Inauguration d’une autoroute par les cyclistes, est-ce une récupération du lobby pro-routier? (image Charles H.)
C’est devenu une tradition. Pour inaugurer une autoroute, on l’ouvre d’abord aux cyclistes. Comme sur cette image ci-dessus avec l’autoroute Transjurane (Suisse)
Mais à Strasbourg, l’idée passe mal pour le GCO, le Grand Contournement Ouest, qui doit bientôt s’ouvrir à un nouveau flot de véhicules censé soulager le trafic interurbain de l’agglomération.
Deux associations, Strasbourg Vélo Club et Les Randonneurs de Strasbourg, ont accepté de parrainer l’ouverture du Grand Contournement le dimanche 21 novembre en appelant leurs membres à parcourir 25 kilomètres sur un tapis lisse et sans rond-point dépourvu de bagnoles et de camions.
Aussitôt le collectif « GCO, non merci » crie au greenwashing accusant Vinci de se servir des cyclistes afin de verdir son contournement.
Les deux associations n’ont pas du se faire prier longtemps avant d’accepter l’offre de Vinci tout simplement parce que les cyclistes du dimanche dans leur ensemble n’ont pas forcément la fibre écolo et sont pour la plupart des automobilistes le reste de la semaine. Elles n’auront donc aucunement conscience d’être les pantins d’une farce à la gloire du bétonneur autoroutier.
Parmi les écolos très peu font du vélo, sauf les jours où la Presse est là; en revanche ils sont les premiers à vouloir nous donner des leçons de bons comportements.
Un Rafale (?) comme celui-là ne passe pas inaperçu dans le ciel cernéen. Il fait un barouf d’enfer. Je me suis laissé dire qu’il coûte plusieurs milliers d’euros. Le pilote ne doit pas perdre les pédales en vol.
Je n’ai pas regardé le dico avant de mettre mon titre. J’ai le souvenir qu’à l’école, il y avait des classes de transition. C’était une appellation douce pour dire qu’on était un peu dans une classe de rattrapage sans subir les outrances des camarades des autres classes.
Dans transition, il y a transit.
Le pédalage est propice à toutes sortes de réflexion. Oui, je vis un peu un transit au quotidien. Lorsque l’âge avance, il faut se préparer à des transitions, une forme d’approfondissement de soi, un accompagnement mental et physique de son vieillissement inéluctable.
Je m’accompagne autant que je le peux.
mon parcours du jour à VTT
Je tente parfois de me perdre dans des projets invraisemblables. Amateur de réseaux sociaux, je joue le jeu des offres d’emploi, il suffit d’un clic. Je postule sur les emplois de facteur avec un CV ronflant de cycliste émérite. Mais il y a l’obstacle de l’âge. Un CV à soixante-dix ans d’un type qui veut faire facteur, forcément ça interpelle les p’tits jeunes recruteurs des boites d’intérim qui épluchent nos écrits. Je vais me plaindre pour discrimination à l’embauche. J’ai regardé parmi les 20 critères discriminants, l’âge y figure.
Ou alors conducteur de bus!
Rien que pour transporter des équipes de foot le dimanche. Mais le permis PL à soixante-dix ans, vous n’y pensez pas mon pov monsieur.
Alors quoi?…
Cariste?… pourquoi pas! j’irai chez Amazon déplacer des colis au volant d’un engin de manutention; mais il faut que je passe l’examen et obtienne le CACES, le certificat d’aptitude à la conduite en sécurité.
Bon pour l’heure je sursois à tous ces projets farfelus.
Je me prépare au froid comme tous mes confrères.
Aujourd’hui, deux couches sur les bras étaient limite face au vent glacial. Il va falloir se reporter sur les circuits VTT protégés, ceux de la forêt. Aujourd’hui j’ai tiré un arbuste qui barrait le chemin le long de la Thur sauvage. Tirer des arbres morts seul est parfois difficile. On devrait s’équiper d’une égoïne.
J’ai terminé mon périple breton par le Phare de Queffelec. Je me suis emmerdé grâve avec cette administration des phares qui depuis Paris a commandité La Jument au large de Ouessant. Henri Queffelec bien qu’humaniste m’a ennuyé. J’ai embrayé avec Je ne reverrai plus le monde, les textes de prison d’Ahmet Altan. Histoire de voir comment la dictature turque traite ses prisonniers d’opinion, et comment Altan organise ces aller-retours entre réflexions et sensations exprimantle quotidien morne du prisonnier.
