Cyclos de Staffelfelden
Du vélo avec Loisir Rixheim
Chronique de pandémie

Tout ça pour ça!
Le 13 avril était un cap à atteindre pour le pouvoir. Macron a parlé et il a déçu des millions de gens.
Je n’ai pas besoin de notes pour retenir l’essentiel.
D’abord l’épidémie est tout juste contenue à ce jour au prix de…15000 morts et ensuite le confinement va durer jusqu’au 11 mai. Il ne manquerait plus que l’épidémie reparte pour doubler ce tragique bilan.
L’épidémie a causé 922 décès dans la région depuis le 1er mars – dont 576 dans le Haut-Rhin et 346 dans le Bas-Rhin – et ce triste bilan a franchi la barre des 2000 morts dans le Grand Est
« Comme vous, j’ai vu des ratés. Encore trop de lenteur, de procédures inutiles. Des faiblesses aussi de notre logistique. Nous en tirerons toutes les conséquences en temps voulu »
Des ratés? où ça? quand ça? vous avez vu des ratés, vous? Non on a vu un désastre.
Pourquoi déconfiner le 11 mai? On ne sait pas. Ils ne savent pas eux-mêmes. On l’a senti au ton employé. Un ton monocorde, sans relief et un discours qui peinait à convaincre, beaucoup trop long à consacrer des remerciements aux uns et aux autres. De quoi Macron nous est-il redevable? de notre docilité? de nos sacrifices? de tous nos morts? On n’attendait pas des remerciements, on attendait des actes.
Pour le reste, on va à nouveau envoyer nos mômes au casse-pipe à la mi-mai pour faire croire qu’on progresse et alors même qu’on ne maitrise rien.
Ni les masques, ni les tests!
Le déconfinement? Mieux vaut s’inquiéter à l’avance car on ne sait plus très bien qui va en bénéficier ni pourquoi, et comment on va loger des milliers de gens porteurs du virus dans des hôtels pour les isoler de leurs familles.
Ce matin, je n’y crois plus. Le pouvoir vacille dans un imbroglio invraisemblable.Il est donc plus que temps de s’investir dans des temps longs.
C’est le pied

Je ne sais pas si c’est un pied de nez. Courir confiné est un délice. Un dernière parcelle de liberté dont on doit user. Une résistance salutaire.
Thann, rue Kléber, je descends en « roue libre». Se reposer tout en courant n’est pas facile car je n’ai pas de frein à main. Oui courir est un art que je découvre. Quand j’arrive à la maison, je ruisselle de partout et j’ai perdu 600 grammes en 50 minutes.
C’est plus fort que moi, j’ai besoin de « merdouilles électroniques » comme dit Lomoberet.

Mais pour l’apprentissage de la course à pied, c’est un bon confident d’avoir avec soi un truc qui cause pour vous dire que vous allez trop vite et qui mesure vos paramètres. C’est mon cas, je m’emballe facilement et à 146 pulsations, l’appli me rappelle à l’ordre. Alors je baisse la cadence.
Courir avec de la musique et un casque sur les oreilles? Culturellement, je suis bloqué. Je n’arrive pas imaginer…alors que la nature et les chants d’oiseaux sont là. Et quelle musique écouter? des marches militaires? une marche lente de légionnaires avec « voila du boudin »? Les experts vont me guider…
L’appli embarquée, c’est ce qui me permet de tenir pendant l’heure sans devoir m’arrêter.

Courir deux jours de suite est une première pour moi. Et je l’ai ressenti tout de suite dès le départ ce matin. Moins de punch pour monter la petite côte de Leimbach, j’étais en alarme cardio souvent. Ma montée devait être pitoyable. Quand le plat arrive, je suis content, je « remets trois dents ».

J’expérimente tous les scénarii de trajectoires. C’est facile pendant le confinement, on a toute la route à soi. Les trottoirs? moins faciles que la route, beaucoup de raccords et de regards disjoints, je prends les bordures aux bateaux de porche, c’est moins haut et je traverse en diagonale. Les virages de coin de rues sont fatigants, on ressent clairement le petit pas dedans et le grand au-dehors qui permet de girer. Je n’aime pas les grandes descentes qui font mal.
Les muscles des cuisses sont ainsi plus sollicités notamment pour assurer « l’atterrissage » avec surtout le quadriceps ( à l’avant ) qui va assurer la stabilité de l’articulation du genou
Le jogging a ses techniques comme pour les cyclistes. On peut courir sans savoir tout ça, sans se prendre la tête nécessairement tant qu’on n’envisage pas de devenir un compétiteur. Surtout à mon âge!
Le pain

La solution : faire du vélo avec son attestation pour aller acheter des biens de 1ère nécessité, et en profiter pour pédaler un peu fort. Dans ce cas, on peut s’éloigner à plus d’1km de son domicile dans la mesure où les seuls commerçants disponibles sont à 2km (Christine Corbin)
Christine Corbin a raison. On a trouvé une échappatoire à l’absurdité ambiante. Ce matin à six heures, j’ai enfourché ma bécane et je suis parti. Profitant de la fermeture de mon boulanger de quartier, j’ai rejoint le centre-ville.
Je suis donc sorti par nécessité de mon rond de confinement muni de mon attestation K2.
En 1914, mon grand-père prisonnier en Allemagne parlait souvent du pain KK, le Kriegskartoffelbrot, pain de pomme de terre, surnommé caca par les Français. Nous sommes aussi dans le registre des K

L’air était vivifiant, le Rangen à peine éclairé par le soleil levant. Une promeneuse de chien, un joggeur. On se fait discret dans le petit matin.
les potins du lundi de pandémie

« Tu n’as pas de Doliprane chez toi? »
Semaine lourde en questionnement, en doute et en hypothèses. Les tensions apparaissent parmi la population par réseaux interposés. Quand verra t-on le bout du tunnel de cette interminable épidémie?
A la frontière allemande, les Français sont mal vus dans les boutiques. Surtout s’ils viennent juste acheter du Doliprane. « Tu n’as pas de Doliprane chez toi? »
Vu de l’Allemagne les petits voisins ont montré leur incompétence face au virus. Alors qu’ils ne l’exportent pas chez nous! C’est la tonalité du propos.

Pourquoi nous n’avons pas su?
Outre la polémique, il faudra un jour nous expliquer pourquoi nous n’avons pas su. Pas su endiguer ce flux morbide. Le mal est fait. Oui comme le dit Elisabeth Kleinhans-Bucher dans les DNA cette semaine c’est « un gifle pour la France »…

Les Français se sont pourtant appropriés au cours de ces longues semaines d’inactivité les données de la chose. Ils ont en mémoire les faux-pas, les hésitations des sachants, les interprétations hâtives.
L’épisode des ratages, celui des élections bâclées, le manque de tests quand l’Allemagne testait tous azimuts, l’épisode des masques et la saga des tarmacs d’aéroports, l’épisode des « cinq mille lits » (25000 en Allemagne), le dénuement de nos hôpitaux, l’abandon de nos vieux, l’absurdité d’un confinement massif réprimé sans discernement 135 euros par une police zélée, l’incroyable déchirement des experts par écrans interposés sur la chloroquine, …tout cela on le sait par cœur et on pourra s’en souvenir.
Et après l’hécatombe de morts?
Il reste la suite qui ne devrait pas être moins pire. Comment sortir de cette crise pandémique dont personne ne maîtrise la fin?
On comprend la position du corps médical qui faute de traitement voudrait nous confiner jusqu’à Noël. Surtout nous « les vieux » de plus de 65 ans. Du coté des politiques, on sent que les épaules du Président sont de plus en plus fragiles face au désastre.

