Recycler l’air rapporte gros

Eolienne de Schönwald en Forêt Noire (vélomaxou)

Recycler l’air, des petits malins savent faire. J’ai vu cette semaine des champs éoliens à perte de vue qui se dressaient dans la plaine céréalière de la Marne entre Chalons et Sézanne. Plus près de nous, il existe ceux du Barrois entre Void et Ligny-en-Barrois.

On est loin des vertueuses solutions de nos écolos verts lorsqu’on apprend que tous ces énormes mâts qui surgissent dans nos campagnes ne sont que le fait de financiers étrangers venus pomper la manne des subventions accordées par l’Etat à ces aimables investisseurs.

En fait si les éoliennes se répandent ça et là, c’est tout simplement parce que le gâteau vient d’EDF qui ponctionnent ses abonnés sur les factures d’énergie…pour le redonner ensuite aux fonds de pension qui émargent dans les sociétés de l’éolien.

A propos du gâteau d’EDF, il est temps d’en profiter car cette boite née en 46 est en quasi-faillite comme beaucoup d’autres fleurons français. Bruxelles est passé par là car dézinguer une boite publique qui produit du courant peu cher, ça arrange la concurrence.

C’est ce qu’on entend dire.

Du coté des communes et des agriculteurs, l’intéressement n’est pas moindre. On parle ainsi de 30.000 euros de loyer par an pour un seule éolienne! Pour une paysannerie en jachère, le calcul est vite fait, à la place des veaux, mieux vaut élever des éoliennes.

Reste un hic: au bout de vingt ans l’éolienne est morte et le démantèlement reste à charge du propriétaire des lieux… sans parler des 200 tonnes de béton enfouis dans le sous-sol et de tous les câbles souterrains destinés à évacuer l’énergie.

Ces aimables joujoux qui produisent un mégawatt les jours de vent (20% du temps) n’ont rien à voir avec les deux tranches nucléaires de Fessenheim (1800 mégawatts/80% du temps, la moitié de la production alsacienne) qu’EDF vient d’abandonner sous les hourras écolos (500 millions de manque à gagner que l’Etat (donc nous) s’engage à verser à EDF)

Si j’ai faux dans ce minuscule billet, les verts pourront me corriger et j’en serai rouge de honte.

Facultatif, le code du cycliste

Avec le Code du Cycliste qui vient de paraître, je vous le dis tout net, ça ne donne pas envie de faire du vélo. (3 euros en version numérique et après avoir ramé avec le serveur de Dalloz modèle 1.0). D’ailleurs la France n’est plus un pays de vélo depuis longtemps et elle en paie le prix aujourd’hui dans ses espaces urbains. Sortir un code du cycliste parait donc un peu contre-productif.

Puisant au tréfonds du droit écrit de circuler à vélo, l’auteur, Ludovic Duprey rassemble les textes fondateurs de nos interdits à vélo comme pour nous menacer par avance de toutes nos incartades quotidiennes. Pourtant je le sens sympa Ludovic et un peu gêné aux entournures d’avoir commis cet ouvrage. Normal, c’est son job, le droit.

On y trouve notamment de nombreux textes en relation avec l’usage d’une remorque qui rappelle bougrement le Front Populaire et les congés payés qui témoignent d’un total décalage entre le droit cycliste et la modernité. Par exemple apprendre qu’une remorque excédant 1.30m de largeur doit comporter non pas un mais deux feux de position ou qu’il est interdit de rouler de front avec une remorque. Il est vrai que deux types qui discutent à vélo en tirant une remorque sur la nationale, c’est très fréquent.

A titre anecdotique, on apprendra aussi qu’au lieu de la sonnette, on peut disposer d’un grelot! Tiens, je vais m’en procurer un pour faire le buzz en ville…ou qu’il est interdit de se faire remorquer par un véhicule (on se souvient que, môme, on aimait s’accrocher aux remorques tirées par les chevaux) ou de faire de la publicité lumineuse sur son vélo (là je ne vois pas…)

Viennent ensuite quelques nouveautés de la dernière décennie comme le « tournez à droite » aux carrefours à feux ou le fameux « double sens cyclable » que les municipalités renâclent à généraliser…ou encore le gilet haute visibilité.

