Voici le récit de notre voyage itinérant à Seurre en Côte d’Or.
Pourquoi Seurre?
Parce qu’il s’y tenait la rencontre nationale des Amis du Randonneur, des voyageurs cyclistes amoureux de paysages et de vélo.
Avec mon ami Prosper nous ferons route ensemble depuis Bouxwiller, non loin de Ferrette, dans le Sundgau alsacien.
Précisions importantes pour les candidats au voyage à vélo…
Notre voyage à vélo avec sacoches a duré six jours.
Nous avons accompli 652km et gravi 4260m de dénivelées positives.
Pour accomplir ce voyage, il faut être au préalable entraîné et savoir enchaîner 6 heures de selle consécutives chaque jour.
Ce type de voyage n’est pas du cyclo-camping: nous n’emportons que (!) 10 kilos de bagages avec nous et nous dormons en gite. Nos bicyclettes ne sont pas adaptées pour supporter de lourds bagages, tente, couchage et matériel de camping.
Compter parcourir 20km chaque heure, sans les arrêts et les visites, et hors zone de montagne, cela va de soi!
Financièrement, compter 50 euros de dépenses par jour, hébergement et restauration.
1er jour: Bouxwiller- Saint-Hilaire (128km/840m)
Première découverte: il faut s’approprier le pilotage du vélo chargé de bagages à l’arrière…
Pas question de se mettre en danseuse, ni de lâcher le guidon!
Deuxième découverte: mon tracé GPS n’est pas au top.
Prosper a tôt fait de s’en apercevoir. Moi aussi.
J’ai laissé monsieur Garmin tracer notre route, ce qui est une erreur.
Avant de se lancer dans un voyage comme celui-là, mieux vaut étudier finement la route et rechercher les itinéraires adaptés. Comme par exemple ceux retenant de passer par l’Eurovéloroute6 (EVR6).
On partira à 9h30 en direction de Ferrette, le temps est beau mais frais.
Heureusement, ça monte tout de suite…et je peux tester les effets d’une masse de 10kg de bagages à l’arrière du vélo.
Inutile de s’emballer: la masse inerte restera accrochée pendant 130km aujourd’hui!
Après Pfetterhouse, je tente de me changer les idées en regardant le paysage et les belles maisons sundgauviennes.
A Delle, on se chargera encore d’un sandwich pour le déjeuner.
Prosper est tenté de rejoindre au plus vite l’Eurovéloroute le long du canal de la Saône au Rhin.
Voila qui est fait!
Notre route est toute tracée même si parfois on est déviés de façon inattendue.
A Voujeaucourt, on est un peu perdus et je manque de prendre l’itinéraire à l’envers.
A L’Isle-sur-le-Doubs, la chaleur est accablante et l’on se désaltère.
Le paysage le long du Doubs est magnifique (voir ce site consacré à la rivière Doubs)
Peu avant d’arriver à Besançon, nous devons rejoindre notre gite à Saint-Hilaire, le seul gite trouvé à proximité de notre parcours.
C’est à Fourbanne que nous quittons les boucles du Doubs avec une côte de 9% qui va nous marquer physiquement.
Fin de la première étape à Saint-Hilaire, un village perdu, où nous n’aurons plus qu’à bien dormir avant d’affronter la seconde journée.
2ème jour: Saint-Hilaire-Seurre (120km/592m)

Ne nous attardons-pas sur Saint-Hilaire et son gîte.
C’est l’heure du départ et une grande journée s’annonce.
Traverser Besançon nous inquiète un peu.
On aborde la ville par le nord-est en arrivant de Marchaux.
Inutile de songer à rejoindre l’EVR6, on veut traverser au plus vite.
Nous prendrons donc la voie rapide avec les camions, les bus et tout ce qui nous chatouille si bien les narines.

A Routelle, nous retrouvons la vallée du Doubs et sa piste.
A Saint-Vit, nous irons faire nos provisions de bouche; le village est bien signalé au bord de l’EVR6.
Puis nous reprendrons notre chemin en direction de Dole.
Dole mérite qu’on s’y arrête.
Son bourg médiéval est magnifique et son port fluvial offre de belles perspectives sur la ville.
Une grande boucle au nord nous oblige à quitter le canal du Rhône au Rhin à Damparis, présence d’une usine « Seveso » parait-il…
A Abergemont-la-Ronce, nous plongeons plus au sud vers Seurre.
La route y est plus monotone; heureusement un cycliste local nous accompagne et nous tient conversation.
Seurre est là, au bord de la Saône paisible et majestueuse.
3ème jour: au programme la Côte de Nuits et Cîteaux (76km-388m)

Avec le Amis du Randonneur, nous entamons un voyage qui nous mène d’abord à l’abbaye de Cîteaux.
Un peu déçus: pour visiter l’abbaye, il faut montrer patte blanche.
Un court arrêt nous confirme qu’on ne pourra rien voir sans abandonner nos vélos; on repart en direction de Vougeot.
Les vignerons sont dans les vignes, appliqués, méticuleux envers leur terroir.
Le temps est mitigé, les nuages menacent. Après le vignoble, nous rentrerons au plus court.
4ème jour: Côte de Beaune (91km-482m)