Oui Orwell est pour demain
…il va falloir décider de la suite. Et remettre la machine en marche avec les incroyables inconnues qui continuent de peser. Comment vont se comporter entre-eux les infectés, les guéris, les non-infectés, …et les faux-guéris?
L’arsenal dont nous disposons faute de moyens, faute de tests massifs, c’est un système policier. Fliquer tout le monde selon son statut et grâce à nos téléphones portables.
Oui Orwell c’est pour demain. Parmi le personnel politique, tout le monde fait le gros dos de crainte qu’on lui reproche plus tard d’avoir aggravé le problème. C’est la France en lambeaux.
Tourner en rond, c’est cloche!

Tourner dans un rond de un kilomètre finit par rendre fou. Mais il y a pire, mes voisins tournent autour de leur maison.
Mille cinq cents mètres en courant dans le jardin de sept ares!
Ce matin, je suis parti « à la fraîche » et les nuages voilaient le lever de soleil. J’ai croisé par deux fois les mêmes promeneurs et l’on s’envoyait un petit signe amical et complice de cet enfermement.
Je cherche encore quelques variantes sur mon itinéraire. Aujourd’hui je suis passé par la rue des Vignes à Leimbach…je regarde mon rond…oui, j’ai bon! la rue des Vignes est dans le périmètre de confinement. Ouf!
Comment avoir sa carte de confinement? cliquer ici


Le Tour de France aura t-il lieu?
Je n’ai aucun avis sur la question. Mais j’entends ce qui se dit. Les élus qui ont investi beaucoup dans la grande boucle sont dubitatifs. Comment déplacer une caravane de milliers de personnes alors que la pandémie est toujours là? et qu’on sait que derrière la caravane, il y a des retombées touristiques qui déplacent les foules?
L’organisation du Tour Amaury Sports est une grosse machine économique qui draine des enjeux colossaux et les sponsors risquent d’abandonner la partie.
On imagine mal que le Tour puisse se tenir alors que la plupart des rencontres sportives de l’été sont annulées les unes après les autres et qu’on envisage de confiner une partie de la population jusqu’à la fin de l’année.
Cela dit, j’aime bien Kraftwerk. C’est affaire de goût.
Pâques en Alsace

Nous ne saurons pas à quoi ressemble Pâques en Alsace en 2020. Le confinement nous impose de ne pas visiter les villages qui rivalisent de décorations en relation avec la fête pascale. De même que nous ne verrons pas les petits-enfants chercher les œufs de Pâques dans le jardin.
Autrefois en Lorraine, d’où je suis originaire, entrecoupés de psaumes dont je n’ai pas retenu les paroles, les enfants qui passaient à midi dans les rues disaient en substance « il est midi, trempez la soupe! » aussitôt suivi d’un cracracra retentissant.

Les Rara nous cassaient les oreilles pendant toute la Semaine Sainte, (d Kàrwucha en alsacien, ce qui littéralement signifie en allemand la semaine du chagrin).
Destinées à suppléer l’absence provisoire des cloches, les crécelles donnent l’occasion aux jeunes villageois d’égayer la cité dans un concert de crécelles détonnant. Le matin, à midi et le soir.
Tout cela est devenu un folklore ancien.

D’abord, si elle ne trouve pas le chemin, il n’a qu’a venir la chercher avec la papamobile.
Bon, il a un emploi du temps chargé, mais y’a bien un garde suisse en récup. qui pourrait venir faire un saut avec la papamobile…
Soyez chics, les gars, c’est une vieille cloche qui ne peut plus voler!
Elle a les ailes rabougries.
Dieu ne reconnait pas toujours les siens. On se souviendra longtemps de cette assemblée évangélique maudite. Ou alors, il existe des malentendus. Gérard l’Alsacien n’exprime pas toujours l’humour alsacien du meilleur goût. Mais on s’en fout.
Corona

Quand dix-sept heures est venu, j’ai dit « j’arrête ». C’est du couteau que je manipule comme je peux. A tâtons. Je n’ai pas la main, ma peinture est souvent du mauvais coté du tranchant de la lame et les dégradés au couteau me laissent des traces blanches, alors je finis au doigt. C’est dans les possibles dit la profession, le doigt. Alors va pour les doigts! Je connais mes erreurs et je les reconnais. Peut mieux faire, la prochaine fois. Il me faut aussi du meilleur matos, de la meilleure pâte surtout, et des tonales mieux adaptées.
Bref je suis un peintre amateur.
Je l’ai appelé Corona en souvenir de l’épidémie qui défie la planète. Il faut croire que le Corona m’a épuisé, je suis fatigué. Fatigué de tout ce tohu-bohu qui bouleverse nos vies. J’ai eu du mal à me remettre à la peinture depuis la mi-mars. Trop déstabilisé, trop angoissé, trop tout. Comment peindre? comment jouer? comment lire? C’est déjà une convalescence sans avoir été malade que de reprendre le cours des choses, penser à autre chose.
Mon masque en Sopalin

Important: le masque en papier présenté ne vous protège pas des virus, il vous évite d’être contaminant. Il est donc anti-projections.
Facile à construire, pas cher et confortable, le masque en Sopalin double couche s’avère être le plus simple à mettre en œuvre quand on a rien d’autre pour éviter de contaminer son entourage si vous êtes porteur du virus sans le savoir.
Deux couches de Sopalin, du ruban adhésif et deux élastiques.
Seul défaut, c’est un usage unique, non réutilisable…

Se laver les mains avant de mettre le masque et après l’avoir jeté dans une poubelle de déchets non valorisables. Ne pas réutiliser! C’est juste bon pour faire les courses.

Autre solution le filtre Melitta…

Les conseils de Laure Granger, ingénieure textile
Voir aussi ce site qui décrit des masques tissus et papier
Voir aussi le masque à Vélomaxou en tissu

Chronique de pandémie
Distanciation sociale
Quel terme cruel pour une société qui se veut unie, humaine! La distanciation sociale, on la pratique chaque jour depuis plusieurs semaines. La vie n’est plus qu’un long farniente où l’on trompe le temps comme on peut. Mais la distanciation sociale n’est pas la même pour tout le monde. Elle accroit les inégalités de ceux qui sont seuls et confinés dans de petits logements.
Ceux qui jadis ne savait rien du village voisin pouvait continuer à vaquer dans leurs champs, dans leurs étables en attendant qu’un colporteur passe. Nous à présent sommes ancrés devant nos écrans, en direct avec la planète.
Et pourtant on ne sait rien
Rien du pourquoi, ni du comment mon département Haut-Rhinois est devenu le Hubei de la France avec ce matin 570 morts depuis le début de l’épidémie. Nous sommes, nous serons dorénavant maudits. C’est sûr, quoi que fassent les autorités pour redorer notre blason alsacien, on parlera longtemps de ce cluster viral qui a pris naissance dans une réunion évangélique. Je ne savais pas que Mulhouse disposait d’un tel potentiel religieux et d’une telle capacité attractive pour rassembler des croyants.

