Jour : 7 septembre 2020

Faut-il faire confiance aux Voies Vertes?

Je voyage léger et vite. Trop vite peut-être pour faire un bon client de la Voie Verte

Posée comme ça, la question va hérisser le poil de tous les militants de la cause vélo. Ceux du voyage à vélo, ceux qui recherchent des voyages à l’abri du tohu-bohu de la circulation routière et des grands axes.

Mais encore une fois, je suis obligé de constater que les véloroutes sont loin de satisfaire leur public. Faut-il continuer à exiger une exclusivité de la part des pouvoirs publics qui, reconnaissons-le, ne cessent de nous bercer d’illusions, de nous livrer des choses imparfaites, inachevées, peu considérées? et dont les objectifs sont peu clairs.

En un mot, veut-on créer des véloroutes sur le mode des autoroutes qui vous garantissent un transit sécurisé, rapide, confortable ou bien des voies qui vous assurent de rester amarrés au territoire dans d’invraisemblables circonvolutions dont on ne sait comment sortir?

Ceux qui connaissent la réponse seront les bienvenus ici.

Isabelle et le vélo en parle cette semaine sur son blog. Il s’agit cette fois de la FlowVélo qui parcourt la Charente-Maritime, la Charente et la Dordogne. Encore une véloroute qui baigne dans son jus depuis plusieurs années!

Les « professionnels du voyage à vélo au long cours », ce que je ne suis pas, ne cessent de rapporter des désagréments, d’évoquer des revêtements sommaires, et de s’interroger face à des signalisations confuses,…

Des beaux panneaux qui font rêver d’excursions lointaines. L’Eurovéloroute 5 à Pulversheim (Haut-Rhin)

Chercher à s’organiser des raccourcis quasiment à l’aveugle, alors que l’itinéraire fait un tas de détours (Saint-Savignien à Cabariot), le dernier de 5 km dont une côte correspondant à 300 mètres de canal en cul de sac sans passerelle (Romegoux), rouler sur du goudron fendillé, puis envahi d’herbes, monter une côte pour rien à Châtelaillon, et finir épuisée à La Rochelle, tout cela a fait partie du programme.

(lire l’article d’Isabelle et le vélo)

Alors que faire si on constate qu’après tant d’efforts militants, les choses n’avancent pas?

EVR6 barrée pendant des années à Valdieu-Lutran sans autre forme de procès

Je vais vous faire une confidence: je n’ai jamais eu aucune confiance dans les itinéraires vélo qu’on voudrait m’imposer. Je ne prends que ceux qui a priori semblent correspondre à mon projet et j’abandonne tout le reste.

Aller de A à B sans prendre le chemin des écoliers n’est pas toujours agréable, je le confesse

Les cartes? les guides? non je ne veux pas m’en embarrasser. Je navigue du point A au point B avec un GPS qui me donnent des indications fiables et précises et sur lequel j’ai repéré d’un waypoint ce que j’ai envie de voir et de visiter.

Londres-Rome. L’EVR5 dans sa déclinaison alsacienne vous garantira de faire du sur-place avec votre vélo.Longer le vignoble jusqu’à Cernay, puis retourner à Ensisheim avant de rejoindre Mulhouse, de quoi vous donner le vertige! J’ai déjà accompagné des cyclistes venant du nord complètement perdus alors qu’ils s’appliquaient à suivre cet itinéraire bucolique mais très peu évident. On voit bien que les Offices de Tourisme font tout pour nous retenir comme dans le Triangle des Bermudes.

Ce qui parfois aussi me place contre mon gré dans des situations peu confortables aux entrées de ville à grande circulation. Alors je prends des « chemins flous » de traverse lorsqu’un grillage scélérat ne me barre pas la route.

Cernay revisité

Ma peinture repeinte de ce matin. Cernay comme c’était peut-être au Moyen-Age avec de grands arbres tout autour. Pourquoi pas? Pour ce rendu velouté, il faut peindre avec le papier encore imbibé d’eau juste un peu séché au sèche-cheveux. (30×30 sur papier 300gr)

En 2010, j’avais commis une erreur en tentant de peindre cette porte de Cernay. Je ne vous la présente pas ici tellement c’était raté. Je crois qu’à la fin j’avais même assassiné ma peinture.

voir l’assassinat si vous n’avez pas peur de voir un cadavre de peinture…

Alors ce matin, j’ai tout lavé au lavabo.

Puis j’ai repeint dessus.

