Chronique de pandémie

Comme ces fourmis agitées devant leur fourmilière fracassée, la France bricole

La France bricole. Pas seulement ses masques!

Pas toute la France, non. Celle de la petite bourgeoisie des classes moyennes assignées à résidence.

L’autre France, celle des « utilités » turbine à cent à l’heure. C’est un peu celle qu’on appelait la France « d’en bas », celle que Macron canardait à coups de LBD et qu’il remercie chaque jour pour leur dévouement à la cause publique. Cette France là, on en a besoin encore un peu. Alors on la congratule. La politique est une grande arnaque, je n’en ai jamais douté.

La France qui bricole s’est installée dans une indolence provoquée par le confinement. Les files des « drive » s’allongent avec les berlines des CSP+, ces retraités aisés, ces mères contraintes au foyer toutes masquées tandis qu’un employé charge les coffres généreux de victuailles et de produits d’entretien.

Au pied des collines sous-vosgiennes, le vignoble travaille. Au petit matin, les fourgons grimpent dans les chemins escarpés du Rangen. Si la vigne va, c’est que tout va bien, pense t-on! Devant la vigne, les fumées de l’usine Cristal, immuables, témoignent que la planète tourne encore.

Pourtant, il semble que la France s’est arrêtée. Tout mon voisinage est là depuis des semaines. Ici des enseignants, là un chimiste, et là-bas un pilote de ligne. On entreprend les travaux de la maison, ceux du jardin, habituels en cette saison et d’autres moins urgents comme le rangement des garages et des buanderies maintes fois reportés.

Les enseignants enseignent-ils? on me dit que oui. Par internet interposé. Fini l’enseignement magistral en haut de l’estrade, c’est une messagerie électronique qui y supplée et les parents qui s’y collent.

Le pilote va t-il reprendre son avion de ligne? se pose t-il la question de son devenir? pas facile avec la distanciation imposée d’embarquer des passagers confinés comme des sardines dans une atmosphère pressurisée d’Airbus! L’état, en faillite depuis Fillon, envisage de racheter Air France…comment va t-il payer? Avec de la monnaie de singe, pardi!

Les malades s’empilent par centaines

On ne sait pas. On ne sait rien d’autre que ce que les pros de l’information veulent bien nous dire. Ici à vingt kilomètres de l’épicentre de l’épidémie, très peu de choses filtrent. Mulhouse est un peu devenu le Wuhan français malgré lui. C’est une inconnue sur laquelle se penche le CNRS. Attribuer la cause de tous nos maux à un Rassemblement Évangélique, c’est un procès en sorcellerie commode dont beaucoup se contenteraient. On sait juste que les malades s’empilent par centaines. Impossible de se rendre compte du ballet des ambulances… et des corbillards, l’accès à la zone nous est interdit puisque nous n’avons pas de raison d’y être. Sauf si l’on tombe malade!

Le gouvernement gouverne t-il?

Je m’interroge. Les agences de presse distillent des infos toutes contradictoires sur ce que pourrait être l’après-confinement. Le mot déconfinement fait peur au pouvoir, il ne veut plus l’employer de crainte de voir exploser le virus que les épidémiologistes désemparés appellent saloperie.

Un bateau ivre qui ne sait pas trop quoi faire de sa cargaison épidémique

Le gouvernement gouverne t-il? Il est un peu comme ces marins qui tentent dans le brouillard d’entendre une corne de brume capable de les détourner d’un écueil fatal. Impossible de naviguer à vue, le virus est trop indomptable, alors on navigue à l’estime. Le bateau France est comme ces grands paquebots de croisières repoussés de port en port, un bateau ivre qui ne sait pas trop quoi faire de sa cargaison épidémique. Alors on ère.

La conduite à tenir est terrible pour nos gouvernants dont les vents contraires et soudains le font aller aller à hue et à dia. Le capitaine dont on mesure l’émoi, projeté si jeune en pleine tempête, n’a pas près de lui un vieux capitaine Haddock capable de l’aider aux gouvernes pour déjouer les récifs qui menacent.

Dans le haut-parleur de l’Etat, une speakerine nous délivre un verbatim fastidieux qui ne convainc pas. Comme pour nous faire attendre des jours meilleurs.

Pendant que la France bricole, elle n’a pas le temps d’avoir peur. Quand le monde d’après viendra après la tempête, il sera temps de panser les plaies béantes de l’épidémie et de reconstruire l’édifice. Comme ces fourmis agitées devant leur fourmilière fracassée.

Il est déjà quatre heures. Je vais tenter de dormir un peu.

Sausheim

Acrylique sur papier 24×32. Ces petites maisons alsaciennes sont les seules que possède Sausheim. Elles sont amoureusement entretenues par les propriétaires.

Reprendre ses pinceaux n’est pas facile. Voila dix jours que je n’y ai pas réussi. Il faut de la motivation. Comme pour le vélo.

J’ai habité près de vingt ans à Sausheim (Haut-Rhin) périphérie de Mulhouse.

J’ai emporté avec moi une malle en carton contenant toutes mes aquarelles indignes. Je veux dire les ratées, celles qu’on déchire, celles qu’on lave sous le robinet d’eau.

J’en ai extrait quelques unes avec tristesse car elles avaient ce petit manque de supplément d’âme permettant de les réhabiliter.

Alors j’ai commencé à en « reprendre » une à l’acrylique. L’acrylique c’est le cache sexe de l’aquarelle ratée.

Quand l’acrylique est aussi ratée, il n’y a plus d’espoir, c’est le traitement de la dernière chance.

Chronique de pandémie

Le confinement profite au marché du Home-Trainer et à Amazon

Je doute, tu doutes, il ou elle doute.

Nous sommes entrés en zone d’attente. L’attente de la sortie. Un peu comme ces prisonniers en fin de peine qui attendent de voir les portes du pénitencier s’ouvrir en grand.

Se faire des illusions n’est pas de circonstance car on sent que le pouvoir, les pouvoirs hésitent. Ils se concertent en douce, sans le dire, et doutent aussi sur les mesures à prendre. La France, son centralisme, a démontré son incapacité à circonstancier ses décisions. On a vu les dégâts d’une politique du tout ou rien. Tout s’est arrêté et fatalement plus rien ne marche. Les commerces, les coiffeurs, les jardineries, les écoles, les usines, les déchetteries, les transports aériens,…sans parler du monde des loisirs et du sport.

Car ils doutent eux-aussi sur la conduite à tenir pour sortir la France du marasme total dans lequel nous sommes plongés.

Le tiraillement, le déchirement entre les injonctions sanitaires et économiques est tel que tout le monde n’y comprend plus rien face à un Covid-19 invisible et saisissable.

André Comte-Sponville, le philosophe, s’insurge « Il n’est pas question que l’on nous enferme indéfiniment pour une maladie » et demande de « prendre davantage en compte la souffrance des gens confinés »(source)

Vu des médecins, l’argumentation philosophique n’est pas recevable, il faut arrêter la pandémie d’abord. A tout prix.

On va donc assouplir la contrainte puisqu’il faut l’admettre: le confinement a un effet limité difficile à démontrer. Éviter les rassemblements? oui! Maintenir la distanciation sociale? oui! Mettre des masques? oui, bien sûr…et continuer à se laver les mains.

La difficulté de la France est démographique. On a confiné sans aucun discernement des zones rurales immenses qui ne le méritaient pas . On a mis à genoux toute notre économie et notre chômage difficilement contenu va à présent exploser. Voila pour le bilan économique.

Le bilan sanitaire est celui que l’on sait: un désastre! Inutile d’y revenir. Il reste une inconnue: celle que l’opinion acceptera d’inscrire au passif de nos politiciens qui se sont succédé depuis 30 ou 40 ans et qui ont mis l’hôpital en grande difficulté.

Je suis assailli de promotions sur Facebook pour acheter un Home-Trainer. Ils doivent savoir là-haut que je suis un acheteur potentiel. Je résiste. A qui bon transformer un engin de mobilité, de liberté en outil statique et d’enfermement? C’est absurde.

Les masques arrivent…on les attend!

Un milliard de masques à récupérer en fin de vie, un beau challenge pour le marché de l’environnement

Je crains le pire. A t-on au moins prévu une filière de récupération et de décontamination des masques usagers suffisamment contraignante pour ne pas les retrouver au bord des routes ou dans les squares?