L’hôpital Émile Müller est construit sur les hauteurs de la ville derrière la montagne du Rebberg en direction de Bruebach.
On n’a pas su trouver pire endroit pour y accéder
Aucune voie rapide en venant des populations. On ne va pas à l’hôpital pour le plaisir surtout avec un réseau routier aussi peu facile. Toute l’année 2019, la chronique ne parlait que des difficultés des Urgences de l’hôpital et de ce ballet de médecins qui ne restaient pas quand d’autres chichement appointés venaient prendre le relai pendant quelques semaines sans y rester ensuite. La mauvaise réputation de cet hôpital est ainsi faite. Je suppute qu’elle est à l’image d’une population difficile et fragile. A tort? je ne le sais pas. Mais un hôpital où les médecins partent les uns après les autres, ça fait mauvais genre.
Tous ces soubresauts ne doivent pas masquer la grande souffrance de l’hôpital public à Thann et à Altkirch où la gestion comptable frappe depuis des décennies notre service de santé.
Restez chez vous! oui mais combien de temps encore?
On en est donc là, c’est à dire qu’on ne sait pas. On ne sait pas ce qui se passe derrière les murs de l’hôpital où l’on a transporté par cargaisons entières depuis des semaines des centaines et des centaines de patients atteints du virus et pourquoi autant sont morts.
Car très peu de choses filtrent depuis la visite rendue par le Président à l’hôpital militaire de campagne de trente lits édifié sous des tentes sur le parking. Le seul écho que nous envoie le personnel, c’est le fameux « restez chez vous! » devenu un leitmotiv peu rassurant.
« Restez chez nous » soit! On a compris qu’il fallait ainsi ralentir le flux. Pas la maladie.
La cruelle vérité des chiffres
A J+25 (nous sommes actuellement en France à j+35), les chiffres parlent d’eux-mêmes…
| J+25 | France | Italie | Espagne | Allemagne |
| morts par million d’hab. | 59 | 91 | 220 | 31 |
Repousser les touristes et les vacanciers
Confinés par l’autorité, nous sommes devenus des citoyens en liberté surveillée ou semi-emprisonnés. L’hélicoptère de la gendarmerie a survolé hier la vallée de Thann à marche lente scrutant toutes les failles de la montagne où des fuyards en mal de vivre auraient pu se loger.
Le hasard de la vie fait qu’on est là et pas ailleurs. Obligés de subir cet enfermement qui pourrait encore se durcir si les pouvoirs locaux tentés de se barricader ferment leurs accès. Les États, c’est déjà en cours, ferment leurs frontières comme l’Espagne qui préfèrent renoncer à la manne touristique de l’Europe du Nord cet été.
C’est une première en France. La décision entre en vigueur ce vendredi 10 avril à 18 heures. L’arrivée confirmée de touristes dans la ville héraultaise située entre mer et étang a fait basculer les choses.(Midi Libre)
Mulhouse, à la différence de Sète, n’aura pas besoin de fermer ses accès, sa réputation suffira à dissuader les touristes d’y venir pendant longtemps.
Maxou, pourquoi tu cours?

J’ai déjà dépassé 143 km de course à pied. Un truc jamais imaginable sans le corona.
Oui c’est vrai ça, pourquoi je cours?

Tout simplement parce qu’en France on a décidé d’emmerder les cyclistes. Alors je cours et je viens grossir le flot de joggeurs. Tout simplement.
Oui mais le confinement? la distanciation sociale? tu t’assois dessus?
Bien sûr que non! Ici, chez moi, je peux changer de trottoir dès qu’un passant avec son chien arrive en face de moi. Et je peux vous dire que des gens avec chiens, j’en croise beaucoup plus que de joggeurs.
Chronique de pandémie
Les courbes de décès s’infléchissent. D’aucuns veulent y voir le début de la fin du pic épidémique. D’autres parlent de plateau…Sous-entendu ne pas crier victoire. Un plateau en montagne peut juste constituer une halte avant de reprendre la pente ascendante.

L’autre grand raout
Le grand raout de Pâques en Alsace n’aura pas lieu. Il faut savoir que l’Alsace se distingue, en cette période de Pâques, du reste de la France avec le Vendredi Saint férié. Jour pendant lequel les Haut-Rhinois en profitent pour faire les magasins du Territoire de Belfort tout proche.
Cette année non!

Toutes les forces de police sont mises sur le pont long alsacien de quatre jours pour confiner tout le monde. Ce matin avec le concours de la presse locale, les Alsaciens ont droit à une piqure de rappel avec le fameux « restez chez vous! »
L’avenir le dira
Fallait-il durcir ainsi le confinement pour un résultat dont les effets sur le plan sanitaire restent à démontrer? L’avenir le dira. Et au surplus, l’immense inconnue du confinement, c’est justement comment en sortir? ne va t-on pas assister à une nouvelle explosion de contamination de la part des gens qui sont restés enfermés pendant des semaines et dont les organismes ne sont pas immunisés par des anticorps?
Durcir le confinement est-il nécessaire?
Du coté de la Bruche dans le Bas-Rhin, la fermeture de la piste cyclable ne fait pas des heureux.
Cette absurdité de vouloir concentrer les gens hors des endroits de quiétude aboutit in fine au résultat contraire dans les grandes agglomérations comme à Paris où les joggeurs confinés au-delà de 19h le soir se rassemblent en nombre le long des berges.

Dans le Haut-Rhin aussi, pendant ces quatre jours de fêtes pascales on ne pourra pas courir entre 11h et 19 heures mais on pourra marcher ou promener son chien. Encore une fois tout est question d’interprétation. La différence entre marcher et courir c’est lorsque deux pieds à la fois sont décollés du sol.
Ce serait alors l’échec du confinement et de la distanciation sociales qui en quelques semaines a mis notre économie à genoux.
Le masque Vélomaxou



Laver en machine 60° au moins et changer le Sopalin souvent
Un tour de VTT à 135 euros
Encore une fois les journaux se font les interprètes d’une application anti-cycliste délibérée des règles de confinement.
Un vététiste verbalisé au fin fond de la Hardt au motif qu’il est à plus d’une kilomètre de chez lui.
Traquer des cyclistes dans les Vosges à bord d’un hélicoptère, sonder des chemins creux en plein milieu d’une forêt Haut-Rhinoise à bord de véhicules de gendarmerie pour débusquer des fraudeurs du confinement, voila à quoi s’emploient les pouvoirs publics.
Est-ce une mesure qui fera baisser l’agitation urbaine? je ne le pense pas. Au contraire, elle vise à cadenasser la théorie de l’enfermement de toute la population sans discernement. Au nom de la raison d’Etat et sans preuve d’efficacité.

