Les potins du lundi


logojpgJe sais que ce billet, comme d’autres, ne satisfera pas l’appĂ©tit de mes lecteurs plus attachĂ©s Ă  l’actualitĂ© du vĂ©lo qu’aux faits-divers qui jonchent notre quotidien.

Pourtant ce fait-divers lĂ  devrait intĂ©resser plus que d’autres dans la mesure oĂą il reprĂ©sente Ă  mon sens une virgule, un point-virgule(?), de notre histoire contemporaine.

Qui sont les Gilets jaunes?

J’avoue avoir eu du mal en stationnant sur les ronds-points avec mon vĂ©lo Ă  comprendre l’origine et le parcours des gens rencontrĂ©s, mĂŞme si je ne suis pas dĂ©nuĂ©, je pense, d’acuitĂ© pour comprendre l’autre, celui qui adopte un comportement inhabituel dans la rue et qui brandit en Ă©tendard quelques slogans vindicatifs qui devaient sourdre dans les esprits au fil des derniers mois passĂ©s.

L’IFOP y rĂ©pond…

« Sociologiquement, il s’agit prioritairement d’employés,
d’ouvriers, d’indépendants résidant en zone rurale ou péri-urbaine. Politiquement, ils se recrutent préférentiellement dans les rangs des électeurs de Marine Le Pen et de Jean-Luc Mélenchon mais aussi des abstentionnistes.
Nous sommes donc en présence d’un noyau actif de quelques dizaines de milliers de gilets jaunes qui se relaient sur les barrages routiers depuis plus de deux semaines. Autour de ce noyau militant gravite un halo, objectivement assez large de 20% de la population qui s’identifie à ce mouvement (et qui peut par exemple manifester son appartenance à la cause en mettant en évidence son gilet de sécurité fluorescent sur le tableau de bord). Enfin, à ce halo jaune, viennent s’agréger près de 50% des Français qui soutiennent et ont de la sympathie pour le mouvement. »

La démocratie représentative est en danger

Telle qu’elle est pratiquĂ©e dans nos vieilles institutions, on est en droit de s’interroger sur la pertinence de notre dĂ©mocratie.

Dans un Pays comme la France oĂą la prééminence du pouvoir exĂ©cutif Ă©crase le lĂ©gislatif, le citoyen lambda a de quoi se sentir dĂ©muni avec ces Ă©chĂ©ances de consultations pĂ©riodiques et ponctuelles qui consistent Ă  donner un blanc-seing Ă  des gens qu’on estime ĂŞtre capables de gĂ©rer pour nous les affaires courantes de l’Ă©tat…et de prĂ©voir souvent l’imprĂ©visible.

Mais le handicap est de taille pour nos gouvernants: la souveraineté de la nation est fortement sous contrôle de Bruxelles où siègent les grands lobbys économiques et financiers de la planète décidant là-bas ce qui est bon et moins bon pour nous ici.

Curieusement les Gilets jaunes ne revendiquent pas plus de dĂ©mocratie reprĂ©sentaive, au contraire ils veulent juste reporter l’Ă©chĂ©ance prĂ©sidentielle Ă  sept ans au lieu de cinq!

Ce qu’ils veulent les Gilets jaunes, c’est le dĂ©part de cette caste nouvelle et condescendante Ă  leur Ă©gard et du pognon, pour le dire trivialement.

Le problème, c’est qu’on n’est sĂ»r de rien et que le remède pourrait ĂŞtre pire que le mal.

Dès lors que l’État n’a plus d’argent et qu’il ne peut plus comme du temps de Pinay faire fonctionner la planche Ă  billets avec l’Euro, les marges de manĹ“uvre sont inexistantes.

Notre représentation politique est largement discréditée

Il y aurait beaucoup à dire sur ce président monarque, celui-là et les précédents, auquel on confie peut-être trop imprudemment les clés de la maison France sans un amortisseur constitutionnel clairvoyant.

AussitĂ´t Ă©lu, on allait voir ce qu’on allait voir!

« Je suis votre chef » dit-il aux armĂ©es aussitĂ´t Ă©lu, comme pour s’en convaincre face au gĂ©nĂ©ral De Villiers.

Voila qui était de mauvais augure pour la suite.

Après le Sarkozy bling-bling du Fouquet’s, Jupiter sur son Olympe!