Puis je suis passé à un univers plus frivole, celui du Journal d’une femme de chambre d’Octave Mirbeau. Je ne devrais pas rire car c’est la triste condition du petit peuple exploité par la bourgeoisie du XIXeme siècle que l’on découvre, les nauséabonds dessous du « beau monde », les « bosses morales » des classes dominantes et les turpitudes de la société bourgeoise.
Elena m’attend
Elena Ferrante (dont on dit qu’il s’agit en réalitéd’Anita Raja) a écrit une série de best-seller. Je vais m’y plonger rien que pour m’imprégner du microcosme italien dont je raffole.
J’ai donc de quoi lire cet hiver si je dois mettre entre parenthèses mon vélo en cas de rigueur météo.
Ne tournons pas autour du pot: l’actualité politique est en jachère.
Comme toute l’actualité va tourner autour des Présidentielles pendant plusieurs mois, on n’échappera pas aux questions merdiques comme celles de l’immigration et de la sécurité, plutôt qu’à celles de notre devenir commun, nos écoles, nos hôpitaux, le virage écologique, notre incroyable déclin sur le plan industriel, scientifique et la perte de nos valeurs fondamentales.
Comment va t-on pouvoir aller de l’avant avec ce personnel politique médiocre recruté sur CV? tout aussi médiocre sur l’ensemble de l’échiquier et dont les forces populaires se détournent? Mais le plus étonnant c’est que l’attelage hétéroclite au pouvoir va réussir son second examen de passage en douceur grâce à une société molle, dépolitisée et avide de prébendes diverses comme les chèques de Noël, les indemnités inflation ou les primes énergie. Idéal pour renforcer l’assistanat et acheter la paix sociale!
Coté pandémie, Macron se prépare à imposer la troisième dose alors même qu’il est infoutu d’imposer la vaccination à un quart du Pays. Les vaccinés ont bon dos!
Grande ensoleillée à 14.heures. Je prends la route. A Leimbach, la route de Rammersmatt est barrée. Je fais demi-tour et je grimpe par Roderen, plein de courage. Tous mes paramètres de compteur sont absents à l’écran. Je monte donc à l’estime. A Rammersmatt, pluie. J’enfile l’imperméable pour descendre à Bourbach.
Puis je choisis de rentrer. Froid plus pluie, mieux vaut éviter.
On pourrait dire tour de base.Ou si vous préférez le tour à l’instinct, celui que l’on fait sans réfléchir. Tous les cyclos connaissent ça. Il en existe même qui ne font qu’un tour. Toujours le même. C’est aussi bien que de tourner sur son home-trainer où la porte du garage devient monotone.
L’avantage du tour instinctif, c’est qu’on en connait toutes les ficelles, les points durs et les mous. Les creux et les bosses, les regards d’égouts effondrés et les tranchées mal rebouchées qui nous secouent la carcasse. On n’a donc pas d’inattendus.
Il n’y a plus qu’à regarder le paysage défiler. Méfiance tout de même sur l’Eurovélo 6 qui comme à l’accoutumée est parcourue de promeneurs avec chiens. Il faut rester en éveil, calculer les trajectoires de dépassement, sonner gentiment, prévoir les écarts inattendus, la dissociation de part et d’autre du groupe, la laisse à chien retors qui ne rétracte pas comme prévu,…et ne pas rouler sur les cannes à pêche en bordure.
Zillisheim, le lycée
Un jeune et fringant vététiste m’a doublé à la sortie de Zillisheim. Il a rapidement pris de la distance. Piqué dans mon amour propre, j’ai tenté de le rejoindre. J’affichais 30 à l’heure face au vent.
de 1h23 à 1h56, j’ai mis mon booster en marche mais ça n’a pas suffi
Au bout de 30 minutes, j’ai arrêté de jouer. J’avais affaire à un plus fort que moi et je ne l’ai revu qu’au retour de Dannemarie lorsqu’il m’a croisé.Parfois on est doublé par des gens en survitesse qui « s’effondrent » rapidement ensuite. Ce n’était pas le cas, on ne jouait pas dans la même cour. J’étais un petit joueur. Comme toujours.
Heureusement pour mon retour j’avais une composante de vent arrière car j’avais plutôt entamé mon capital retour le long cette branche Eurovélo.