Il y a manifestement un malentendu sur le concept de distanciation sociale puisque ces cyclistes ne menacent personne de contamination en s’isolant eux-mêmes dans leur loisir.
Chronique de pandémie

Je commence à comprendre avec retard que cette pandémie va durablement affecter notre mode de vie. J’y ai mis plus de temps qu’il n’y fallait. Je m’en veux presque.
On a cru pouvoir vivre comme des Amish
Les cyclistes, ces ORNI, ces Objets Roulants Non Identifiés ont cru qu’ils allaient échapper au confinement. Continuer à vivre en marge de la société sans la déranger. On a cru pouvoir vivre comme des Amish, aux cotés du « monde moderne » avec notre vélosuffisance sans vouloir importuner quiconque. Avec notre vélo, notre prolongement minéral, on s’est adapté comme on a pu en rasant les bordures et en évitant le souffle des poids lourds de la consommation débridée. Vivre un consumérisme de bon aloi sans trop se faire repérer. Sans même contester le modèle pourvu qu’on nous laisse une bande routière.
Le moteur planète s’est déréglé
Mais le virus déterré par les désordres biologiques s’est mis en branle et est venu nous rappeler à l’ordre. Les désordres biologiques, ce sont un ensemble de phénomènes dont le plus visible est le réchauffement climatique. Or c’est justement celui que la planète ne veut pas voir pour continuer de faire comme avant. Oui, nous appartenons à ce monde agité, exacerbé, vibrionnant qui soudainement devient incontrôlable. Le moteur planète s’est déréglé et on ne sait pas comment le réparer. Tous les médecins se penche sur le malade. Ils ne savent pas. Ils tentent de ralentir le flux avec peine tandis que tout l’édifice s’écroule autour d’eux.
Sept cent millions de chinois
Et moi, et moi, et moi
Avec ma vie, mon petit chez-moi (Dutronc Et moi, et moi, et moi)
Les petits Gardes rouges
L’édifice qui s’écroule? oui! Ses dogmes productivistes sont à l’arrêt et partout les PIB s’effondrent. Le capitalisme ne produit plus. Pourtant il avait bien fait les choses en pactisant avec l’ennemi communiste, en lui vendant son modèle irrésistible de croissance. Une dictature communiste avec des petits soldats qui obéissent au doigt et à l’œil aux ordres du grand ordonnateur, c’était le rêve assumé de tout capitaliste: rendre son capital hyper-productif sans l’ombre d’une revendication, sans le risque qu’un rouage se grippe et vienne affecter son rendement.
Aujourd’hui l’Europe pleure
Elle a abandonné toutes ses usines, trop chères, trop vieilles, trop peu compétitives et ses smicards affamés; l’Europe n’a plus rien. Même les Allemands prudents qui ont conservé une part de pragmatisme voient peu à peu leurs ventes de machines, de voitures sans clients.
L’Europe pleure, car son modèle va s’effondrer et son concept communautaire émet des craquements sinistres. Elle a détruit ses valeurs en vendant tous ses fleurons à l’encan misant sur ses services. Il ne reste plus que des peuples éperdus qui errent dans un océan de précarité de Bucarest à Murcia.
Un effet papillon va t-il détruire le monde?

C’est envisageable puisque l’épidémie n’est contenue qu’au prix d’un artifice qui consiste à en ralentir la progression. Si l’on est confiné, c’est seulement pour ne pas dépasser les capacités des moyens sanitaires. Mais l’épidémie est appelée à durer attendant un antidote vaccinal qui va prendre du temps. Des populations confinées, ça fait mauvais genre pour le capitalisme, elles ne consomment plus, elles ne peuvent plus prendre l’avion, elles n’achètent plus de voitures, elles ne vont plus festoyer sous les contrées exotiques, et la dépréciation de l’humain n’encourage pas à procréer. Les plus fragiles confinés en hauteur vont commencer à enjamber les parapets des balcons. C’est à craindre.
Quand le vaccin arrivera, s’il arrive, on pourra attendre les prochaines vagues de virus circulants. Les virus que le réchauffement de la planète exhumeront d’un endormissement millénaire au fond des glaciers.
Ça va mieux en le disant

Ce matin jogging. A défaut de mieux. Je suis un peu gâté de pouvoir encore faire un parcours pédestre qui comporte une part champêtre autour de chez moi . J’ai conscience de cela quand d’autres n’ont que de grands quartiers.

Peut-être que même cette liberté conditionnelle va déranger en haut-lieu. Déjà on interdit le jogging à Paris et autour. Trop dangereux! plus facile que de s’attaquer « aux quartiers », c’est une évidence. Les joggeurs appartiennent à des catégories jeunes de CSP+ qu’on peut facilement emmerder.
Et les plus de 65 ans? ceux-là on va les confiner un peu plus longtemps que les autres. Deux mois au moins. Histoire de bien leur faire comprendre que leur statut de retraités les rend suffisamment privilégiés. Un truc qui va servir aux élections, sans nul doute.
Je suis content car tout ça va finir en quenouille contre le gouvernement.
Faut-il vendre son vélo?

On sait d’ores et déjà que l’année 2020 sera une année noire pour le cyclisme
Avec la pandémie qui s’étend, nos vélos vont perdre tout attrait cette saison. Ils l’ont déjà perdu par la force des choses. Les organisations (FFC, FFVélo) qui se sont spontanément ralliées aux pouvoirs publics risquent de perdre de nombreux adhérents du fait de l’interdiction de rouler à vélo pour les balades, les courses et le cyclotourisme en général. Tant pis pour elles! Ce faisant elles ont délibérément battues en retraite sans négocier un espace de liberté pour les pratiquants seuls…et on a de quoi leur en vouloir.
Il est patent qu’aucune fédération rattachée au Ministère des Sports ne pouvait aller contre une décision qui s’imposait à tous mais on aurait pu négocier. Cela n’a pas été fait.
On peut vraiment regretter que les positions fédérales ont entrainé l’interdiction totale du vélo de randonnée y compris chez ceux qui roulent habituellement seuls. Comme c’est mon cas depuis de nombreuses années.
Pour les fans de cyclisme, c’est un coup de massue que d’être confiné alors que les beaux jours sont là et que la montagne nous attend.

