Le grand âge à vélo

On passe à travers les gouttes sans trop s’en rendre compte et un jour on devient un vieillard à vélo. Les gardistes roulent encore avec leur vélo d’antan et d’autres avec des machines plus récentes mais passées de mode.

A donf dans le Bramont

Quand je dis passer à travers les gouttes, je pense à toutes ces « comorbidités » dont on réchappe, par chance ou par précaution. Les disgrâces de la vie du cycliste existent aussi. L’autre jour, un cyclo rencontré sur son électrique me disait que tout son corps est noir lorsqu’il passe à l’IRM. Il veut, j’imagine, dire que plus aucune articulation n’est en état. Alors il a pris l’électrique. Rien que pour encore pouvoir grimper au col de Bramont et se balader à La Bresse. Mais il prévient « attention, pour grimper là-haut je mets la puissance du moteur à fond » .

Mais le mal est là chez chacun de nous. Ici des arthroses, là des insuffisances cardiaques, et aussi des maladies insidieuses qui frappent sans prévenir…et qu’on redoute tous. Rester vieux en bon état est-il une utopie?

Il faut faire avec

Oui, il faut faire avec. Mais ce n’est pas tout. Alain que j’ai rencontré aujourd’hui m’a confié qu’il roulait seul pour choisir son itinéraire et sa vitesse à sa guise. Combien sommes-nous à pratiquer ainsi!

Puis il en convient, l’âge comporte un juge de paix inexorable, celui de la limitation de l’effort cardiaque. A quatre-vingt ans, je ne m’autorise plus que du 20km/h pour épargner mon coeur.

Aujourd’hui, les feuilles mortes forment un tapis sur ce qui tient lieu de piste cyclable en Alsace. Il faut s’en méfier car le moindre écart peut s’achever en glissade et en catastrophe comme un col du fémur fracturé.

Puis Alain s’inquiète, tu sais tu devrais partir devant car je m’aperçois que tu vas trop vite pour moi. Je persévère un peu en ralentissant ma vitesse car nous échangeons rarement, puis je comprends qu’il est temps de laisser Alain dans sa solitude.

Alain me précède en âge d’une petite dizaine d’années et il est un exemple pour nous qui le connaissons. Il a son brevet de 2000 cols. Puis on le chuchote à voix basse, autour de nous on voit partir des amis, des connaissances. Il me rassure, d’autres tiennent le coup encore un peu mais l’inconnue est de savoir s’arrêter de monter sur le vélo. Un naufrage, sans doute, le jour où l’on arrive à ce terme. J’y songe aussi, que deviendront mes vélos? c’est un crève-cœur. Le devenir de ses vélos, c’est aussi son propre devenir qui est en question.

Au fond de nous-mêmes, mais on ne le dit pas, on a une certaine fierté de pouvoir encore pédaler et de profiter de la nature tout en constatant que les conditions de route ne sont plus aussi assurées; moins de réflexes et de ressources et un trafic routier jugé de plus en plus anxiogène.

Le grand âge

Le grand âge est en question dans l’actualité avec le groupe Orpéa montré du doigt pour ses pratiques de gestion jugées peu humaines.

On n’échappe pas à la catégorisation du grand âge: Le nombre de personnes âgées de plus de 85 ans s’élève aujourd’hui à 1.4 million. L’espérance de vie augmentant chaque année, en 2060, ils seront 5 millions.

Nos vieux, nos vieilles pourrait-on dire car elles sont plus résistantes au temps, sont un vrai problème des sociétés dites modernes. On ne sait plus comment s’en occuper autrement qu’en les confinant (un terme à la mode) dans des espaces dédiés et souvent barricadés où l’on ne sait pas trop ce qui s’y passe.

Moi je sais un peu.

L’Ehpad, quel vilain acronyme!, désigne ce qu’on appelait autrefois la maison de retraite. La dépendance a toujours existé chez les personnes de grand âge, plus ou moins. Mais la dépendance, on aimerait la taire et la cacher car ce n’est pas beau pour celui qui est libre de ses moyens intellectuels et physiques de découvrir qu’un jour il sera peut-être atteint lui aussi et entre les mains de tiers.