Chronique de pandémie

L’intubation, le seul moyen de tenter de sauver les malades en détresse respiratoire

Appuyer là où ça fait mal, c’est un réflexe masochiste.

Je vais pourtant le faire vis à vis des chiffres de l’épidémie publiés ce matin en Alsace.

Il apparaît clairement que le virus est plus « méchant » dans le Haut-Rhin qu’ailleurs puisque c’est là qu’on en meurt le plus

le 20 avril (sources Santé Publique France)Bas-RhinHaut-Rhin
patients hospitalisés1021976
décès à l’hôpital435639
Une mortalité bien supérieure dans le Haut-Rhin par rapport au Bas-Rhin qu’il faudra nous expliquer. Plus tard.

Les masques arrivent…

L’imbroglio des masques qui arrivent est une véritable saga. Certes on voit de gros avions Antonov russes remplis de millions de masques arriver sur le tarmac des aéroports, mais on se demande ce qu’ils deviennent ensuite.

Selon Médiapart, il y a une embrouille sur les livraisons de masques…

Depuis l’atterrissage du premier avion du « pont aérien » le 30 mars, la France a importé 178 millions de masques, avec une progression impressionnante : 34 millions la première semaine, puis 63 et 81 millions les semaines suivantes.

Au total, sur trois semaines, Édouard Philippe annonce 178 millions de masques importés, alors que les Antonov du « pont aérien » n’en ont livré qu’environ 90 millions à l’État.
Avant les livraisons, cette stratégie mêlant embrouille et opacité était déjà à l’œuvre au niveau des commandes de masques. Elles seraient passées, entre le 21 mars et le 8 avril, de 250 millions à « pas loin des deux milliards », selon Olivier Véran.
Où sont allés les masques livrés à Vatry par l’Antonov 225? Mystère…

On se souvient qu’à Bâle-Mulhouse, le préfet de région avait préempté des masques à destination de Bourgogne-Franche-Comté dès l’atterrissage de l’avion venant de Chine.

Les masques sont devenus une marchandise rare réclamée par le monde entier et les Etats peu rompus au rôle d’importateur avec le Chine ont énormément de mal à trouver des fournisseurs fiables et à éviter les arnaques de producteurs indélicats.

J’ai trouvé un moyen simple pour entrer dans les commerces: un mouchoir grand format!

Assigné à résidence mobile

Je me suis souvent demandé comment font les SDF pour vivre confinés.

Dans leur immense majorité, les familles de voyageurs ont anticipé le confinement, en se rendant sur des terrains privés qui leur appartiennent, ou en se postant sur des aires d’accueil, avant même la demande des autorités. (source)

Notre route 66

Quel lecteur perspicace saura reconnaître les lieux?

Elle va devenir mythique, notre route 66, si elle ne l’est pas encore

Une fois passé le col de Bussang, nous voici dans le département des Vosges

C’est par là que l’exode devrait avoir lieu. Puisque fuir l’occupant a été déjà testé dans le passé, pourquoi ne pas récidiver face à l’ennemi invisible qui persiste à nous décimer.

Il ne faut pas croire à la décroissance du virus. Le jeune médecin et pasteur Jonathan Peterschmitt, membre de la Porte Ouverte, cette communauté évangélique qui a défrayé la chronique refuse qu’on stigmatise à outrance sa réunion évangélique…et indique que de nombreux enfants souffraient alors « d’une épidémie « grippale » inhabituelle [qui] circulait dans les milieux scolaires du secteur, augmentant l’absentéisme de manière très nette »

Puis en comparant la situation avec notre voisin allemand, le médecin s’étonne…

« Nous avons sensiblement le même niveau de contamination mais une mortalité 4 fois plus élevée. La différence se trouve peut-être, au moins en en partie, dans la différence de prise en charge des malades. La médecine de terrain est sinistrée, j’exerce dans un désert médical selon les critères de l’ARS et pourtant je ne suis qu’à 15 minutes de Mulhouse »(DNA 20 avril)





La RN 66 y mène

Oui, c’est par la RN66 que nous allons partir dès que l’occasion nous en sera donnée.

Le docteur Dominique Petit est venu de Cagnes-sur-Mer renforcer les soignants et que déclare t-il dans les DNA de ce matin? que la situation est désastreuse…

Cette route nationale 66 n’est pas difficile à vélo.

Avant le déclassement de 1972, elle possédait également un tronçon de Bar-le-Duc à Épinal ; de plus, certaines cartes du XIXe siècle attestent que le tronçon de l’actuelle route nationale 57 d’Épinal à Remiremont a appartenu un temps à la route nationale 66. (Wiki)

Je l’accommoderai à ma sauce. A partir d’Epinal elle devient la D166 jusqu’à Neufchâteau, puis la D966 jusqu’à Ligny-en-Barrois. 256km jusqu’à Bar-le-Duc.

Gondrecourt-le-Château

Le parcours est pittoresque et passe par Contrexéville, Neuchâteau, Domrémy-la-Pucelle. Les « Vouthon » sont des grimpées gratinées. Puis après Gondrecourt-le-Château, c’est relax le long de la vallée de l’Ornain jusqu’à Bar-le-Duc.

Ce matin j’ai donc préparé ma fuite par la RN66 déserte

Vieux-Thann RN66

Les potins du lundi de pandémie

Je t’aime maman

Même les blogs souffrent de la crise pandémique. Je joue franc-jeu avec mes lecteurs: l’audience de vélomaxou est en chute libre et je pourrai, moi aussi, déposer le bilan à court terme.

Encore un mois et j’en aurai terminé si le virus ne me croque pas avant.

Vélomaxou en chute libre

Avec 5400 vues en mars 2020, vélomaxou enregistre son plus mauvais score depuis 2012

Inutile de tergiverser, lorsqu’on sort de son domaine, on perd de l’audience. J’imagine que tous ceux qui parlent de sport ou de loisirs de plein air sont touchés par le confinement. Sauf peut-être les sports de méninges comme les échecs ou le sudoku.

Confinement oblige, il faut meubler le terrain, préparer la sortie de crise. Il est vrai que l’Etat n’a pas aidé le vélo dans sa gestion. Trop de têtes d’œufs assurément dans les ministères. Le vélo aurait pu être un allié de la distanciation sociale en évitant les transports en commun, éviter que les gens se concentrent dans les quartiers en ouvrant le champ libre aux pistes cyclables aux voies vertes. Non au lieu de ça, l’État a fait tout le contraire jusqu’à interdire toute randonnée aux marcheurs et cyclistes…et pire en pourchassant à motos les usagers des pistes cyclables ou en hélicoptère les vététistes dans les cols vosgiens. C’est la France des villes qui doit donner le la à la France profonde. Y compris dans les zones en désertification.

En France on arrête tout. Même le vélo!

Je le dis sans retenue, on a des nuls au pouvoir. Comme si la France était indécrottable vis à vis de ses voisins. Attendons de voir la suite avec le déconfinement et une probable différenciation selon l’âge et les territoires.

L’usage immodéré de la planète par l’humain

Las! Philippe, le premier ministre, vient nous annoncer que demain ne serait pas encore comme avant. Il a mis deux heures hier pour ne rien dire d’autre.Pour un gouvernement sans âme, sans imagination, il est difficile de changer de modèle. Le changement ne pourra donc venir que d’en bas.

J’imagine peu à peu le profil de mes prochaines années, les adaptations à mener pour tenir compte des dangers potentiels de la contamination. Une méfiance vis à vis de l’autre, une distance naturelle, l’absence d’effusions inopportunes, une retenue de nos enthousiasmes, la perte des valeurs collectives, un renoncement à la fraternité…

Puisqu’il faut l’admettre, le virus est inattaquable et vient sanctionner un usage immodéré de la planète par l’humain, cette exacerbation de nos modes de vie transcendée par le transhumanisme. Ceux qui tiraient le signal d’alarme sont restés inaudibles, on consomme trop, on tire trop sur le capital terrien, tous ces échanges mercantiles sont inutiles…Quand on va enfin venir à bout du pic, soyons-en sûr les transports aériens vont reprendre comme avant pour ne pas laisser pourrir les zincs sur le tarmac.

Pourtant le virus continue d’agiter la planète comme l’illustre l’Antonov 225 venu hier livrer à la France des masques depuis la Chine. Les Chinois sont encore nécessaires à notre survie puisqu’eux seuls sont capables de les produire en masse.

150 tonnes de masques venus de Chine et autant de CO2. Au moins!

