Réparé

Cycles Mannheim à Vieux-Thann.
Samedi mon vélo de route a subi une grave avarie : le dérailleur a accroché les rayons. Catastrophe ! Je le dépose chez mon vélociste.
Ce soir mardi je vais prendre des nouvelles…il est réparé.
Alors une patte fusible neuve sur le dérailleur ( Di2 electrique), une chape neuve, galets remplacés, une chaîne neuve, câble de frein arrière , guidoline.
Je n’ai pas eu le choix, certes mais comment dire… travail impeccable, réparation sur un dérailleur qui n’existe plus et délai express.
Alors oui, je suis satisfait parce que je m’attendais à devoir changer de bécane et à mettre davantage d’argent.

col des Fourches (cl vélomaxou)

Problème d’avenir

Parlons vélo

Le 10 juin 2026, c’est récent, j’écrivais ceci:

Le problème est là. Ce vélo carbone LOOK 555 est devenu vintage. Il a été équipé de dérailleurs électriques entretemps. Mais le temps passe et la mode aussi. C’est avec ce type de machine qu’on reconnait les vieux à vélo incapables de se moderniser.

Il faut en convenir, je ne suis pas prêt au saut générationnel. Il est fort probable qu’avec la trouille ambiante sur route je n’en change jamais. Ma dernière chaîne remonte au 20 mai 2024. Les connaisseurs apprécieront ma maigre activité en cyclisme sur route…

On peut retrouver cet article ici

Mais aujourd’hui, il m’est arrivé une mésaventure dont je me serais bien passé. J’avais décidé de faire le Haag à la faveur d’une très belle journée. Mal m’en a pris.

Enoncé un…

Cet après-midi, crac!

Mon dérailleur accroche les rayons, la patte casse,…bref je suis en panne.

Que faire?

je trouve dans ma sacoche un élastique sur la chambre de secours et j’attache le dérailleur qui pend sur le hauban. Je redescends de Geishouse où j’arrivais, jusqu’à Moosch. La chaine pend et elle déraille toute seule.

J’arrête et réfléchis. Il me reste huit kilomètres. Je finis par couper la chaine et je monte une attache rapide. Très bien mais avec du mal car je suis mal installé au borde de la VR31!

Je rentre finalement avec un montage qui me permet de rouler.

Enoncé deux…

Chez le vélociste, la solution m’apparait simplement, on remonte une patte de dérailleur et une chaine neuve et le tour est joué.

Pas du tout!

D’abord le vélociste me dit le Di2 de Shimano 10 vitesses ne se fait plus. Changer la patte ne servira à rien car la chape est tordue…

Je vois les problèmes surgir.

1/ ce Look carbone est vieux (2009) mais il me suffit pour aller vers mes 80 ans si Dieu me prête vie.

2/ je sens le vélociste prêt à me lancer dans un VAE (il est coutumier du fait lorsqu’il voit un vieux arriver) et puis je sens que je vais avoir droit à un devis salé avec un set de dérailleurs neufs, une roue 12 vitesses, un chaine étroite, une cassette neuve et idem devant avec changement de plateaux (?) au lieu de 10 actuellement.

Sauf, sauf,… si on me trouve une dérailleur Di2 10V d’occasion.

Que faire?

vous avez deux jours!

Je vous mets sur la voie:

  • soit je mets 400 balles dans le commerce et pas plus pour réparer
  • soit j’achète un nouveau vélo en occasion
  • soit j’arrête la route qui m’indispose de plus en plus et je me concentre sur le VTT

Dix ans après…

Le vélo dopé

Vous allez vous dire, ça y est Maxou va encore dire du mal du vélo électrique.

Raté!

L’empreinte d’un éléphant du PS

Je rentre d’un séjour familial dans l’Hérault et notamment dans la périphérie urbaine de Montpellier, la ville dont Georges Frêche, le maire PS de l’époque mitterrandienne, avait prédit que sa ville serait la Surdouée. Puis il s’était lancé dans une série de projets mégalomaniaque, plutôt réussi comme l’ensemble résidentiel Antigone en réponse à son prédécesseur ayant adossé à la magnifique place de la Comédie un affreux complexe commercial prénommé Polygone.

Mais Georges Frêche c’est aussi un projet moins réussi comme port Marianne en pleine ville où malheureusement la rivière Lez a été incapable de fournir assez d’eau pour rejoindre la mer à Palavas…et c’est aussi cet incroyable tas d’ordures ménagères enfoui durant des années en bordure de l’étang des Moures à deux pas de la mer.

Posé ce contexte, l’agglo de Montpellier est désormais étouffée par la surpopulation et son corollaire incontournable l’expansion de l’automobile en dépit d’un réseau de tram fort conquérant et gratuit pour la population locale.

Donc on pense vélo?

Dans l’âme d’un cycliste né, on pensera que la réponse écolo dans une ville qui étouffe sous son expansion galopante (l’agglo compte 520.000 habitants et progresse de 1,8% l’an), c’est tout naturellement le vélo qui va compléter à merveille le tram et permettre de se déjouer des encombrements urbains.

