
C’est le château le plus visité d’Alsace. C’est le modèle Guillaume II qui a succédé à tous les précédents depuis Charlemagne.
Je n’ai pas envie d’y aller. Le voir depuis la plaine me suffit.
Mon autre dada

C’est le château le plus visité d’Alsace. C’est le modèle Guillaume II qui a succédé à tous les précédents depuis Charlemagne.
Je n’ai pas envie d’y aller. Le voir depuis la plaine me suffit.

Le matin, il est rare que je revienne de mon vélo avec moins de 400 mètres de dénivelée.
Alors l’après-midi, je compense avec la peinture. Je poursuis ma reprise des ratés de 2007. Pourquoi 2007? je ne sais pas. C’est tout ce que j’ai gardé. Des trucs pas finis, mal commencés.
Après je suis tombé sur une aquarelle de la librairie Au Lys de Thann qui est à présent fermée. Personne n’a repris la boutique. La rue de la 1ere armée n’est guère vaillante, un magasin sur deux est fermé. Pourtant il y a de nombreux parkings à deux pas…



C’est une reprise de 2007. Abandonnée et que je viens de bricoler. Une seconde vie?
C’est acidulé. J’ai toujours aimé me balader dans ces vieilles pierres de l’abbaye. Restaurée, remodelée peut-être, elle est austère, dépouillée d’artifice, mais c’est un beau monument à l’architecture parfois compliquée.
Chaque année, il y a une fête de Noël où les riverains se rassemblent dans le froid et y boivent un vin chaud.
Cette aquarelle a été ressortie de mon carton « ratés ». Abandonnée à son triste sort pendant 10 ans. Elle est donc bricolée et relookée en 2020. J’assume.
Pour la reprendre, j’ai douté. Fallait-il redonner de la vie aux acteurs, du relief à cette scène animée? et flouter l’abbaye? C’est le soir, donc je dois gérer la faible lumière disponible
Finalement, j’ai tout repris comme si c’était une bande dessinée.

C’est un travail de reprise. Comme je manque d’inspiration en ce moment, je puise dans ma boite bleue. Ma boite bleue comporte toutes mes reliques accumulées depuis dix ans. Celles que j’ai estimées dignes d’être corrigées, un jour…
Ce matin, le jour est venu pour ces barques abandonnées dans une crique attendant la marée montante, composition imaginaire, le truc qu’on apprend à l’école de peinture. Avant-plan, plan moyen, arrière-plan,…ran-tan-plan.
Bleu, blanc, rouge, mes barques. Toujours l’esprit républicain!
Et ne pas se tromper avec les ombres et lumières, siouplait!

En 2010, j’avais commis une erreur en tentant de peindre cette porte de Cernay. Je ne vous la présente pas ici tellement c’était raté. Je crois qu’à la fin j’avais même assassiné ma peinture.
voir l’assassinat si vous n’avez pas peur de voir un cadavre de peinture…
Alors ce matin, j’ai tout lavé au lavabo.

Puis j’ai repeint dessus.

Enfin il pleut!
J’en profite pour « revisiter » mes aquarelles planquées dans un carton. Elles ont pris de l’âge, comme moi. Je les ai enfermées dans le noir pendant tout ce temps. Les remettre en lumière?
Oui, je les sors, une à une. Certaines mériteront d’être réhabilitées par leur auteur, un peu comme si je décidais de les lever d’une indignité pour cause de laideur.

Le croquis aquarellé permet d’alimenter ses carnets de voyages. Beaucoup s’y adonnent. En plus le croquis accepte le pardon si des erreurs sont présentes. Ce ne sont que des esquisses pour mémoire d’un coup de cœur fugace.

Le croquis aquarellé est donc appelé à faire « une mise au propre » plus tard, à la maison si le cœur nous en dit.
A la différence de l’aquarelle, on dessine des contours d’abord avec de l’encre, puis on colorie des masses sans chercher à détailler.