Réinventer sa liberté

On ne sait pas encore si un vaccin pourra sauver la mise. En attendant il va falloir apprendre à vivre tout en se protégeant. Comme on a du le faire pour le SIDA.

Le coronavirus se transmet par les postillons et le contact de surfaces contaminées. C’est ce qu’on sait en attendant d’en savoir plus…

Il est manifeste que la population est exposée particulièrement là où il y a beaucoup de monde. Si on peut éviter de voir du monde, n’hésitons pas!

Pour mes vacances cet été, je vais choisir le camping le plus pourri de la France profonde. Celui où personne n’osera aller.

Chronique de pandémie

Forêt de Haye Les baraques A31 Nancy.

Les Nancéiens vont-ils nous rendre jaloux?

Un ami qui habite non loin de Nancy me dit que le confinement ne le dérange pas. A une encablure de la Forêt Domaniale de Haye, son VTT assume pleinement son office dès qu’il atteint ce magnifique domaine forestier.

Une Brigade Verte? Connait pas!

Les effets du confinement ne sont pas tous aussi rigoureux d’une région à l’autre combien même habiterait-on le fameux Grand Est.

Ici à Thann, j’ai du mal à m’éclipser en forêt car il me faut franchir au moins le parcours Vita fort connu des autorités et de surcroît interdit d’usage.

Alors je sursois.

Du confinement à la carte en fonction des territoires aurait été préférable (Paysage du Dervois)

Des « quatrième ligne » incapables de se livrer à la mêlée

Ce matin, les Seniors font parler d’eux dans la presse locale. L’idée murmurée par le chef de l’Etat qu’on pourrait encore rester enfermés en faisant de nous des citoyens de seconde zone passe très mal. Macron parlait de nous comme d’une équipe de réserve, des « quatrième ligne » incapables de se livrer à la mêlée, une classe sociale à part qu’on pouvait distancier à merci pour ne pas faire exploser les compteurs de la tragédie lors de la prochaine vague de l’été.

Le mauvais tour du virus corona

Il est vrai que le pouvoir est aux abois: le désastre est accompli sur le plan sanitaire avec déjà plus de 20.000 morts et les grands médias font de leur mieux pour éviter d’appuyer là où ça fait mal. Alors les regards se tournent vers les USA, l’Espagne, la Grande Bretagne. Ceux qui cherchent la martingale de ce mauvais tour que nous joue le virus corona en sont réduits aux hypothèses.

Les démocraties, molles ou dures, ont l’immense inconvénient de ne pas convenir aux injonctions épidémiques. Moins bien en tous cas que les dictatures communistes qui scellent votre porte palière pour s’assurer que vous ne sortez pas.

Il faudra en convenir, remettre le nez dehors au-delà de notre frontière circulaire va demander une sacrée attention dans les gestes de précaution, les fameux gestes barrières. Masques, distance, lavage de mains, gels,…nous ne devrons rien oublier. J’ai cet avantage d’être un solitaire et de ne pas apprécier les foules. Le premier endroit à fuir sera celui du shopping et des restaurants…et des coiffeurs. J’en connais, des sénioritas, qui ne vont pas apprécier.

Embrassons-nous, Folleville!

Le problème du déconfinement viendra d’abord de tous ces gens qui ne vont pas se comporter de façon adaptée. Le relâchement des gestes et des comportements recommandés vont donc constituer une inconnue de taille…et il est fort à craindre que la France, une fois encore, se montre incapable de doter tout le monde de masques de façon concertée et mesurée.

J’ai déjà pris une longueur d’avance avec le Drive Leclerc. La commande à l’ordi, le paiement, le flash-code à la borne, le coffre ouvert, les sacs consignés rendus, tout est à distance sociale. La déshumanisation a pris un tour diabolique. Je ne vois le livreur qu’à l’envers dans le rétroviseur.

Des Paris-Match et des Closer poisseux

Mon toubib est au bout de la rue mais je me garderai d’y aller car les cabinets des médecins sont des nids à microbes et des merveilles du confinement coronaviral. Pendant longtemps, on nous a laissés mariner dans des salles d’attente bondées en feuilletant des Paris-Match et des Closer poisseux et les généralistes se plaignent à présent de ne plus voir leurs pathologies habituelles. La télé-médecine Whatsapp est à l’œuvre. J’imagine la secrétaire médicale commencer par regarder votre bobine au format 6×12 de l’iphone et commencer à mesurer votre état de gravité avant de vous mettre en attente…

C’est où que vous avez mal? montrez-moi!

Si c’est une grosse hernie inguinale qui vous chatouille, l’exercice télévisuel sera des plus périlleux. Le fond de la glotte aussi.

Les secrétaires médicales sont formidables. Avant même d’entrer en consultation, on sait déjà tout de vous dans la salle d’attente, nom, âge, adresse et pathologie suspectée.

Et le vélo dans tout ça?

Certains de mes lecteurs fidèles s’étonneront de mes digressions. J’avoue être loin du vélo. A mon corps défendant, force est de constater que les autorités ont tout fait pour casser le mouvement balbutiant en faveur du vélo en ville et en périphérie, profitant du confinement. Aujourd’hui encore on chasse le cycliste et on lui ferme les accès aux ouvrages dédiés. Ne parlons pas du vélo-loisir! Il a été décimé dès le départ.

Je ne crois plus à l’intelligence de l’Etat. Je n’y ai jamais cru.

Dès lors beaucoup se sont lancés dans le jogging au grand désarroi de la maréchaussée qui ne sait plus comment nous dissuader de faire du sport en plein-air.

Les grandes avenues vides de nos métropoles étonnent. On pourrait y bicycler en paix sans pollution et même rendre à la nature la moitié des surfaces en y plantant des forêts.

De l’utopie!

Activité physique individuelle

Je suis assez fier d’avoir encore des clichés sympas à ma portée lors de ma balade

Activité physique individuelle. C’est comme ça que c’est écrit sur l’attestation.

C’est devenu une habitude. J’ai à présent mon parcours attitré. C’est le plus long qui épouse les contours de mon champ de jogging autorisé. Je ne réfléchis plus où aller.

Ce qui me plait c’est le cliché sympa à prendre. Ils sont rares. Alors je sors l’objectif, cli-clac, c’est dans la boite, je veux dire sur la pastille de silicium.

Aujourd’hui j’ai du faire face à une chaleur inhabituelle qui m’a obligé à puiser dans mes ressources. Chut! ne le répétez pas, j’avais un cardio moyen de 148 dans l’heure. Le vibreur, calé à 146, n’a pas arrêté de me rappeler à l’ordre. Mon compteur m’octroie royalement 713 kcal d’énergie dépensée. Pour moi c’est aussi difficile sur le plan cardio que de monter le Hundsruck à vélo.

Finalement je suis un petit joueur dans la discipline. Un bon quart d’heure après la douche, mon corps continue de ruisseler. J’éponge.

Aujourd’hui j’ai réussi à faire tenir 8 km dans l’heure. Quand je suis au bout de ma rue, je regarde mon bracelet…7,75 km…c’est bon il reste 250m.

Chronique de pandémie

La Oldsmobile de 1938 conduite par Milly devait ressembler à celle-là

Faut pas dire j’aime pas avant d’avoir goûté! J’ai entendu cent fois cette phrase de mes parents devant mon assiette de petits pois.

Alors oui, je viens d’avaler un « Marc Levy », Une autre idée du bonheur (Pocket). Je ne suis pas adepte de ce genre de lecture, le thriller. Mais confinement oblige, on se rabat sur ce qu’on a. Moins indigeste que mes petits pois toutefois.

Depuis janvier 2017, des histoires de Marc Levy sont proposées, illustrées, chez McDonald’s dans leurs menus Happy Meals (Wiki)

A la réflexion, le titre est bien choisi, il me rapproche de ce que nous vivons avec notre enfermement conditionnel du au Covid. L’héroïne se barre de trente ans de geôles amerloques et traverse l’Amérique par la route 66, un Marshal à ses trousses.

Ma route 66, je l’ai aussi ici qui passe à Thann.

Ma route 66 pourrait servir à ma fuite prochaine

La route 66, celle qui passe à Thann, est aujourd’hui devenue ma ligne de démarcation; je ne dois pas la franchir pendant la pandémie. Sinon je sors de mon rond. La franchir pourrait conduire à aggraver notre cas, mon cas.

