Étiquette : grève

La bataille du rail

Quelques actions « coup de vent » sans influence sur le trafic du train Thur-Doller

Notre journal local (DNA) nous appelle à voter.

Sommes-nous impactés par le mouvement social? autrement dit par les grèves des cheminots? Force est d’admettre que l’action reste peu gênante puisque seuls 25% des « fêtards » affirment avoir changé leur programme de fêtes.

J’en déduis qu’avec trêve ou sans trêve de Noël la grève a peu d’impact. Tout le monde ne prend pas le train avant de déguster la dinde de Noël

En revanche la pénurie de carburant qui s’annonce dans les raffineries devrait autrement contrarier l’activité début 2020.

Le vélo reste une valeur sûre. Tous les commentateurs s’accordent à reconnaître que le mouvement social contre la réforme des retraites profite au vélo.

Le Figaro dispense ses conseils aux Parisiens obligés de prendre leur vélo pour se déplacer. En guise de conclusion le quotidien ajoute une dernière recommandation: La règle: soyez philosophe, car il y a de quoi s’énerver. Dites-vous qu’en milieu urbain, vous arriverez systématiquement avant une voiture pour la même distance parcourue. Si l’on tente de vous forcer la priorité, c’est désagréable, mais il vaut mieux freiner et laisser passer que d’être renversé.

Le vélo anti-grève

bourse aux vélos à Paris en prévision des journées de grève

Finalement si tout le monde allait à vélo, on ne pourrait plus faire grève. La grève telle qu’elle est perçue aujourd’hui est devenue uniquement un moyen d’emmerder le monde puisqu’elle n’est plus le fait que des transports publics. Dans notre système inter-connecté, tout dépend de tout. C’est étrange, les électriciens auraient pu couper le courant et du coup paralyser pour de bon toute l’économie y compris la recharge des Zoé, des vélos électriques et des trottinettes, mais ils n’ont pas osé. Ce qui fait dire qu’on a affaire à des grèves par procuration.

Je sais, c’est réac mais c’est ce qu’on entend dire de la part de ceux qui, de bon gré ou de mauvais gré, doivent subir les encombrements parisiens. On entend même dire que le vélo est un instrument de droite dans le sens où il formalise des comportements individualistes. Tout le contraire du transport collectif d’inspiration communiste, je présume… (le vélo est-il de droite?)

Subir. Courbant l’échine, c’est ainsi que les Franciliens ressentent le mouvement revendicatif des cheminots. Remarquez, en Province, c’est la même chose lorsque les instits n’assurent pas leur service; les parents subissent la punition de devoir prendre un jour de RTT ou de transbahuter leurs mioches chez la grand-mère.

Les revendications sociales n’intéressent plus que ceux qui sont encore en corps constitués avec de grosses machines syndicales. Sinon le prolétariat n’est plus qu’un monde éclaté corvéable à merci qui s’en fout si le jour de sa retraite en 2078, il n’a pas fait grève en 2019. C’est la grève par procuration. On la subit sans la vouloir, c’est un mal nécessaire comme la redevance télé qu’on paie sans savoir pourquoi.

Au fil des ans, le quidam ne sait plus rien de ce qui fait corps social ou société. Il ne sait plus rien sur rien. Ni l’histoire ouvrière, ni ses conquêtes, ni pourquoi, ni comment il est arrivé là.

Moi, je sais. Avec les zigzags que nous impose le nouveau monde dans nos parcours professionnels, l’instit embrasserait trois ou quatre métiers à la file sans rapport aucun avec sa formation. Le conducteur de car pourra devenir professeur de musique, puis éboueur et le conducteur de centrale nucléaire ira garder les moutons avant de devenir infirmier. Cette vision du monde professionnel qu’on voudrait nous inculquer pour casser les solidarités professionnelles de branches, je n’y crois pas. Au contraire, la spécialisation, la technicité des métiers est devenue telle qu’on nous enferme dans des compartiments étanches dont on ne pourra bientôt plus sortir…sauf à se faire déclasser gravement.

Si donc demain, le vélo prenait le relais de toutes les grèves des transports, on aurait une joyeuse anarchie pour aller bosser et tous ces habitants « pendulaires » des grandes métropoles pourraient enfin reprendre le contrôle et le pouvoir de leur ville, de leur vie.

Dans un siècle peut-être.

