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Grisaille

Notre Dame du Chêne. dans la grisaille, ces bougies annonçaient un peu la féérie de Noël. Le monsieur a glissé une pièce dans la fente, puis il a allumé deux bougies qu’il a placées à gauche. Ça équilibre lui ai-je dit, puis, acquiesçant, il a fait un signe de croix et s’est recueilli.J’ai regretté cette observation trop rationnelle dans cet univers de foi.

Je suis parti dans la grisaille. Un truc qui vous remplit d’humidité sans vous mouiller vraiment. Parfois ça gicle sur les surchaussures. Méfiance avec les feuilles mortes, toujours les aborder en ligne droite. C’est le long des collines que le brouillard a eu du mal à se dissiper.

J’ai toujours imaginé que cet édifice religieux préfigurait nos fusées à étages de Kourou en Guyane. (Burnhaupt le nieder)

Finalement, parti avec un corsaire un peu fin pour la saison, au bout de 50km tout rond, j’étais content de rentrer.

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L’eau mouille

A Wattwiller, le grand pré va disparaître au grand dam des riverains. La rapacité foncière fait son œuvre.

La petite goutte se déplace de gauche à droite au bout de la visière de mon casque. Puis elle tombe. J’ai compté jusqu’à vingt allers-retours. Je m’occupe comme je peux le long des départementales.

Pour être prévenant, j’ai mis « le jaune fluo » de chantier et en plus j’ai le feu rouge qui lance des flashs comme des SOS.

Les loups de mer ne craignent pas l’eau

Rouler sous la pluie n’est jamais très drôle.

Mais c’est une forme d’endurcissement du cycliste. Parfois l’on s’interroge…suis-je mouillé sous mes vêtements? ou est-ce la transpiration? C’est parfois les deux. L’important c’est d’entretenir la vapeur comme sur une locomotive.

Les pieds? ne pas trop remuer les doigts de pied, laisser l’épaisse chaussette faire son travail, elle gonfle et comble les interstices. Chez moi l’eau rentre par les cales malgré les sur-chaussures. Les doigts? le gant de cuir prend de la rondeur, il s’étoffe. Je pourrais boxer le premier récalcitrant avec un punch assourdissant.

Il ne reste plus qu’à attendre les dépassements.

L’oreille entend. Un livreur? oui, c’est les pires, ils vous frôlent avec les fourgons Mercedes car il n’est nullement question d’attendre. Ces mecs là n’ont aucune humanité. C’est la génération multitâches. Le gros poids lourd hésite derrière. Il n’arrivera pas à doubler. Alors je ralentis et un gros bulldozer sur un plateau me dépasse. La route n’est pas large et le chauffeur n’en mène pas large non plus. Dans le rétro il ne doit voir qu’un brouillard obscurcissant. Écrabouiller un cycliste sous une remorque à mille pattes, ça ferait une belle descente de lit mortuaire. Les plus innocentes sont les femmes au volant: dès lors que vous ressemblez à un cône de chantier, elles vous frôlent. Sans aucune volupté.

Ceux que je déteste le plus, ce sont les camions des gravières; ils vous repeignent en jaune kaki instantanément.

La vie du cycliste sous la pluie est une misère.

Nadine Nette et Chantal Mura exposent à Reiningue (à coté de Renault). J’aime bien ce qu’elles font
Notre Dame du Chêne brille de tous ses feux
Quatre bonnes roues d’Opel à celui qui en voudra. Pont d’Aspach
Les Huskys sont impatients d’en découdre, la patinette attend (derrière le pilote)

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