Hier je me suis limité à marcher à l’ouest de la ville. Je le dis à ma femme, c’est la coronavirée du jour. Les couples arpentent les rues de leur quartier, échangent des regards tout en gardant leurs distances. Le Thannois est discipliné. On change de trottoir pour se croiser. On parle à voie basse et l’on devine derrière les haies résidentielles toutes ces familles confinées qui s’abandonnent à un farniente pré-estival.

Corona et corona

Il y a corona et corona. Toute la France ne vit pas la pandémie de la mème manière. C’est cette carte parue ce matin dans le journal local qui nous le révèle. Habiter à Guéret ou à Mende n’a rien à voir avec Mulhouse ou Colmar. Une pandémie? où ça? Il est clair que si l’on impose les mêmes règles de confinement dans ces régions, elles doivent être difficiles à accepter.

L’épidémie est en fait limitée au Grand Est et à l’Ile de France. Raoult n’a pas eu le terrain d’expérimentation capable de démontrer l’inutilité de son traitement. Tant pis pour lui!

Vous reprendrez bien un petit cluster…

Après un coup pareil, il est clair que l’Alsace aura perdu tout attrait pour quelques temps. Attrait économique, professionnel et touristique. Combien même cela serait immérité. J’ai mon idée sur la question. Les clusters ne sont pas neutres dans mon jugement.

  • le cluster du Haut-Rhin est né au Rassemblement évangélique de la Porte Ouverte (quel nom prédestiné!)
  • le cluster de l’Ile de France est né à la base militaire de Creil dans l’Oise où des militaires contaminés lors d’un voyage à Wuhan ont été relâchés sans contrôle.
  • Et nos chers soldats viennent de récidiver avec le porte-avions nucléaire « Charles de Gaulle » où la moitié des marins sont positifs au Covid-19! La Grande Muette jure qu’elle va tout dire…mon œil!

Je vous le dis tout net: j’accepte très mal le déclin de notre pays, son absence de discernement, ses mesures arbitraires sur les populations et in fine tous ces échecs cumulés, ces crispations inutiles.

4000 morts en Allemagne – 18000 morts en France selon l’infographie de Franceinfo du 17 avril

Cet interne est venu à Strasbourg épauler les équipes de réanimation. On lui a trouvé un logement où dormir quelques heures…

J’avais une voisine un peu bruyante et j’ai mis un petit mot à l’entrée, un mot très gentil et pas du tout agressif pour dire : “pitié, si vous pouviez arrêter, je travaille en réanimation, il faut que je dorme, je suis épuisé”. Cela a provoqué un élan de solidarité impressionnant de tous les voisins. On m’a laissé des chocolats à Pâques, j’ai eu des mots pour me proposer de faire mes courses.


Au fond de lui-même, il a de l’amertune…

Moi je suis à Bac+8, je ne compte pas mes heures, et je suis payé 1 450 euros par mois. En Allemagne, un interne touche 3 000 euros.(Médiapart)

Tout est dit!

Carré rond

7km dans un carré le long de mon rond

Que nous reproche cette distance qui nous rapproche de nous-mêmes
C’est elle qui nous entraîne si loin de nous vers nous
C’est elle que l’on n’observe qu’en observant notre ombre
Reportée sur le monde
La distance est l’ennui
Gravé dans la matière

(A bonne distance-Laurent Delabesse)

Sept kilomètres en carré dans un rond de deux kilomètres de diamètre. Je ne compte plus. J’avance comme un automate sans âme.

Quand j’arrive devant chez moi, je consulte ma montre. Il reste dix minutes de sortie autorisée. Je reprends. Pour ne rien laisser du temps libre au confinement.

Finalement ce quartier est devenu une ile.

Chronique de pandémie

Je l’aimais bien Christophe. C’était lui que je chantais, ado, quand j’allais à la plage
J’avais dessiné sur le sable
Son doux visage qui me souriait
Puis il a plu sur cette plage
Dans cet orage, elle a disparu (Aline)

La rancœur monte

Je n’applaudis plus le soir à vingt heures. Mes voisins non plus. Certains ne savent pas même pourquoi j’applaudis ainsi chaque soir à l’heure du journal TV. Je ne comprends plus le sens de cette manifestation de soutien aux soignants qui en aucune façon ne m’entendent à vingt kilomètres de Mulhouse. Et je suis pris d’un doute, notre hôpital n’est-il pas un grand mouroir à Covid-19 avec autour des médecins et des infirmières démunis? n’y entre t-on pas malade avec l’assurance d’être parmi la moitié de ceux qui vont mourir quoi qu’on fasse? Comment applaudir seulement le dévouement sans penser à tous ces échecs et à leurs familles dans la peine?

Moi aussi, j’ai exercé une mission de service public. Discrète et pourtant utile. Jamais on ne m’a applaudit. Au contraire, je n’avais que des reproches.L’exercice d’une mission de service public demande de l’abnégation, de l’empathie pour les malades, et d’être reconnu à sa juste valeur financièrement .

La funeste comptabilité des chiffres est là: le Haut-Rhin atteint ce matin les 600 morts (en hôpital) liés au Covid-19

C’est fatal après plusieurs semaines de confinement, de privations, d’injonctions, d’interdictions, d’intimidations, on en a marre.

Ce matin, les seniors s’inquiètent dans les journaux qu’on pourrait encore prolonger notre confinement au-delà du 11 mai. Au nom de notre fragilité due à l’âge et à d’autres facteurs « comorbides ». Le vieux feraient donc courir le risque au reste de la population d’aggraver la situation si on les relâche dans la nature comme des perdreaux.

La vox populi a en marre de ces injonctions idiotes qui nous interdit tout et qui nous confinent encore plus dans les centres-villes (courrier des lecteurs DNA 17 avril)

Les chasseurs, eux, tous âges confondus vont pouvoir faire un carton sur les sangliers sans problèmes, le préfet leur a donnés délégation pour nettoyer la forêt de tous ces « nuisibles ». En plus ils vont pouvoir en profiter: ils seront seuls à occuper le terrain.

La rancœur monte

Chez les randonneurs pédestres?…je ne sais pas. Mais la fédé des marcheurs a joué le jeu: elle a tout interdit comme le lui demandait le gouvernement

A la Fédération Française de Randonnée Pédestre (FFRP), le mot d’ordre a été de ne plus sortir dès le 14 mars

Chez les cyclo-randonneurs?…idem!

A la fédé de cyclotourisme, on arrête tout mais on laisse un espace flou, le fameux rond de un kilomètre et une heure n’est pas clair: on n’ose pas parler de vélo

Que la FFCT n’ait pas tenté de négocier pour ses adhérents individuels un espace de liberté en dit long sur son alignement aux consignes ministérielles.Il fallait a minima permettre aux cyclo-randonneurs de rouler seuls dans la campagne comme ont su le faire nos voisins. Raté! Ce n’est pas grave, je ne suis plus membre de la FFCT.

Chez les coureurs cyclistes?…on propose carrément de faire du vélo sur place dans l’appart.

Fédération Française de Cyclisme, le bandeau du site FFC incite à ne plus sortir

Et chez les cyclistes urbains (FUB)?

Les cyclistes urbains sont moins formels. Ils ont habilement réussi à obtenir une infographie gouvernementale qui autorise le vélo pour aller travailler et faire ses courses. C’est beaucoup plus intelligent que ces interdits posés par les autres organisations.

Bandeau site de la FUB

La Fédération Française du Sport Boules (FFSB) est la plus ennuyée. Comment jouer aux boules en respectant la distanciation sociale!

Afin de faire face à la crise sanitaire liée à la pandémie de Coronavirus, toutes les compétitions et tous les rassemblements boulistes sont suspendus jusqu’à nouvel ordre.
Cette décision prend effet à compter de vendredi 13 mars 2020.

peut-on lire sur son site.

Allez hopla, encore une manif familiale de vélo qui saute

La rancœur monte d’autant plus que les seniors jusque là ont joué le jeu du confinement en restant chez eux, en acceptant de ne plus voir leurs familles, de ne plus pratiquer leurs occupations extérieures, de ne plus administrer leurs associations où ils sont bénévoles parfois dans le caritatif et en guise de remerciements on parle de les confiner à nouveau jusqu’à une date inconnue qui pourrait même aller jusqu’à l’été 2021!

Il faut donc se mobiliser pour combattre cette émergence d’une société fractionnée qui distingue les individus selon leur statut ou leur âge.

