Comprendre le pouvoir russe

Gregori Medvedev, grand physicien et témoin, raconte tout de A à Z

Ô bien sûr je ne suis pas physicien et donc peu à même de tout comprendre des mécanismes qui ont conduit à l’explosion de la centrale nucléaire de Tchernobyl en Ukraine en 1986. Pourtant l’ouvrage de Grigori Medvedev  » La vérité sur Tchernobyl » (Albin Michel) fait référence en la matière.

Pourquoi se pencher sur cet ouvrage?

J’avais en partie oublié la relation du drame, minute par minute, heure par heure, et les invraisemblables erreurs de conduite des opérateurs obnubilés jusqu’à la mort par la nécessité du secret, du mensonge, de l’incroyable et de l’indicible auprès des autorités et des populations, à savoir que le cœur du réacteur nucléaire N°1 de Tchernobyl avait explosé dans la nuit à la suite d’un essai préventif mal conduit.

Par la suite, tous les opérateurs, les pompiers, mourront du « bronzage nucléaire » dans d’atroces souffrances et les autorités évacueront Pripyat, la localité voisine, avec beaucoup de retard…pour la France, l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN) nous montre comment le nuage radioactif s’est répandu en Europe dans cette animation.

Les centrales russes sont de type RMBK, un réacteur refroidi à l’eau légère, basé sur les modèles existants de réacteurs militaires au plutonium modérés par du graphite

L’Ukraine est alors partie prenante de l’URSS et c’est Moscou qui commande…et qui est responsable de la nomination à tous les niveaux de gens incompétents qui n’ont pas la qualité suffisante pour conduire de tels équipements nucléaires.

Relire cet ouvrage peut aider à comprendre comment le pouvoir politique russe se comporte encore aujourd’hui à l’égard de son voisin ukrainien.

à lire aussi:

Pour se souvenir

J’ai ressorti ce bouquin de 1996. Je ne le relis que par bribes tellement c’est dur.

Svetlana Alexievitch a fait un travail de journaliste dix ans après 1986, date de l’explosion de la centrale nucléaire de Tchernobyl.

C’est le récit de gens ordinaires qui ont vécu le drame après la catastrophe puis qui en sont morts pour la plupart. Les habitants qu’on chasse, les soldats sans protections envoyés retourner la terre, détruire les habitations, tuer les animaux, les insectes, les femmes accouchant d’enfants malformés, …

On appelait « les liquidateurs » ceux qui étaient chargés justement de couvrir de terre toute la zone contaminée autour de la centrale et de faire disparaître tous les villages environnants et d’autres « les dosimétristes », ceux qui mesuraient la radioactivité partout et qui en dressaient des états jamais publiés.

L’URSS d’alors (jusqu’en 1996) n’a rien appris depuis. Si l’on veut comprendre la bêtise de cette guerre que Poutine fait à l’Ukraine aujourd’hui, il suffit de relire comment on se comportait déjà au lendemain de Tchernobyl. Le modèle soviétique est toujours là. Secrets, non-dits, mensonges, mépris des droits humains, …la preuve: Poutine en 2022 a laissé ses soldats bivouaquer pendant des semaines dans les bois autour de la centrale et y creuser des tranchées. Puis tout ce petit monde irradié est rentré chez lui en Russie.

Une population rurale complètement ignorante des dangers de la radioactivité

Une mise en scène?

J’ai relayé l’info du massacre de Boutcha en Ukraine en publiant cette photo d’un cycliste découvert mort.

Selon les autorités ukrainiennes ce sont les soldats russes qui ont commis ces crimes contre des civils en quittant Boutcha.

Mas il y a controverse à présent sur les réseaux sociaux et surtout de la part des Russes. Ce massacre de civils n’en serait pas un. Même avec les images, ça ressemble furieusement à une mise en scène déclare sur Franceinfo Régis de Castelnau, ancien avocat désormais éditorialiste…

Pourtant des images satellites attestent que les cadavres sont bien là le long de la route lorsque les Russes quittent la ville et un creusement de charniers est en cours en plusieurs endroits.

Moi je n’ai relayé que cette image terrible, celle d’un cycliste inerte tombé de son vélo, image diffusée par Dmytro Kuleba, membre du gouvernement ukrainien sur son compte Tweeter

Lorsqu’on reçoit une balle à vélo, tombe t-on comme cela? je ne sais pas. ça ressemble à une chute à l’arrêt ou lorsqu’on roule lentement, sans précipitation. Et donc, ce n’est pas la chute de quelqu’un qui fuit ou qui craint une menace.