N’oublions pas que la reprĂ©sentativitĂ© de Macron repose sur une fragilitĂ© dĂ©mocratique, un scrutin Ă  deux tours oĂą la lĂ©gitimitĂ© de l’Ă©lu pose problème quand les choses se passent mal, c’est Ă  dire lorsqu’on est mal Ă©lu.

C’est le cas avec l’ex-candidat Macron.

Moins de 24% des suffrages exprimés au premier tour. A peine 2% de plus que Marine Le Pen!

Il faut s’en souvenir pour comprendre la fragilitĂ© du pouvoir en place.

Et au second tour?

Emmanuel Macron a Ă©tĂ© Ă©lu par seulement 43,6% des Ă©lecteurs inscrits, alors que le total de l’abstention et des votes blancs et nuls a atteint 34%.

Du coté des élus de la République, on se retrouve avec une pléthore de jeunes députés sans expériences de terrain profitant de la vague de dégagisme impulsée par Macron, souvent issus des beaux quartiers, et plutôt surdiplômés.

Et maintenant?

Et maintenant que tous les « gagne-petits » de la France laborieuse sont descendus dans la rue, qu’est-ce qu’on fait?

Les chaĂ®nes d’infos en continu dĂ©roulent leurs images insurrectionnelles et, Ă©trangement, aucun homme ou femme politique n’est lĂ  pour commenter. Ni de droite, ni de gauche.

C’est la fuite de nos politiques.

Ni Mélenchon, ni Le Pen ne veulent prendre part aux débats.

Comme on les comprend!

C’est donc la rue qui gouverne, ou presque.

Au point que notre ministre Castaner songe Ă  l’Ă©tat d’urgence!

Du cotĂ© des maires, c’est la grogne

ContestĂ©s dans leurs pouvoirs par les regroupements territoriaux, malmenĂ©s par Macron, assaillis par les citoyens, ils n’ont plus qu’un choix, battre en retraite.

Du cotĂ© des syndicats de travailleurs, le mĂ©pris de classe affichĂ© par le pouvoir est patent. Le dĂ©saveu du monde du travail Ă  l’Ă©gard de ceux censĂ©s les reprĂ©senter achèvent de les plonger dans le discrĂ©dit.

Que reste-il face à ces élections fragiles qui confisquent tous les pouvoirs?

La rue!

Et c’est cet incroyable magma protĂ©iforme impĂ©nĂ©trable constituĂ© par ce qu’il est convenu d’appeler « mouvement gilets jaunes » qui prĂ´ne une sorte de dĂ©mocratie directe et horizontale sans l’aide d’aucun relais qui prend le leadership.

C’est ce que nous appelons une prise de pouvoir 3.0 le smartphone Ă  la main.

« Macron dĂ©mission », c’est le slogan insistant entendu.

Il reste Ă  attendre la rĂ©ponse du pouvoir…

Ça ne va pas être chose facile à quelques enjambées de 2019 avec son lot de mauvaises nouvelles, encore une hausse des carburants et le fameux prélèvement à la source. Une source qui se tarit.

 

5 rĂ©flexions sur « Les potins du lundi »

  1. L’Ă©lĂ©phant dans la pièce reste l’Union europĂ©enne. Car aucune autre politique (sociale et Ă©conomique) n’est possible dans le cadre de l’UE et de l’euro. MĂŞme MĂ©lenchon, tout tribun tonitruant qu’il soit, se casserait les dents sur ce « petit dĂ©tail ».

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    1. Non l éléphant c est tout le reste du monde aucune politique n est possible (que l on aime ou pas) sans tenir compte des réalités voir la Grèce l Argentine etc.
      Quand à Mélenchon avec un patrimoine de plus de 1.5 millions d euros c est sur il sait de quoi il parle!!!!

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  2. « après le Sarkosy bling bling du Fouquet’s, Jupiter sur son Olympe », vous oubliez l’invisible qui a su profiter des largesses d’une femme de mĂ©nage new-yorkaise, mais qui a fait beaucoup de dĂ©gâts par son inaction.
    Précision pour relativiser : si Macron a été élu par seulement 43,6% des inscrits, Hollande a eu une victoire éclatante avec 39% des inscrits !
    Mais je reste un fidèle lecteur de votre blog, et je préfère vous voir parler de vélo..

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