Au chapitre des peines contraventionnelles, amis cyclistes méfiez-vous de la 5eme classe qui peut atteindre 3000 euros et une suspension du permis de conduire d’un an et aussi …

  • l’interdiction d’émettre des chèques et de se servir de sa carte bancaire
  • le retrait du permis de chasse!
  • la confiscation des armes dont le condamné serait propriétaire!
  • la confiscation de la chose (le vélo) qui a servi à commettre l’infraction

Dans un long avant-propos de 18 pages, Ludovic Duprey le confesse comme à regret dans sa conclusion: j’espère que les années à venir justifieront de nombreuses mises à jour. Comme on l’aimerait aussi.

C’est dommage, des pans entiers de notre droit à pouvoir rouler sont absents de ce code du cycliste comme celui du droit de rouler à VTT sous le régime forestier et comment lutter contre toutes ces interdictions et ces panneaux dissuasifs plus ou moins abracadabrantesques que génèrent les communes pour nous dissuader d’aller là où bon nous semble avec notre bécane.

Mais la France, on le sait, est orfèvre en interdictions diverses. C’est en tous cas dans l’air du temps.

Pour vous remettre de ce pensum, je vous conseille Pierre Sansot dans « Chemin aux vents » (Payot). Il ne se sent pas concerné par les associations des deux-roues avec poussettes, badges et pancartes…Il ne satisfait pas de la segmentation des flux et des espaces (à chaque véhicule sa bande, son parcours)…il préfère inventer au coup par coup (ses) règles, (ses) itinéraires, « faire l’indien ».

Les potins du lundi

Et sans vélo, c’est comment?

Je me suis offert dix jours sans vélo et j’ai marché. Cinquante kilomètres, petit à petit. La marche, c’est bien aussi, je l’ai toujours dit. La marche c’est un succédané au vélo, sans doute. Marcheur à vélo, je le suis déjà un peu dans les passages difficiles de mes parcours à VTT.

J’ai rencontré un marcheur du Club Vosgien à Roderen. Il m’a observé…et arrivé à sa hauteur je me suis arrêté. Étonné, oui, il l’était. D’habitude, il faut s’écarter vite fait, me dit-il. Ils ne sont pas méchants, mes chiens, quand l’un d’eux est venu renifler l’intrus à vélo. Quand un chien est affable, je peux répondre d’une caresse amicale sur la tête. Je suis membre du club de Masevaux ajoute t-il…je lui rappelle que les marcheurs de là-bas ne sont pas tendres avec le VTT…oui on a manifesté avec une banderole et menacé de démissionner du bureau lorsqu’un vététiste a traversé notre chantier en ligne droite dans la pente, après nous avoir dit de nous écarter!…il portait un casque intégral et d’un coup d’épaule notre président l’a déséquilibré dans sa course!…

Manif des marcheurs de Masevaux contre le VTT (3 avril 2018 journal l’Alsace)

Conflits d’usage, incivilités, devenus classiques comme dans nombre d’activités de la vie en communauté. Je ne peux pas cautionner ces comportements de cyclistes qui ternissent notre image, cela va de soi.

Sur la route que j’évite le plus possible, il est effrayant de constater notre vulnérabilité grandissante. Une vulnérabilité accrue par nos propres bêtises: rouler sans lumière, habillé en noir, à plusieurs de front,…

Leçon de fake news médiatique

Le plantage généralisé de la presse française, un bel exemple d’amateurisme

J’ai rencontré Nanard. Il jouait aux boules avec ses copains derrière le terrain de foot. Nanard, je le sais, n’est autre que Xavier Dupont de Ligonnès. Je ne vais pas le dénoncer, c’est mon p’tit doigt qui me l’a dit. Je le laisse jouer aux boules, paisiblement. Il ne sait peut-être pas lui-même qui il est en réalité, ni de quoi on l’accuse. Avoir assassiné sa femme et ses quatre enfants il y a plusieurs années. Comme on peine à retrouver le dénommé Xavier de Ligonnès, alors ce sera Nanard le coupable. Le brave Nanard en est tout tourneboulé. Comme ses boules.