Le rendu est parfois intéressant…comme il peut être décevant.
Sur mon vélo, difficile de peindre, je ne prends que des photos que je convertis en croquis une fois rentré. Il est vrai que je transgresse un peu la règle.

Mais le croquis, c’est aussi un peu l’esquisse du futur. Il permet les recadrages, l’harmonie des tons et des volumes, d’essayer divers plans.
J’arrête là car je me rends compte que j’en parle mieux que je n’en peins.


Reprise de drouille.
Une seconde vie ?

J’écris son nom comme s’il m’était familier. Mais non, je ne connais pas le Moulin du Boël situé près de Rennes.
C’est la magie de la peinture, on peint des trucs qu’on n’a jamais vu « en live » et au fur et à mesure, à force d’étudier les formes, les textures, les reflets, les couleurs, on s’imprègne du sujet jusqu’à se l’approprier et imaginer qu’on a été en face, un jour.
Je ne verrai peut-être jamais le Moulin de Boël. Peut-être n’existe t-il même pas!
Finalement en peignant, on entre sans le savoir dans l’abstraction.
Mais si, le Moulin de Boël existe, je l’ai trouvé ici…
Finalement, je vais afficher cette destination pour mon prochain voyage breton.

J’aime bien aller là-bas, à la Pointe du Raz.
Parce que j’ai le sentiment d’atteindre le bout du monde…et pourtant un abruti nommé Christophe C. osa prétendre le contraire.
De l’aquarelle et de l’acrylique, je sais, ce n’est pas très académique. Qu’importe!
PS: Raz ne signifie pas Remise à Zéro comme on est tentés de le croire…mais viendrait plutôt de ras la casquette.

L’histoire des voiliers
J’avais ce cadre rectangulaire depuis longtemps chez moi en réserve pour le jour où je me sentirais en état de peindre cette grande surface de presque un demi-mètre carré!

Aujourd’hui, orage prévu, je m’y attaque.

Je réunis mes tubes dans l’ordre…

Faut pas s’dégonfler lorsqu’on débute en face d’une surface comme celle-là, moi qui suis habitué au 24×32 de l’aquarelle. On a tous les problèmes en même temps.
A l’acrylique, on a le droit de fignoler « au doigt » pour les bords ou pour adoucir des fondus comme le sable et l’eau de la mer.

Au bout de deux heures, je suis vidé. Plus dur que de monter le Bannstein à vélo! Et pour clore le tout, à la fin il faut peindre les voiliers! J’ai pas intérêt à les louper car je n’ai pas encore les couteaux bien en mains.
Finalement l’orage n’est pas venu. Mais mes voiliers filent au moins à dix nœuds.

Exhumée de mes rebuts 2011, j’ai tenté de lui redonner vie.

De mémoire, j’ai repris cette aquarelle sans modèle. Je ne me souviens plus où c’est exactement.Quand on imagine des couleurs, des formes, on fait un peu ce qu’on veut.
Un peu seulement.
Le flou n’est pas forcément un cache-misère. Il faut aussi suggérer. Les détails viennent à la fin pour consolider l’architecture de l’ensemble et donner de l’harmonie.
Cette image là que je n’avais pas terminée était encore à l’état brut comme ci-dessous…

Ce genre de travail ci-dessus, c’est ce que je fais quand je n’ai ni motivation, ni goût; il n’y a que la mise en page à garder, la perspective, le volume végétal et la solide maison alsacienne, son toit protecteur. C’est donc une ébauche quia sommeillé dans un carton quelques années. La leçon est donc de ne jamais détruire un dessin pas fini car on peut y revenir longtemps après. La peinture c’est aussi la traduction d’une émotion, comme la musique ou l’écriture.
Que faire à partir de là?…
Massifier les volumes et les tons?…
Accroître les contrastes?… et renforcer la lumière pour mieux foncer les endroits ténébreux?…
C’est tout ce que je pouvais et savais faire.

Avec un passe-partout blanc de 4cm, ce sera très décoratif.