Ne l’oublions pas: les retraités votent encore!

Chronique de pandémie

Vivre avec le passé (Vizille 2015)

Notre capital vélo est foutu

En ce temps là, j’avais gravi la Croix de Fer avec Jean. Pente régulière mais longue et harassante avec la chaleur.

J’ai regardé ce que disent mes confrères cyclistes hébergés sur les réseaux sociaux, sur les sites de cyclisme. Ils parlent tous pour la plupart des années passées, du bon temps, des cols gravis. Chacun y a va de sa petite larme à l’œil. Le sites cyclistes sont devenus un Tränenpalast, un Palais des Larmes, comme le mur de Berlin qu’on édifiait à la hâte. Sans parler de ceux qui se désolent de ne pas savoir quand ils pourront remonter sur leur vélo ailleurs que dans le garage sur le home-trainer.

TdF 2020

Ce n’est pas une vie, disent-ils en cœur. Pourtant des cyclistes qui vont pouvoir remonter sur leurs vélos, j’en connais, ce sont ceux du Tour de France. Un Tour de France confiné au sud de la France avec une petite incartade à la Planche-des-Belles-Filles dans le sud du massif vosgien juste avant de rentrer à Paris sur les Champs Elysées.

L’incertitude sur l’avenir de la pandémie est telle qu’on se demande comment Amaury Sport et l’UCI ont pu obtenir une telle dérogation à la fin de l’été et alors même que tous les experts es coronavirus conviennent de reconnaître qu’ils ne maîtrisent pas la suite de l’épidémie. Rassembler des milliers de personnes de toutes provenances dans la caravane du Tour et d’autres foules au bord des routes, ce serait donc possible?

Vache ou salope?

J’ai entendu deux professeurs imminents hier déclarer que ce virus est une « vacherie », selon l’un, tandis que l’autre jugeait que c’était « une saloperie ». Notez bien que les qualificatifs sont tous deux aussi insidieux et de surcroît féminins alors que le virus est plutôt du genre masculin.

Donc on ne sait toujours rien de l’avenir. Jour après jour, on convient que la date de déconfinement du 11 mai est un leurre fixé par le gouvernement à l’aveuglette. La liste des conditions à réunir pour ouvrir droit à la délivrance de « la permission de sortie » s’allonge un peu plus chaque jour.

Du biopouvoir à la biopolitique

Nous sommes entrés dans l’ère du biopouvoir. C’est la médecine qui dirige le pays et les hommes. Nul n’est besoin d’être de gauche, de droite ou du centre pour conduire la République en Marche, ce sont les médecins-professeurs qui ont pris le pouvoir.

Le Nouveau Monde-Corona succède à la République en Marche

Macron et son nouveau-monde ont fait la place au monde-corona. Ne pas s’y tromper, le monde-corona va transformer en profondeur notre rapport à l’autre. Terminé le vivre- ensemble, la fête des voisins et les cohabitations harmonieuses, finies les associations! Même les couples se déchirent dans la violence tellement le confinement les insupporte. Finalement il n’y aurait plus que l’enfant à naître qui se calfeutrerait harmonieusement neuf mois en symbiose étroite avec sa mère.

Les professeurs nous obligent

Ils disent le droit. C’est un monde professoral qui gouverne le pays. Loin du peuple. Les député acquiescent, eux qui peinent à se réunir en assemblée de crainte d’être coronavirés. Sans parler des maires dont plusieurs sont décédés. Le professeurs ont dit « on n’y comprend rien », ils vacillent sur leurs certitudes épidémiologiques. Le corona est un machin vicieux qui oblige à réviser ses bases.

Vous n’êtes pas obligés de me croire. Voici ce que j’entends dire actuellement sur les chaînes d’infos en continu par des experts médicaux…

  • Non les anticorps protecteurs ne protègent pas tout le monde une fois qu’on a eu la maladie, ils seraient trop faibles.
  • Non les tests ne sont pas infaillibles, on peut-être négatif un jour et positif le lendemain. Les tests PCR (par le nez) peuvent être négatifs et le virus déjà dans vos poumons
  • Les enfants ne seraient pas propagateurs de la maladie autant qu’on l’a cru.
  • Les masques inutiles jusqu’alors vont devenir obligatoires si on relâche tout le monde.
  • On ne sait pas si la deuxième vague de contamination redoutée ne va pas être un tsunami qui va faire s’effondrer l’édifice fragile de nos hôpitaux.
  • En l’absence de traitement évitant que le virus bouffe vos poumons, on est réduit à l’impuissance, c’est à dire injecter de l’air sur des moribonds. In fine la moitié des patients en réanimation meurent…et ceux qui en réchappent ont perdu le sens de la verticalité, ont souvent été trachéotomisés et sont à la merci d’une rechute.

Alors quand est-ce qu’on sort?

J’ai compris qu’il fallait s’adapter à un nouveau nouveau-monde, le monde-corona. Un monde à géométrie variable ou à géographie variable si vous préférez.

Ceux qu’on va mettre en première ligne, les gagne-petit du système, les ratisseurs de virus

Ceux qui vont travailler à la maison

Et tous les autres qui ne servent à rien qu’on va confiner a vitam æternam.

Inventer une nouvelle vie dans un monde monde-corona, on s’y essaie. Les vacances à la maison, la tente dans le jardin, la vie familiale à distance par skype interposé, le ravitaillement drive express, l’heure du seigneur à la télé,…tout est à réinventer. J’ai déjà un petit bungalow dans mon jardin si par malheur je devenais contagieux, je pourrais me confiner encore mieux et accroître ma distanciation sociale. J’envisage même d’y adjoindre un petit sas pour recevoir ma nourriture.

Vous avez demandé la vie normale, ne quittez-pas!

Les seniors de plus de 65 ans selon le professeur Delfraissy, grand ordonnateur du monde corona, seront confinés au moins jusqu’à mi-2021, le temps qu’on trouve le moyen de nous remettre dans le circuit normal de la vie sans crainte.

Chronique de pandémie

Le Grand Ballon de Guebwiller vide pour longtemps

Où en sommes-nous?

C’est la difficulté du moment, se situer dans le scénario de sortie de l’épidémie. A une condition: qu’on accepte de croire que le pic ou le plateau d’infection est dépassé et que tout rendre dans l’ordre tout doucement.

Confinés comme nous le sommes, fatalement on se fie aux informations des médias puisqu’il est interdit de se rendre compte de visu, puisque le fameux « restez chez vous » continue de nous être assigné.

Alors comme ça l’école reprendrait le 11 mai, signe que quelque chose bouge? Tous les acteurs de l’école, enseignants, lycéens, parents ne sont pas d’accord entre-eux.Ça commence mal.

Les retraités dont je suis un modeste représentant pourront encore attendre. On leur fait comprendre plus ou moins habilement qu’ils seraient d’une trop grande fragilité, voire un handicap, s’ils devaient tout de suite reprendre leurs activités d’inactifs: garde des petits-enfants, réouverture des associations,…et que sais-je encore.

Citoyens de première, de seconde, de troisième zone, voila comment le nouveau corps social est appelé à se déconfiner dans les prochaines semaines, les prochains mois. Remarquez que lorsqu’on voit les images des hôpitaux, on ne peut qu’être effrayés de voir ces soignants retourner d’énormes bonhommes inanimés frappés par l’épidémie.

Le monsieur pesait 130 kilos!

Hier soir j’ai regardé « Le Magazine de la santé », un documentaire en immersion dans le service de réanimation de l’hôpital du Mans (Sarthe), dans lequel les équipes du magazine ont été autorisées à filmer pendant plusieurs jours, en pleine crise du coronavirus.

On y voyait un jeune retraité tout content de sortir de son stage d’oxygénation, remerciant comme il se doit tous les personnels et un autre, hélas mal en point, que des équipes mettaient avec peine sur le ventre pour mieux profiter du respirateur. Le monsieur pesait 130 kilos!

Aurons-nous un plan de sortie?

Pour le reste, c’est à dire la suite de notre pandémie nationale, je m’attends à voir les mêmes tâtonnements, les mêmes approximations de nos services de santé. Un plan de sortie, voila ce qu’on entend de plus en plus réclamer de la part des quelques politiques qui s’expriment au lendemain de l’allocution présidentielle du 13 mai.

