Vivre encore, un peu


la mini retenue de Kruth est en service. Je crois qu’il y a une passerelle en préparation. J’ai du mal à dire quelle est cette ferme auberge sur le plateau

J’ai hésité sur mon titre…j’ai déplacé la virgule. J’avais d’abord écrit « vivre, encore un peu » mais ça rappelait « encore un peu, monsieur le bourreau » alors j’ai écrit « vivre encore, un peu ».

Oui vivre encore puisqu’on ne peut se priver de tout avec cette épidémie qui enfle avec ses chiffres effrayants. En soixante dix ans, je n’en ai aucun autre souvenir. Sauf peut-être des trucs insidieux comme la légionellose. Le SRAS ne me dit plus rien. La grippe? je ne l’ai pas encore eue et je suis vacciné même si ce n’est pas infaillible.

A ma femme, je dis que le pire serait une guerre nucléaire ou bactériologique, intense, soudaine et terriblement dévastatrice et chaque matin on est encore là. Les embrassades sont-elles aussi à risque? bien sûr. Alors chaque matin, « m’as-tu donné le baiser empoisonné? »

Lorsque j’étais biffin on nous abritait sous l’escalier du dortoir pendant les exercices NBC. Maigre protection! L’inculture de nos contemporains en terme de risques me sidère chaque jour. Comment se protéger d’une catastrophe nucléaire? de l’effet de souffle? de l’irradiation? alors pour un virus en circulation, c’est pareil.

Je songe à l’après-virus. Je suis donc optimiste. Tous ces experts qui vont dresser des bilans de nos réussites, de nos erreurs, des conséquences sociales, politiques, économiques et de notre regard à la vie. Crise générationnelle, nos enfants seraient des réservoirs à virus et achèveraient les aïeux plus vite. C’est cruel comme raccourci. C’est ce qu’en disent les experts.

L’Europe a fait « pschitt »

Elle se referme sur ses frontières internes. Chacun chez soi! Veuillez rentrer vite fait chez vous. Ne riez-pas: devant les rayons vides de supermarchés, certains champenois vont jusqu’à évoquer les années quarante…

Quelle débilité, c’est pour quand l’exode, les Allemands arrivent bientôt, c’est pas possible je reviens de cora Saint Dizier pour simplement retirer un colis, impossible, une queue de 300 mètres au drive, des gens attendent depuis 16h, certains sortent avec des chariots énormes

Italien je suis

Le spectacle italien me désole. C’est un peuple que j’aime et leur désastre épidémique, plus de mille morts, préfigure ce qui peut nous arriver dans quelques jours si nous manquons de soignants et de matériels. Songer que c’est la Chine qui a ravitaillé les Italiens restera gravé dans nos mémoires d’européens pendant longtemps. L’idée européenne a pris une grande claque. J’espère qu’il n’est pas vrai qu’on a vendu nos masques au Chinois comme le colportent les réseaux sociaux. Je n’ai pas vérifié.

Les vieux espèrent encore vivre un peu, alors ils se terrent dans leur tanière. Les autres font comme ils veulent. Ils vaquent à leurs occupations habituelles, vont au bistrot, grattent un Keno, puis déambulent dans les rayons du supermarché.

Qu’on ne s’y trompe pas: traiter d’idiots tous ceux qui dévalisent les magasins n’est pas malin non plus. Car faire des provisions de bouche évite d’aller plus souvent au magasin. Après tout, ce qu’on nous prédit c’est que le virus peut atteindre jusqu’à 80% de la population…et donc on pourra côtoyer huit personnes sur dix infectées dans les allées.

A la recherche d’air pur

Hier l’air froid venu du col de Bramont descendait jusqu’à Wildenstein, puis glissait sans bruit sur le lac. Les promeneurs nombreux s’appliquaient à parcourir le tour du plan d’eau, enfant y compris puisqu’il faut bien occuper les scolaires en panne d’école.

Les Huskys, des chiens qui aiment la nature

Les chiens de traineaux sont enragés. Cette année ils n’ont pas eu de neige, alors les maîtres les promènent attachés à la ceinture ou à un vélo. Trois chiens comme ceux-là, si vous n’y prenez garde, ils vous trainent par terre si vous trébuchez sans avoir le temps de vous relever.

Une campagne éclipsée

Ils auront fait le job jusqu’au bout. Bravo les gars!

J’ai cherché les panneaux. J’en ai trouvé un difficilement dans la cité. Les candidats se sont sûrement démenés avec l’énergie du désespoir. Des invitations à débattre clairsemées, du porte-à-porte risqué pour enfin aboutir à l’échéance incertaine.

On parlera des élus de l’épidémie. Plus tard. Des grognards de la démocratie locale.

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