







Alors comme ça Aya Nakamura est devenue ambassadrice de Lancôme, les parfums (groupe L’Oréal).
Aya Nakamura a 6 millions d’abonnés sur sa page Facebook. Les grincheux vont encore avoir mal à l’estomac.
Aussitôt la toile s’est enflammée de tous les poncifs racistes pour dévaloriser celle qui venue du Bamako a réussi à vendre en trois mois 100.000 exemplaires de son album Aya.
Je me marre.
Ce ne sont pas les vieux cons comme moi qui l’arrêteront.
Donc ce matin j’ai encore fait le tour du lac de Reiningue avec Djadja, son titre fétiche.

A 10 heures, mon sport du samedi est fait. Temps incertain, venteux, pluvieux.
Un vieux qui court, c’est déjà incongru. Si en plus il écoute Nakamura, c’est du délire. Vite, il faut consulter.
Je n’avais que deux couches sur moi dont le fameux blouson sans manches d’Etoile 78, mon club vélo de Vieux-Thann. Il est marqué 2XL et je suis serré à l’intérieur comme une sardine en boite. Heureusement qu’il est bourré d’élasthanne pour pouvoir mettre tout dedans.
Un peu de pub pour la Fourmi Immo et la Cabane à Pizzas, ça ne peut pas faire de mal. (Je vous recommande la Collioure)


Et moi, et moi, et moi chantait Jacques Dutronc en parlant du milliard de Chinois.
Encore une fois, j’ai pris mes pompes pour courir à travers la ville. Un exercice banal pour nombre d’entre nous et qui n’en font pas un plat sur la toile.
Comme moi je sais le faire.
Leur estime du moi est intérieure, ils n’en pas besoin d’en faire état.
Le moi est haïssable
Oui je le sais mais je m’en fous. Cette vanité m’appartient et cette gloire intérieure m’est souvent pesante, voire ridicule.
Ce moi finit par exaspérer moi-même et tous les autres aussi qui préfèrent garder leur moi pour eux-mêmes sans en parler à personne.
Ce narcissisme est devenu la règle du jeu puisque le blog justement consiste à se faire repérer, à se mettre en avant parfois outragement en valeur.
Certes je ne ménage pas ma peine puisque lorsque je rentre au bout de cinq kilomètres, je suis rincé et à rincer. Mais ne vaudrait-il pas mieux se taire?
Sans le savoir, ni le vouloir, je suis entré sur le tard et presque par effraction dans la génération jogging, celle de ces globe-trotters qui tournent autour de chez eux. Sans chercher ailleurs comme par économie. Ils font leurs six mille pas et regarde ensuite la télé.
Le moi somnolent au fond du canapé.

Musique du jour:
Waltz for Debby (Bill Evans)
J’ai été capable de tenir 5 km en compagnie d’Aya.
L’avantage avec Aya, c’est qu’on comprend toutes les paroles. Mais il y a un prérequis: être entraîné au langage de celle qui fait un tabac avec Djadja.
Précision: Aya Nakamura n’a rien à voir avec la marque de vélos d’Intersport. C’est une native de Bamako qui a grandie à Aulnay-sous-Bois et qui s’appelle à l’état-civil Aya Coco Danioko.
En 2020, elle est l’artiste francophone féminine la plus écoutée sur Spotify avec 20 millions d’auditeurs mensuels. (Wiki)
Pour mieux comprendre notre jeunesse et ses rapports sociaux, il faut en connaître les codes. Avec Aya on sera vite mis au parfum.





J’ai emprunté le barreau routier en construction qui doit relier le giratoire des glaces Alba à la route d’Aspach. Une piste cyclable parallèle est prévue. Le chemin d’accès à la ZI va disparaître. On verra si un passage souterrain sera aménagé pour rétablir le passage des vélos et des piéton en traversée.