Oui la France semble avancer en aveugle, sans trop savoir où elle va quand d’autres, chez nos voisins, ont pris délibérément le parti d’aller de l’avant. Chez nous on hésite. On hésite devant le désastre provoqué par ces ratages en série, ces manquements qui témoignent de la grande pauvreté de nos services publics et de l’impéritie de l’Etat…et après le dramatique épisode du Rassemblement Evangélique de Mulhouse à l’origine, sans doute, de milliers de morts.

Lire le journal du matin nous dévoile la liste effrayante de ceux qui sont partis prématurément sans qu’on n’en sache les causes: on les imagine. Et aussi le grand désarroi des entreprises sans travail. La deuxième vague de décès sera certainement une vague économique, celles des voyagistes, des hôteliers, des restaurateurs…et aussi peut-être de tous ces petits commerces qui n’auront pas su attendre.

Repartir

La famille Riche ne vend plus de miel. Son magasin du Grand Ballon (image ci-dessus) est fermé pour de longues semaines. Quand je regarde la montagne depuis chez moi, j’ai de la peine à imaginer qu’il nous est interdit d’y grimper depuis des semaines. Alors avec mes jumelles, je regarde les pentes du Thannerhubel…non pas une âme en vue dans l’objectif.

De la rancœur? Oui presque enfantine. J’en veux à cet état policier d’avoir tout interdit, d’avoir assimilé les bourgades aux métropoles sans discernement des risques potentiels et d’avoir pourchassé des cyclistes et des randonneurs inoffensifs dans le massif vosgien.

Si vous avez encore un peu de temps pour lire ce matin, je vous recommande cet article signé velosolex « Librairie fermée, caviste ouvert ; l’absurde et le vélo, au temps du confinement ! »

Confinement à distance ou à isodistance?

Quel est le bon rayon?

Quel est le bon rayon de confinement?

En principe, un cycliste sait ce qu’est un rayon. Il en a plein sur son vélo.

Le fameux K5 (cas 5 de l’attestation de déplacement dérogatoire) qui permet de sortir autour de chez soi pendant une heure est assorti d’une distance à ne pas dépasser.

Cette distance est définie comme « un rayon de un kilomètre autour du domicile ». Il est alors facile de prendre un compas et de tracer un cercle de 1 kilomètre. (à partir du 3 avril 2021, le cercle de confinement est fixé à 10 km)

Le dictionnaire Larousse définit le rayon ainsi…

Distance déterminée à partir d’un centre, d’un point d’origine dans toutes les directions

Un aimable internaute a mis à notre disposition un moteur de calcul bien pratique ici

C’est à partir de ce site que j’ai tracé mon rond de confinement autour de chez moi. J’ai considéré que dès lors que j’étais à moins d’un kilomètre à vol d’oiseau, j’étais en règle. C’est d’ailleurs la carte en poche que je me balade afin de m’assurer que je suis bien en règle en cas de doute comme la Brigade Verte a déjà tenté de le faire le 31 mars dernier.

Bien en règle?…Pas si sûr! Méfions-nous des interprétations possibles de la part d’un contrôleur zélé!

Nous ne sommes pas des oiseaux et certains sites d’information comme Franceinfo ou Sudouest évoque plutôt l’isodistance calculée sur le site géoportail.gouv

On trouve aussi sur le site CCM comment ça marche? cette phrase inquiétante qui accrédite l’idée que c’est Géoportail (IGN) qu’il faut choisir et que le rayon n’est pas vraiment un rayon au sens géographique du terme.

Il peut ainsi être utilisé pour afficher un périmètre d’un kilomètre autour du domicile et estimer la zone de déplacement autorisée dans le cadre des nouvelles mesures de confinement mises en œuvre pour lutter contre l’épidémie de Covid-19. (site CCM comment ça marche)

L’isodistance, kezaco?

L’isodistance est calculée à partir du développement des rues empruntées jusqu’à obtenir un kilomètre. Ce n’est plus du tout pareil que le cercle et notre périmètre se trouve amplement réduit.

Voici l’exemple à partir de chez moi…

Le rayon géographique d’un kilomètre tout bête nous offre largement de quoi varier notre promenade hygiénique
Avec l’isodistance notre périmètre de confinement est considérablement réduit ( calcul de la zone de confinement 1km selon géoportail.gouv)

Quel est le bon rayon?

Ce qui est symptomatique qu’on se trompe avec le rayon géographique, c’est que des sites publics comme Franceinfo nous renvoient vers géoportail.gouv, le site du gouvernement. Évidemment avec l’isodistance on nous vole encore un plus d’espace de liberté. Je vais continuer de faire comme avant car si j’adopte l’isodistance, je ne vais plus pouvoir faire ma balade dans les vignes de Leimbach ni boucler mon itinéraire préféré.

Chut! je ne vous ai rien dit.

Pour les pros: une isochrone d’une heure aller et retour depuis chez vous permet d’aller plus loin que l’isodistance. Mais ce n’est plus le sujet.

A une demie-heure de chez soi en mode piéton 4km/h

Staffelfelden 2012

CADRES Mulhouse

Cyclos de Staffelfelden

2013

Du vélo avec Loisir Rixheim

2012

Chronique de pandémie

Le Home-Trainer? la guitare? la lecture? la peinture? les cyclistes peuvent faire une croix sur le vélo pendant encore de longues semaines

Tout ça pour ça!

Le 13 avril était un cap à atteindre pour le pouvoir. Macron a parlé et il a déçu des millions de gens.

Je n’ai pas besoin de notes pour retenir l’essentiel.

D’abord l’épidémie est tout juste contenue à ce jour au prix de…15000 morts et ensuite le confinement va durer jusqu’au 11 mai. Il ne manquerait plus que l’épidémie reparte pour doubler ce tragique bilan.

L’épidémie a causé 922 décès dans la région depuis le 1er mars – dont 576 dans le Haut-Rhin et 346 dans le Bas-Rhin – et ce triste bilan a franchi la barre des 2000 morts dans le Grand Est

« Comme vous, j’ai vu des ratés. Encore trop de lenteur, de procédures inutiles. Des faiblesses aussi de notre logistique. Nous en tirerons toutes les conséquences en temps voulu »

Des ratés? où ça? quand ça? vous avez vu des ratés, vous? Non on a vu un désastre.

Pourquoi déconfiner le 11 mai? On ne sait pas. Ils ne savent pas eux-mêmes. On l’a senti au ton employé. Un ton monocorde, sans relief et un discours qui peinait à convaincre, beaucoup trop long à consacrer des remerciements aux uns et aux autres. De quoi Macron nous est-il redevable? de notre docilité? de nos sacrifices? de tous nos morts? On n’attendait pas des remerciements, on attendait des actes.

Pour le reste, on va à nouveau envoyer nos mômes au casse-pipe à la mi-mai pour faire croire qu’on progresse et alors même qu’on ne maitrise rien.

Ni les masques, ni les tests!

Le déconfinement? Mieux vaut s’inquiéter à l’avance car on ne sait plus très bien qui va en bénéficier ni pourquoi, et comment on va loger des milliers de gens porteurs du virus dans des hôtels pour les isoler de leurs familles.

Ce matin, je n’y crois plus. Le pouvoir vacille dans un imbroglio invraisemblable.Il est donc plus que temps de s’investir dans des temps longs.

C’est le pied

Je ne sais pas si c’est un pied de nez. Courir confiné est un délice. Un dernière parcelle de liberté dont on doit user. Une résistance salutaire.

Thann, rue Kléber, je descends en « roue libre». Se reposer tout en courant n’est pas facile car je n’ai pas de frein à main. Oui courir est un art que je découvre. Quand j’arrive à la maison, je ruisselle de partout et j’ai perdu 600 grammes en 50 minutes.

C’est plus fort que moi, j’ai besoin de « merdouilles électroniques » comme dit Lomoberet.

Mais pour l’apprentissage de la course à pied, c’est un bon confident d’avoir avec soi un truc qui cause pour vous dire que vous allez trop vite et qui mesure vos paramètres. C’est mon cas, je m’emballe facilement et à 146 pulsations, l’appli me rappelle à l’ordre. Alors je baisse la cadence.

Courir avec de la musique et un casque sur les oreilles? Culturellement, je suis bloqué. Je n’arrive pas imaginer…alors que la nature et les chants d’oiseaux sont là. Et quelle musique écouter? des marches militaires? une marche lente de légionnaires avec « voila du boudin »? Les experts vont me guider…

L’appli embarquée, c’est ce qui me permet de tenir pendant l’heure sans devoir m’arrêter.