Entre les mains, c’est la bonne expression pour dire que de jour comme de nuit il faudra peut-être une aide pour tout. Et dans pour tout il y a évidemment et surtout le plus intime de la personne.

Les personnels des Ehpad craquent à tour de rôle car le grand âge exige savoir et savoir-faire tout en maintenant une humanité naturelle et bienveillante à l’égard de celui ou de celle qui petit à petit perd le sens de la vie.

Cette perspective d’être pensionnaire à deux pas de chez moi à l’Ehpad des Trois Sapins du groupe Korian (l’autre grand nom du marché des vieux) m’effraie car j’y ai mené une animation pendant quelques mois qui m’a permis d’en connaître une part du quotidien.

La déchéance profonde y côtoie une certaine autonomie. Être plongé dans cet univers n’aboutit-il pas in fine à précipiter les « encore valides » vers l’abîme?

Ce qui est encore plus effrayant, c’est de voir ces personnels exploités à marche forcée accomplir des actes qui perdent leur humanité lorsqu’ils sont bâclés.

Des grabataires qui restent des heures sans change, avec des escarres qui prospèrent scandaleusement, des pensionnaires en salle commune qui s’endorment devant leur petit-déjeuner et qu’un infirmier de passage tente de réveiller pour lui enfourner une cuillère à soupe médicamenteuse, …

Notre société est-elle prête à repenser le sort de nos aînés? à y apporter l’humanité indispensable? à renforcer l’aptitude et le nombre des personnels et leurs rétributions? à contrôler étroitement ceux qui financiarisent la filière? Le montant du prix de l’hébergement est fixé par le conseil départemental pour les établissements habilités à l’aide sociale et par le gestionnaire pour les EHPAD privés (25% du secteur).

Il y avait un Président qui aimait désigner les premiers de cordée jusqu’au jour où il s’est aperçu que c’était les seconds, voire les troisièmes…et même les derniers qui faisaient tourner « la machine » lorsque la France s’est mise à trébucher avec la Covid.

La France rurale ne disposait pas de toute cette organisation autour du grand-âge. On mourrait chez soi ou chez son fils ou chez sa fille. Lorsqu’on n’avait plus la force de contribuer à la vie de la ferme, on restait devant le feu à l’âtre à surveiller la soupe ou le lait…et parfois, en remettant une bûche, on sombrait dans le bûcher.

La vie de vieux est une épreuve. Souvent la dernière.

En relation…

Dans la peau d’un vieux

Il faut que cela arrive. Un jour. Ou l’autre.

Il faut que cela arrive. Un jour. Ou l’autre. Vieux, c’est à quel âge, déjà?

Pour moi c’est aujourd’hui. C’est bien tombé, c’est l’heure de remettre les compteurs à zéro comme on remet les pendules à l’heure à chaque solstice ou presque.

Vieux, c’est tout un programme. Certains le fuient; ils ne veulent ni le voir, ni le savoir, ni en entendre parler. Pourtant vieux, ça existe. S’y mettre dans la peau est déjà un exploit lorsqu’on ne s’y attend pas ou qu’on ne s’y est pas préparé. D’autres le découvrent au lendemain d’une nuit agitée. Ils se lèvent et se sentent tout cagneux, comme un lendemain de fête.

Vieux, il faut vouloir l’être au moins un fois. Pour voir. Ma femme se plait à me le répéter, c’est dans ta tête. Oui, c’est vrai, vieux c’est d’abord dans la tête quand on cherche le mot-clé qui rendra la phrase intelligible…et qu’on ne le trouve pas. Alors on s’en sort par une pirouette, on s’interrompt et on passe à un autre sujet. Parfois on m’aide. Et ça m’agace de n’avoir pas trouvé le mot, celui qui me manquait.

Des vieux, j’en ai rencontré à l’Ephad tout près de chez moi. Souvent très âgés et atteints de diverses pathologies. J’admire leur acharnement à vivre et j’admire aussi les aidants. Le cinquième pilier de la dépendance et ses dépenses colossales n’ont pas fini d’agiter nos forces vives.

