La société ersatz


le vieux n’a plus la cote, il coute cher à entretenir.

Ils me font pitié les vieux. Surtout avec l’espérance de vie qui s’allonge. Fatalement ils vont se faire chier plus longtemps. (Blanche Gardin, humoriste)

Hier encore, je n’ai pas pu m’empêcher de constater combien notre société s’est affadie face à l’effort. C’est un peu comme si nous cherchions des ersatz à nos courages en berne. Je suis déstabilisé par ces nouveaux modes de déplacement.

A quand l’exosquelette?

Je grimpe un petit raidillon avec mon VTT non loin de chez moi quand un couple motorisé me dépasse. Quoi de plus naturel? la fée électricité est passée parmi nous et parmi ceux qui n’ont jamais imaginé faire du vélo autrement. Pour autant ne pas chercher à falsifier une vérité, l’âge avance et rien ne l’arrête. Pas même ces vélos transgressifs qu’on équipe discrètement de batteries pour faire comme si. Des gens qui trimballent des masses corporelles dans lesquelles le corps médical ferait des mises en garde. L’alibi de beaucoup parmi nous est de dire je prolonge mon activité grâce à un artifice faute de quoi l’âge ne me permettrait plus de poursuivre. J’imagine qu’un jour aussi les marcheurs disposeront d’exosquelettes, pourquoi pas!

L’exosquelette, c’est l’homme augmenté. On lui prête des forces, un équilibre perdu et run!

Et alors?

Alors il est conseillé de la fermer. Car les canons du sport, la sveltesse, l’hygiène sportive, le soin corporel ne sont plus que des valeurs lointaines.

Oui je campe à présent sur des valeurs éculées. Et pourtant! Pourtant je n’ai jamais appartenu à ce monde sportif de la compétition. Mes capacités sont limitées et je les entretiens du mieux que je peux. Mais je félicite les exploits de ceux qui font du sport « dans l’ombre » rien que pour eux-mêmes.

Des Voies Vertes pour squatters

L’autre jour alors que je peignais le long de la Voie Verte, surprise!, un trottinetteur s’arrête. Son engin est celui inscrit au rang des modèles prohibés, il en convient. La Voie Verte pour lui c’est une autoroute extra. Il en convient mais il avoue se faire peur parfois aux abords des usagers habituels que sont les marcheurs et les cyclistes.

Bref lorsque je lui indique qu’outre mes peintures, je suis aussi cycliste, spontanément il devine qu’on n’aime pas sa présence sur les Voies Vertes. J’aime sa sincérité. Il faudra donc compter, en plus des VAE, avec les trottinettes « turbocompressées ».

Dès lors nos concepts de déplacement en modes doux sont peu à peu battus en brèche puisque les espaces dédiés sont de plus en plus souvent « squattés » par ces nouveaux usagers qui n’ont absolument rien à voir avec notre idéal primitif: se déplacer sans pollution et améliorant la santé publique.

On pourra le regretter.

Accidentologie cycliste

Je parcours les réseaux sociaux. La période regorge de récits dramatiques de cyclistes renversés et tués par des voitures qui ne s’arrêtent même plus. Fuir pour éviter d’avoir à rendre des comptes, c’est devenu courant comme le refus d’optempérer.

Je l’avoue une fois encore, j’ai la trouille de la route. J’y vois la conjonction de deux phénomènes:

  • une moins grande assurance au pilotage du vélo sur route
  • une croissance de comportements routiers dangereux

Les réseaux sociaux nous rapportent une conflictualité soigneusement entretenue entre les automobilistes et les autres… La haine est féroce à un tel point qu’on a compris que le cycliste dérange et qu’il est temps de l’exclure. S’y ajoute l’état déplorable de certains axes routiers.

Alors je me réfugie sur le VTT et la cours e à pied.

Patatras

Moi qui croyais si bien dire, voila que ce matin je m’étale de tout mon long sur le trottoir.

En cause un client de la boulangerie qui débouche inopinément. Je me relève prestement comme un gamin alors que le monsieur vient me secourir.

Je fais celui qui n’a rien et qui dit « même pas mal ».

Mais la paume gauche a morflé. Et le genou aussi.

Sparadraps pour étancher le préjudice.

Laisser un commentaire