La course à pied me convient lorsqu’il fait froid, je suis moins longtemps dehors. Aujourd’hui avec 2°C et ce vent de nord glacial, je me suis rabattu sur un exercice qui reste néanmoins difficile car mon cardio est fortement sollicité.
Il faut savoir choisir. Comme j’en ai marre de tourner en ville, j’ai pris la voiture pour me transporter à 5km de chez moi. Je surveille la jauge à essence depuis que le pétrole est devenu aussi cher. J’ai presque des scrupules à faire 10km avec la voiture pour mes loisirs. Je pourrais prendre mon vélo mais je ne sais pas où le garer en lieu sûr.
Aujourd’hui ma musique d’accompagnement était:
Un quinzaine de promeneurs autour du lac.



La température n’a pas dépassé zéro ici à Thann.
Mon tour du jeudi s’est résumé à cinq kilomètres de course à pied. J’ai évité de glisser sur une plaque de glace mais dans l’ensemble les trottoirs sont dégagés. Je ne me hasarde pas encore du coté des chemins non déneigés.
Prudence car une chute peut compromettre son sport pendant plusieurs semaines.
A défaut de vélo, je cours. 16 degrés ici. Short et tee-shirt suffisent.



J’ai entrevu une éclaircie sur la montagne et j’ai vu que le Thannerhubel était recouvert de neige.
J’en ai profité pour mettre le nez dehors.
Mais au bout d’un kilomètre la pluie s’est remise à tomber et j’ai couru le long du Rangen dans une brume qui masquait à nouveau le massif.
Le tour habituel qui me va bien, aller jusqu’au centre du bourg et revenir en alternant chaussée et trottoirs troués. J’ai la hantise de me tordre une cheville en courant, ou mieux, de m’étaler en sautant les trottoirs.
C’est la vie de vieux. Il faut faire avec comme dit l’autre.
Une fois à la maison, je vais mieux. Courir est aussi une thérapie pour les anxieux.

Demain E.Borne, notre première sinistre, va déballer sa réforme pour les vieux travailleurs. Un beau paquet cadeau avec un ruban tricolore qui traînait sous le sapin de l’Elysée.
C’est une régression sociale qui va de pair avec un pays en déclin. Comme toute l’Europe à la démographie en berne qui ne sait plus comment boucher les déficits.

Ces perpectives linéaires ne sont pas habituelles. En courant mon altitude varie entre -3 et +10 m. C’est l’incertitude du GPS. Mais en réalité je cours sur du plat pendant 10km. Rejoindre d’abord l’abbaye de Maguelone, c’est le bon plan. Je longe le canal du Rhône à Sète. Une fois arrivé à l’abbaye je suis forcément obliger de rentrer au point de départ. On me demande parfois si j’étudie mon parcours: non. Je me contente d’estimer la distance de mon point de retour au fur et à mesure que j’approche.

Au retour la route qui longe la mer est glissante, curieux phénomène avec 12 degrés. Quand j’aborde le camping je sais que je vais trouver l’esplanade de la rive droite de Palavas. Presque déserte.

J’ai bouclé mes 10 bornes. Je suis bien, je vais bien.

Au retour, j’examine mon couple cardio/allure…
Pas de doute, c’est un beau couple plein d’harmonie.
Départ: 9h27 …temps écoulé: 39 minutes…arrivée: 10h06. Ma course à pied est comme la précision légendaire des trains qui arrivaient alors à l’heure.
transpiration: 10h32 mon linge changé est à nouveau mouillé. On dit transpirer comme une bête, je ne sais pas d’où vient l’expression. Souvent je me dis « pourvu que tu ne tombes par terre foudroyé par un caillot de graisse ».
Ce matin la balance accuse 80 kilos. L’enfer du surpoids comme à chaque fin d’année! Je me demande si je ne vais pas me convertir à l’islam. Faut que j’vois le contenu de leurs fêtes ou l’hindouisme, je crois qu’ils jeûnent, les Hindous.
Je lis: Les Hindous croient au Karma, la loi de la cause et de l’effet, par laquelle chaque individu crée sa propre destinée par ses pensées, ses paroles et ses actions.
C’est pas con comme idée, je sens que je vais me faire Hindou. Je ne sais pas si à vélo, l’Hindou porte un casque ou un turban…à voir!


