’est le VTT.

Moi qui l’ait tant honni, je l’adore.

Il y a dans l’essor du VTT l’ indéniable besoin de retour du cycliste à la nature qu’on ne trouve plus sur nos départementales encombrées.

Le VTT a cet avantage, celui d’offrir des victoires courtes avec des horizons proches à tous les âges.

Monter la butte derrière chez soi, c’est déjà le retour à l’enfance, une forme de rajeunissement instantané… quitte, plus tard, à monter le Ventoux par ses sentiers muletiers.

Bonne fête à toutes les mères!

Il faut bien sacrifier à quelques dévotions terrestres.

 

5 réponses sur « Conciliabules déjantés »

  1. Dis moi 9 à 11 metres à la minute-disons10 metres minute.Dans une heure il y a 60 minutes. >D’accord, 10 metres qque multiplie 60 egale 600. toujours d’accord. 600 metres à l’heure c’est pas rapide. C’est mathematique.

  2. Exact, c’est pas rapide.
    C’est une vitesse ascensionnelle où l’on doit vaincre sa gravité.
    Imagine un mur devant toi: es-tu capable de le gravir sur 600 mètres en moins d’une heure?

  3. 600 mètres de dénivelé en une heure, pour mes 85 kg (habillé) et mes 10 kg de vélo (équipé), celà représente 559170 Joules soit une puissance moyenne (à la roue) de 155 Watt.
    En ajoutant quelques Watts de frottements et quelques coups de vent, je considèrerais ça comme honorable.

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