à lire aussi dans Cyclable, l’expérience de Francilien qui sont passés au vélo

Grève du 5 décembre, l’itinéraire

Pas de tram-train pour aller manifester demain. Des encombrements impossibles pour les voitures.

Reste le vélo. 24 km depuis Thann. Prévoir les lampes pour rentrer…un antivol…et un sac à dos pour ranger le casque.

RDV 13h30 place de la Bourse à Mulhouse.

Les facteurs dans la rue

img_8027
Thur-Doller, les facteurs manifestent à Vieux Thann

Quoi de plus normal qu’un facteur dans la rue!

Ceux-là manifestent et le font savoir.

Les facteurs ont ceci de commun avec les élus, c’est que dans le monde rural, ils sont de bons relais d’opinion du ressenti de la France profonde.

Les facteurs de Thur-Doller dans le Haut-Rhin ne sont pas contents.

img_8022

En cause la réorganisation sans fin de leurs tournées et un certain mépris des Directions qui les laissent dans l’incertitude du lendemain.

En cause aussi la baisse drastique du flux de courrier qui fait qu’on doit allonger les tournées pour conserver un volume acceptable.

Ce qui n’est pas forcément à l’avantage des postiers qui doivent parcourir toujours plus de kilomètres avec leur vélo ou leur voiture.

Des journées à rallonge qui font perdre l’attrait du métier.

En effet pour nombre de facteurs commencer tôt permet de finir en milieu de journée et donc de disposer d’un temps libre intéressant.

Ce n’est plus le cas, ils doivent commencer plus tard et finir plus tard avec la réorganisation des flux et la centralisation du tri.

Ambiance glaciale ce matin avec le froid venu du nord dans la rue…Gutenberg à Vieux Thann où est implanté le centre de tri.

Ma factrice est là.

« C’est un de mes clients » s’exclame t-elle en apercevant Vélomaxou sur son vélo.

Au centre des calicots et des drapeaux syndicaux, je me fais tout penaud.

« On attend la Presse à neuf heures… » me précise une déléguée.

Des croissants, des brioches, du thé et même des figues fraîches.

De gros poids lourds de 40 tonnes peinent à se frayer un passage quand l’Estafette ripolinée de la CFTC surgit.

Une clameur.

L’ambiance est bon enfant malgré les craintes de voir disparaître lentement une profession sinistrée.

Grève SNCF, il prend son vélo

Train ou vélo, il peut choisir

C’est dans Ouest-France.

Pour aller au boulot, il prend son vélo pendant la grève des cheminots.

Rien de très exceptionnel jusque là. Poursuivre la lecture de « Grève SNCF, il prend son vélo »

Contre la casse sociale

IMG_5133.jpgCe matin, il a pris le train pour la première fois.

Je l’ai appuyé contre un soufflet.

Il n’a rien dit.

Trop content de se payer un voyage à l’œil.

IMG_5105.jpg

Dans les virages, sur la plate-forme, il chancelait un peu.

IMG_5106.jpg

A Porte Jeune, je l’ai descendu et on a visité ensemble la place de la Réunion.

IMG_5107.jpg

Puis on a rendu visite aux mendiants de la rue du Sauvage qui commençaient à émerger de leurs cartons dans l’indifférence des livreurs, tout en se dirigeant vers la Société Industrielle, siège du patronat d’antan.

Un svelte capitaine de police réglait le ballet de ses hommes avec dextérité.

IMG_5109.jpg

Quand toutes les forces laborieuses portant calicots et drapeaux se mirent à enfler, le cortège s’ébranla à travers la ville.

IMG_5113.jpg

Pas de Peugeot dans cette manif.

Le protocole de division public/privé a été respecté.

Pas de CFDT non plus.

Mais des retraités venus soutenir les actifs.

La Santé bien représentée par les Ephad du groupe Korian.

Des instits et des cheminots.

Une discrète banderole Ecologie-les Verts et des lycéens.

IMG_5110.jpg

IMG_5127.jpg

IMG_5121.jpg

Quand la ferveur ouvrière fut au diapason, le cortège s’ébranla à travers les rues de la ville sous les roulements de tambours et les sifflets stridents des cornes de brume

 

IMG_5130.jpg

Pieds et mains glacées, je me suis réfugié au la galerie commerciale et j’ai savouré un express.

IMG_5134.jpg

Il était temps de rentrer.

Comme de juste, trafic paralysé.

J’ai rejoint Dornach à vélo, un tram-train m’attendait.