Vieux dans son corps rouillé, c’est chaque heure, chaque minute une remise en cause de ses projets. Pas des grands projets, non, simplement aller de là à là dans la maison et remettre au lendemain l’entretien du compost au fond du jardin.

Mettre un parka, des gants, un bonnet, des bottes, c’est trop demander.

Les articulations qui grincent en silence, on aimerait pouvoir les huiler comme la chaîne du vélo. Bon assez de jérémiades, « va chercher le pain » me dit ma femme.

Je saute sur la bécane. Et run. Mon envie d’être vieux m’a passée au moins pour aujourd’hui. C’est fou ce que les femmes ont l’esprit jeune!

Je dédie mon billet à tous les vieux que nous sommes ou que nous serons un jour.

Vous aimerez peut-être aussi les vieux dégagent ou on achève bien les vieux ou moins de vieux à vélo, c’est possible

Ehpatant!

Va t-on devoir exporter nos vieux chez nos voisins?

Alors comme ça, y’a plus d’sous!

Mettez moi au pouvoir et je vous trouve 4 ou 5 milliards tout de suite.

Pas demain, tout de suite! par exemple ceux que Macron vient de filer aux riches.

En Allemagne, on a trouvé le remède au surplus de vieux, on les exporte!

Après tout, on envoie bien engraisser le veaux en Italie, alors pourquoi pas les vieux! Continuer à lire … « Ehpatant! »

Les vieux dégagent

http://www.vieuxbicloo.com/

Je compulse chaque matin les rubriques nécrologiques, angoissé.

Non je n’y figure pas encore. Je suis soulagé.

Je me tâte partout…c’est bien moi qui lit. Continuer à lire … « Les vieux dégagent »

Les flatteries de l’ego

Rien qu’une mémoire fugace des évènements passés.

C’est le moment de s’inquiéter, Maxou.

Cols de Klingelfels, de Goetzenberg, de Litschhof, de Schaufelshald, du Pigeonnier,…il n’y a que l’ami Jean pour réciter par cœur, et dans l’ordre, les cols franchis ensemble en août 2010.

Ma mémoire par procuration, le Jean, je vous dis.

Tiens justement ma caisse de retraite me convie à « un ré-entraînement des mécanismes de mémorisation ». Continuer à lire … « Les flatteries de l’ego »

Décathlon n’aime pas les vieux

Sale quart d’heure hier soir (11 octobre) sur France 2 pour la firme de sport Décathlon. Continuer à lire … « Décathlon n’aime pas les vieux »

Le cyclotourisme bat en retraite

C’est un truisme: le cyclotourisme est devenu un sport de vieux.

A tout le moins celui de retraités actifs.

Dans son dernier bulletin (N°7 juillet 2012), le Comité Départemental de Cyclotourisme du Haut-Rhin (CODEP68) le constate, notre âge moyen continue d’avancer et nos effectifs de diminuer. Continuer à lire … « Le cyclotourisme bat en retraite »

A bas les vieux!

Blog de velomaxou :Vélomaxou, le blog d'un cyclo mulhousien, A bas les vieux!

adjaya

On ne devrait pas tant s’en réjouir, mais notre XXIème siècle
s’annonce être celui du vieillissement des populations…et pas
seulement de nos vélos!

Après la montée démographique du XXème siècle, on assiste
partout aux conséquences de l’âge avançant des populations.

Des retraites plus tardives, des coûts sociaux qui explosent et
une industrie du grand âge florissante, maisons de retraite,
assurances, industrie du médicament en plein essor, politiques
sécuritaires,…

Pas seulement en Europe où l’Allemagne est en tête, mais aussi
au Japon et…en Chine, notre « réservoir » de population, et où près
du quart des habitants auront plus de 65 ans en 2050 suite à ses
mesures de freinage démographique (source: Atlas
des Futurs du Monde-Virginie Raison- éd. Robert
Laffont)
.

Dès lors, on ne peut qu’être à moitié surpris devant les
soubresauts de la planète dirigée par des vieillards cachexiques et
corrompus qui ne comprennent rien au monde moderne ni aux
revendications des jeunes générations.