Grimper le Hundsrück, poursuivre par Masevaux, la vallée du Soultzbach, en quoi cela pouvait-il concourir à aggraver l’épidémie?
Se retrancher derrière un hypothétique risque d’accident qui viendrait encombrer les urgences est une construction intellectuelle de vraiment mauvaise foi. Pourtant certains de mes amis se sont engouffrés dans cette brèche…et ils y sont toujours. En quarante de vélo, je n’ consulté un service hospitalier qu’une fois. Il suffit donc d’une fois, une probabilité infime pour décider du sort de notre passion sportive.
Plus ça va, plus un report se précise pour la Grande Boucle qui doit faire une halte en Limousin avec une arrivée à Sarran, en Corrèze, le 9 juillet.
(Pascal Coste, président du conseil départemental, sur le Tour de France 2020 qui doit s’arrêter en Corrèze)
Comment peut-on imaginer que le Tour de France puisse encore se tenir en juillet alors qu’on peine encore à circonscrire la pandémie et alors même que le rassemblement sportif est appelé à rassembler des millions de gens sur le bord de nos routes? On pourra en revanche se féliciter de voir évitée la pollution engendrée par la Grande Boucle dans nos massifs.
Perspective bien dérisoire, direz-vous, en regard des milliers de morts et de la vertigineuse amplitude que prend l’épidémie en Europe et qu’on peine à contenir.
Vendre sur le marché de l’occasion?
Les entreprises du cycle comme Cycleurope ou Décathlon, comme toutes les manufactures du loisir sont lourdement impactées par le confinement et l’interdiction de pratiquer son sport favori.
Ceux qui piaffent d’impatience afin de remonter sur leur vélo risquent de devoir encore attendre longtemps et le home-trainer ne pourra pas durer indéfiniment.
243000 annonces!
Si l’on croit pouvoir abandonner facilement à bas prix sa bécane, on se trompe; ainsi le site le Bon Coin est le premier site marchand à afficher autant de vélos d’occasion avec …243000 annonces!

Soyons réalistes!

On ne vend pas son vélo quand le sport est en pleine déprime…sinon on le brade. En revanche on peut espérer s’en débarrasser auprès d’un vélociste lorsque le confinement cessera et à condition d’en acheter un plus moderne. Les professionnels vont avoir des stocks d’invendus et on pourra peut être repérer de bonnes affaires avant la fin de saison.
Espérons que d’ici là, la levée de notre interdiction sera intervenue.
Chronique de pandémie

J’ai quitté ce matin le 68 définitivement.
Il restera attaché à de mauvais souvenirs.
Avec le temps qui passe, les incertitudes demeurent. Et les angoisses grandissent. On ne sait plus ni quand, ni comment on va sortir de ce conflit meurtrier avec la petite bête. Et nous, sociétés modernes, peinons à comprendre qu’on ne dispose que d’air comprimé pour sortir le virus de nos poumons.
L’inquiétude est grande de voir se rapprocher de nous chaque jour de mauvaises nouvelles. Et l’on se dit est-ce que je serai de ceux-là ou de celui-là, ou de celle-là? Le maire de Saint-Louis, à la frontière tri-nationale, est allé mourir à Bonn évacué en urgence sanitaire. Et nos voisins anglais! BoJo, le truculent premier ministre placé sous respiration artificielle!
Fatalement, les esprits s’échauffent face à l’attitude hasardeuse des autorités. La polémique chloroquine semble en sommeil mais les experts ont du ramer longtemps pour se mettre d’accord entre-eux sans convaincre. Alors voici venir à présent la polémique du port des masques, ce machin dont Sarkozy faisait tout pour qu’on ne le porte pas dans l’espace public.
Alors avec le masque, on est partis pour plusieurs semaines avant de savoir qui doit le porter, comment le mettre sur le nez, comment s’en débarrasser…et on se demande même s’il ne faudra pas obtenir un agrément préalable attestant qu’on en connait le mode d’emploi. Car ce que craignent le plus les experts de la pandémie, c’est que le masque nous fasse perdre la fameuse « distanciation sociale » et qu’on se mélange à nouveau au-delà de toute raison.
J’ai enfilé mon masque à poussières FFP2 pour aller au Drive hier. C’est une horreur. La respiration envoie de la vapeur d’eau sur les lunettes et je n’y vois plus rien.
Sortir oui, mais que pour les courses à hauts risques épidémiques! c’est ce que souhaitent les tenants du « restez chez vous! »
On voit au fil des jours les acteurs des réseaux sociaux se distancier. Ceux qui s’époumonent à répéter « restez chez vous! » perdent du terrain. Le slogan n’est plus porteur. L’a t-il été? Ceux-là voudraient nous confiner dans une burqa sanitaire et nous attacher au canapé toute la journée. Et surtout ils voudraient que le gouvernement supprime le fameux K5 de l’attestation de déplacement « loisir-détente » qui selon eux pervertit le concept de confinement.
En attendant, notre pouvoir qui peut peu face à la complexité de la situation tente de boucher à la hâte toutes les imperfections du confinement qui jaillissent ça et là. Les PV qui pleuvent ne suffisent pas à contenir la foule qui voit les beaux jours venir.
L’Etat aux abois qui détourne les masques de la région Franche-Comté sur le tarmac de l’aéroport de Mulhouse, voila qui en dit long sur le climat de guerre larvée que se livrent les autorités publiques face à l’épidémie.
Vous avez dit déconfinement?
Ceux qui ont parlé trop vite de déconfinement rétropédalent et donc mécontentent encore un peu plus le corps social de plus en plus suspicieux face à la conduite des affaires. Vu la complexité annoncée du déconfinement, mieux vaut en effet attendre.

Ce que craignent les épidémiologistes, c’est le rebond de l’épidémie qui reprendrait avec les individus sans anticorps une fois le confinement levé. Le risque est grand tant qu’on n’aura pas une image représentative du taux de population déjà infectée par le coronavirus. Alors se dessine la question du fameux test que tout le monde attend. A commencer par les Ehpad.
On apprend en marchant.
Tournikoti de confinement

Ce matin je pars à pinces. Confinement oblige!
Ploum, ploum, ploum dans mes pompes. J’ai regardé…mes pompes pompent! elles sont montées sur des ressorts comme zébulon. Moi qui cours comme un gros lourdaud, ça amortit le choc.
Neuf mille pas dans l’heure! je suis bluffé.

J’inaugure de nouvelles traces dans le quartier et ce petit bois rue des Bouleaux à Vieux-Thann. Puis je me hasarde rue de Reiningue vers les gens du voyage sédentarisés où les chiens sont aux abois, si j’ose dire. Aucune chaine ne cassera.
Puis comme je tangente mon cercle je rentre dans le rond.