Pourquoi ne voit-on pas de sang? je ne sais pas mais le corps peut-être là depuis plusieurs jours sans que personne n’ait osé le déplacer.

A t-on pu installer ce cadavre sur le vélo après son décès? je ne le crois pas.

C’est toujours désagréable qu’on instille le doute dans les esprits sur des faits qui semblent pourtant établis par la communauté internationale.

Une guerre qui change tout

Avec l’agression de l’Ukraine par la Russie, la donne climatique est en train de changer.

Mais dans quel sens?

On peut se le demander. Certes, il faudra d’abord chiffrer les dégâts sur la population, les morts, mais aussi l’incommensurable étendue des démolitions, des pertes d’un grand pays comme l’Ukraine. Toutes ces pertes ne sont pas gratuites pour le climat. Il y a l’emploi des engins destructeurs, camions, aéronefs, missiles, armes,…et il y aura ensuite une nécessaire reconstruction mobilisant matières premières et énergies et donc des atteintes environnementales évidentes.

L’autre donnée de la guerre, ce sont les conséquences mondiales d’un conflit qui crispe les relations internationales en attisant les défiances et les méfiances, en s’affranchissant des retenues en faveur de choix technologiques favorisant l’environnement.

L’exemple qu’on cite en premier dans nos démocraties occidentales est celui de l’Allemagne. L’Allemagne pourtant en tête pour sa réussite économique et reconnue pour son pragmatisme politique.

Les coalitions allemandes ont toujours été attentives au mouvement écologique, et pourtant l’Allemagne n’a cessé de se tromper.

D’abord en se lançant dans une aventure anti-nucléaire irréfléchie, puis dans l’exploitation du lignite pour faire tourner ses centrales, enfin dans une autre impasse la liant au gaz russe.

40% du gaz allemand vient de Russie.

Dès lors on ne sait pas si le mondialisme économique de la planète va continuer sur sa lancée ou si chacun ne va pas tendre vers une autosuffisance de ses besoins qui puisse le mettre à l’abri du contre-modèle énergétique allemand.

La France est plutôt bien placée sur le plan énergétique, elle n’a pas bradé ses centrales nucléaires si utiles pour suppléer les énergies intermittentes qu’on ne cesse de nous présenter comme l’alpha et l’omega de la vertu énergétique. Mais la France ne produit plus grand chose. Sauf des voitures et des avions. Et de façon marginale car elle préfère filialiser ses activités ailleurs.

Peugeot est embarrassé car il manque de pièces sur ses lignes de fabrication. Elémentaire elles venaient…d’Ukraine, les pièces. Comme le blé.

Alors le monde écolo de demain qu’on ne cesse d’encenser aux bas des paraphes de bonnes intentions est-il réellement pour bientôt?

J’ai des doutes.

A deux semaines de la Présidentielle, on sait déjà que tout va changer, c’est à dire qu’on va faire comme avant.

L’essence à deux euros va précipiter dans le marasme tous ceux qui ne peuvent pas travailler sans y avoir recours et notre dépendance aux énergies fossiles va continuer à nous lier à des pays peu regardants sur l’avenir de la planète.

Mais nous, si on n’a pas de pétrole, on a des idées. Alors on va booster la bagnole électrique pour faire passer la pilule du pétrole cher.

Elle est pas belle la vie?

Tout le monde aux abris!

Je ne sais pas vous, mais moi cette guerre à nos portes me fout la frousse.

Je lisais que les Suisses sont capables de protéger 8 millions de résidents avec leurs abris anti-atomiques, voire!… Mais nous? combien en a t-on? à part les dessous de l’escalier et le vide sanitaire, je ne vois pas bien où me calfeutrer si le Poutine dans son for intérieur se met à envoyer ses cosaques de l’Oural à Biarritz.

guérite allemande en béton armé encore visible à Mulhouse

Du coté de nos chefs de guerre, pas de panique, ils ont tous une villégiature du coté de Brégançon où ils pourront attendre que l’orage passe, attendre que Poutine arrive un bouquet de roses à la main.

Mais nous en Alsace, on n’a rien de tout ça. On n’a que les bunkers laissés par les Teutons. Sans confort, ni eau courante, ni parabole internet. Pas d’eau, d’accord, on pourra toujours puiser dans le lavoir du Dich, mais pas de jus pour nos portables, non alors!