Je termine avec un cardio qui a pris 10 pulsations moyennes mais j’ai un peu haussé l’allure modestement.
Rue de Belfort, je m’arrête et je trifouille mes oreillettes. Candy Dulfer s’arrête aussi.
A un premier kilomètre d’un lendemain de libations, on s’interroge. Les Alsaciens ne sont pas encore levés, les rues sont désertes. Rue Berger André nos Turcs se promènent en famille (En Turquie on ne fête pas Noël car il y a au moins 90% de musulmans).
Quand je m’arrête, je m’invente une cause réelle ou pas sérieuse pour marquer le pas. En CAP, ce qui est terrible c’est qu’on ne peut pas frimer comme sur son vélo. Tout l’édifice mental et physique s’arrête. A vélo on arrête de pédaler, en CAP, on marche.
Quand je passe devant les boutiques, j’observe en reflet ma démarche saccadée un peu comme si j’avais les pieds plats. J’ai vraiment un problème de foulée non aboutie que j’attribue à l’arthrose des genoux. Il faut faire avec.
J’ai zappé la piste du Rangen. Il faut absolument que je réduise la distance. La peur de ne pas arriver.

A la minute 21, je m’arrête, barrière fermée à la rue Gay Lussac. Les Thannois se plaignent des longues attentes aux barrières pour laisser le passage du Tram-Train archi vide. Moi, j’en profite pour souffler.
Je terminerai avec Blue de Claus Waidtløw dans de bien meilleures conditions.
La morale de l’histoire
En sport, y a t-il une morale? Certainement. Un sportif dans l’âme se pose t-il cette question? je me le demande parfois car je ne me sens nullement avoir cette âme là. Si je me suis attelé à avoir une activité sportive c’est par conviction de son utilité. Une utilité pour son propre bien-être, sa santé, mais aussi pour sa centralité sociale. Je crois à l’idée sport= cause sociale. Arriver en forme à l’aube de printemps éloignés, c’est toujours un plus pour soi et pour l’autre, celui qui va vous supporter. C’est donc aussi un argument de citoyenneté, de mieux vivre ensemble.
Un choc avec un vélo et un cycliste de 80 kilos, ça réveille.

Hier j’ai cassé mon câble de frein. J’ai tapé dans un type qui traversait sans regarder. Je l’ai vu arriver sur le trottoir et je me suis dit « c’est pas croyable, il ne va pas oser traverser ». Si, il a osé continuer à regarder son iphone tout en traversant.
C’est bien fait pour lui.
« Pardon! » a t-il dit et il s’est éclipsé sans demander son reste. J’ai freiné brutalement et clac, le câble s’est rompu sous le pédalier: la rouille. Tant mieux, j’ai préféré taper ce type plutôt que de m’écraser contre une bagnole. Maintenant je n’ai plus qu’à réparer. C’est un bazar extraordinaire pour démonter le câble sur une poignée Shimano. Je ne suis pas assez expert, sans doute.

Finalement, je vais classer en « humour » ce billet de Noël.
Un Noël païen avant de me faire Hindou.



Je n’ai pas encore intégré le changement d’heure, je me lève encore 30 minutes plus tôt que l’heure légale d’hiver et donc 30 minutes plus tard que l’heure légale d’été. J’espère que vous me suivez…
Ce matin, fraîcheur sur les épaules du tee-shirt. A force je m’échauffe. Puis je déambule autour de chez moi.

D’abord la ZI d’Aspach quasi déserte en ce lundi de Toussaint, puis Aspach par la piste cyclable, je grimpe vers Roderen, puis je retourne à la piste cyclable de la rue du Traîneau en traversant un chemin herbeux qui me trempe les pieds et les chaussettes.