Oui et non.

Oui le vélo est très présent dans l’agglomération mais c’est très inégal d’une commune à l’autre car l’ensemble est englué dans un fatras de rocades et de voies construites à la hâte et souvent bâclées où seul l’automobiliste s’y retrouve.

Un des caractéristiques des infrastructures cyclables est l’absence délibérée de continuité dans les axes directeurs conjuguée à l’absence de signalétique.

La preuve est particulièrement flagrante dans la partie sud où pour se rendre à Palavas il faut longer le Lez et traverser la ville de Lattes en empruntant un itinéraire complètement ubuesque autour de Port Ariane et franchir une intersection particulièrement dangereuse.

Lattes est un chef d’œuvre d’incohérence et de bricolage en matière de mobilités douces. On notera l’extrême délabrement du chemin de saint Pierre qui dispose à son extrémité de la seule passerelle permettant de traverser l’autoroute à vélo ou à pied, le rond-point de saint-Pierre où la bande cyclable est à l’abandon et enfin la traversée du pont de Lattes où piétons et cyclistes doivent affronter pas moins de six intersections le long d’étroites bandes de trottoirs lattés ne dépassant pas un mètre 50 de large en bidirectionnel avec un trafic routier particulièrement dense.

Mais alors, on fait du vélo à Montpellier?

Oui on fait du vélo à Montpellier. Mais un phénomène nouveau mérite qu’on s’y arrête, celui de la trottinette, électrique cela va sans dire!

La trottinette électrique est devenue dans cette grande agglomération urbaine un fait de société. Qui n’a pas sa trottinette pour se déplacer en ville passera pour un hasbeen, sans parler de ces nouveaux engins hybrides appelés UrbanGlide ou draisienne électrique.

La trottinette électrique révolutionne le déplacement individuel urbain. On la trouve partout et entre toutes les mains.

Sur les voies de tram où elles sont souvent aussi rapides que le tram lui-même, dans les rues, sur les trottoirs et sur les pistes cyclables où elles filent bien au-delà de la vitesse permise. Des ados, des jeunes filles, des mères de famille qui vont chercher les enfants à l’école, des employés se rendant au travail,…

La trottinette est devenue un passe-partout de la mobilité individuelle avec son guidon pliant qui la rend discrète dès qu’on s’arrête pour prendre un transport en commun.

Les forcenés du vélo ont du souci à se faire s’ils veulent continuer à promouvoir le deux roues en ville car la trottinette sait se déjouer parfaitement de notre militantisme pro-vélo et devient l’archétype de cette anarchie joyeuse.

Pierre Sansot dans « Chemin aux vents » (Payot) ne se sent pas concerné par les associations des deux-roues avec poussettes, badges et pancartes…Il ne se satisfait pas de la segmentation des flux et des espaces (à chaque véhicule sa bande, son parcours)…il préfère inventer au coup par coup (ses) règles, (ses) itinéraires, « faire l’indien ».

Le trottinetteur rejoindra Pierre Sansot car avec cet engin les codes de la route ou de la rue deviennent totalement inutiles et même inconnus de la plupart.

Vieux cycliste en bord de route

Et si nous, les retraités, devions accepter de prendre moins ?

Je suis retraité.

Et je vais écrire quelque chose que l’on entend rarement de la bouche d’un retraité : je comprends les jeunes lorsqu’ils disent que notre génération leur coûte cher.

Nous avons eu la chance de vivre plus longtemps que les générations qui nous ont précédés. Nous avons bénéficié d’une médecine extraordinaire, d’un système de retraite protecteur et d’une période où la démographie permettait de financer beaucoup plus facilement la solidarité entre générations. Je suis de ceux qu’on appelle les boomers, comme le dit si bien François Bayrou lui même boomer.

Mais cette époque est en train de disparaître.

Il y a moins d’enfants.Moins d’actifs pour financer davantage de retraités. Nous vivons plus longtemps. Les dépenses de santé augmentent. La dépendance va devenir un problème considérable. J’en sais quelque chose puisque ma mère a du faire l’objet d’un placement en EHPAD pendant de longs mois.

Et pendant ce temps, nous continuons à demander aux générations suivantes de financer tout cela.

À quel moment devons-nous nous demander si nous n’allons pas trop loin ?

Vivre plus longtemps : est-ce toujours un progrès ?

Je ne suis évidemment pas favorable à ce que l’on abandonne les personnes âgées.

Mais je pense que nous devons avoir le courage de distinguer soigner et prolonger à tout prix. Le corps médical semble parfois peu intéressé à intervenir urgemment dans les EHPAD, c’est la rumeur qui se colporte…

Lorsqu’une personne âgée est malade, la médecine doit-elle toujours chercher à repousser la mort, même lorsque les traitements sont lourds, pénibles et n’apportent plus qu’un faible bénéfice ?

Personnellement, je ne suis pas certain de le vouloir.