Cela dit, je ne pavoise pas, sur mes 130 km parcourus depuis le 7 février, je « tourne » toujours le km en 7 minutes 30. J’attends de perdre encore deux ou trois kilos de surpoids, ce qui n’est pas facile vu la période d’immobilité qu’on nous inflige. Aujourd’hui, j’en ai perdu neuf depuis le 2 janvier (de 83.5 à 74.5kg)
Les potins du lundi de pandémie

Je me suis trompé. Faire du vélo dans le cadre du cas 5 de l’attestation de déplacement dérogatoire n’est pas interdit. Sinon comment expliquer qu’on puisse faire un jogging et ne pas pouvoir prendre son vélo?
Jusqu’alors les cyclistes devaient se conformer à l’usage utilitaire du vélo obtenu après plusieurs réclamations auprès des ministères concernés (intérieur et transports).
Un logo résumant les choses (ci-dessus) était même publié le 28 mars
Mais plusieurs signaux m’ont alerté depuis le 28 mars…
D’abord le blog d’Isabelle et le vélo qui a bossé la question et qui aboutit à cette conclusion (aller sur le blog d’Isabelle)
En résumé, ce qui est interdit c’est le sport cycliste en groupe, parce que on peut sortir une heure par jour (quand on est à la maison) pour de l’activité physique, à condition d’être seul ET dans un rayon de 1 km de son domicile.
Donc le vélo est autorisé poursedéplacer ou faire un peu d’actIvité physique.
Le vélo n’est pas plus interdit que l’auto, la course à pied ou le bus.
Les limites portent sur distance, taille du groupe, motif et durée, pas sur le moyen utilisé.
…ensuite le blog de Girauflée des Murailles qui approfondit le sujet sur le plan juridique…
Le 5e critère, celui de l’activité physique est restreint sur le plan spatial – il est mentionné que le déplacement doit s’effectuer dans un rayon d’un kilomètre – et temporel – il ne doit pas excéder une heure. En revanche, rien ne change pour la dénomination : l’activité physique n’est pas détaillée. La seule condition à respecter consiste en la solitude de l’exercice. Puisque tout ce qui n’est pas interdit est autorisé, on peut donc faire du basket, du foot, de la course à pied, du saut en hauteur, de la danse jazz, du vélo… à condition d’être seul.
…et enfin l’article du journal DNA du dimanche 5 avril qui présente le vélo sport/balade/ autorisé pendant une heure et dans un rayon d’un kilomètre SEUL.
J’ai cru à une blague ou à une erreur et j’ai même écrit au journaliste pour lui dire qu’il s’était trompé…surtout que nombreux sont les cas de cyclistes verbalisés rapportés par les journaux.

Et alors, qu’est-ce que ça change?
Cela signifie que dès lors on peut faire du vélo autour de chez soi pour peu qu’on ne dépasse pas le rayon de un kilomètre. Si on habite la ville, on peut profiter du trafic réduit qui nous laisse beaucoup de place dans les rues.
Si l’on habite une grosse bourgade de 8000 âmes comme moi, on peut construire une circuit mixte avec quelques chemins de champs.
J’en trace un de 9 km pouvant être parcouru deux fois dans l’heure et dans chaque sens…

Reste le plus difficile: arriver à convaincre la police si on vous arrête…
Dubaï-Londres sans confinement

Je me demande parfois qui peut encore voler à bord d’un Airbus 380 en Dubaï et Londres en plein confinement. Ma naïveté est sans limites.

Comment sortir discrètement?
Tout prisonnier est animé d’un sentiment de liberté. S’il ne l’est pas, c’est qu’il a perdu toute dignité.
Imaginons donc une fiction.
Ainsi on ne viendrait pas reprocher à un fuyard d’échapper à la justice des hommes ou à la justice divine dès lors qu’il cherche la liberté.
Dans la période de confinement généralisé que nous vivons, il est donc logique que nous cherchions à en sortir. Sauf ceux qui sont intimement persuadés que cet enfermement est nécessaire à notre bien, à notre salut.
Que ceux-là ne bougent surtout pas de chez eux!
Ils sont dans l’incapacité de comprendre que ce confinement est un artifice monté de toute pièce par le pouvoir en place pour masquer son incompétence et son impréparation depuis le début. En Allemagne et en Suisse, le vélo loisir-balade est autorisé.
La thèse du pouvoir est la suivante: confinons pour que ceux qui ne respectent pas les confinement deviennent les boucs-émissaires de l’épidémie. C’est la thèse du préfet Lallement qu’aucune loi ne vérifie.

« Ceux qui sont aujourd’hui hospitalisés, ceux qu’on trouve dans les réanimations, ce sont ceux qui, au début du confinement, ne l’ont pas respecté »
Comment sortir discrètement du confinement?
La solution voiture+marche à pied
- je prends ma bagnole et je fonce jusqu’au bout de la ville, je la gare discrètement avec les autres voitures du quartier…puis je pars à pied dans les sentiers balisés du Club Vosgien. Qui allez-vous rencontrer? personne! ou d’autres fraudeurs comme vous qui n’auront aucun intérêt à vous dénoncer. Au premier refuge, sortir l’apéro, les cacahouètes, puis les saucisses-merguez et faire la sieste jusqu’au soir.
La solution VTT


je prends le VTT et je fonce à travers champs. Impossible de me rattraper, je connais tous les coins et recoins de mon itinéraire! J’ai le sac à dos et le casse-croûte. Prendre tous les bois et les tranches isolées pour mieux se camoufler.

Pour les pros de la rando inter-frontalière: finalement vous allez arriver à un tunnel. Vous le franchissez, vous êtes en Allemagne. La vie est belle, le vélo autorisé.

Chronique de pandémie

Ce matin, logique floue avec la pandémie.
On semble sortir lentement du trop plein de malades comme s’en étonne presque le responsable des urgences mulhousiennes hier à la TV.
Il faut se garder de toute certitude avec l’épidémie: ce qui était vrai hier est faux aujourd’hui. C’est le cas bien sûr avec le port du masque par le grand public, inutile jusqu’alors et peut-être utile à présent selon l’Académie de Médecine.

On a vu défiler dans les lucarnes depuis des semaines une telle quantité d’experts qu’on ne sait plus trop lequel croire. Des experts es épidémiologie, es réanimation, on n’imaginait pas en avoir tant qui puissent consacrer tout ce temps à défiler sur les plateaux de télé en plus de leur temps à l’hôpital. Comme le professeur Karine Lacombe dont les médias raffolent…ou le professeur Raoult qui présentent tous deux l’immense avantage d’être télégéniques.
Donc nous entrons à partir d’aujourd’hui dans la logique floue. Il ne faut donc plus chercher à comprendre ce que nos doctes experts ne comprennent pas eux-mêmes
Le pic?
On ne sait plus trop s’il va être pointu comme le Mont Blanc ou rond comme le Grand Ballon. Il est même possible de s’attendre à un rebond si par malheur on lâche le confinement trop vite.
Vivre confiné, oui, mais à la longue ça lasse.
On va donc relâcher au coup par coup. D’abord ceux qui trépignent d’impatience derrière la porte, j’en connais!
Ensuite tous les autres qui oseront mettre le nez dehors bardés de certitudes, passeport en poche, masque sur le nez et qui feront quelques pas de convalescence dans le quartier pour voir si rien n’a bougé.
La biopolitique en vue…
Un nouveau concept va voir le jour dans la façon de régler nos modes vie, la biopolitique. L’Etat va prendre les commandes de notre vie privée pour mieux nous surveiller au nom de notre bien-être collectif. Il a déjà commencé dans un certain nombre de pays dictatoriaux comme la Chine avec les drones de surveillances et la géolocalisation en fonction de votre état sanitaire. La France est tentée aussi de proposer les applis smartphone pour nous sortir à titre conditionnel du confinement. Si vous êtes guéris, vous sortez, si vous êtes malades vous êtes confinés. C’est simpliste car la prise de contrôle du citoyen pourrait être sans limites avec les progrès de la cybersurveillance, bien supérieure aux traitements réservés dans l’Antiquité aux lépreux ou plus près de nous aux théories de l’eugénisme qui visaient à éliminer les malades et les déficients.
Le plus dur sera pour ceux qu’on va réveiller de réa à Dresde ou à Karlsruhe dans la langue de Goethe. On imagine qu’ils vont tout de suite aller à la case psychiatrie…
Se déshabituer à la crainte de la contamination ne va pas être simple non plus car le virus est insidieux, il peut être là au coin de la rue sans qu’on le sache ou dans les rayons des supermarchés.
En tous cas le virus nous aura mené la vie dure.
Remettre toute la société de guingois en marche promet des semaines, des mois? d’hésitations et de fausses-routes.
Les Hauts-Rhinois seront aux premières loges, eux qui ont payés le plus lourd tribut (458 morts le 4 avril) et qui vont devoir en plus vivre avec l’image de pestiférés qui ont contaminé toute la France.
Chronique de pandémie

