Un vélo à moteur nommé VAE

Je ne sais pas pourquoi on a inventé le mot VAE pour décrire ce que la langue française avait désigné il y a au moins un siècle un vélo auquel on avait adjoint un moteur, c’est à dire un vélomoteur. En France, un sous-ensemble appelé cyclomoteur possédant un moteur de moins de 50 cm3 de cylindrée.

A la place on a eu droit à l’acronyme VAE pour vélo à assistance électrique.

Oui on pédale en plus. Mais si faiblement qu’on peut se permettre de faire des mouvements de moulinet si l’on est fatigué.

Soit, appelons-le VAE!

Le VAE est devenu aujourd’hui une réussite. J’en ai encore eu la preuve cette semaine où fréquentant des milieux touristiques, le VAE s’adapte naturellement à tous ceux qui veulent se doter d’un engin de déplacement personnel non polluant et ne nécessitant pas de grands efforts dès lors que les déclivités se présentent.

Mais le plus, c’est de voir nombre de retraités à VAE dont des femmes retrouver une jeunesse oubliée et capable d’accompagner le mari sportif lors des balades.

On pourrait donc dire que le VAE a trouvé son public et une certaine forme de « libération » de la femme.

Mais d’autres ont choisi de faire du VAE de véritables challenges en direction de la montagne comme un voisin de Thann, Roland Petitjean, qui teste avec son VAE la prochaine montée du Tour de France au Grand Ballon…(voir sa vidéo ci-dessous) et qui conclut un peu hâtivement « j’aurai fait un peu plus de 1000 mètres de dénivelé ». C’est dire si le moteur sait se faire oublier!

Evidemment rien de commun avec la montée sur un vrai vélo. Je le sais pour en parler en connaissance de cause.

Mais pourquoi pas!

Donc le VAE est devenu aujourd’hui l’incontournable reléguant notre pratique musculaire aux oubliettes.

Il faudra s’y faire. Encore quelques années et le vélo musculaire ne sera plus que de l’histoire ancienne.

Idem pour le cyclo-camping où les cyclos à sacoches sont devenus légion.

Le plus insidieux, c’est de constater qu’une grande fédération comme la FFCT a décidé, avec ses clubs, de transiger. Oui le VAE fait dorénavant sans réserve partie de la famille.

C’est d’ailleurs pourquoi j’ai quitté le Club des Cents Cols qui se préparait à accepter des cols gravis à VAE dans son règlement.

Isabelle part en guerre contre le VAE

Pour un peu on s’y laisserait prendre. C’est lorsqu’il vous dépasse qu’on reconnait l’électrique

Isabelle et le vélo a décidé de frapper encore un coup sur le VAE.

En 2021, Isabelle avait déjà engagé la polémique sur son blog

…et moi en 2020, je me demandais si le VAE n’était pas plutôt un cyclomoteur

Selon elle, derrière le sigle VAE (qui signifie Vélo à Assistance Electrique) se cache en fait un genre de hold-up qui consiste à assimiler le VAE à un vélo alors qu’il n’en est pas vraiment un.

Comment faudrait-il l’appeler alors?

Moi je propose tout simplement vélomoteur et on n’en parlera plus.

Le problème avec le VAE c’est qu’on est obligé de pédaler pour qu’il avance alors que sur un vélomoteur les pédales sont des repose-pieds tout au plus destinées à démarrer.

La confusion est certes fâcheuse pour ceux qui militent pour le vélo, le vélo tout court, et qui y voient une sorte de détournement des pratiques en même temps qu’un envahissement des ouvrages dédiés au vélo.

Viennent s’engouffrer dans la brèche les marchands ( de tous poils) qui n’hésitent pas à exploiter la confusion en bradant des machines bas de gamme comme il en existe aussi pour le vélo…et aussi en vendant du haut de gamme autrement plus profitable qu’un vélo « sec ».

Encore aujourd’hui, j’ai pu constater avec effarement la place grandissante que prend le VTTAE dans les organisations sportives. Les associations y trouvent leur compte puisque pas moins de 20% sont à présent des possesseurs de machines électriques. On imagine le bazar ainsi créé dans les single étroits où les électriciens piaffent d’impatience pour être devant.

Mon club est tolérant face au sujet. Des jeunes ont les deux, « muscu » et VAE. Mais il va de soi que si la confusion s’installe dans les sorties, je vais battre en retraite car à plus de 70 ans je n’ai pas envie d’en découdre avec des types qui fatalement seront toujours en train de m’attendre dans les côtes. La FFCT avait relégué les VAE en queue de peloton au début. Aujourd’hui, je ne sais pas…j’imagine que devant le succès du phénomène VAE, des sections spéciales vont advenir.

Pour le taf, je ne dis rien. Il y a sûrement une logique de décroissance intéressante. Chut!

Isabelle a fermé ses commentaires, envahie par les critiques diverses tantôt modératrices, tantôt agressives.

Moi je bats en retraite.

Face au mercantilisme, le phénomène ne peut que s’amplifier. Le combat est devenu d’arrière-garde.

N’en parlons plus!

Aller sur le blog d’Isabelle et le vélo