Voyage fantastique


Pompeii-cast
Pompéi n’a pas laissé que des cadavres de pierre

Je redécouvre Théophile Gautier et sa belle écriture ciselée, celle que nos maîtres d’alors nous proposaient sous forme de dictées.

Dans ses récits fantastiques, le voyage s’invite à travers le rêve.Ni train en grève, ni voiture, ni vélo.

Le livre suffira.

L’improbable dépassant les frontières du réel se produit et dans ce court texte intitulé Arria Marcella, souvenir de Pompéi, l’auteur est capable de plonger son voyageur, Octavien, au centre d’un théâtre antique, deux mille ans plus tôt.

Le volcan ne s’est pas pas encore réveillé et la cité de Pompéi est pleine de vie et de majesté…

La pièce n’était pas encore commencée ; Octavien en profita pour regarder la salle. Les gradins demi-circulaires, terminés de chaque côté par une magnifique patte de lion sculptée en lave du Vésuve, partaient en s’élargissant d’un espace vide correspondant à notre parterre, mais beaucoup plus restreint, et pavé d’une mosaïque de marbres grecs ; un gradin plus large formait, de distance en distance, une zone distinctive, et quatre escaliers correspondant aux vomitoires et montant de la base au sommet de l’amphithéâtre le divisaient en cinq coins plus larges du haut que du bas. Les spectateurs, munis de leurs billets, consistant en petites lames d’ivoire où étaient désignés, par leurs numéros d’ordre, la travée, le
coin et le gradin, avec le titre de la pièce représentée et le nom de son auteur, arrivaient aisément à leurs places. Les magistrats, les nobles, les hommes mariés, les jeunes gens, les soldats, dont on voyait luire les casques de bronze, occupaient des rangs séparés. – C’était un spectacle admirable que ces belles toges
et ces larges manteaux blancs bien drapés, s’étalant sur les premiers gradins et contrastant avec les parures variées des femmes, placées au-dessus, et les capes grises des gens du peuple, relégués aux bancs supérieurs, près des colonnes qui supportent le toit, et qui laissaient apercevoir, par leurs interstices, un
ciel d’un bleu intense comme le champ d’azur d’une panathénée ; – une fine pluie d’eau, aromatisée de safran, tombait des frises en gouttelettes imperceptibles, et parfumait l’air qu’elle rafraîchissait. Octavien pensa aux émanations fétides qui vicient l’atmosphère de nos théâtres, si incommodes qu’on peut les
considérer comme des lieux de torture, et il trouva que la civilisation n’avait pas beaucoup marché.

(extraits tirés des Récits fantastiques de Théophile Gautier)

ISBN:287714-155-1

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