Jour : 13 novembre 2018

Collectivité villageoise

img_8372Un rhume inopiné m’a privé de mon vélo du mardi.

Alors j’ai peint.

Encore ce village de Barville que je revisite à ma manière.

Avec une vieille carte postale noir et blanc, j’imagine les couleurs de l’époque…comme j’aurais aimé qu’elles soient…

Le chaud soleil de l’été pèse sur les toitures.

Le photographe a invité les habitants à prendre la pause.

Une brouette, du bois à fendre, une calèche…mais pas de voiture.

Chaque maison est ornée d’un poirier noueux.

Le tas de fumier devant l’étable fait honneur au paysan.

Plus tard, le modernisme a fait son apparition…

On attendait le boulanger pour lui acheter la miche de pain et, gamin, on espérait qu’il faudrait une tranche croustillante en plus pour faire le poids exact sur la balance.

Le poissonnier avec sa Juvaquatre criait « frais » alors que ses merlans avaient l’œil vitreux.

Puis, enfin le facteur sur son vélo arrivait tout essoufflé en haut de la côte…

« Vous avez une carte de votre frère…il dit qu’il fait pas beau chez lui… »

Aujourd’hui le village est désert, les habitants reviennent de la ville une fois le soir venu, en voiture.

 

17 novembre, la guerre des territoires

Le 17 novembre, les automobilistes veulent se faire voir en jaune. Seront-ils entendus?

Je ne me pose pas la question de savoir si je porterai un gilet jaune samedi 17 novembre, jour de manifestations diverses contre la hausse des coûts des carburants.

Ce n’est pas après tant et tant d’années militantes pour la défense de causes respectueuses de l’environnement que je vais me mettre à emboîter le pas des manifestants qui veulent que rien ne change, de l’essence pas chère, toujours plus de bagnoles et plus aucun radar sur nos routes meurtrières.

Je l’ai déjà dit, et je l’ai même mis modestement en pratique, nos modes de déplacement, nos modes de vie pèsent sur l’avenir de la planète.

Beaucoup feignent à présent de découvrir cette nouvelle donne, l’énergie est rare et chère.

Elle le sera de plus en plus.

Pas seulement pour se déplacer mais aussi pour se chauffer.

Ce constat posé, il reste la grande responsabilité des hommes politiques.

Eux qui n’ont pas vu venir cette exaspération, eux qui encouragent un modèle de consommation mondialisé, des voyages planétaires de toutes sortes et un étalement à marche forcée de l’urbanisation qui éloigne toujours plus les lieux d’habitat des lieux de travail.

Cette révolution jaune qui s’annonce est celle non seulement des territoires, par opposition aux villes, mais aussi celle d’une population en fracture avec le monde qui gouverne et qui se veut à l’écart des dogmes politiques.

[Un mouvement qui] s’inscrit sur fond d’effondrement des idéologies politiques, et de radicalisation des débats sur les réseaux sociaux. (Francis Brochet, journaliste)

Cette défiance du monde politique par le Français de base est problèmatique car elle s’affranchit de toutes les hiérarchies, obéit aux slogans douteux et haineux véhiculés par le net, nous expose aux pires manœuvres fascisantes.

On ne sait pas vraiment si ce mouvement protestataire va faire « pschitt » ou s’il va trouver de nouveaux souffles dans sa contestation.

Ce 17 novembre, prenez donc votre vélo!