Il n’y a jamais eu de roi si haï que celui-ci. Il est dans la dernière pauvreté et la plus grande alarme. Il ne peut emprunter. Et il a tiré tant d’argent que, s’il en lève encore, il met tout contre lui. (Histoire de France de Jules Michelet au sujet de François 1er)
Le bilan humain est terrible. Il est déjà terrible avant de l’être plus encore.
J’ai regardé sur la carte de France. Certains départements ne connaissent pas l’épidémie. Tant mieux pour ceux qui y habitent. Doivent-ils aussi vivre confinés?

Les experts, de moins en moins sûrs d’eux, citent souvent Séoul en exemple. Cette capitale aurait vaincu l’épidémie grâce à ses moyens énergiques, tests, gels, masques et confinement. Séoul, une aire urbaine de 25 millions d’habitants entassés les uns sur les autres. Voila le modèle qu’on aimerait appliquer à la France.

On n’est pas tirés d’affaire. Un ministre a parlé trop vite de sortie du confinement; de quoi susciter de faux espoirs. D’après ce que je comprends, la sortie du confinement sera pire que le confinement lui-même puisqu’on envisage une sortie différenciée selon le statut sérologique des individus, les lieux d’habitations et la possibilité de vous suivre à la trace par le tracking. Autrement dit, une sorte de bracelet électronique comme pour les prisonniers.
Et nous dans nos datchas fleuries, exilés de la ville, qui nous plaignons! Un ami d’un ami est mort hier après dix jours de réanimation. Ma mère qui vit seule se plaint de ne plus voir personne et, cruel destin, son petit chat d’un an a été retrouvé écrasé au bord de la route.
La famille s’est retrouvée hier en chat sur Messenger. Chacun y va de ses petits potins avec sa bobine bien rangée sur l’écran en mosaïque de l’Iphone. Ces réunions familiales sont appelées à se développer puisqu’il faut comprendre que nous serons pour longtemps encore privés de tout rassemblement.
J’avoue faire preuve de lassitude face à cet enfermement qui ne dit pas son nom, face à cet univers carcéral qui nous prive de nos libertés fondamentales.
Il faut admettre que le bilan épidémique ne cesse de croître tout en ralentissant. C’est en soi rassurant pour ceux qui chaque matin en se levant se tâte pour savoir s’ils présentent des symptômes inhabituels.
Mais le bilan social, la dette, les projets rejetés, les usines arrêtées, les entreprises abandonnées s’accumulent de façon vertigineuse.Mon petit vélociste du quartier est fermé depuis des semaines maintenant. Il ne vend pas de vélos, il n’en répare plus. Les associations sportives ont annulées toutes leurs manifestations et il faut, jour après jour, annuler aussi les engagements de l’été qu’on espérait tenir.
Le sport défendu

A part faire le patapouf sur le tapis du salon, que nous reste-t-il d’autre?
L’État a choisi d’interdire le sport de se pratiquer, y compris les pratiques individuelles qui auraient pu sauver la mise. On pourra longtemps lui reprocher d’avoir agi sans discernement. Mais c’est l’Etat régalien dans toute sa splendeur qui balaie tous les compromis comme un rouleau compresseur. L’Etat aura tout cassé et on mettra des années à rebâtir.
Je ne vais plus sur le groupe de discussion du Club des Cents Cols qui interdit toute polémique et qui est tenu par une poignée d’irréductibles du « restez chez vous ». A quoi bon discuter avec des gens qui ont perdu toute capacité de raisonnement!
Les clubs locaux sont des astres morts. Les membres ont quitté le navire depuis longtemps. A quoi sert un club s’il n’a plus de raison d’être? On peut affirmer sans trop se tromper que la saison 2020 des organisations sportives et culturelles est morte.
Ce n’est qu’un constat mineur qui cependant va s’ajouter aux dérèglements du corps social. Attendons à voir poindre les maladies mentales et les suicides dans quelques semaines à la suite du confinement.
La contention sur le fauteuil de nos vieux en Ehpad est déjà une conséquence de l’assignation à garder la chambre, une camisole qui ne dit pas son nom pour ceux qui persistent à vouloir déambuler dans les couloirs.
Un jour en me levant, j’ai vu un drap blanc au pied de l’Ehpad, le pensionnaire s’était jeté par la fenêtre. On aura depuis verrouillé les ouvertures.
Les grand immeubles collectifs des cités urbaines vont devenir des mouroirs du confinement si l’on persiste à enfermer les gens sans perspectives de lendemain.
Il tarde que nous sortions de l’impasse.
A voir chez Vélosophe
Chronique de pandémie

On fait tout pour nous mettre des bâtons dans les roues.
Pas seulement dans les roues de nos vélos qui sont confinés depuis des semaines dans leur garage.
Hier je suis allé au Drive. La peur de prendre un PV puisqu’un commandant de gendarmerie a décidé un jour de mars d’interdire aux Thannois d’aller faire leurs courses à Cernay ou à Bunrhaupt. Trop loin selon lui. Or à Cernay on peut profiter du Drive qui n’existe pas à Thann. Le Drive vous évite d’avoir « à faire les rayons », à tripoter les marchandises.
J’ai bien tenté les paniers de légumes livrés à la maison mais aucun maraîcher sur Thann. On a fait la vie dure aux marchés et tous ces métiers de vente directe du producteur au consommateur sont maintenant arrêtés avec les produits qui dépérissent dans leurs jardins.
Au Drive, huit voitures devant les bornes interactives. On scanne et on attend au volant le coffre grand ouvert…la plupart des conductrices portent un masque. Les jeunes filles qui arrivent avec nos marchandises n’en portent pas. Une fois le coffre chargé par l’opératrice, on peut venir fermer sa malle et partir.
Cette mécanique a atteint le paroxysme de la déshumanisation. Nous sommes robotisés.