Nous disposons de la journée contrairement à la veille où la matinée a été consacrée à l’AG de l’association.
Mais le temps est incertain et froid.
La météo annonce de la pluie en milieu de journée.
Il est question de rejoindre Beaune, puis Meursault, St-Loup-de-la-Salle, Bragny-sur-Saône…
A Beaune, les hospices, incontournables. Certes!
Comment laisser nos vélos et faire la queue?
Le plus beau est à l’intérieur, on se contentera de contourner l’édifice, mais cela a beaucoup moins de charme.
Le temps menaçant avec un ciel chargé nous fera prendre la route du retour prématurément sans même pique-niquer.
A 15heures, nous serons de retour à Seurre.
A 15h30, la pluie s’installe.
5ème jour: Seurre-Baume les Dames (137km-850m)

C’est déjà le départ.
Nous quittons tôt nos Amis du Randonneur car la route est longue, d’autant que nous avons souhaité passer par Saint-Jean de Losne et Auxonne…
Le matin est frais et la route rectiligne. Face à nous, un vent de nord désagréable.
Saint-Jean de Losne a gardé les traces laissées par les mariniers.
De nombreux bateaux achèvent ici leur vie.
D’autres ont pris la relève avec la plaisance dans un port moderne.
A St-Jean, nous longeons la Saône.
Auxonne approche…
C’est sidérant de voir tous ces commerces fermés, le rideau baissé…on cherche une boulangerie pour le pique-nique avant de repartir en direction de Besançon.
Une grand ligne droite jusqu’à Flammerans, puis quelques lignes brisées pour éviter les grands axes…
Une fois la traversée de la A36, on joue futé pour rejoindre le Doubs avant Besançon.
Le GPS nous aidera à aboutir à Avanne-Aveney.
A nous les bords du Doubs!
Un ralentisseur me fait sursauter dans la descente d’Avanne.
Mon bagage n’aime pas trop ce dérangement…
Prosper me rejoint.
« Tu sais où est ta bouteille d’eau minérale?… »
Je regarde ma sacoche…l’emplacement est vide…la bouteille est tombée, Prosper a tenté de la récupérer, mais elle a fini dans la bouche d’égout.
Cette bouteille, je l’ai trainée pendant près de 100km depuis le Super-U de Seurre jusqu’à Besançon sans même l’ouvrir.
La traversée de Besançon par le tunnel sous la citadelle est impressionnante. Le chemin est étroit. Mieux vaut se signaler aux piétons et cyclistes venant en face.
Tout ce parcours de l’EVR6 jusqu’à Baume les Dames est magnifique.
Je le recommande.
Faire attention aux nombreux usagers!
C’est au gîte de la Capitainerie du port de Baume les Dames que nous seront accueillis par Malika.
Plus exactement, il s’agit du Domaine d’Aucroix, une délégation de service public de la municipalité de Baume.
Un logement parfait, un restaurant de qualité, un personnel attentionné, un cadre agréable où les cyclistes sont bien reçus…ainsi que nos vélos.
Nuitée 20/22 euros, prévoir sac de couchage et serviette de toilette (qu’on peut louer 2 euros en sus).
32 chambres disponibles.
On visitera Baume à pied le soir.
Belle place centrale, belles maisons.
Des commerces abandonnés, hélas!
6ème jour: Baume les Dames-Bouxwiller (100km-1105m)

C’est donc notre sixième jour de pédalage et la fatigue est là.
On part à 9 heures en direction de Bouxwiller, terme de notre voyage.
Prosper propose de rentrer par la Suisse.
A Clerval, on oblique vers Pont de Roide.
Fini la belle vie au bord du Doubs, on retrouve les bosses qui nous mènent jusqu’aux Balcons du Lomont.
Le passage en Suisse est toujours une découverte agréable avec ses villages bien tenus.
A Porrentruy, on flâne un peu…puis l’on se dirige à nouveau vers la France par Miécourt.

A Miécourt, les douaniers sont là.
Avec leur chien renifleur.
Ils nous font signe de passer avec nos grosses sacoches, non sans nous avoir aimablement salués.
« Ouf, on l’a échappé belle! » dit Prosper en plaisantant.
« Prosper!..pourquoi le chien il nous suit?… »
trace GPS Baume les Dames-Ferrette
trace GPS Seurre-Baume les Dames
Merci à Prosper de s’être complaisamment prêté à la photographie de ce reportage et pour ces bons moments passés ensemble à vélo.
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Plaisir partagé ! Trop heureux d’avoir réussi à te convaincre qu’être « sacochard » apporte une multitude de petits bonheurs que les quelques contraintes n’effaceront jamais.
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voici un magnifique périple, en effet nous avons peut être pédalé sur les mêmes traces… le vélo est une magnifique aventure ! j’en adore l’esprit !
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