Chronique de pandémie


A votre santé! Manifestement, il nous nargue

Ils ne savent pas, je ne sais pas, personne ne sait.

Les sachants ne savent pas. Ils ne savent pas ni quand s’arrêtera cette pandémie, ni pourquoi elle se développe, ni quel traitement utiliser. Ils ne savent rien et par voie de conséquence ils sont contestés, voire contredits. L’épisode chloroquine en est l’illustration.

C’est une pandémie qui ressemble effectivement à une guerre. Or la guerre, très peu parmi nous l’ont connue.

L’annonce que le confinement durera au moins six semaines a fait l’effet d’un électrochoc dans les esprits.Les commentateurs l’ont souligné: c’est surtout « au moins » qui est intimidant car l’attaque adverse loin de marquer le pas progresse et déjoue les plans de nos généraux-épidémiologistes. Comme la ligne Maginot!

Au front, à Strasbourg, on organise un train à grande vitesse pour rapatrier trente malades sur nos arrières. En Nouvelle Aquitaine, les locaux sont déjà impactés par les Parisiens ayant cru bénéficier d’une ligne de démarcation dans la propagation du virus.

Je tente de dépeindre les choses telles que je les ressens à travers l’information distillée tout le long du quotidien de notre inaction.

Partout sont rapportés les effets délétères sur la population de ce confinement qu’on dit insuffisamment observé. Ma rigueur réglementaire à tracer ma zone de confinement d’un kilomètre méthodiquement parait bien dérisoire face à l’arsenal policier qui veut nous tenir enfermés, coûte que coûte.

Merci de nous avoir accordés un kilomètre autour de chez nous pendant une heure. Merci encore, vous êtes trop bons! L’indifférenciation de la distanciation sociale conduit à l’inanité. Ces mesures semblent parfaitement illustrer la méconnaissance, la compréhension de ce qu’est un territoire rural, avec ses bois, ses champs, ses landes. Pour les épidémiologistes la France est une ville qu’il faut nécessairement quadriller pour mieux enfermer le virus à l’intérieur.

Géolocaliser le citoyen infecté

Géolocaliser le citoyen, on y arrive puisqu’on en parle. Pister les porteurs de la maladie et suivre tous leurs contacts potentiellement infectés avec un bracelet électronique comme pour les prisonniers, c’est possible. L’application est prête, il n’y manque plus que le feu vert de l’État. Cette info a fait tilt, j’ai tout de suite pensé aux lépreux qu’on obligeait à se déplacer avec une sonnette à la main aux abords des habitations, puis plus tard aux Juifs avec l’étoile jaune.

Classer ses pin’s?

Enfin la FUB s’est fait entendre. Olivier Schneider, président de la Fédération des Usagers de la Bicyclette a obtenu que la maréchaussée ne confonde pas vélo des champs et vélo des villes; on ne devrait plus être verbalisé pour se rendre au travail ou faire ses courses à vélo. Non, les mentalités n’évoluent pas: le vélo est toujours considéré comme un outil de loisir à un point tel que certaines autorités locales en viennent à fermer les pistes cyclables.

Une baguette de pain chaque jour?

Une baquette de pain chaque jour? Non, c’est dorénavant interdit. La nécessité de manger du pain frais est contestée par les policiers, il faut acheter au moins trois baguettes à la fois pour moins sortir de chez soi. Ces petites « crasses zélées » ne peuvent qu’aggraver la défiance qui se fait jour ça et là.

Six semaines, ça change tout. Impuissants, on assiste aux cohortes de chiffres morbides des dépêches.Nos vieux commencent à morfler, c’est effrayant. Ils tombent comme des mouches par dizaines dans les Ehpad, ces unités (de fin) de vie où le confinement est dévastateur. Les experts s’attendent à cent mille morts!

En zone d’attente, tous les sportifs piaffent d’impatience dans leurs jardins ou sur leurs balcons. Ils vont piaffer encore longtemps. Corrélativement, les esprits s’échauffent sur les réseaux sociaux entre ceux qui, pris d’un peur panique, rabâchent à l’envi « restez chez vous! » et tous les autres qui ont le malheur de réfléchir et qui cherchent entre les lignes des injonctions arbitraires un espace ténu de liberté.

Chacun s’évite

Dans le logis, chacun s’évite, scrute l’autre…as-tu bien dormi?as-tu mal à la tête? pourquoi tu tousses? on se tient à un mètre l’un de l’autre devant la télé. On ne sait jamais. Il en faut au moins un qui reste pour les formalités.

Pire scénario pour celui ou celle qui vit seul! Ma mère est dans ce cas. Elle ne sait pas tout heureusement. On ne lui dit pas.

Il faudra ensuite entreprendre de guérir les maladies mentales consécutives à cet enfermement.