Les médias si prompts à dénoncer les fausses nouvelles qui pullulent sur les réseaux sociaux viennent de nous donner une leçon magistrale de leur incompétence crasse en annonçant en cœur l’arrestation de Xavier Dupont de Ligonnès sans retenue. On allait voir ce qu’on allait voir…Tous les spécialistes « police-justice » étaient rappelés au front. Sur ce coup là, les chaines d’infos en continu si avides de news allaient trouver de quoi alimenter un nouveau feuilleton, après l’incendie Lubrizol de Rouen, après le carnage de la préfecture de police. Le Kurdistan pourra attendre encore un peu qu’Erdogan achève le sale boulot.

Las, au bout de 24 heures d’agitation intense dans les rédactions et sur les plateaux de télé, il a fallu se rendre à l’évidence, même avec de la chirurgie esthétique, le docteur Jekyll n’avait pu réussi à transformer Xavier Dupont de Ligonnès en un modeste retraité de la Régie Renault.

Est-ce grave docteur? Oui, c’est très grave que dans un pays démocratique tous les médias se trompent ensemble et colportent une fausse information avec le concours d’informateurs policiers. Que des journaux puissent se compromettre ainsi est pour le moins inquiétant. Il convient se se méfier de cette collusion entre la presse et la police qui fait qu’aujourd’hui sur les plateaux de télé on ne sait plus qui est le policier et qui est le journaliste.

Aujourd’hui polices et médias se renvoient la balle de cette bévue. Il faudrait que la police trop bavarde se ressaisisse et que la presse caméléon prenne davantage de précautions avant de dupliquer sans nuance ses infos sur celles du voisin.

Se méfier de l’autre?

C’est un signe des temps. Ton voisin de bureau peut subitement t’égorger sans même prévenir. Dès lors que faire? On avait déjà des précédents. Le type qui sur la route sort un flingue, celui qui canarde une foule au spectacle, …

Alors on nous propose la société de vigilance, celle du soupçon. Le corps social est ainsi mis à l’épreuve tandis que l’Etat se débarrasse de la patate chaude en oubliant ses devoirs de protection. Je me souviens qu’en Angleterre, on propose dans les villages de dénoncer tout suspect parmi le type qui passe. En France on a de plus en plus de communes qui arborent le sigle « voisins vigilants ».

Suspecter son voisin. Triste perspective.

L’assistance? bof…

On va me dire que j’en fais une fixation. Mais pourtant sans que cela paraisse, le phénomène de l’assistance électrique sur nos vélos poursuit son chemin. Ce faisant, le champ des pratiquants s’est considérablement élargi. J’en rencontre partout. Surtout « des grands commençants » qui viennent grossir les rangs du VTT le dimanche. Ils s’attardent au bas du chemin, nous regardent passer, puis nous dépassent avec allégresse. Un véritable phénomène de jouvence pour ces nouveaux venus au vélo. Ce qui ne manque pas de faire réagir les inconditionnels du gros mollet, « le cyclotouriste assisté aura t-il seulement l’illusion d’être plus jeune, beau et bien portant? » s’interroge un lecteur de Cyclotourisme 694 d’octobre… puis il ajoute, perfide, « je ressens du plaisir à renoncer à consommer des métaux et des terres rares, de l’électricité qui, quoi qu’on en dise, est tout sauf propre. »

Voila donc les assistés du vélo habillés pour l’hiver. A la fédé, on doit être embêté de voir se dessiner un schisme entre les pros et les anti assistance alors même que ses adhérents se précipitent en masse pour s’équiper du fameux vélo « qui vous booste  » dans les côtes.