L’appli dit que je suis en VO2max tout le temps. Je ne sais pas comment elle le calcule. Ce qui sous-entend que je consomme le maximum d’oxygène (L/min) que mon organisme est capable d’avaler. Au-dessus de ce seuil je suis en « anaérobie » et je produis des lactates. A éviter! Aujourd’hui j’en ai produit pendant 4 minutes.

Courir deux jours de suite est une première pour moi. Et je l’ai ressenti tout de suite dès le départ ce matin. Moins de punch pour monter la petite côte de Leimbach, j’étais en alarme cardio souvent. Ma montée devait être pitoyable. Quand le plat arrive, je suis content, je « remets trois dents ».

Cadence et pas sont les témoins de votre régularité

J’expérimente tous les scénarii de trajectoires. C’est facile pendant le confinement, on a toute la route à soi. Les trottoirs? moins faciles que la route, beaucoup de raccords et de regards disjoints, je prends les bordures aux bateaux de porche, c’est moins haut et je traverse en diagonale. Les virages de coin de rues sont fatigants, on ressent clairement le petit pas dedans et le grand au-dehors qui permet de girer. Je n’aime pas les grandes descentes qui font mal.

Les muscles des cuisses sont ainsi plus sollicités notamment pour assurer « l’atterrissage » avec surtout le quadriceps ( à l’avant ) qui va assurer la stabilité de l’articulation du genou

Le jogging a ses techniques comme pour les cyclistes. On peut courir sans savoir tout ça, sans se prendre la tête nécessairement tant qu’on n’envisage pas de devenir un compétiteur. Surtout à mon âge!

Le pain

La solution : faire du vélo avec son attestation pour aller acheter des biens de 1ère nécessité, et en profiter pour pédaler un peu fort. Dans ce cas, on peut s’éloigner à plus d’1km de son domicile dans la mesure où les seuls commerçants disponibles sont à 2km (Christine Corbin)

Christine Corbin a raison. On a trouvé une échappatoire à l’absurdité ambiante. Ce matin à six heures, j’ai enfourché ma bécane et je suis parti. Profitant de la fermeture de mon boulanger de quartier, j’ai rejoint le centre-ville.

Je suis donc sorti par nécessité de mon rond de confinement muni de mon attestation K2.

En 1914, mon grand-père prisonnier en Allemagne parlait souvent du pain KK, le Kriegskartoffelbrot, pain de pomme de terre, surnommé caca par les Français. Nous sommes aussi dans le registre des K

Thann centre-ville, son boulanger, ses nids de poule

L’air était vivifiant, le Rangen à peine éclairé par le soleil levant. Une promeneuse de chien, un joggeur. On se fait discret dans le petit matin.

les potins du lundi de pandémie

Morne lundi de Pâques

« Tu n’as pas de Doliprane chez toi? »

Semaine lourde en questionnement, en doute et en hypothèses. Les tensions apparaissent parmi la population par réseaux interposés. Quand verra t-on le bout du tunnel de cette interminable épidémie?

A la frontière allemande, les Français sont mal vus dans les boutiques. Surtout s’ils viennent juste acheter du Doliprane. « Tu n’as pas de Doliprane chez toi? »

Vu de l’Allemagne les petits voisins ont montré leur incompétence face au virus. Alors qu’ils ne l’exportent pas chez nous! C’est la tonalité du propos.

Mortalité comparée. La différence entre l’Allemagne et la France est cruelle

Pourquoi nous n’avons pas su?

Outre la polémique, il faudra un jour nous expliquer pourquoi nous n’avons pas su. Pas su endiguer ce flux morbide. Le mal est fait. Oui comme le dit Elisabeth Kleinhans-Bucher dans les DNA cette semaine c’est « un gifle pour la France »…

Les Français se sont pourtant appropriés au cours de ces longues semaines d’inactivité les données de la chose. Ils ont en mémoire les faux-pas, les hésitations des sachants, les interprétations hâtives.

L’épisode des ratages, celui des élections bâclées, le manque de tests quand l’Allemagne testait tous azimuts, l’épisode des masques et la saga des tarmacs d’aéroports, l’épisode des « cinq mille lits » (25000 en Allemagne), le dénuement de nos hôpitaux, l’abandon de nos vieux, l’absurdité d’un confinement massif réprimé sans discernement 135 euros par une police zélée, l’incroyable déchirement des experts par écrans interposés sur la chloroquine, …tout cela on le sait par cœur et on pourra s’en souvenir.

Et après l’hécatombe de morts?

Il reste la suite qui ne devrait pas être moins pire. Comment sortir de cette crise pandémique dont personne ne maîtrise la fin?

On comprend la position du corps médical qui faute de traitement voudrait nous confiner jusqu’à Noël. Surtout nous « les vieux » de plus de 65 ans. Du coté des politiques, on sent que les épaules du Président sont de plus en plus fragiles face au désastre.

mortalité le 12 avril (source Franceinfo)

Oui Orwell est pour demain

…il va falloir décider de la suite. Et remettre la machine en marche avec les incroyables inconnues qui continuent de peser. Comment vont se comporter entre-eux les infectés, les guéris, les non-infectés, …et les faux-guéris?

L’arsenal dont nous disposons faute de moyens, faute de tests massifs, c’est un système policier. Fliquer tout le monde selon son statut et grâce à nos téléphones portables.

Oui Orwell c’est pour demain. Parmi le personnel politique, tout le monde fait le gros dos de crainte qu’on lui reproche plus tard d’avoir aggravé le problème. C’est la France en lambeaux.

Tourner en rond, c’est cloche!

Tourner dans un rond de un kilomètre finit par rendre fou. Mais il y a pire, mes voisins tournent autour de leur maison.

Mille cinq cents mètres en courant dans le jardin de sept ares!

Ce matin, je suis parti « à la fraîche » et les nuages voilaient le lever de soleil. J’ai croisé par deux fois les mêmes promeneurs et l’on s’envoyait un petit signe amical et complice de cet enfermement.

Je cherche encore quelques variantes sur mon itinéraire. Aujourd’hui je suis passé par la rue des Vignes à Leimbach…je regarde mon rond…oui, j’ai bon! la rue des Vignes est dans le périmètre de confinement. Ouf!

Comment avoir sa carte de confinement? cliquer ici

J’ai cette chance de pouvoir aller jusqu’au village voisin en restant dans mon espace de confinement
Ce matin soleil voilé

Le Tour de France aura t-il lieu?

Je n’ai aucun avis sur la question. Mais j’entends ce qui se dit. Les élus qui ont investi beaucoup dans la grande boucle sont dubitatifs. Comment déplacer une caravane de milliers de personnes alors que la pandémie est toujours là? et qu’on sait que derrière la caravane, il y a des retombées touristiques qui déplacent les foules?

L’organisation du Tour Amaury Sports est une grosse machine économique qui draine des enjeux colossaux et les sponsors risquent d’abandonner la partie.

On imagine mal que le Tour puisse se tenir alors que la plupart des rencontres sportives de l’été sont annulées les unes après les autres et qu’on envisage de confiner une partie de la population jusqu’à la fin de l’année.

Cela dit, j’aime bien Kraftwerk. C’est affaire de goût.

Pâques en Alsace

Pâques 2010, le lièvre de Pâques est très présent en Alsace

Nous ne saurons pas à quoi ressemble Pâques en Alsace en 2020. Le confinement nous impose de ne pas visiter les villages qui rivalisent de décorations en relation avec la fête pascale. De même que nous ne verrons pas les petits-enfants chercher les œufs de Pâques dans le jardin.

Autrefois en Lorraine, d’où je suis originaire, entrecoupés de psaumes dont je n’ai pas retenu les paroles, les enfants qui passaient à midi dans les rues disaient en substance « il est midi, trempez la soupe! » aussitôt suivi d’un cracracra retentissant.

Rara, voir mon article de 2013

Les Rara nous cassaient les oreilles pendant toute la Semaine Sainte, (d Kàrwucha en alsacien, ce qui littéralement signifie en allemand la semaine du chagrin).

Destinées à suppléer l’absence provisoire des cloches, les crécelles donnent l’occasion aux jeunes villageois d’égayer la cité dans un concert de crécelles détonnant. Le matin, à midi et le soir.

Tout cela est devenu un folklore ancien.

