Les potins du lundi


mai 68.

Alors?… c’est comme avant?…

Presque! En province, comme on dit dans les grandes métropoles, le virus ne fait plus beaucoup parler de lui. On ne sait pas si les jardins sont ouverts. Il suffit de constater les lambeaux de guidoline qui flottent au vent abandonnés par les services municipaux pour s’interroger. Est-ce ouvert? ou pas?

Après tout, je m’en fous, j’ai repris ma vie d’avant. Vexé d’avoir du me plier à ces injonctions attestant de mon bon comportement citoyen pendant des semaines. Quand d’autres se trouvaient ici ou là selon leur bon vouloir sans être inquiétés. C’est une humiliation citoyenne rentrée qui tôt ou tard rejaillira.

Je ne dirai pas « tout ça pour ça », mais il subsiste des doutes parmi la population. Si les morts affreuses et en nombre sont incontestables, les dégâts « collatéraux », l’immense recul de notre économie, les milliers de défaillances et d’emplois perdus sont un prix cher payé.

Voila maintenant comme un contre-coup, la société qui se venge.

La reprise des mécontentements, des contestations, des incivilités en tous genres. Pour le pouvoir, le désaveu persiste. Il n’a pas été à la hauteur, on le sait déjà, mais il ne peut que continuer à ne pas l’être.

Comment changer de politique avec une démocratie libérale et mondialiste qui délibérément a choisi de basculer par-dessus bord nos dogmes? Ceux des services publics à l’abri des surenchères mercantiles? ceux de la santé qui protègent au lieu de sabrer dans les effectifs, les lits, les moyens?

Oui, la société se venge.

En ordre dispersé! Les voyous excellent, jettent leurs ordures n’importe où, mieux qu’avant depuis que les masques jetables rivalisent sur nos routes avec les emballages de McDo. Les motards ont été les premiers de cordée à gravir nos cimes vosgiennes dans un grand raout pétaradant. Comme avant et même mieux!

Mais le plus insidieux n’est pas là.

Oui, le plus insidieux c’est cette sorte de silence qui s’installe autour du traitement des soignants. Encouragés chaque soir, reconnus pour leur dévouement, réhabilités dans leur statut, le gouvernement tergiverse; non il n’est plus question d’ouvrir les vannes budgétaires en grand afin de rattraper les écarts avec nos voisins. Cet abus de confiance de l’Etat restera dans les mémoires.

L’école est finie. Les enseignants semblent débordés par la vague de désaffection et le ministère peut peu d’ici fin juin. Revenez au moins un jour en juin déclare le ministre. On se pince pour entendre ça. L’énorme machine de l’Éducation semble à l’arrêt au milieu de l’océan. En panne de moteur.

Venons-en à cette nouvelle vague de protestations qui prend de court nos mesures de précautions sanitaires. Celle de la contestation contre le supposé racisme policier.

Pas facile d’en parler lorsqu’on est blanc et qu’on n’a pas connu de traitements circonstanciels appliqués à son statut de « nègre », de « black », de « clodo », de « pute », voire même de voyou. Moi qui suis un citoyen « de base », je subodore. Subodorer n’est pas une preuve. Je subodore cependant un climat relatif à notre histoire politique et sociale. La France n’est pas bien placée pour donner des leçons d’anti-racisme en dépit de son histoire révolutionnaire.

Qui peut douter aujourd’hui qu’on ne parle pas dans la police de viet, de jaune, de black, de pédé, de basané,… pour désigner des citoyens sous une forme qui implique des traitements différenciés et les stigmatiser, voire plus, d’une façon ou d’une autre avec le consentement tacite de la hiérarchie?

Il serait intéressant de voir comment sont recrutés nos policiers et les valeurs qu’on leur enseigne.

L’esclavage auquel la France a activement contribué, son passé colonialiste, ses ratonnades au moment de évènements d’Algérie sont dans les esprits. Au moins dans le mien. Souvenons-nous qu’en Afrique coloniale, seul le blanc votait, loin de l’Égalité affichée par la République!

On n’en a pas terminé avec nos vieux démons coloniaux. Le communautarisme, qu’on nie, est pourtant là dans la République, il faut en convenir et il est le résultat de chocs culturels permanents. L’assimilation ne s’est pas faite comme on aurait pu le souhaiter. Alors la police a fatalement à faire face dans ses rangs à une rémanence de nos comportements passés.

Ça ne nous excuse pas.

4 réponses sur « Les potins du lundi »

  1. « L’esclavage auquel la France a activement contribué »

    La France ? Non, juste quelques familles. Mais pas la mienne et – je suppose – ni la vôtre. Par ailleurs, aucun Noir n’a actuellement eu à souffrir de l’esclavage. Donc, pourquoi nous embêter avec ça et vouloir nous faire sentir coupable ? Je ne ressens en tout cas pas la moindre culpabilité. D’aucune sorte. Et si la France a activement contribué à quelque chose, c’est à l’abolition de l’esclavage !
    Par ailleurs, il est utile de rappeler que les Africains esclaves étaient capturés non pas par des Anglais, Hollandais ou des Français mais par des Africains et que beaucoup d’Africains qui aujourd’hui se plaignent sans raison – lamentablement, puérilement, pathétiquement – de l’esclavage passé sont probablement des descendants d’esclavagistes !

      1. Il ne s’agit pas de lecture mais de faits qui ne souffrent aucune interprétation.

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