Revenu à Thann, j’ai mes dix premiers kilomètres; je fais mon tour de ville habituel soit cinq kilomètres qui feront quinze au total.
J’ai un peu les jambes en compote. Mais c’était jouable avec un km à 7’08 » et un cardio de 138.

Aussi modeste soit-il, un record sportif fait du bien. Ce soir, je me suis réinstallé dans mon terroir et, déstabilisé par le voyage de la veille, j’ai cherché à reprendre mes marques.

J’avais les écouteurs à fond la caisse qui me déchiraient les tympans. Je les ai gardés ainsi pendant deux kilomètres.
J’ai profité d’un rond-point pour baisser le volume.
Le cardio pétait la forme. Six jeunes de l’US-Thann m’ont doublé allègrement et je les ai vu disparaître au bout du Rangen alors que je n’étais encore qu’à l’école maternelle du Kattenbach.
Mais j’ai tout de même accompli mes 5 kilomètres en 6’30/km.



Après la grimpée en haut de la falaise, petite course à pied en ville. Pas facile: rues étroites, trottoirs riquiqui, et circulation infernale. A oublier si ce n’est la beauté des falaises prises d’assaut par les touristes.


Je parfais mon inculture pop avec Depeche Mode.
Je les ai eus dans les oreilles pendant trente-cinq minutes. C’est de la musique industrielle qui ressemble à Kraftwerk.
Ce qui est sympa, c’est le martèlement de la caisse claire qui accompagne mes pas. Mais derrière il y a aussi de longues tirades mélancoliques.
J’aime bien.

C’est un record personnel. Avec au piano Michel Petrucciani.
Je n’ai rien d’autre à faire que courir et inventer mon parcours au fur et à mesure de l’avancée. Je pars sans objectif défini sur une base de six ou sept kilomètres et chemin faisant, j’allonge pour grignoter une distance supplémentaire.

J’ai l’œil sur le cardio. Nulle souffrance. Si le turbo s’arrête, je m’écrabouille par terre, je sais.


C’est confirmé, je suis devenu geek en merdouilles électroniques
Ma montre Garmin vibre à mon poignet, je vois apparaître mon club qui discute sur WhatsApp pour savoir si on fait vélo demain vu le mauvais temps…
Ce matin, j’ai essayé les oreillettes Solix Lucid. Une cochonnerie achetée 10 euros chez Action, penserez-vous? J’ai donc encore un peu plus pillé la planète de terres rares.

Je ne suis pas certain que ces appareils méritent le terme de cochonnerie. Car au premier coup d’œil, ils présentent bien. N’y connaissant rien, il m’est difficile de comparer avec un produit Apple (voir tout en bas la ressemblance avec un produit Apple) et donc de juger.
Cela dit, dès que je les mets en place à l’oreille, la musique est en marche avant moi! Il faut pour cela disposer de son smartphone, appairer les oreillettes en Bluetooth et disposer d’une application musicale.
Me voici parti le long de la nationale 66. Le bruit de la route devient négligeable et la musique m’évite de penser à mes pieds qui finalement courent tous seuls (ils sont chacun seul) sans qu’on s’en rende compte. Pure affabulation j’en conviens.
Je pars de chez moi avec Hiromi, privilège incontestable

Quand j’entame mon retour le long du sentier de la Thur sauvage, je passe à Seong-Jin Cho qui est un Coréen de 28 ans jouant à merveille Debussy

Je mériterais de faire « influenceur » sur Tiktok
J’y songe…
Je n’ai pas encore compris comment manœuvrer le bouton sur chaque oreillette… mais à lire le manuel, ces écouteurs sont une merveille de technologie à faire pâlir de rage Lomoberet!

Je mériterais de faire « influenceur » sur Tiktok.