Je ne me fais pas trop d’illusion. Avec la montée en puissance du VAE dans tous les registres du vélo, mon champ de lecteurs va s’étioler assez vite…sauf si je m’équipe à mon tour. Pour comprendre l’étendue du problème, il faut se rendre compte que là où vous proposez des circuits de 25km à VTT lors d’une sortie dominicale, les pratiquants du VAE peuvent sans difficultés en avaler plus du double sur le massif vosgien. Serge Mannheim, mon voisin vélociste, me le confirme; entre midi et 14 heures, il grimpe sur son VTT au Thannerhubel, redescend dans la vallée, grimpe à Freundstein, puis après le col Amic rentre chez lui par la route. Les connaisseurs apprécieront. Entre VTT et VTTAE, on ne joue pas dans la même cour.

Mais pas trop, avec Jeremy

Quand on part avec un compagnon qui souhaite rejoindre le club, mieux vaut connaître son parcours, ses difficultés pour paraître digne de confiance.Ne pas décourager le nouveau-venu.

Ce matin le club Etoile 78 de Vieux-Thann reçoit un p’tit nouveau, Jeremy. Ce sera du veuteuteu.

Alors on prend un itinéraire à la fois concret et …substantiel, mais pas trop. C’est tout un art d’accueillir un nouveau venu. Donner le sentiment qu’on n’est pas un bleu…mais pas trop. Évidemment, certains postulants cavalent devant dès la première bosse…et je rentre « sur les ridelles ».

Avec Jeremy, non.

Il s’est comporté bien sage dans ma roue…mais pas trop. On a accumulé toute de suite des bosses bien grasses où l’on devait à la fois presser sur les pédales…mais pas trop, pour ne pas perdre la crête du chemin et sombrer dans les ornières marécageuses.

Tu vois la côte en face de nous…il faut mettre tous ses pignons et pédaler le plus haut qu’on pourra…à vélo, s’assigner toujours un objectif de progrès.

Oui, je sais. Jeremy, bon prince a même proposé de rentrer « plus court » lorsqu’il a vu le travail à fournir et constaté qu’il devait aller puiser des ressources inhabituelles afond de lui-même. Alors je lui laissé entendre que oui, on allait rentrer ensemble « plus court »…mais pas trop. J’ai menti… mais…..

La dernière côte sera de grimper par à Michelbach la route de Guewenheim. Je lui ai dit à Jeremy, ça monte encore un peu…mais pas trop. Alors il a fait contre mauvaise fortune bon cœur Jeremy, et il a gravi la dernière montée « à sa main ». Chaque début d’année je vois des routiers s’étonner de faire du sur-place dans ce passage à la sortie de Michelbach.

Puis alors qu’on se laissait couler dans le chemin, il s’est enquis de savoir si je roulais beaucoup et combien. Oui, lui ai-je répondu, beaucoup… mais pas trop. Il a semblé rassuré. Je lui expliqué que dans la discipline, il existe des boules de muscles capables de plier les manivelles et d’autres, comme moi, qui font du mieux qu’ils peuvent en intégrant le fil du temps qui passe…mais pas trop. Puis le reste n’était plus que du cheminement à plat et on s’est arrêtés pour discuter avec les uns et les autres promeneurs rencontrés. Des aérostiers attendant leur remorque, des pêcheurs amorçant leur poisson, un marcheur et ses deux chiens éblouis par notre attention à l’égard du single, c’est la première fois que je vois ça, des vététistes aussi prévenants.

A la revoyure? Marché conclu!

https://www.openrunner.com/r/10611427

Je suis donc revenu à mon terroir après une absence d’une dizaine de jours. Le temps de rompre un peu avec le rythme quasi-circadien qui occupe mon univers cyclopédique. Mes lecteurs fidèles peuvent donc être rassurés. Ils m’ont manqué.