Le confinement se termine. On commençait à s’y prêter. Les travaux délaissés à la maison ont trouvé preneur, des trucs de bricolage, de jardinage, et même des trucs contraints par nos épouses ravies de disposer d’une main d’œuvre servile, gratuite et prisonnière.
Vivement lundi que j’me barre!
Dans mon carton, je ressors des fleurs abandonnées en 2012. Je n’ai jamais aimé les fleurs. Un truc de femme! Pris d’une soudaine compassion, je remets la feuille sur le bureau et j’essaie de lui redonner vie.
Ça passe pour cette fois! dirait mon maître.
Oui, le confinement nous redonne de la tendresse enfouie au fond de nos cœurs.
Je l’offre à qui la veut. C’est mon jour de bonté.

Ils ne respectent pas tout à fait la distance mes Coronaminus. Va falloir sévir dans les rangs.
Dans la série « reprisage », je fouille dans ma caisse en carton et je trouve « une drouille » transformable, mais transformable en quoi?
Jugez vous-même!

Je ne savais pas trop quoi faire à la place…J’ai du la garder juste pour le ciel…
Finalement sur mon horizon, j’ai eu l’idée de mettre des vélos qui passent. J’ai toujours un p’tit vélo dans la tête en rab.
Et puis pour donner un peu de relief à l’ensemble, j’ai ajouté de la montagne en arrière plan.

Ma grand-mère reprisait les chaussettes trouées. Inimaginable aujourd’hui!
J’ai ressorti de la caisse carton mes ratures.
J’en ai pris une que j’ai lavé sous le robinet. Et j’ai repassé dessus.
C’est tout ce que j’ai pu faire pour lui donner une seconde vie. Il tarde qu’on sorte de notre enfermement.

Reprendre ses pinceaux n’est pas facile. Voila dix jours que je n’y ai pas réussi. Il faut de la motivation. Comme pour le vélo.
J’ai habité près de vingt ans à Sausheim (Haut-Rhin) périphérie de Mulhouse.
J’ai emporté avec moi une malle en carton contenant toutes mes aquarelles indignes. Je veux dire les ratées, celles qu’on déchire, celles qu’on lave sous le robinet d’eau.
J’en ai extrait quelques unes avec tristesse car elles avaient ce petit manque de supplément d’âme permettant de les réhabiliter.
Alors j’ai commencé à en « reprendre » une à l’acrylique. L’acrylique c’est le cache sexe de l’aquarelle ratée.
Quand l’acrylique est aussi ratée, il n’y a plus d’espoir, c’est le traitement de la dernière chance.

Quand dix-sept heures est venu, j’ai dit « j’arrête ». C’est du couteau que je manipule comme je peux. A tâtons. Je n’ai pas la main, ma peinture est souvent du mauvais coté du tranchant de la lame et les dégradés au couteau me laissent des traces blanches, alors je finis au doigt. C’est dans les possibles dit la profession, le doigt. Alors va pour les doigts! Je connais mes erreurs et je les reconnais. Peut mieux faire, la prochaine fois. Il me faut aussi du meilleur matos, de la meilleure pâte surtout, et des tonales mieux adaptées.
Bref je suis un peintre amateur.
Je l’ai appelé Corona en souvenir de l’épidémie qui défie la planète. Il faut croire que le Corona m’a épuisé, je suis fatigué. Fatigué de tout ce tohu-bohu qui bouleverse nos vies. J’ai eu du mal à me remettre à la peinture depuis la mi-mars. Trop déstabilisé, trop angoissé, trop tout. Comment peindre? comment jouer? comment lire? C’est déjà une convalescence sans avoir été malade que de reprendre le cours des choses, penser à autre chose.

Ça ma permis tout juste de passer une heure de l’après-midi pluvieuse.

C’est le genre d’image de nuit que j’aborde avec appréhension. Appréhension, c’est le copain de fais-gaffe. Les aquarellistes n’aiment pas le noir. Les acryli…ciens (?), si. C’est le canal de la Marne à Saint-Dizier devant l’ancienne usine Miko.