L’aimable contrôleur, non gréviste, m’expliqua que le voyage à Thann s’appelait « Attitude » sur l’écran de la machine.

D’un geste leste, il tourna la molette, je n’avais plus qu’à payer.

Hasard tarifaire: 4.70€ à l’aller et 5.10€ au retour.

Il est vrai qu’au retour, ça monte.

Un peu.

Non, non, à la SNCF (billet TER) c’est moins cher qu’à Soléa (billet tram-train) eus-je droit en guise d’explication.

L’auto bidon, essayez le vélo

Dans cette campagne médiatique anti-CGT  lancée par les grands médias, je retiendrai « merci la CGT! »

C’est tout ce que trouve à dire celui qui à son volant fait la queue dans les stations pour abreuver sa voiture lorsqu’on l’interroge: « merci la CGT! » Poursuivre la lecture de « L’auto bidon, essayez le vélo »

Un p’tit coup de pompe?

En panne d’idées? en panne de boulots? ça passe encore.

Mais en panne de carburant, alors là la France tousse.

La dernière grève affectant les carburants remonte à octobre 2010. Poursuivre la lecture de « Un p’tit coup de pompe? »

Y’a t’i quelqu’un qui cause dans le poste?

France Inter, la radio du service public, est muette depuis bientôt deux semaines.

J’ai beau tapoter le poste, aucun crachotement!

Tous mes chroniqueurs du matin ont déserté.

Avec humour, France Inter a mis en place un programme musical.

Sur son site, on peut y lire…

Retrouvez la playlist de grève du jour!

Poursuivre la lecture de « Y’a t’i quelqu’un qui cause dans le poste? »

France Inter…dit d’antenne

En raison d’un appel à la grève par plusieurs organisations syndicales portant sur des modifications de tableaux de service entrainant le redéploiement interne de quatre postes de techniciens de France Inter, nous ne sommes pas en mesure de diffuser l’intégralité de  nos programmes habituels.

Nous vous prions de nous en excuser.

Voila trois jours que la grande radio de service public qu’est France Inter a interrompu ses programmes.

En cause le déplacement de quatre agents.

J’ai bien dit quatre! Poursuivre la lecture de « France Inter…dit d’antenne »

Otage, ô désespoir,…

Un otage est une personne retenue prisonnière par un preneur d’otage, et dont la vie sauve et la libération dépendent d’une exigence à remplir par une tierce partie.(Wikipédia)

Les déconvenues des voyageurs privés d’avions ou de trains sont fâcheuses.

Convenons-en.

La vie des voyageurs est-elle néanmoins menacée? Poursuivre la lecture de « Otage, ô désespoir,… »

D’abord les vacances, la retraite ensuite…

Blog de velomaxou : Vélomaxou, le blog d'un cyclo mulhousien, D'abord les vacances, la retraite ensuite...

vélomaxou

Dans notre société de zapping généralisé, toule monde est pressé
de passer à l’épisode suivant.

Bloquer les dépôts d’essence, c’est bien beau, mais maintenant
il faut penser aux choses sérieuses: partir en vacances!

Cette transhumance « franco-bourgeoise » rythmée toutes les six
semaines par les vacances scolaires est devenue un dogme que rien
ne saurait altérer.

Heureusement, les stations d’autoroutes, comme par hasard, sont
toutes approvisonnées!

C’est pourquoi tous ceux, impassibles, qui voyaient le mouvement
ouvrier et des jeunes se radicaliser, presqu’avec sympathie, se
rendent soudain compte qu’ils risquent ne pas pouvoir prendre leurs
bagnoles à la fin de la semaine.

Idem pour nos sinistres Ministres qui s’empressent de faire
voter les lois en urgence pressés d’en finir avec ce
cauchemardesque conflit des retraites.

Idem pour les médias. Après le sauvetage en direct des mineurs
chiliens et sa mise en scène mondiale habilement orchestrée, après
l’audace passagère des syndicalistes français contre la réforme des
retraites, ils vont devoir trouver autre chose à se mettre sous la
dent…

Cette tentative de faire taire la rue par tous les moyens
pourraient bien rebondir ces jours prochains dès lors que les
décideurs publics ont choisi de faire un hold-up sur notre destin
démocratique, une sorte de confiscation du pouvoir.

Rien que pour jouer le pourrissement!

Les pieds dans le plat

Blog de velomaxou :Vélomaxou, le blog d'un cyclo mulhousien, Les pieds dans le plat

Ce matin encore, la Grande Surface « Carrefour » de Mulhouse est
en panne de carburants; toutes les pompes sont fermées.