Pas seulement dans les dictatures populaires, islamiques ou
oligarchiques mais aussi dans les démocraties molles de la vieille
Europe.

Parmi nos vieux ou « jeunes vieux », tous ne manquent pas
cependant de lucidité; certains appellent même à résister
comme Stéphane Essel et d’autres invitent à ce qu’ils s’en
aillent tous
comme le prophétise Jean-Luc Mélenchon.

Il reste que des esprits maléfiques continuent d’échafauder des
stratégies propres à combattre « le mal intérieur » de ceux qui
manifestent pour du travail, pour du pain et des libertés.


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De
Récemment mis à jour

On ne s’étonnera donc pas non plus que la France cherche à
mettre tout le poids de sa technologie moderne du maintien de
l’ordre au service des potentats locaux comme l’a fait encore tout
récemment la Ministre Alliot-Marie.

Etre vieux, c’est donc déjà dans la tête. Avant les jambes.

Mes amis cyclistes, prenons donc nos jambes à notre cou et
faisons du vélo avant qu’il ne soit trop tard!

Lausanne: pas de vieux dans les bus avant 9 heures

Blog de velomaxou : Vélomaxou, le blog d'un cyclo mulhousien, Effacement aux heures de pointe
Vieux et Suisse: vélo obligatoire!

Il est vrai que les Suisses sont à l’avant-garde de l’innovation
pour « le vivre ensemble »!

Il s’agit d’interdire aux seniors de monter dans les transports
urbains aux heures d’affluence à Lausanne (Le Matin).

Ils doivent attendre que les flux de voyageurs « obligés » soient
passés …Par exemple en faisant la « grass’mat ».

Cette discrimination rampante de nos sociétés modernes à l’égard
des vieux, on la pressent.

Des restrictions en tous genres germent dans les esprits.

En France, la mise en question de la conduite des véhicules
revient de temps à autre; les vieux ne roulent pas assez vite, ils
sont perdus dans les réglementations, ils manquent de
réflexes,…

Il se trouve même de bons génies qui trouvent que les retraités
n’ont rien à faire dans les supermarchés le soir aux heures
d’affluence…comme dans les bus, le matin, à Lausanne.

Ce genre de discrimination négative n’augure rien de bon pour
nos vieux jours.

On achève bien les vieux…

Blog de velomaxou :Vélomaxou, le blog d'un cyclo mulhousien, On achève bien les vieux...

Les medias ont de la suite dans les idées.

En plein conflit sur les retraites, la question des vieux au
volant resurgit dans le débat.

Rien de tel que le bon vieux racisme inter-générationnel pour
attiser la haine entre les citoyens.

En cause,
l’Etat poursuivi
par une mère de famille pour n’avoir pas
imposé une visite médicale à un conducteur de 86 ans qui avait
renversé son enfant sur un passage protégé.

Pour autant, les vieux ne sont pas les conducteurs les plus
accidentogènes: les jeunes représentent environ 12% de la
population mais ils sont victimes de 25% environ du total des
accidents …

Cependant, comme pour les vieilles voitures, l’idée d’imposer un
contrôle médical aux personnes âgées fait son chemin, l’opinion
étant persuadée que les vieux au volant sont fauteurs de troubles:
pas assez rapides, manque de réflexes et d’impétuosité.

Jacques Prost, le spécialiste auto du journal « l’Alsace » du 15
octobre dans sa rubrique « pour mieux comprendre » nous
explique doctement que les conducteurs âgés de plus de 65 ans se
font moins tuer au volant qu’à pied ou à vélo.

C’est donc un moindre mal que de les laisser prendre leurs
voitures.

Les plus de 65 ans au volant représentent 18% des tués…alors
qu’ils sont 51% à être tués à pied et…37% sur leur vélo.

La solution, on la connait, mais personne n’ose la proposer;
c’est de doter les plus de 65 ans de VAB, des Véhicules Blindés de
l’Avant.

Au moins, ils se feront encore moins tuer dans notre monde de
brutes en allant acheter leur baguette de pain.

 

 

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