La cloche de Fessenheim n’arrive pas à décoller pour Rome.Bon, ce n’est pas moi qui vais la conduire chez le pape.
D’abord, si elle ne trouve pas le chemin, il n’a qu’a venir la chercher avec la papamobile.
Bon, il a un emploi du temps chargé, mais y’a bien un garde suisse en récup. qui pourrait venir faire un saut avec la papamobile
Soyez chics, les gars, c’est une vieille cloche qui ne peut plus voler!
Elle a les ailes rabougries.

Dieu ne reconnait pas toujours les siens. On se souviendra longtemps de cette assemblée évangélique maudite. Ou alors, il existe des malentendus. Gérard l’Alsacien n’exprime pas toujours l’humour alsacien du meilleur goût. Mais on s’en fout.

Corona

acrylique sur toile 40×50

Quand dix-sept heures est venu, j’ai dit « j’arrête ». C’est du couteau que je manipule comme je peux. A tâtons. Je n’ai pas la main, ma peinture est souvent du mauvais coté du tranchant de la lame et les dégradés au couteau me laissent des traces blanches, alors je finis au doigt. C’est dans les possibles dit la profession, le doigt. Alors va pour les doigts! Je connais mes erreurs et je les reconnais. Peut mieux faire, la prochaine fois. Il me faut aussi du meilleur matos, de la meilleure pâte surtout, et des tonales mieux adaptées.

Bref je suis un peintre amateur.

Je l’ai appelé Corona en souvenir de l’épidémie qui défie la planète. Il faut croire que le Corona m’a épuisé, je suis fatigué. Fatigué de tout ce tohu-bohu qui bouleverse nos vies. J’ai eu du mal à me remettre à la peinture depuis la mi-mars. Trop déstabilisé, trop angoissé, trop tout. Comment peindre? comment jouer? comment lire? C’est déjà une convalescence sans avoir été malade que de reprendre le cours des choses, penser à autre chose.

Mon masque en Sopalin

masque anti-projections en Sopalin deux couches

Important: le masque en papier présenté ne vous protège pas des virus, il vous évite d’être contaminant. Il est donc anti-projections.

Facile à construire, pas cher et confortable, le masque en Sopalin double couche s’avère être le plus simple à mettre en œuvre quand on a rien d’autre pour éviter de contaminer son entourage si vous êtes porteur du virus sans le savoir.

Deux couches de Sopalin, du ruban adhésif et deux élastiques.

Seul défaut, c’est un usage unique, non réutilisable…

Se laver les mains avant de mettre le masque et après l’avoir jeté dans une poubelle de déchets non valorisables. Ne pas réutiliser! C’est juste bon pour faire les courses.

A Lidl, les clients entrent 10 par 10

Autre solution le filtre Melitta…

Les conseils de Laure Granger, ingénieure textile

Voir aussi ce site qui décrit des masques tissus et papier

Voir aussi le masque à Vélomaxou en tissu

Chronique de pandémie

Mulhouse, la Porte Jeune

Distanciation sociale

Quel terme cruel pour une société qui se veut unie, humaine! La distanciation sociale, on la pratique chaque jour depuis plusieurs semaines. La vie n’est plus qu’un long farniente où l’on trompe le temps comme on peut. Mais la distanciation sociale n’est pas la même pour tout le monde. Elle accroit les inégalités de ceux qui sont seuls et confinés dans de petits logements.

Ceux qui jadis ne savait rien du village voisin pouvait continuer à vaquer dans leurs champs, dans leurs étables en attendant qu’un colporteur passe. Nous à présent sommes ancrés devant nos écrans, en direct avec la planète.

Et pourtant on ne sait rien

Rien du pourquoi, ni du comment mon département Haut-Rhinois est devenu le Hubei de la France avec ce matin 570 morts depuis le début de l’épidémie. Nous sommes, nous serons dorénavant maudits. C’est sûr, quoi que fassent les autorités pour redorer notre blason alsacien, on parlera longtemps de ce cluster viral qui a pris naissance dans une réunion évangélique. Je ne savais pas que Mulhouse disposait d’un tel potentiel religieux et d’une telle capacité attractive pour rassembler des croyants.

La Lozère avec ses 77.000 habitants, un département qui ne connait aucun décès du au coronavirus

L’hôpital Émile Müller est construit sur les hauteurs de la ville derrière la montagne du Rebberg en direction de Bruebach.

On n’a pas su trouver pire endroit pour y accéder

Aucune voie rapide en venant des populations. On ne va pas à l’hôpital pour le plaisir surtout avec un réseau routier aussi peu facile. Toute l’année 2019, la chronique ne parlait que des difficultés des Urgences de l’hôpital et de ce ballet de médecins qui ne restaient pas quand d’autres chichement appointés venaient prendre le relai pendant quelques semaines sans y rester ensuite. La mauvaise réputation de cet hôpital est ainsi faite. Je suppute qu’elle est à l’image d’une population difficile et fragile. A tort? je ne le sais pas. Mais un hôpital où les médecins partent les uns après les autres, ça fait mauvais genre.

Tous ces soubresauts ne doivent pas masquer la grande souffrance de l’hôpital public à Thann et à Altkirch où la gestion comptable frappe depuis des décennies notre service de santé.

Restez chez vous! oui mais combien de temps encore?

On en est donc là, c’est à dire qu’on ne sait pas. On ne sait pas ce qui se passe derrière les murs de l’hôpital où l’on a transporté par cargaisons entières depuis des semaines des centaines et des centaines de patients atteints du virus et pourquoi autant sont morts.

Car très peu de choses filtrent depuis la visite rendue par le Président à l’hôpital militaire de campagne de trente lits édifié sous des tentes sur le parking. Le seul écho que nous envoie le personnel, c’est le fameux « restez chez vous! » devenu un leitmotiv peu rassurant.

« Restez chez nous » soit! On a compris qu’il fallait ainsi ralentir le flux. Pas la maladie.

La cruelle vérité des chiffres

A J+25 (nous sommes actuellement en France à j+35), les chiffres parlent d’eux-mêmes…

J+25FranceItalieEspagneAllemagne
morts par million d’hab.599122031
Les chiffres parlent: l’Allemagne toute proche de nous a moitié moins de morts que la France

Repousser les touristes et les vacanciers

Confinés par l’autorité, nous sommes devenus des citoyens en liberté surveillée ou semi-emprisonnés. L’hélicoptère de la gendarmerie a survolé hier la vallée de Thann à marche lente scrutant toutes les failles de la montagne où des fuyards en mal de vivre auraient pu se loger.

Le hasard de la vie fait qu’on est là et pas ailleurs. Obligés de subir cet enfermement qui pourrait encore se durcir si les pouvoirs locaux tentés de se barricader ferment leurs accès. Les États, c’est déjà en cours, ferment leurs frontières comme l’Espagne qui préfèrent renoncer à la manne touristique de l’Europe du Nord cet été.

Ce matin Sète, dans l’Hérault, fait de même, elle barricade tous ses accès pour éviter la venue de vacanciers. Au grand dam du préfet…

C’est une première en France. La décision entre en vigueur ce vendredi 10 avril à 18 heures. L’arrivée confirmée de touristes dans la ville héraultaise située entre mer et étang a fait basculer les choses.(Midi Libre)

Mulhouse, à la différence de Sète, n’aura pas besoin de fermer ses accès, sa réputation suffira à dissuader les touristes d’y venir pendant longtemps.

Maxou, pourquoi tu cours?

Thann. J’habite là en contrebas du pré.Au fond on voit l’usine chimique Cristal qui fume. Elle tourne à fond pour produire le titane qui sert de glaçage aux comprimés de chloroquine

J’ai déjà dépassé 143 km de course à pied. Un truc jamais imaginable sans le corona.

Oui c’est vrai ça, pourquoi je cours?

Ce matin j’ai fait fissa pour passer chez le boulanger en même temps sur le retour. Devant moi un type qui commandait une dizaine de gâteaux bien sucrés et qui m’a pris un quart d’heure

Tout simplement parce qu’en France on a décidé d’emmerder les cyclistes. Alors je cours et je viens grossir le flot de joggeurs. Tout simplement.

Oui mais le confinement? la distanciation sociale? tu t’assois dessus?

Bien sûr que non! Ici, chez moi, je peux changer de trottoir dès qu’un passant avec son chien arrive en face de moi. Et je peux vous dire que des gens avec chiens, j’en croise beaucoup plus que de joggeurs.