Dans un processus de vente aux ménages qui sous-tend
l’utilisation massive de la voiture pour faire ses courses, la
défaillance de la station « Carrefour » n’est pas banale. C’est même
une contre-performance pour ces pétroliers opportunistes qui ont
choisi de couler les petits débitants au fil du temps.

Cette pénurie là ne concerne que les
consommateurs-automobilistes. C’est vrai! Soit la grande masse des
usagers.

Dès lors, si la pénurie devait perdurer, elle mettrait en cause
le déplacement des clients vers les grandes surfaces alimentaires
et impacterait directement notre modèle de consommation.

On comprend donc tout l’intérêt à faire que ces blocages
pétroliers cessent au plus tôt…

Les cyclistes inconditionnels comme Vélomaxou ne sont pas
concernés.Lui qui s’entête à ne faire que des petites courses de
quartier sur son vélo se déjoue facilement de ces pièges à autos au
point même qu’il en a mauvaise conscience vis à vis des « camarades
travailleurs ».

Cependant, on ne peut se réjouir d’une situation qui confirme
une chose: les automobilistes sont devenus incapables d’imaginer
des alternatives au déplacement motorisé.

Oh, la critique est facile!

Le porte-monnaie pressuré par les emprunts, l’angoisse d’être
empêché de se mouvoir comme bon nous semble, ne prédisposent pas à
prendre des résolutions urgentes et radicales.

En ont-ils seulement le choix? ou la volonté? quand on voit les
merveilles de technologie et de marketing mises en oeuvre par les
constructeurs automobiles.

Il faudrait être fou comme un cycliste patenté et endurci pour
ne pas céder à la tentation.

Comment faire pour aller travailler en Suisse tôt le matin
lorsqu’on est travailleur frontalier?

Comment aller déposer et reprendre ses enfants à l’école tout en
s’éclipsant de son travail au dernier moment?

Comment faire ses courses à Carrefour ou à Cora ou à Auchan
autrement qu’avec sa voiture juste avant de s’installer devant
TF1?

Ces trois exemples là suffisent à démontrer que notre mode de
vie s’accompagne de l’utilisation incontournable de la voiture.

Faute de quoi, tout dans notre emploi du temps se grippe.

Le mono-modal du tout voiture n’est pas prêt de s’éteindre.

Dès lors, pourquoi s’escrimer à proposer des solutions de vie et
de transport alternatives? la marche à pied? le vélo? le tram? le
train?

Ce formatage de la société de consommation ne facilite pas la
prise de conscience de nos concitoyens, au point même que les
écologistes, de tous poils, sont aisément caricaturés comme des
zozos par une grande part de la société tous bords confondus.

La preuve en est que le Grand Contournement Est routier de
Strasbourg (GCO) est attendu comme le Messie par la plupart des
usagers.

Avec la bénédiction des Autorités.

Au diable les arguments écolos, pourvu qu’on garde l’ivresse du
volant!

Et si les inconditionnels du « tout voiture », fâchés d’être
rationnés, se mettaient subitement « à penser  » leurs déplacements
autrement?

 

 

Les porteurs de journaux de « l’Alsace » reportent…

Blog de velomaxou :Vélomaxou, le blog d'un cyclo mulhousien, Les porteurs de journaux de 'l'Alsace' reportent...

cliché x

A pied, à vélo ou en voiture, les porteurs du journal « l’Alsace »
« reportent ».

Après trois jours de grève, le conflit a pris fin.

Ce matin le journal pèse très exactement 457
grammes. C’est dire s’il redémarre très fort!

Près d’un demi-kilo dont 156 grammes pour la
publicité CORA « spéciale Pâques » contenue à l’intérieur.Soit le
tiers du poids!

On ne sait pas si les grévistes ont obtenu gain de cause mais le
conflit aura au moins permis d’en savoir un peu plus sur ces
travailleurs furtifs qui parcourent nos rues dès potron-minet et
parfois avant.

Ainsi un porteur s’exprimant sur le forum du
journal « l’Alsace » nous apprend qu’un porteur peut distribuer 125
journaux en 1h30 pour un revenu mensuel net de 237
euros.

A ce prix là, 5.26€/h, on est bien en
face d’un exemple de tous ces « petits boulots » qui constituent
notre sous prolétariat.

Bien en-dessous du SMIC à
8.82€/h!