Jour : 12 mai 2020

Jour de montagne déconfinée

Le Treh

La montagne était confinée, toute seule. Elle a retrouvé ses touristes aujourd’hui. Le public habituel, motards en nombre, quelques coureurs automobiles aux turbos rugissants et des marcheurs à chiens le long de la crête.

Quand j’aborde le col Amic par Goldbach. J’ai trois options pour continuer. Soit Wuenheim, soit Uffholtz, soit le Grand Ballon.

Je l’aurai fait au moins une fois dans l’année écourtée par le confinement. Pas mal pour une reprise.C’est du vélo de ouf comme je n’en ferai plus, un jour.

En fonction de ma forme, de ma motivation, jusqu’au dernier moment j’hésiterai.

Il y avait deux cyclistes à la pause du col Amic, le déclic s’est produit: j’ai fait le kéké qui tourne à gauche en saluant de la main droite sans m’arrêter.

Montée à Goldbach

Voila, vous savez tout de l’ego du cycliste qui décide son parcours sur un coup de dé.

Montée au Grand Ballon

C’est vrai qu’après, je l’ai regretté, car j’avais pris l’option la plus difficile…et les deux types m’ont emboité la roue.

Je les entendais discuter derrière moi quand l’un d’eux s’est mis à tousser « comme une bête » (je ne sais d’ailleurs pas quelle bête tousse ainsi?).

Alors je me suis écarté car je craignais qu’il soit atteint du corona…prétexte fallacieux qui m’a permis de « lever le pied ».

Ensuite, comme vous le devinez, j’ai raclé « les fonds de tiroir » pour finir la grimpée. Surtout après l’auberge de la famille Bronner où la pente reste soutenue et où on se fait « rafaler ».

Rien à boire pour les motards, tout est fermé.

Toutes les enseignes sont fermées au Grand Ballon, les étals de Riche sont vides. Mais les randonneurs sont là, en voitures, en motos et…trois cyclistes avec moi.

Riche est toujours fermé
Entre Haag et Markstein
Vallée de la Thur
Le Treh

J’ai pris le Markstein, en grelottant. Même que le guidon tremblait tout seul!

Le Treh

Les 17 km de descente à Kruth m’ont achevé. Je suis allé voir le petit lac rempli à raz bord. On ne peut accéder à la digue en travaux, tous les accès sont fermés. Impossible de faire le tour.

Kruth en eau
Le petit barrage de Kruth est en service

Retour à Thann, un peu groggy en mode hibernation. Il n’y avait que les gros 40 tonnes pour me réveiller.

Parcours enregistré le 23 mai 2019… (voir mon parcours identique du 23 mai 2019)

https://www.openrunner.com/r/999913https://www.openrunner.com/r/99991322

Mes vitesses de tortue
3h20 de travail cardiaque. Un peu long pour moi après le confinement limité à une heure par jour de jogging

Le gabarit sanitaire du cycliste

Comme on le voit sur cette image, la distanciation physique doit aussi s’appliquer à vélo lorsqu’on dépasse

Les cyclistes fort « chouchoutés » en ce moment souhaitent que ces ouvrages temporaires installés en urgence en ville restent définitifs (comme on s’en doute). Pour une fois qu’on leur accorde autre chose qu’une portion congrue, c’est le moment d’en profiter.

Les Cahiers du CEREMA viennent de publier les Aménagements Cyclables Provisoires mis en place pour favoriser le vélo lors du déconfinement.Un document de 42 pages fort bien illustré et de grande qualité. Le Cerema (Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement) est un établissement public tourné vers l’appui aux politiques publiques, placé sous la double tutelle du ministère de la transition écologique et solidaire et du ministère de la cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales.

Exemple de recommandations pour favoriser l’usage du vélo en limitant le flux automobile. Ce genre de proposition n’est pas forcément du goût des automobilistes. C’est d’ailleurs pour cela que la France a pris autant de retard par rapport à ses voisins dans la promotion du vélo: ne pas mécontenter l’automobile!
Ce cahier est gratuit mais auparavant pour l’obtenir il convient de créer un compte au CEREMA

Sausheim

aquarelle Sausheim 24×32

De mémoire, j’ai repris cette aquarelle sans modèle. Je ne me souviens plus où c’est exactement.Quand on imagine des couleurs, des formes, on fait un peu ce qu’on veut.

Un peu seulement.

Le flou n’est pas forcément un cache-misère. Il faut aussi suggérer. Les détails viennent à la fin pour consolider l’architecture de l’ensemble et donner de l’harmonie.

Cette image là que je n’avais pas terminée était encore à l’état brut comme ci-dessous…

Ce genre de travail ci-dessus, c’est ce que je fais quand je n’ai ni motivation, ni goût; il n’y a que la mise en page à garder, la perspective, le volume végétal et la solide maison alsacienne, son toit protecteur. C’est donc une ébauche quia sommeillé dans un carton quelques années. La leçon est donc de ne jamais détruire un dessin pas fini car on peut y revenir longtemps après. La peinture c’est aussi la traduction d’une émotion, comme la musique ou l’écriture.

Que faire à partir de là?…

Massifier les volumes et les tons?…

Accroître les contrastes?… et renforcer la lumière pour mieux foncer les endroits ténébreux?…

C’est tout ce que je pouvais et savais faire.

Avec un passe-partout blanc de 4cm, ce sera très décoratif.