Si un jour je suis très âgé, atteint d’une maladie incurable et que les traitements ne permettent plus de retrouver une vie que je considère comme acceptable, je voudrais pouvoir dire :

« Je préfère que l’on me laisse partir plutôt que de prolonger artificiellement mon existence. »

Ce choix devrait être respecté.

Il ne signifie pas que ma vie ne vaut plus rien.

Il signifie simplement que je considère que mourir fait partie de la vie.

Mais attention à ne pas franchir une ligne rouge

Il y a cependant une différence fondamentale entre deux idées.

La première est de dire :

« Je ne veux pas que l’on prolonge ma vie à tout prix. »

La seconde serait de dire :

« Les personnes âgées coûtent trop cher, il faut donc cesser de les soigner. »

La première relève de la liberté individuelle.

La seconde serait une décision collective extrêmement dangereuse… bien que les réseaux sociaux ne se privent pas de le suggérer

Je ne souhaite pas que l’État décide de la valeur d’une vie en fonction de l’âge ou de son coût pour la collectivité.

Ce choix doit rester celui de la personne.

Et le droit de vote ?

On entend également certains proposer de retirer le droit de vote aux personnes âgées.

Là encore, je comprends la question, même si je ne suis pas certain d’accepter la réponse.

Une personne de 80 ans vote aujourd’hui pour des décisions dont les conséquences pourront encore se faire sentir dans trente ans. Un jeune de 20 ans, lui, vivra probablement ces conséquences pendant des décennies.

Mais retirer le droit de vote à partir d’un certain âge serait une pente dangereuse.

Pourquoi 75 ans plutôt que 70 ? Pourquoi 80 plutôt que 85 ?

Et qui déciderait qu’un citoyen est devenu trop vieux pour participer à la démocratie ?

Je préfère que nous conservions le droit de vote pour tous, mais que nous ayons davantage conscience de notre responsabilité envers ceux qui nous survivront.

Nous ne sommes pas inutiles

Je refuse aussi l’idée selon laquelle un retraité ne servirait plus à rien.

Nous avons travaillé.

Nous avons élevé nos enfants.

Nous avons transmis.

Nous aidons souvent nos familles.

Nous faisons vivre des associations.

Nous continuons parfois à travailler ou à créer.

Nous avons donc encore une place dans la société.

Mais avoir une place dans la société ne signifie pas nécessairement avoir droit à toujours plus.

C’est peut-être là que nous devons accepter de changer de regard.

La vraie question

La question n’est finalement pas :

« Combien pouvons-nous encore obtenir de la société ? »

Elle devrait être :

« Que sommes-nous prêts à laisser aux générations qui viennent ? »

Je ne prétends pas avoir la solution.

Je suis simplement un retraité qui regarde autour de lui et qui se demande si nous avons collectivement le courage de reconnaître que notre longévité a aussi un coût.

Peut-être devons-nous accepter de travailler plus longtemps lorsque nous le pouvons.

Peut-être devons-nous accepter certaines limitations.

Peut-être devons-nous surtout apprendre à ne pas considérer chaque progrès médical permettant de gagner quelques mois ou quelques années comme un progrès absolu.

Et peut-être devons-nous retrouver une chose que notre société moderne semble avoir oubliée :

savoir mourir.

Pas abandonner les vieux.

Pas décider que certaines vies ne valent plus la peine d’être vécues.

Mais permettre à chacun, lorsqu’il arrive au terme de son existence, de dire :

« J’ai suffisamment vécu. Je ne veux pas que l’on me retienne ici à tout prix. »

Si cette réflexion choque, tant mieux.

Car si nous ne sommes même plus capables de parler sereinement de la mort, du coût du vieillissement et de la responsabilité entre générations, comment allons-nous préparer honnêtement l’avenir de ceux qui viennent après nous ?

Civilités

Le civisme à géométrie variable

Je me perds sur l’échelle des civilités lorsque je cours. En Alsace lorsqu’on se croise, il y a une espèce de courtoisie ou de complicité qui fait qu’on murmure bonjour ou qu’on esquisse une signe de tête ou un sourire discret. Moi j’y ajoute parfois un vé de victoire. Victoire de quoi ? Victoire sur soi -même ou sur l’autre ou entre deux…

En Languedoc rien de tel. Nous sommes ignorés. Chacun pour soi. Tenter un bonjour ne recueille rien en retour. Alors soit, nous ne sommes rien d’autre qu’un individu qui court parmi d’autres. Aucun signe de sympathie et de reconnaissance d’appartenance à une activité commune.

Finalement la civilité est à géométrie variable selon la latitude. Le curseur de la société oscille entre civilité et incivilité cette forme de défi a l’égard du vivre ensemble qui fait qu’on arrive même dans sa forme la plus incivique à détruire le bien commun.

En Allemagne, si proche de nous, les Alsaciens, la randonnée est un art de vivre et chaque promeneur croisé en Forêt Noire salue presque cordialement « Gruss Gott !»( que Dieu vous salue!)
En guise de conclusion, voici ce que je trouve en chemin en périphérie des grands ensembles urbains.
Qu’un sondage révèle que 80% des Français pensent que le pays est en déclin ne m’étonne guère.