Les potins du lundi

La route des vins d’Alsace à VAE, un nouveau créneau touristique en plein essor

Take a new breath (prenez un nouveau souffle) titre le catalogue O2feel bikes

extrait d’un catalogue O2feel bikes périmé (2019) qui traine sur le comptoir de mon vélociste. Il s’agit de VAE

Moi aussi je me suis dit « tiens, je vais optimiser mon autonomie… » avant de grimper cette côte tenace qui me fait souffrir.Alors j’ai appuyé sur le bouton 5-6. Mon exosquelette 3.0 a tout de suite pigé qu’il fallait souquer ferme. Autrement dit actionner le micro-turbo contenu dans mes rotules, invisible à l’extérieur de ma personne.

C’est une fable bien entendu. Gérer son autonomie à vélo repose sur nombre de paramètres qui relèvent de l’entraînement, de l’expérience, de sa connaissance de soi, de son flair pour apprécier sa capacité à affronter les difficultés d’un itinéraire pentu ou venteux, des impondérables, des incidents, « des coups de mou » du jargon cycliste.

Finalement j’ai quitté le magasin avec mon câble de dérailleur à trois euros. Nos vélocistes ont perdu leur âme, le renouveau de leurs commerces avec le vélo électrique a plombé l’ambiance cyclo bon-enfant, mais la nouvelle clientèle a boosté les ventes.

Alors je ne fais plus que passer sans m’attarder pour ne pas entraver les négociations en cours. Je suis devenu le cyclo has-been adepte de produits en extinction. Plus de temps à perdre!

Il ne faut pas négliger le phénomène VAE et ses répercussions sur le vélo. Ne pas avoir un moteur à bord de son vélo va vite devenir l’exception. Les répercussions? elles seront sociales, économiques et sportives, oserais-je morales?

On sait déjà que la plupart des régions touristiques font assaut d’amabilité pour accueillir cette nouvelle clientèle qui va pouvoir explorer en profondeur toutes les richesses de son terroir. La route des vins d’Alsace par exemple avec ses bosses redoutables à Vœgtlinshoffen, à Schauenberg, au couvent Saint-Marc,…

voir le site Alsace à vélo

Moi je fais le dos rond. Je reste sourd aux sirènes mercantiles. Me mettre au vélo électrique à bientôt 70 ans? non, je n’y suis pas prêt. Quand je sentirai mes forces me lâcher, je me contenterai vraisemblablement de la marche comme beaucoup d’autres sans nier l’intérêt que beaucoup portent au VAE pour s’offrir une seconde jeunesse. J’ai par ailleurs un autre argument que celui des forces en diminution, c’est celui de la dangerosité de la route. On va me dire qu’apprécier le danger sur la route repose beaucoup sur le ressenti. Oui mon ressenti est négatif. D’ailleurs les statistiques l’attestent: les morts à vélo augmentent. Pourtant je frôle les bordures des départementales avec attention et malgré tout je m’attends toujours à être percuté par un pressé qui va me serrer de près, de trop près. C’est à n’en pas douter un ressenti lié à l’âge. Qu’importe!

Le VAE est-il un simple vélo?

On se le demande parfois. Faut-il ranger le vélo à assistance au rang des simples vélos ou alors des cyclomoteurs? Lorsque le Vélosolex est né, on s’est posé la question puisque le Solex peu puissant dans les côtes pouvait être soulagé par un pédalage synchronisé. Finalement le Solex a rejoint la réglementation des cyclomoteurs.

Même les clubs cyclos s’y laissent prendre. La polémique enfle au Club des Cent Cols qui s’interroge: faut-il accepter des grimpeurs de cols avec vélos électriques en son sein? Le débat n’est pas clos et l’on sent que le Club est prêt à transiger sur sa règle fondatrice qui est qu’un col doit être franchi soit sur son vélo soit en le poussant avec en tous cas sa seule force musculaire.

Le vélo électrique est assimilé à un vélo parce qu’il ne dépasse pas par construction 25 km/h et parce que sa puissance est limitée à 250 watts. Il peut donc utiliser les pistes cyclables.

Conséquences: pas d’assurance et pas de casque obligatoire. Prudence! nos amis suisses commercialisent des vélos capables de rouler à 45 km/h qu’on peut confondre facilement et qui posent nombre de questions sur la gestion des risques. Des automobilistes trompés par la vitesse de ces engins, des cyclistes qui perdent le contrôle de leurs machines,…

Sur le plan assurantiel, le site Benezra Avocats fait observer que de nombreux VAE (vélo à assistance électrique) ont été commercialisés et vendus par millier, et ce dernier produit est en réalité considéré à part entière comme un véhicule terrestre à moteur, donc en aucun cas comme un vélo simple (source)

Mon confrère Becancaneries lance son opération 2020 KGB. Les électrocyclettes y sont admises. Alors soit!