Civilités

Le civisme à géométrie variable

Je me perds sur l’échelle des civilités lorsque je cours. En Alsace lorsqu’on se croise, il y a une espèce de courtoisie ou de complicité qui fait qu’on murmure bonjour ou qu’on esquisse une signe de tête ou un sourire discret. Moi j’y ajoute parfois un vé de victoire. Victoire de quoi ? Victoire sur soi -même ou sur l’autre ou entre deux…

En Languedoc rien de tel. Nous sommes ignorés. Chacun pour soi. Tenter un bonjour ne recueille rien en retour. Alors soit, nous ne sommes rien d’autre qu’un individu qui court parmi d’autres. Aucun signe de sympathie et de reconnaissance d’appartenance à une activité commune.

Finalement la civilité est à géométrie variable selon la latitude. Le curseur de la société oscille entre civilité et incivilité cette forme de défi a l’égard du vivre ensemble qui fait qu’on arrive même dans sa forme la plus incivique à détruire le bien commun.

En Allemagne, si proche de nous, les Alsaciens, la randonnée est un art de vivre et chaque promeneur croisé en Forêt Noire salue presque cordialement « Gruss Gott !»( que Dieu vous salue!)
En guise de conclusion, voici ce que je trouve en chemin en périphérie des grands ensembles urbains.
Qu’un sondage révèle que 80% des Français pensent que le pays est en déclin ne m’étonne guère.