Jour : 12 août 2018

Cent soixante neuf

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Houppach

C’est quand je donne un rapide coup d’œil au cardio que je prends conscience de mon inconscience.

Stop!

Deux cyclos devant moi qui grimpaient le Schirm.

C’est dans mes gènes, je m’accroche derrière.

Au dernier kilomètre, j’ai levé le pied.

Trop fort pour moi.

Bon, je me tâte de partout, je suis toujours en vie.

C’est la peur rétrospective.

Je rétrograde. Je me suis toujours demandé comment ça fait, l’accident cardiaque.

On doit tomber part terre brutalement dans un sourd cliquetis de ferraille.

J’y pense et puis j’oublie.

Le col est là et je me laisse descendre à Bourbach.

Des cohortes de cyclos font la pause au carrefour.

Je grimpe le Hundsruck en douceur.

J’emprunte le beau tapis neuf jusqu’à Bitschwiller.

Pas de marquage.

Pour un peu, on se laisserait entraîner par dessus  la rambarde dans les virages serrés faute de ligne blanche annonciatrice de la courbure.

Je stoppe tout net avant d’atteindre la vallée.

La dame prend son compagnon en photo sur fond de coteau, chacun de part et d’autre de la chaussée.

Ils sont confus de cet excès de zèle.

Mais c’est tellement beau de voir des cyclos amoureux de la montagne.

Aujourd’hui, ils étaient nombreux à découvrir le beau bitume neuf.

169 pulsations, c’est évidemment trop pour moi.

Je déraisonne.

C’est pour ça que je porte ma ceinture, pour faire stop avant.

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