Ce qui frappe dans cette guerre poutinesque, c’est l’admirable réaction du peuple ukrainien et la veulerie de l’Europe occidentale qui peine à montrer sa force supposée face au dictateur.

reprendre ma MAT 49 et m’entraîner dans le jardin?

J’en arrive à me demander si nos canons sont bien prêts à nous défendre, si nos avions sont en état de voler, si à soixante-dix ans passés, je ne vais pas devoir reprendre ma MAT 49 de troubad et m’entraîner dans le jardin.

C’est bien vrai ça!

L’Ukraine? c’est encore loin dans les esprits tant qu’on n’a pas pris des débris de drones sur la tronche.

A propos de guerre, je m’interroge sur notre capacité à réagir si le cinglé de Poutine se mettait en tête de nous attaquer. J’ai de gros doutes. Notre défense est-elle opérationnelle? pourquoi l’Europe s’est-elle arrêtée au corps franco-allemand plutôt que de développer une véritable défense? Pourquoi les Allemands se sont-ils laissés piégés par les écolos qui ont fait fermer le nucléaire tout en se rendant dépendant au gaz russe?

Tous derrière Macron, c’est le mot d’ordre qui rassure. Quel autre candidat serait le plus à même de faire face? Se planquer derrière Macron, n’est-ce pas l’arbre qui cache la forêt et tous les pleutres qui s’abritent derrière?

Le prix des carburants, c’est la première illustration palpable des conséquences de la guerre déclenchée par Poutine.

On pourrait ajouter qu’à pied comme à vélo, la hausse est indolore. Ce matin j’ai parcouru le dernier kilomètre à pied pour atteindre mon colis livré dans le casier Amazon au supermarché Match. Moins loin que le centre-ville.

Pas de panique, le prix des carburants est appelé à redescendre, dit-on. Le contraire conduirait à la révolution. Aujourd’hui, cinq Gilets Jaunes se sont réinstallés au grand rond-point de Burnhaupt. A un mois des élections, nulle question que le désordre s’installe comme tentent de le faire les Corses.

Et donc en allant à pied ça ne m’a rien coûté en essence.

Pour l’heure, je balaie d’un revers de main tous ceux qui vitupèrent contre le commerce en ligne.

J’attends depuis longtemps qu’on me démontre que le commerce local a sa légitimité face à Amazon.

Aucune démonstration ne vient contre-argumenter le modèle de consommation proposé par Amazon.

La règle est simple, c’est celle de la concurrence voulue par le commerce mondial. Dès lors en simple citoyen, je m’y plie. Bon gré, mal gré.

Pourquoi aurais-je le moindre scrupule à ne pas défendre ceux qui se font appeler « petit commerce »? alors même qu’ils sont incapables de proposer une offre attractive à la fois sur le prix, sur la qualité et sur le service?

Vélo de guerre

Ils ont près de quatre-vingts ans nos derniers combattants de la guerre d’Algérie.

Il ne reste plus parmi les plus jeunes à avoir combattu que les troupes de métier engagées sur les théâtres d’opérations extérieures.

Comme au Mali.

C’est dire que la guerre, c’est loin. Plus si loin puisque le dénommé Poutine vient nous rappeler que l’Europe pourtant si peu belliqueuse est capable demain de devoir affronter une nouvelle guerre qu’elle n’a pas demandée.

Pas une guerre froide, une guerre tout court. Avec des armes sophistiquées et un arsenal nucléaire sans commune mesure avec Nagasaki.

Nos diplomaties font de leur mieux pour enrayer un cataclysme dont on voit les effets en Ukraine, un peuple qui croyait pouvoir rejoindre notre modèle occidental, nos démocraties et qui déplait à Poutine.

Voici donc Macron promu chef de guerre

Inutile dans ces conditions de tenter d’inscrire une campagne présidentielle sereine et équitable dans l’histoire du moment. Macron, chef de guerre, ne peut qu’être réélu. Qui d’autre parmi les postulants, non aguerris, serait capable de prendre en charge une telle perspective visant à conduire une guerre. Certes Macron a déjà fait montre de son expérience dans le domaine civil en coupant quelques mains et en éborgnant des Gilets jaunes avec sa police. Et il a su amputer largement nos libertés publiques avec la pandémie. Il a donc quelques références pas très glorieuses.

La campagne est donc jouée d’avance. N’en parlons plus.

La guerre est-elle inéluctable?

C’est toute la question face au dictateur Poutine. Poutine va ravir l’Ukraine sans grande difficulté puisque personne n’ira se fourvoyer dans ce bourbier face à un arsenal russe colossal.

