
Openrunner se met au Covid



Une aquarelle de Saint-Malo transformée en acrylique.
A ranger dans les « bof ». Disons que ça passe le temps.


Comment optimiser votre journée sportive pendant le confinement?
Gardons-nous de tenter de déroger à la règle. Il s’agit de rester dans les limites du toléré. D’ailleurs quoi qu’on en pense, je suis toujours resté légaliste. Ancien garde assermenté, j’aurais du mal à expliquer pourquoi je ne respecte pas la règle…même si nous sommes souvent tentés de contester cet arbitraire qui veut qu’un type dans les vignes sur son vélo serait plus contaminant à trois kilomètres qu’à un kilomètre de chez lui.
Je vous encourage à signer la pétition pour ouvrir notre champ à cinq kilomètres ici
Donc reprenons: ce matin VTT plus jogging. Tout à fait légal.

Je rédige successivement
J’affiche mon cercle de rayon 1km sur le GPS du VTT et run!
C’est très marrant parce qu’on se prend au jeu d’essayer toutes sortes de chemins tangents à la limite. Il m’arrive de faire demi-tour (pour la forme) car déborder un peu ne serait pas grave.

En même temps je surveille le chronomètre car je « consomme » mon temps imparti plus vite qu’à mon goût.
Je commence par monter derrière chez moi. J’ai de la chance, je suis tout de suite dans les vignes de Leimbach et je circonvole autour de la chapelle Notre-Dame Auf der Heiden
Je redescends en ville mais c’est moins bien car les virages de rue sont délicats avec le sol mouillé.
Et pour finir je vais tester le bois des Bouleaux à Vieux-Thann. Planté dans les orties et les ronces
Au bout de 14 km, retour à la maison.
Changement de pompes, sac à dos, rédaction attestation cas 2 achat de première nécessité, je repars
Arrivé en ville, achat de ron-ron.

Au total deux heures de sport individuel

Lorsque je me lève, je me demande comment je vais employer ma journée. J’ai un éventail de choix.
Comorbide par l’âge, je sais que je suis dans l’œil du cyclone capable de vous envoyer ad padres en rien de temps…et je sais que par un habile manège dérogatoire, les retraités sont condamnés à rester chez eux, les actifs comme les inactifs. La tranche est large, elle va de 60 ans jusqu’à 90 ans. On a donc des paquets de comorbides terrés chez eux qui au bout du rouleau vont tous déprimer.
Les jeunes penseront « les vieux, y’en a marre! ». C’est normal puisqu’ils sont empêchés de faire comme ils veulent à cause de nous.
Alors la course à l’Aldi, non, je barre. Je vais reprendre le drive Leclerc. Surtout que dans les supermarchés on croise parfois des gens peu au fait des conventions et qui se contre-foutent des mesures-barrières.
Et puis, je m’invente le reste de la journée sans trop me presser car je sais qu’il va falloir apprendre à vivre à petite vitesse pendant de longs jours dans une oisiveté relative.
Les commandes de Noël? Naturellement sur le net. Comment faire autrement? J’entends les cris d’orfraie du commerce local dont beaucoup vivront leurs dernières heures. Finalement cette crise sanitaire illustre l’incompatibilité de nos modes de vie face à un virus, une légèreté des relations, des préventions, un gros déficit d’éducation à l’hygiène qui ne doit plus être enseignée depuis longtemps…
Mon voisin a volets fermés. C’est inhabituel.
Cette étrange suspicion qui s’empare de moi en est presque devenue aussi suspecte. Nous dit-on tout? ou ne sait-on rien? savoir qu’on ne sait pas est angoissant. Tout simplement si ce soir ou demain on va découvrir les symptômes sur soi.
Alors au fil du jour, je vaque à mes occupations domestiques. Les « fins » de jardinage, les bricolages de vélo, les joggings de quartier, la peinture, la « lecture Amazon » puisque tous les libraires ont fermés…et peut-être un challenge à vélo dans mon rond.