Réa
La réa, c’est comme ça qu’on dit dans le milieu, c’est là où l’on va finir par aller si plus rien ne marche dans votre corps chargé de virus.
Pas drôle du tout comme on l’imagine. On doit vous arracher vos vêtements à la hâte et nu comme un ver vous êtes sur le champ opératoire anesthésié pour ne pas voir et ne pas ressentir la suite.
A partir de là, vous êtes devenu une grosse saucisse qu’on retourne comme sur un barbecue après vous avoir enfoncé de force dans les poumons un gros tuyau d’air comprimé à l’aide d’une cuillère dont les modèles les plus sophistiqués possèdent sur le manche une caméra vidéo. Sans parler du reste, les cathéters, le tensiomètre, la pince de VO2 et j’imagine la sonde urinaire dans l’urètre. Toutes les deux ou trois heures on vient vous retourner avec ce bazar comme une crêpe. Vous êtes devenu une chose à coté d’autres choses. En Grand Est ils sont mille comme ça actuellement à endurer cette torture pendant des jours et des jours. Certes on en réchappe. Pas tous, car on se garde de nous dire quel est le taux de réussite d’un tel traitement sur des patients à la comorbidité sévère. Ni sans savoir les séquelles à court ou long terme…
On ne saura pas quel est le statut de toutes ces personnes qu’un ballet d’ambulances débarque aux urgences, quelle est leur histoire? comment ont-elles été infectées? avaient-elles des prédispositions à la maladie? ont-elles pris des risques imposés ou inutiles? Oui on sait que des personnages publics son atteints de par leurs fonctions qui les exposent davantage. Mais tous les autres?…
On sait juste que les hommes sont majoritaires et peut-être moins attentifs aux risques de la contamination que les femmes.
Hier à la télé un couple de Ranspch, village de ma vallée, témoigne. Ils sont sortis vainqueurs tous les deux. Ils racontent pour dire qu’ils ont été parfaitement soignés et heureux de revivre. Mais à aucun moment on ne saura comment ils ont pu être infectés; le savent-ils eux-mêmes? ou n’osent-ils pas avancer publiquement une explication à la TV?
Serrer le garrot
Le gouvernement fait tout pour serrer un peu plus le garrot de nos libertés individuelles. C’est son seul curseur pour ralentir la contamination et son avancée vers la conquête de l’ouest. Alors il serre, il serre toujours un peu plus. Durcissant les peines jusqu’à la prison pour les récidivistes contraventionnels. A l’approche des vacances de Pâques, toutes les polices vont traquer les candidats aux bords de mer. Les loueurs sont invités à ne pas louer. Les entrées d’autoroute sont sous contrôle. On va traquer les Français mieux que les clandestins qui franchissent les frontières.
Comme la génération du net s’en plaignait, le Ministère de l’Intérieur va sortir son appli informatisée pour les attestations de déplacement dérogatoire…

Le gendarme lira votre QR-code à travers la vitre de votre voiture et votre attestation sera accessible sur son téléphone. Voila une occasion de plus d’être fliqué intelligemment.
« Il faudra préciser votre heure de sortie, mais l’heure à laquelle vous avez édité le document sera accessible aux policiers. Cela évitera que des personnes remplissent l’attestation uniquement à la vue d’un contrôle de police, a-t-il détaillé dans les colonnes du Parisien. Et grâce au QR code, les policiers et les gendarmes n’auront pas besoin de prendre le téléphone en main, il leur suffira de scanner l’écran. » (Franceinfo)
Des voisins discrets
Mes voisins sont discrets. D’habitude, j’ai coutume de considérer qu’à partir de huit heures le matin, je suis le gardien des lieux. Tout mon quartier se vide étant seul parmi quelques rares retraités plus éloignés dans la rue.
Mais aujourd’hui que tout le monde est là, confiné, rien n’a changé. Mes voisins son terrés dans leur maison. Ils sortent un peu dans le jardin puis rentrent à nouveau chez eux. On ne les entend pas. Les consignes de distanciation sociale sont observées à la lettre. Mais hier, surprise! ma voisine fait son jogging autour de la maison…elle m’a avoué avoir parcouru un kilomètre. Tous les dix pas, il faut tourner à quatre-vingt dix degrés. Les joggeurs savent que tourner en courant est fatigant, c’est comme la torsion du corps pour regarder derrière soi avant de traverser la rue, ça fait mal.
Oui, j’ai des voisins discrets. Peut-être est-ce une caractéristique alsacienne ou celle des gens de l’Est? Personne ici, quel que soit son statut social, ne fait en sorte d’aller vers l’autre. C’est une sorte de retenue qui peut déranger et qui me met mal à l’aise. En m’installant, j’avais tenté d’apporter de l’aide en prêtant un outil de jardinage, mais on me l’a poliment refusé. Peut-être par crainte d’être redevable?… Alors j’ai choisi de faire comme tout le monde. Rester discret.
Je confine, tu confines, il ou elle confine
L’histoire se chargera d’écrire tous les scénarios de cette pandémie. Le chroniqueur modeste que je suis retient deux choses face à l’urgence de la situation.
D’abord que la médecine ne sait rien et ne peut rien face au virus: elle est démunie et n’a rien d’autre à proposer que d’insuffler de l’air dans des poumons bouffés par le virus.
Ensuite que les organisations étatiques qui gouvernent les humains n’ont qu’un mot à la bouche « restez chez vous! ». Normal, elles ont tout oublié de leur devoir de protection des citoyens, les masques, les lits d’hôpitaux, les gels, les blouses, les gants,…
Je ne sais pas si c’est mieux chez nos voisins Suisses, eux qui disposent d’abris anti-atomiques en masse dans leurs jardins depuis la guerre froide.
Avec ça démerdez-vous!

Oui, il y a quelques idiots comme Trump qui attendent le retour des cloches de Pâques pour la rédemption. Mais chez nous, dans notre démocratie qui se veut protectrice, on découvre jour après jour, qu’on n’a rien prévu du tout et qu’on a abandonné des pans entiers de notre protection élémentaire au marché chinois. Ce n’est pas grave, Macron va faire un virage de 180° sur l’aile, ouvrir des lits, former des infirmières, hausser de deux crans le niveau de salaire des professionnels de santé et sera réélu haut la main en 2022.
En attendant nous sommes condamnés à subir le confinement encore quelques semaines et la remise en route de l’économie, des écoles va se faire dans un bazar indescriptible.
Comptez vos sous! l’Etat glouton va en avoir besoin après tant de ratages.
Au 2 avril, le Haut-Rhin compte 418 décès à l’hôpital. Hors Ehpad.

Réconciliation

Quand je sors pour le jogging, je sais que je vais être bien ensuite. C’est une sorte de réconciliation avec moi-même. Une façon de faire attendre, de relativiser l’attente.
L’attente de jours meilleurs où nous sortirons de cette impasse démocratique dans laquelle on nous confine.
One hundred and fifty six, l’iphone ce matin n’arrêtait pas de me rappeler à l’ordre à force de franchir la ligne jaune cardio.
Je m’en fous. J’ai passé ce matin les 114 km à pied en 20 sorties depuis que le vélo nous est interdit. J’ai des difficultés pour descendre au-dessous de 7minutes 30 le kilomètre. Le poids? ou l’âge? ou les deux? Cette relative lenteur m’interroge.

