
J’exhume ce billet de mes brouillons. Il n’est qu’une rĂ©flexion sur les controverses que je voie poindre sur nos mobilitĂ©s prochaines entre les inĂ©vitables conflits d’intĂ©rĂŞt entre l’usage de la voiture Ă©lectrique et du vĂ©lo en ville
La question arrivera un jour.
Avec la hausse continue du prix de l’essence, la rarĂ©faction des matières premières et l’inĂ©vitable renchĂ©rissement du coĂ»t de l’Ă©lectricitĂ©, rouler en voiture va devenir un luxe.
L’avenir de la voiture Ă©lectrique, un mode de dĂ©placement lĂ©gitimĂ©
Quand tout va ĂŞtre rĂ©solu, la voiture Ă©lectrique devrait ĂŞtre sĂ©duisante. Ce que l’on sait de ses handicaps sera en passe d’ĂŞtre amĂ©liorĂ©: au rang des freins Ă l’achat d’abord son coĂ»t, ensuite la faible autonomie des batteries, le manque de bornes de recharge, les temps d’attente pour faire le plein d’Ă©nergie,…la clim Ă©nergivore l’Ă©tĂ© dans les bouchons,…
Mais certains savants geotrouvetout s’aventurent Ă imaginer des solutions transitoires ou des solutions de remplacement au pĂ©trole. Commelors de la dernière guerre mondiale avec le gazo.

Comme le bioĂ©thanol issu de nos plaines betteravières. Car les paysans qui ont fait fortune dans la betterave lorgnent dorĂ©navant vers le maĂŻs et le colza pour faire tourner leurs distilleries et produire du carburant. Argument de poids, le bioĂ©thanol consomme autant de CO2 lors de la pousse des plantes qu’il n’en produit lors de la combustion. Le bilan carbone est donc neutre.
Mais il y a un problème: la culture du carburant bio prive la planète de millions d’hectares de terres nourricières. Et il faut compter aussi sur la mise Ă disposition des produits dans les stations, la coĂ»t de la transformation des vĂ©hicules, l’inconnue de l’Ă©volution du prix de vente et de la fiscalitĂ©.
Laissons l’Ă©lectrique de cotĂ© pour le prĂ©sent. Ceux qui s’y hasardent exploitent des niches de comportement bien connu: des navetteurs quotidiens sur de courtes distances capables de profiter de montages financiers favorables et transitoires. Font-ils fausse route? nous le saurons plus tard quand le tarif et la fiscalitĂ© des vĂ©hicules Ă©lectriques seront dĂ©finitivement Ă©tablis. Reste la question d’un usage de masse du vĂ©hicule Ă©lectrique…c’est Ă dire la mise Ă disposition de postes de recharge rapides, l’accès aux terres rares de fabrication des batteries, le recyclage des matĂ©riaux,…et l’inĂ©vitable montĂ©e en puissance des centrales nuclĂ©aires capables de faire face Ă la demande d’Ă©nergie Ă©lectrique dĂ©carbonĂ©e.
Actuellement, les Etats s’en tiennent au statu quo et poussent les feux pour le tout-voiture Ă©lectrique, seul sĂ©same Ă un mode de vie confortable et renouvelĂ© de la France pĂ©riphĂ©rique: des bagnoles partout et pour tout faire, notamment pour vivre Ă la campagne et travailler Ă la ville. Ainsi notre gouvernement prĂ©fère cacher la vĂ©ritĂ© aux automobilistes de demain et admettre que la voiture Ă©lectrique va entraĂ®ner de nouvelles contraintes environnementales qu’on dissimule provisoirement sous le tapis afin de maintenir l’emploi dans l’industrie automobile et de ne pas raviver la crise de ceux qui n’ont pas d’autres choix que d’utiliser leur voiture.
Mais voila poindre la solution vélo sur de courts déplacements urbains.
Le vĂ©lo en ville tente de surnager dans cette euphorie de la voiture Ă©lectrique qui rend toute autre solution ringarde. Le vĂ©lo? vous n’y songez pas, comment faire ses courses et emmener les enfants Ă l’Ă©cole? Les associations militantes sont Ă la peine surtout face aux bombardements de spots vantant les mĂ©rites de la voiture Ă©lectrique.
Continuer de se rendre en voiture en ville, de construire des places de stationnement dans les centres urbains, d’assurer la pĂ©rennitĂ© des grandes surfaces, la voiture Ă©lectrique sera lĂ pour ça puisqu’elle aura gagnĂ© de nouvelles lettres de noblesse au cĹ“ur des citĂ©s du fait de leur absence de gaz d’Ă©chappement.
Le vĂ©lo?… et pourquoi pas la trottinette!
La solution vĂ©lo agace. On le voit dans certaines agglomĂ©rations oĂą les Ă©lus freinent son dĂ©veloppement. Manque d’espaces dĂ©diĂ©s, absence de contrĂ´les des vĂ©hicules garĂ©s sur les bandes cyclables, rĂ©ticences Ă dĂ©velopper les zones 20 et les zones piĂ©tonnes, installations urbaines dissuasives pour les cyclistes comme l’inflation de mobilier urbain qui pĂ©nalise le dĂ©veloppement du vĂ©lo en sĂ©curitĂ©. Manque d’itinĂ©raires directs et flĂ©chĂ©s,…la liste est longue de ces municipalitĂ©s qui n’investissent pas dans les mobilitĂ©s douces.
Alors on s’interroge, ne va t-on pas dĂ©barrasser Ă terme les centres urbains des vĂ©los et de ces rĂ©glementations jugĂ©es absurdes qui compromettent le tout-voiture partout? augmenter les contraintes diverses pour dissuader les cyclistes? arrĂŞter les facilitĂ©s accordĂ©es au dĂ©placement du vĂ©lo? imposer l’obligation du casque? de l’immatriculation? de la vignette? du permis vĂ©lo?
Ici et lĂ , d’habiles Ă©diles tentent dĂ©jĂ une inflexion rĂ©glementaire en dĂ©posant des propositions de lois visant Ă restreindre l’usage du vĂ©lo.
On sait ce qui les anime. Faire la place nette aux bagnoles de demain.
