Les potins du lundi


De quoi parler en ce lundi de chassé-croisé des juillettistes et des aoutiens?

La grande transhumance vacancière je l’ai connue, à mon heure. C’était celle d’une certaine France avide d’autos, de soleil et de rubans autoroutiers bétonnisés comme l’Esterel. Pradel se félicitait d’avoir fait passer l’autoroute sous Fourvière en plein cœur de Lyon et Borel inaugurait ses restoroutes. Une France glorieuse et de congés payés pressée d’appuyer sur le champignon de la Dauphine et de la 404.

En ce temps là, la France du nord s’invitait chez celle du sud. Les compagnies d’autoroutes comme Paris-Rhin-Rhône faisaient des merveilles avec ce ruban d’asphalte qui permettait non seulement de traverser le vignoble bourguignon en moins de deux, l’autoradio à donf, mais aussi de répandre sur la vigne les tonnes de plomb issus de nos carburateurs.

Pas grave, on le boira en novembre, le beaujolpif lesté de plomb.

Avant cela on aura le temps de vider les cubits de rosés planqués au fond du coffre lors du retour de vacances. Sous les tubas, les épuisettes et le parasol.

On a oublié de venir avec son passe dans les valises.

Qu’est-ce que j’apprends? il faut un passe pour aller au resto de la plage?

Pas facile d’arpenter les rues piétonnes de la station balnéaire, les keufs veillent au grain. Des fois qu’un virus variant venu du nord s’invite sans crier gare! Il faut donc accepter les vacances masquées…et les tests antigéniques pour assister aux attractions, aller au resto, aux spectacles. Ce n’est pas le top.

Pour les Français cigales, obtenir le passe n’aurait du être qu’une simple formalité. Mais on a préféré attendre et remettre la vaccination à la rentrée. Un peu comme dans le temps payer son tiers provisionnel au dernier moment en se rendant à la trésorerie le dernier jour et faire la queue. L’excuse du « pas assez de recul » commence à dater. Alors on cherche autre chose. Je ne sais pas moi…c’est pas sûr du tout ce machin là, la preuve, il faut une troisième dose…Voila la nouvelle raison pour ne pas se vacciner, ça sera ça à la rentrée la prochaine excuse.

Il y en a marre de tous ces refuzniks. J’ai certainement tort: je les considère comme des ânes qui vont nous mettre encore en difficulté à la rentrée avec des confinements en perspective.

On devrait leur offrir des vacances en Tunisie. Ils pourraient manifester pour avoir des respirateurs.

J’ai la vue courte. Ceux qui manifestent expriment un ressenti profond qui va bien au-delà du simple refus de la vaccination. Ils expriment une peur de l’avenir d’un monde en souffrance, celui qu’on torture, qu’on pressure, qu’on vide de sa substance et qui expire. Des cataclysmes à la pelle, des banquises qui fondent, des forêts qui se consument et des virus qui s’échappent.

Pour clore le chapitre, des abrutis fortunés qui rêvent d’exporter nos scories dans l’espace à l’aide de fusées!

La majorité silencieuse a tort

A Thann, les affiches d’Eric Zemmour fleurissent

A Mulhouse un collectif de soignants s’est constitué pour dire non aux mesures sanitaires et défiler dans la rue. Mulhouse, rappelons-le, c’est cette ville où un cluster géant s’est déclaré au début de l’épidémie.

Au lendemain d’un week-end qui a consacré la réussite de grandes manifestations contre le passe sanitaire et la vaccination obligatoire, force est de s’interroger. La majorité silencieuse a t-elle tort? je veux parler des 34 802 335  personnes ayant reçues deux doses de vaccins anti-Covid. Ceux-là ne disent rien, ils observent médusés ce déferlement des anti qui défilent au nom d’une liberté que nous leur offrons. Car s’ils peuvent défiler et défier le virus, les antivax le doivent d’abord à ceux qui ont accepté de réduire la pandémie en se vaccinant. Ne l’oublions pas !

Mais derrière cette défiance des antivax s’en cache une autre, celle qui s’oppose aux sachants, aux pouvoirs et à la rationalité. Ces dix pour cent d’opposants aux mesures sanitaires pourraient fort bien constituer l’opposition politique de demain et pousser au pouvoir un opportuniste habile capable de récupérer les rancœurs d’un pays à la dérive.

La nation louvoie et tente d’éviter les écueils comme elle peut en pleine période estivale. Un peu de masques dans les rues piétonnes, des ouvertures conditionnelles d’attractions et de restaurants, et des rapatriements métropolitains dans les réas ultra-marines qui débordent.

La rentrée dans quatre semaines va être un révélateur de l’état de la pandémie dont beaucoup croient être sortis alors qu’elle reprend sous des formes variées ça et là. Les déclarations du ministre Blanquer qui parle d’évincer les élèves non vaccinés vont alimenter une polémique qui ne cesse d’enfler. Sur ce terrain de l’information et de la communication, le gouvernement a achevé de faire la preuve de son incompétence et il risque fort de le payer cher dans un pays chauffé à blanc.

Un bouquin pour l’été

Louis Nucera est mort là.

Mes rayons de soleil (Louis Nucera) ed. Grasset

Louis Nucera peut vous faire voyager tout en restant chez vous.

Les montagnes sont d’un charisme exigeant. Nul miroir aux alouettes ne vient berner ceux qui les aiment. Elles jouent cartes sur table. Dans Peyresourde, les rampes de Saint-Aventin, de Garin, renseignent sur ces espaces où il est impossible de rendre responsables les autres de ses faiblesses.

Je n’ai pas l’expérience des Pyrénées comme pouvait l’avoir Louis Nucera. Mais ses lectures me font du bien.

Louis Nucera est mort fauché par une voiture le 9 août 2000 à Carros non loin de chez lui.

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