Nous sommes donc condamnés à attendre…mais attendre quoi?

Poutine pourrait être encouragé à poursuivre ses conquêtes si la mise au ban des nations de la Russie ne suffit pas.

Face à un agresseur, il n’y a pas d’autre alternative que de se protéger. Construire des digues ne suffira pas. Il faudra aussi réarmer nos démocraties trop peu préparées à affronter un ennemi à sa porte.

L’Europe communautaire n’a pas d’autre choix que de compter sur elle-même en améliorant sa défense commune et aussi en révisant son indépendance énergétique.

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se défendre à vélo

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Je suis à Kiev

Finalement je me relève, assommé par l’insomnie qui perdure.

Je suis à Kiev. Cette guerre, dont on ne sait rien d’autre que ce que les correspondants de presse mêlés à la population nous rapportent, ne traduit en rien la réalité des combats.

Certes on voit de carcasses de chars, on entend des détonations au loin. Mais rien de probant pour dire que Poutine mène pas à pas son agression.

Alors je suis quand même à Kiev. Par la pensée.

Avec Laitier de nuit d’Andreï Kourkov (ed Points), je vis à travers cette fable qui ressemble à un polar dans l’ambiance ukrainienne de cette ancienne république soviétique.

Ironie du sort, Andreï Kourkov vit à Kiev…et il est Russe.

Avez-vous déjà entendu parler de « l’antifrousse » ? Ce breuvage made in Ukraine qui permet de vaincre sa timidité, de triompher de ses ennemis, de surmonter toutes les épreuves. Un remède pour lequel on tuerait père et mère, n’est-ce pas ? Mais là, c’est son inventeur, un estimable pharmacien de Kiev, qui est assassiné. Ensuite ?`Ensuite tout se complique. Dans cette fable échevelée, les chats ressuscitent, un somnambules se fait suivre la nuit, un député ambitieux exige un lait très spécial, une organisation secrète manipule les braves gens… Trafics et tentatives de corruption s’enchaînent aussi aussi vite que les énigmes (et les rasades de gnôle à l’ortie!) pour tisser peu à peu la trame, non seulement d’un roman savoureux, mais d’un pays tout entier.

Babelio

Ecouter Andreï Kourkov en 2010 dans Un livre, un jour

Les bons et le méchant

Le trafic aérien évite soigneusement l’Ukraine ce matin (24/02/2022)

Difficile de se faire une opinion ce matin avec cette guerre contre l’Ukraine déclenchée par le dictateur Poutine.

Le plus facile c’est de se raccrocher à nos valeurs.

Celles de la démocratie et de la paix.

Mais avec Poutine, rien n’est simple car il prend justement le contre-pied de nos valeurs. Il préfère l’agression d’un voisin pourtant reconnu souverain par la communauté des nations simplement pour assouvir sa soif de grandeur et sa mégalomanie guerrière.

Évidemment comme on peut s’y attendre notre Europe communautaire n’est pas prête à une guerre. Le pourrait-elle seulement face à l’armée russe dotée d’armes redoutables?

Nous sommes donc vulnérables nous aussi puisque nos gesticulations n’aboutiront à rien. Sauf à nous priver de gaz et de pétrole et à faire monter les prix des matières premières.

L’Ukraine est donc appelée à être annexée sans coup férir.

A quand le tour des anciennes républiques soviétiques?

La phobie des transports

Qui est prêt à se sacrifier en montant dans un avion?

La peur de l’avion n’est pas prête de s’éteindre avec ce dernier accident de Charm el-Cheikh où les autorités peinent à avouer l’inavouable: c’est bien une bombe qui a précipité plus de 200 personnes au sol au-dessus du Sinaï.

Pourquoi le nier alors même que le décryptage des enregistreurs de vol permettent instantanément de dire que tout était normal ou non et que les bagages en soute étaient en partie déchiquetés et brûlés par un engin explosif?

Ces constats là sont instantanés et n’ont rien à voir avec un appareil qui se désintègre en percutant le sol ou l’océan. Continuer à lire … « La phobie des transports »

Commémoration tapageuse

Un crime de guerre comme l’abattage d’un avion civil au-dessus de l’Ukraine peut-il rester impuni ?

crash du vol MH 17, le préambule d’une déflagration mondiale?

Je commémore, tu commémores, nous commémorons,…en priant Dieu pour que tout se passe bien.

C’est comme cela qu’on pense exorciser le démon. Continuer à lire … « Commémoration tapageuse »

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