Chronique de pandémie


Mon tour du Haut-Rhin à VTT se résume à un projet. La carte en relief devant moi me permet mentalement d’imaginer de beaux parcours. Mais le cœur n’y est pas.

Je ne sais plus. Je ne compte plus. La monotonie s’installe. Quel jour sommes-nous? jedredi? saterdi? je trébuche, je ne dors pas.

Cela n’a plus d’importance puisque tous les jours se ressemblent, l’un après l’autre. Nos opérateurs s’engagent, ils nous écrivent même pour nous dire qu’ils font tout pour que les réseaux, les serveurs tiennent.

La France est connectée, les yeux rivés sur les écrans. Face Time, WhatsApp, Skype abolissent les distances inter-personnelles.

Mais le cœur n’y est pas. Toute la journée d’hier, le groupe Facebook de mes confrères Centcolistes a tenté de contourner l’obstacle, celui du vélo interdit par les pouvoirs publics. Las, les grandes fédés ont sonné le glas: non, le vélo c’est pas possible!

Alors tous les projets de conquêtes de sommets s’éloignent.

La Fédération des Usagers de la Bicyclette ne dit rien. Le vélo n’est plus considéré par le pouvoir autrement que comme un objet de loisir. On retombe dans nos travers qui font dire à certains « peut-être que je pourrais faire du VTT en allant chez mon boulanger? »

Même sortir dans une rue vide nous semble interdit, aller acheter à manger aussi.

L’épidémie fait son chemin dans les esprits, nous devons rester claquemurés. Les PV des réfractaires au rester chez soi pleuvent. 135 euros. Est-ce que tout s’est arrêté? on ne sait pas; seules quelques images de grands boulevards vides apparaissent sur les écrans et les journalistes de plateau disparaissent en douce contaminés par leurs invités. Sur BFM, Hélène Lecomte n’est plus là, elle a reçu le médecin Jean-Paul Hamon, président de la Fédération des Médecins, lui aussi atteint après être venu demander sans succès des masques pour lui et ses confrères.

Où sont passés nos masques?

L’avenir judiciaire de cette pandémie est déjà en marche. Des professions entières spoliées vont se rebeller quand le beau temps reviendra. Il faudra solder les comptes de ces milliers de PME vaincues par la faillite et poursuivre aussi tous ceux qui assurent mal leur rôle au niveau politique et administratif. L’affaire des masques qui n’arrivent pas chez les soignants illustre notre impréparation et comment une grande nation peut sombrer dans le tragique. Notre Président visite des Ehpad, des hôpitaux, mais il ne sait pas pourvoir en masques les médecins.

L’impôt Covid en marche

Il est manifeste que des impôts et taxes en tous genres vont fleurir au lendemain de l’épidémie pour solder les comptes de la nation. On n’ose pas encore y penser. Les retraités qui auront résisté seront aux premières loges pour payer l’impôt Covid, n’en doutons-pas!

La rue est vide. Mais les ados jouent au foot pendant des heures entre-eux sans nulle protection ni retenue. Les parents n’ont pas compris. Ils ne comprendront jamais. Beaucoup de nos compatriotes sont de ceux-là, inaccessibles à la compréhension de l’enjeu face à la maladie. Si on ne peut plus rien faire, à quoi bon! pensent-ils.

Mulhouse est marqué à jamais par la pandémie.

Depuis que Mulhouse a provoqué l’explosion épidémique dans le Grand Est, et pas seulement, on nous montre du doigt. Nous sommes les fauteurs du trouble. Hier soir, les équipes de télévision ont consacré une émission sur la 2 aux Urgences de l’hôpital Émile Muller et montré cette détresse des malades et des soignants. On nous dit « le pic n’est pas atteint », il tarde et les morts s’accumulent. La région parisienne s’attend aussi à voir les cas de Covid-19 se renforcer, cruelle perspective après ces images abondamment montrées de joggeurs le long des quais de Seine!

Ma liste de courses est là. Le pic n’est pas atteint et mon épouse diffère, temporise et concocte des recettes nouvelles avec les moyens du bord de façon admirative.

Manger, on n’a plus que ça de bien.

3 réponses sur « Chronique de pandémie »

  1. Excellent article. Bien vu quant aux retraités, aux impôts. Pour les cent-cols, tu es gentil. Moi les remarques stupides de certains m’énervent de trop, j’arrête de lire. C’est du niveau du président de la fédération nationale des chasseurs qui disait il y a quelques jours qu’on pouvait aller s’adonner à cette activité compatible avec la pandémie…je n’imaginais pas qu’on pouvait raisonner de cette façon. allez courage, après la pluie, le beau temps même si elle est annoncée pour demain.

  2. Salut Maxou

    Je concède que tes analyses m’énervent parfois, mais heureusement nous pouvons avoir des avis divergents malgré que, volontairement ou non tu m’a viré de tes contact facebook.
    Et encore une fois je ne partage pas complètement ton point de vue !
    Il est vrai qu’il y a eu beaucoup d’erreurs (contrôles renforcés pour les personnes qui revenaient de Chine, élections municipales, etc.) pour le reste soyons honnête :
    • Si l’on avait empêché des manifestations il y a ne serais ce qu’il y a 2 semaines (encore samedi dernier à Paris les GJ), j’imagine les cris d’orfraies de tous le monde, atteinte à la démocratie etc.
    • Il y a encore 8 jours combien d’entre nous (sur ce que pas moi!) véhiculaient l’idée que l’on en faisait trop, qu’il ne s’agissait que d’une grippe, meme certains scientifique le reconnaissent etc.
    • Les masques oui et non, lors du SRAS quand l‘état en a réservé des millions comme on s’est foutu de la gueule de Bachelet, le fait que nous les importions de Chine et l’égoïsme des français qui se sont jeté dessus comme des vautours ont fait le reste. Alors bien sur gouverner c’est prévoir mais rétrospectivement c’est vrai que l’on est toujours plus intelligent
    • Les retraités …. Allez soyons cynique, on aurai pu laisser courir le virus et accepter qu’une génération (la notre) soit sacrifiée : résolu le problème des retraites, Dieu merci nous avons fait un autre choix. Ce choix fait qu’après parce qu’il y aura un après, le pays va être dans une situation économique comme nous n’en avons jamais connu, même pendant la guerre l’industrie continuait. Pour ma part et bien qu’en faisant parti, il me semble logique et inéluctable que les retraités, en tous cas ceux qui peuvent vivre décemment, participent activement…. ça me fait bien sur chier, mais je n’ai pas envie de vivre assez confortablement au milieu d’un océan de misère. Je n’ai pas envie que mon fils, ma petite-fille soient dans la merde.
    Pour avoir eu lors de ma vie professionnelle des décisions à prendre, ben j’en ai pris des bonnes et bien sur des moins bonnes qu’à posteriori j’aurai pris différemment.
    Hormis les pays où il y a soit une dictature (Chine) soit un vrai sens du commun….. et de la propreté (Japon, Singapour) la plupart des pays ont plus ou moins fait la même chose que nous . Alors je ne peut m’imaginer que les erreurs qui ont été faites l’ont été faites de façon volontaires.

    Comme je me suis permis, en répondant à un post de Pierre Brunner, essayons donc d’apprendre, de faire fi de nos querelles, d’être différents de nos politiques, alors plutôt que « rendre des comptes », pourquoi ne pas dire  » apprendre de nos erreurs »
    Et pour le reste pourquoi pas, quand on aura le droit d’être à plusieurs sur nos vélo faire un tour… entre cyclistes ….. contemplatifs

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