J’ai pris une semaine pour me faire au confinement avant de reprendre mes pinceaux.
J’avais tenté de faite un truc moi-même sans l’aide d’un tuto, mais le cœur n’y était pas. J’étais trop déstabilisé par la survenue de la pandémie. Je tente de (re)prendre mes marques chez moi. Je ne suis pas à plaindre, j’ai de l’espace et un univers confortable, loin du confinement étroit d’un appart de 35m2. Il reste à tenir sans défaillir…
Non nous ne sommes pas à plaindre face à cette souffrance qui frappe chaque jour soudainement, insidieusement des gens par dizaines, voire par centaines.
Ce château là, c’est la sous-préfecture de Saint-Dizier, coté du parc du Jard. Pas mal pour un fonctionnaire de la République d’habiter là!
Je me souviens même que notre préfet de région, Marx, qui vient de prendre sa retraite l’a occupé alors qu’il était jeune sous-préfet et qu’il faisait son jogging dans les rues de la ville. C’était il y a longtemps.
J’ai peint sur une chute de carton pour économiser mes toiles car je ne sais pas quand nous pourrons nous approvisionner.
Si château prend un accent circonflexe, c’est peut-être en souvenir des tours pointues, non?
Je respecte les consignes de confinement comme beaucoup d’autres de nos concitoyens. C’est seulement le premier jour et il faut s’installer comme on peut dans un relatif immobilisme qui est appelé à durer.
J’avoue à présent redouter devoir faire des courses quand je vois comment nos semblables se comportent dans les magasins. Ce matin à l’Intermarché de mon quartier c’était la cohue aux caisses. J’ai eu peur de cette situation et je ne suis pas entré. Pourquoi ne pas avoir filtré les entrées comme le font les grandes surfaces?
J’ai cette chance de pouvoir m’occuper à autre chose qu’au vélo, la lecture, la peinture. J’ai de quoi faire…et pourtant il faut être motivé. Car on ne peut pas s’extraire mentalement facilement de cette pandémie qui bouleverse notre façon de vivre. J’imagine qu’être confiné doit être compliqué pour celui habitué à vivre à l’extérieur.

Cette année, j’avais décidé de bosser un peu l’acrylique, attiré par ce medium qui est à la fois à la mode et sympa à travailler.
Alors voila, je suis dans mon atelier, au milieu de mes tableaux. C’est mon univers réduit.
Des paysages, des villages, des essais,…
Aujourd’hui, j’ai repris mon tableau Michelbach qui n’était pas à mon goût.

Si vous faites du sport individuellement autour de chez vous, portez votre attestation sur vous (il faut la refaire à chaque fois!)

Ce n’est pas Joinville-le-Pont. C’est Joinville en Haute-Marne.

J’ai vécu là pendant quelques années. A l’aide de cartes postales noir et blanc, je revisite les lieux et j’imagine les couleurs. En fait les pierres sont blanches là-bas. Un calcaire crayeux. Je ne respecte donc pas la vérité historique.
C’est l’Aube, affluent de la Seine, qui y coule.
Autour d’Arcis, une immense plaine betteravière.

Les cyclos rejoignant Mulhouse, descendant la vallée, apprécient s’arrêter là au bord de la rivière. Le patron d’antan était un homme sympa, disparu trop tôt. Depuis que j’habite Thann, je ne sais plus.

Je regardais la vague arriver.
Elle ne m’a pas raté.

Je me suis hasardé à peindre un paysage du cru. Vu ce matin avec de la neige sur le Rossberg.
C’est lundi, c’est peinture.
Je suis à couteaux tirés avec mes couteaux. Le medium acrylique est sympa à travailler. Mais les couteaux demandent un sacré coup de patte. D’autant que je suis gaucher, tous les tutos sur la toile sont à l’envers.
Bon, le rendu est pas trop mal. Je me délivre un accessit. Mais j’en connais toutes les erreurs, sans les dire. Restons modeste!
(Re)connaître ses erreurs, c’est déjà pas évident.