Les potins du lundi


Berlin, manif anticorona

Anticorona. C’est nouveau comme mot. Les anticoronas, à ne pas confondre avec les anticorridas, sont ceux qui refusent les gestes-barrières pour se protéger contre l’épidémie de coronavirus.

C’était prévisible.

Ne pas avoir peur, s’exposer à la maladie, c’est tout à fait un réflexe de « trompe-la-mort » auquel sont tentées les jeunes générations. Estimer que le virus perd de sa vigueur, mettre en cause son existence même, refuser des mesures sanitaires jugées excessives, c’est le lot des objections entendues parmi ceux qui manifestent et qui ne veulent pas se laisser imposer un nouveau mode relationnel dans la vie courante.

C’est du même ordre que ceux qui s’opposent à la vaccination. On oublie que sa propre défiance puisse mettre les autres en danger. Un peu comme si l’on habitait une contrée déserte de la planète. Ce mouvement anticorona qui prend naissance inquiète en Allemagne, pays peu touché par l’épidémie jusqu’alors. La distanciation sociale imposée par les autorités passe mal. On comprend pourquoi puisque ces mesures ont pour corolaire d’empêcher un certain nombre de libertés de se pratiquer normalement. Comme par exemple le droit de se réunir ou de se croiser dans la rue sans être muni d’un masque.

Mais cette fronde indirectement contribue à marginaliser les populations fragiles au virus que sont les plus âgés. On pourrait y voir une forme de contestation générationnelle vis à vis des mesures sanitaires. Comment vont réagir les États face à ce nouveau grain de sable dans la lutte contre la pandémie?…

Le cycliste décroissant

Vieux vélo ou vélo de vieux?

Une évidence s’impose: la culture physique du sujet vieillissant est mise en question année après année. Il faut réduire le niveau. Ceux qui ne l’entendent pas préfèrent faire comme avant. C’est leur droit. C’est du même ordre que la défiance vis à vis du coronavirus. L’acceptation de moindres limites pour son corps est pourtant une fatalité avec laquelle il faut composer.

Mais le culte de la performance du monde moderne laisse peu de place au sportif « décroissant », je veux qui dire à celui qui prenant de l’âge doit choisir des modes doux.

Faire comme avant, c’est s’imposer à vélo des dénivelés vertigineux et des kilométrages qui vous tiennent jusqu’à la nuit tombante. Et puis, un jour, vient l’accident. L’accident cardiaque? non généralement pas car ces cyclos sont entraînés et surveillés. Mais l’accident articulaire, c’est à dire celui où sournoisement le squelette coince. C’est le corps qui refuse. Je me souviens de mon médecin traitant qui le lundi dans son cabinet recevait des jeunes sportifs que la compétition du dimanche usait prématurément et de façon irrémédiable.

Certes, on le voit venir le moment où il faut réduire le niveau, il y a des signes avant-coureurs, oserais-je dire. Des douleurs passagères, une frilosité à se mettre au guidon l’hiver, sous la pluie et tous les autre symptômes qu’on feint d’ignorer: de moindres réflexes à l’évitement des nids de poule, une moins bonne perception de son équilibre, une surdité progressive et une vue moins précise et quelques raideurs à enjamber sa bécane.

Tous ces symptômes doivent nous faire prendre conscience qu’il faut adapter ses pratiques…quand d’autres s’arrêtent tout simplement et parfois brutalement. Pour ceux-là le phénomène déclencheur, c’est la chute dont on gardera des séquelles, un mauvais souvenir ou un presqu’accident de la route évité de justesse.

Et puis il y a la gestion adaptée. Celle que je souhaite pour moi comme pour beaucoup de mes confrères qui prennent des postures mesurées. Le vélo le permet et c’est une chance.

C’est notre décroissance cycliste.

