
Conflit d’usage
Ce matin VTT. Je rejoins Staffelfelden par les champs et le Western Ranch. Puis je rentre par Wittelsheim et le ball-trap de Cernay.
Anecdote, traversant le terrain de para moteur, une dame et ses chiens. Trois attachés et deux en liberté. Dès que je suis aperçu aussitôt les deux chiens se ruent vers moi tandis que les trois autres tirent sur les laisses dangereusement. La propriétaire peine à les contenir. Moi je garde ma trajectoire rectiligne pensant dissuader les molosses. À mon abord ils sont vulnérables car je peux en écraser un, mais les chiens évitent ma roue, m’emboîtent le train et tentent de m’attraper les mollets. L’un des deux s’épuise finalement. Mais l’autre poursuit, je sens ses petites canines effleurer ma jambe gauche. J’accélère, le chien aussi. Je parcours au moins deux cents mètres ainsi sur le terrain herbeux. Je m’en amuse presque, le molosse ne fait guère le poids car je suis coriace. Je pourrais m’en débarrasser car je suis bien chaussé avec mes Nordwave…mais j’hésite à lui fracturer la mâchoire car j’aime les animaux. In fine, il abandonne et repart penaud vers sa patronne.
Sur un terrain vierge j’ai toute latitude, soit descendre et le protéger avec mon vélo soit foncer.
Finalement comment conclure?
Ai-je bien agi?
Si je m’arrête, le ou les chiens me mordent et la propriétaire ne peut rien puisqu’elle ne contrôle aucun de ses cinq chiens. Imaginons que je tombe, elle ne pourra même pas m’aider empêtrée avec ses trois chiens en laisse qui tirent à hue et à dia.
Cette anecdote vient illustrer les désagréments d’une société moderne où les loisirs occupent une place conséquente de notre quotidien.
Vieux, moi!

En ma qualité de retraité, pensionné comme on dit en Belgique, presque handicapé de la vie dirait-on en France, j’adopte un profil bas car je sais que mon statut ne rencontre pas une bonne opinion publique par les temps présents. Lorsqu’il arrive un accident au malchanceux retraité, aussitôt les réseaux sociaux sautent sur l’occasion; les « il n’avait qu’à pas… » et les « encore un vieux… » fusent de partout. Et les journalistes adorent appuyer sur l’âge canonique de l’intéressé, le septuagénaire sur son vélo, l’octogénaire lors d’un jogging,….
Tout ça pour confirmer que notre place n’est pas là mais plutôt devant la télé.
Le sénateur François Patriat est mort à l’âge de 83 ans le 19 août 2026 au CHU de Dijon, des suites d’un grave accident de vélo survenu le 17 juillet 2026 à Pouilly-en-Auxois. Ancien ministre et président du groupe RDPI au Sénat, il était l’un des premiers fidèles d’Emmanuel Macron.
Aussitôt on en profite pour cracher sur la dépouille de l’homme avant même l’inhumation. Ces postures sont devenues quotidiennes, il faut dire du mal de celui qui conjugue les rancœurs de tous ordres. Il était macroniste, il pantouflait au Sénat à 83 ans et, au surplus, il osait aller à vélo dans sa campagne bourguignonne profitant des deniers de la République.
Ces insultes, ces aigreurs à l’égard des aînés que nous sommes ne sont pas sans effet sur notre moral, surtout depuis que les politiques de tous bords insinuent que nous sommes les porteurs de la dette du pays et qu’il convient de nous taxer un peu plus que la moyenne.
A la fin je me demande si finalement nous ne sommes pas en trop dans cette société de moins en moins fraternelle.