Ceux qui ont Facebook peuvent m’y suivre. On a du temps.

4 réponses sur « Chronique de pandémie »

  1. Cher Vélomaxou
    Je vous lis toujours avec beaucoup de plaisir.
    En ce qui concerne le virus qui nous empoisonne l’ existence en ce moment, je ne peux que vous recommander de voir l’ émission « C dans l’ air » qui a été diffusé sur la 5 hier soir vers 22hrs40 et qui met bien en perspective les points qui grattent dans la polémique actuelle sur le traitement potentiels de la maladie.
    Au plaisir de vous lire.
    Paul

  2. Je ne savais pas qu’on pouvait être verbalisé pour faire ses courses à vélo ou à pied (mon Leclerc est à 1,5 km !) ! ni que certains ont fermé les PCs . Je me fie aux règles édictées par le ministère de l’intérieur; pour le reste certains s’attribuent des pouvoirs régaliens qu’ils n’ont pas; tu as bien raison au sujet des « crasses zélées » : cela méritera des recours au tribunal lorsque la crise sera derrière nous !
    La solution pour les courses : le drive !? … depuis dimanche, j’essaie désespérément de constituer un panier de courses (dans plusieurs enseignes et plusieurs drives) et quand j’y arrive il n’y a plus de créneau disponible pour chercher les produits et évidemment, certains produits disponibles 1 mn avant ne le sont plus. Manifestement ils sont débordés et l’informatique ne suit pas et est mal conçue (pas de moniteur transactionnel où l’on verrouille la demande (au moins le temps de valider la commande ) comme dans les systèmes de réservation de places d’avion, de train ? …).
    Pour le pain, ça va ; j’ai de la chance, mon boulanger livre dans mon quartier donc je commande par téléphone (mais pas tous les jours pour ne pas le surcharger.
    Je m’interroge (je suis partagé sur la question) sur la différenciation du confinement : est-il possible de l’instaurer sans rendre la chose trop complexe et difficile à apprécier et à contrôler et d’une interprétation trop sujette à caution ? C’est vrai que je me ferais bien un Grand Ballon à vélo sans avoir l’impression de prendre des risques et en faire prendre à autrui !
    Le port du masque : inutile et inefficace pour le péquin moyen nous dit-on ! … cela signifie-t-il qu’on envoie les soignants au casse-pipe ?
    Pour ma part ma femme nous en a confectionné un à tous 2 en tissu 3 épaisseurs selon le tuto fourni par le CHU de Grenoble : on l’utilisera sûrement si on est obligé d’aller aux courses si drive pas possible !!
    Distanciation sociale avec mon épouse : pas de bisous sur la bouche, mais crac-crac de temps en temps ; mais notre lit n’est pas assez large pour respecter la règle du mètre obligatoire (pourquoi un mètre ?)
    Respect des libertés individuelles : en France on est forts pour discutailler sur l’opportunité de la géolocalisation pour le dépistage comme en Corée du Sud (efficacité prouvée je pense non ?) ! je pense que dans cette crise et sur ce point, la fin justifie les moyens (Machiavel ?) et puis ce n’est que pour un temps ! … D’ailleurs qui nous assure que nous ne sommes pas déjà pistés, scrutés partout ? c’est déjà le cas pour la pub, … On évoque notre culture, notre spécificité française : affligeant ! Qu’est-ce qu’on attend !!?
    Toujours pour discutailler, j’apprends qu’on a légiféré pour ne pas traiter de QPC avant fin juin : là aussi on est forts pour ça !!
    Utilisation de la chloroquine : évidemment à utiliser dans les cas graves et seulement à l’hôpital : on peut toujours stopper le traitement si effets indésirables graves non ? Evidemment aussi, ne plus avoir ce médicament en vente libre en pharmacie (sinon il y aura pénurie étant donné qu’on est dans une France « moutonnale » et individualiste).

    1. Salut Gérard, beau commentaire! Les Drive: je viens encore de me faire « jeter » par le Drive Leclerc au bout du 19eme articles saisis. Et pas de sauvegarde, comme tu dis. Idem hier soir. Et on plus on s’engueule à la maison. Donc on fera comme avant, on ira faire les rayons. C’est là qu’on se rend compte que le Drive c’est pas fait pour les non-initiés. Pour le chloroquine, justement d’après les médecins c’est pas utile pour les cas graves, ça provoquerait plus de mal que de bien chez des gens dont les poumons sont morts.

  3. « entre ceux qui, pris d’un peur panique, rabâchent à l’envi « restez chez vous! » et tous les autres qui ont le malheur de réfléchir et qui cherchent entre les lignes des injonctions arbitraires un espace ténu de liberté. »
    Cette opposition me parait un peut construite.
    Je rappelle qu’on n’en serait pas là si les recommandations du début n’avaient pas été si massivement bafouées.

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