Etude cardio comparative
Je n’en ai pas terminé avec mes merdouilles électroniques.
J’ai embarqué avec moi deux GPS Garmin pour comparer les cardio, la mesure poignet et la mesure thoracique.
Au retour les enregistrements sont comparables mais la moyenne de l’Edge est plus basse 134 au lieu de 139. Je sais pourquoi, je n’ai pas arrêté le Edge dès l’arrivée et la moyenne a donc baissé.




La Surdouée ne cesse de surprendre.

La ferveur sportive de la ville le long du Lez le dimanche matin suppose que chacun respecte l’autre tellement nous sommes nombreux. A l’entrée de Lattes, demi-tour. J’ai un vent frais du nord pour évacuer la transpiration et j’arrive bien sec à Montpellier. J’éprouvais un nouveau maillot tout polyester qui ne colle pas à la peau et qui donne l’impression d’être frais comme un gardon.


Courir sous la pluie. C’est un moyen détourné pour ne pas prendre le vélo. Une forme de traitrise à son engagement militant de cycliste.
Bof, on s’en fout un peu de l’engagement militant.
On peut encore courir jambes nues, mais j’ajoute un imperméable, un Vaude très bon, ventilé mais qui ne gonfle pas dans le vent.
La pluie n’est pas un facteur aggravant puisque je rentre toujours mouillé de haut en bas.
Aujourd’hui j’ai couru avec un cardio moyen de 137 puls. Ce qui est considéré par Garmin comme un Training Effect de 3.9 sur une échelle de 1 à 5…et donc une aérobie qui améliore la capacité cardio-respiratoire.
Parfois j’atteins 5 sur l’échelle et je me fais engueuler par Garmin qui me dit « effort trop soutenu » et donc concrètement je risque de péter un câble en langage électrique.
Il suffit d’y croire sans trop se prendre la tête.

J’ai zigzagué à travers le marché parmi les badauds. Quand c’est mouillé, faut faire gaffe, je n’ai plus vingt ans, je peux glisser facilement. J’avais les pompes Décathlon imperméables que je ne chausse qu’en pareille occasion. Mais tout de même, je me méfie des zones pavées en granite et des plaques en fonte. Les camelots haranguent la clientèle qui s’esclaffe.
Quand j’aborde la piste du Rangen, je me mets en mode roue libre. La dame attrape son toutou; il est tout frisé et gris. Etonnamment la dame l’est aussi, toute frisée et grise. Et quand j’arrive au feu rouge de Vieux-Thann, j’espère avoir droit à une pause d’attente du bonhomme rouge.




Douze kilomètres. Record battu.
Il me reste encore 9 km pour atteindre un semi-marathon.
J’ai pris mon courage à deux mains, et j’ai pris mes jambes à mon cou.
D’abord un bord étroit vers la vallée, puis un retour vers la plaine.
But du jeu, battre mon record de longévité à la course à pied. Autrement dit rentrer avant d’être mort. J’ai déjà couru plusieurs fois 10 ou 11 km.
J’ai commencé par afficher 5 km dans mon logiciel mental, puis 7, puis 9 et j’ai terminé à 12. A la fin j’ai manqué de neurones pour mon calcul mental. Faudra que je rachète de la mémoire.
Sinon les jambes ont suivi, j’ai juste la plante du pied droit qui commençait à chauffer et j’ai tendance un peu à trébucher sur la fin. Peut-être des symptômes de Parkinson?

Descendre du vélo pour un cycliste n’est pas toujours simple. J’en parle avec de nombreux amis…et aussi en connaissance de cause depuis que je me suis mis (modestement) à la course à pied (CAP).
Depuis plus de deux ans que je cours, les avis des confrères cyclistes sont assez mitigés. Je n’imagine pas courir autour du quartier me dit-on. Je crois que la cause du rejet est tout simplement culturelle: courir serait une forme de renoncement à aller aussi loin et aussi vite qu’avec un vélo. Le vélo serait donc supérieur à la course à pied. Curieusement cependant, les cyclistes sont aussi des marcheurs; nombre de clubs s’exercent à la marche l’hiver lorsque les routes et le temps ne se prêtent pas au vélo
Mais c’est compter sans les compétiteurs qui s’adonnent à la fois à la CAP, au vélo et à la nage. Ceux-là sont des athlètes plurifonctionnels et méritent respect et n’ont pas de réticences à pratiquer l’un et l’autre sport.
Venir au vélo après la course à pied?
Je ne sais pas les sensations de celui qui passe de la CAP au vélo. J’en rencontre peu. D’ailleurs, j’observe que la CAP rencontre un succès grandissant. Est-ce la simplicité de mise en œuvre? le retour à une forme de pratique originelle, voire primitive, du corps?