Faire moins de vélo, mais en mieux

La décroissance est un mot moderne. On l’entend beaucoup actuellement face aux dangers qui menacent la planète. On l’entend et pourtant très peu sont prêts à la mettre en œuvre tout simplement parce qu’elle met en question nos modes de vie dans les pays riches et qu’elle pèse sur nos choix politiques. Décroître, on le sait, passe par une remise en question de notre rapport à la consommation du bien commun.

Par exemple moins prendre sa voiture semble irréaliste à un péri-urbain dès lors qu’il n’a pas d’autre choix que d’aller chaque jour à son travail avec sa voiture. On voit bien que tout est lié. Pourtant la malédiction du Covid a fait jour de façon tout à fait inattendue à de nouveaux modes de rapport au travail avec le télétravail réduisant le recours à la voiture et aux transports en général.

La décroissance de ses moyens physiques est aussi inéluctable…et c’est parfois un crève-cœur que de l’admettre. C’est d’autant plus difficile que dans notre monde qu’on dit moderne, la place de senior est à assumer; il doit rester autonome le plus longtemps possible. C’est déjà une performance.

extraits de ma chronique de 2016

C’est un vrai boulet à traîner, tous ces vieux désœuvrés qui nous font chier avec leurs vélos sur le bord des routes.

Heureusement qu’il y en a un de temps à autre qui pète une durite dans le Boenlesgrab ou le Molkenrain!

Comme le dit Nathalie Kosciusko-Morizet chez Cohen ce matin, « ils ont en marre, les jeunes, de payer des retraites qu’ils n’auront pas quand on ne sera plus là… »

Comme on le voit l’image du vieux n’est pas toujours reluisante vis à vis des plus jeunes!

Adapter son vélo à l’âge

Je tente un vélo fugace, celui où je ne me fais pas trop remarquer par la génération active, celle qui produit des biens, comme si je devais m’excuser d’être mis réglementairement sur la touche.

Si le vélo maintient en forme, il faut aussi l’adapter à sa forme. C’est ainsi que je résume ma façon de voir les choses, je la traduis en quelques préceptes qui vont tous vers une adaptation ciblée de mes pratiques:

  • Pas de sorties cyclo-sportives du type « la tête dans le guidon » tant décrié dans les clubs
  • Des circuits plus courts et moins énergivores
  • Privilégier le vélo tout chemin à l’abri des itinéraires peu sécurisés
  • Opter pour le voyage itinérant doux
  • Recourir à l’assistance électrique si l’on est tenté par la découverte de la discipline

Conserver son autonomie

Ne rien s’interdire plutôt que tout arrêter, c’est un peu mon credo. Ma tentative de recourir à des activités annexes comme la marche, le jogging ou la natation est en partie assurée. Mais le jogging, je l’assume, après 350 premiers kilomètres depuis le confinement est un sport très impactant pour le squelette et le système cardio-vasculaire; je ne saurais donc trop le recommander. En revanche, la natation est un bon plan à condition d’aimer l’eau. Interrompue à cause du Covid, je n’ai pas encore repris la piscine.

Bref, en prenant de l’âge sachons prendre aussi les bonnes directions en terme de sport pour conserver le plus longtemps possible son autonomie.

3 réponses sur « Les potins du lundi »

  1. Bad Dürkheim 18 h 00
    Me voici cloîtré sous la tente, que j’ai fini de monter pile sous les premières gouttes.
    Quand on vieillit, on a besoin de plus de confort, alors j’emmene une tente plus confortable (+1,5 kg) et un fauteuil pour me reposer (+0,6 kg) et une pharmacie plus importante, et plein d’autres trucs dont j’ai l’impression que je ne peux pas me passer.
    Mon équipement est passé au fil des ans de 20 à 30 kg alors que je n’ai pas rajeuni, ni perdu de poids, bien au contraire.

    1. C’est le contraire de l’adaptation à mon vieillissement, alors, vitesse moindre, étapes plus courtes et on évite la montagne.
      Aujourd’hui, 6 heures sur le vélo.
      Mayence, Worms arrivée à Bad Dürkheim.

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