Ce que je sais en revanche, c’est que la CAP est pour moi très difficile, et en dépit de ma pratique vélo. Chaque fois que je croise ou dépasse un coureur à pied avec mon vélo, j’ai du respect pour le courage qu’il faut mettre en œuvre et aussi de l’admiration.

Faut oser un titre comme ça, surtout quand je rentre « lessivé » à 6’30 » le km. Faut qu’j’m’calme.


Dans le nombre, les vétérans ne sont pas légion. Se fondre dans la masse de coureurs patentés le long du Doubs à Besançon vous donne des ailes. Compteur en main, je veille à ne pas m’embarquer trop loin. A trois kilomètres en aval du fleuve, je songe à retourner tout en changeant de rive.
Le petit pont de Mazagran tombe à point dans la torpeur de l’été.
Auparavant, j’ai traversé le pont Battant où trône la statue du marquis Jouffroy d’Abbans.
Puis j’ai longé le quai Vauban et traversé l’immense promenade Chamars (qui serait la contraction de champ de mars)…



Après 10 heures j’évite de courir, la chaleur est là


Finalement après une semaine de toux, je me suis résolu à tout de même sortir.
J’ai fait cinq kilomètres de course à pied. Sans avoir le temps de tousser. Je ne vais pas m’étendre outre-mesure sur cette rhino-pharyngite qui traîne. Il faut faire avec. D’autres sont beaucoup plus à plaindre.


Les chaussures FiveFingers ont été créées par Vibram en 2006. Elles proposent un emplacement pour chaque orteil, ce qui procure des sensations proches du pied nu bien différentes des autres marques minimalistes.
Ces chaussures Five Fingers sont étonnantes. Mais je cherche où est le plus. En fait, il n’y a pas de plus, il n’y a que des moins, à savoir aucun amorti. Mes petits doigts de pied ne vont-ils pas se sentir seuls? et puis je vais devoir découper mes chaussettes…ou mettre des gants aux pieds?
J’ai tout faux, les chaussettes cinq doigts existent


La course à pied (CAP), idéale pour être lessivé en une heure.
De quoi faire hurler le syndicat des cardiologues!
C’est vrai que le sport des vieux pose problème. Dans le journal de ce matin un confrère de 72 ans s’est effondré sur son vélo en rentrant chez lui. Crise cardiaque foudroyante.
Je ne sais pas si chacun connait son état cardio-vasculaire, si chacun connait ses limites, et pire! si un bon état physiologique, un bon suivi, ne cache pas en fait une pathologie non détectée.
Mon cardiologue me l’a dit « ton test d’effort tu le fais tous les jours sur ton vélo », une façon détournée de botter en touche. La science ne résout pas tout.
Avant d’atteindre le candélabre
J’avoue que je choisis parfois la CAP pour être libéré plus vite le dimanche matin. Mais maintenant, je marche les cent premiers mètres pour me préparer mentalement, pour dire à mon corps « à partir du prochain candélabre devant toi, tu vas te mettre à courir ». C’est déjà l’épreuve mentale qui commence avant la course. J’imagine que certains se disent « et puis non, je renonce, je retourne à la maison avant d’atteindre le candélabre ». Je n’ose jamais le faire car j’ai une fierté intérieure qui me l’interdit. Je l’interprète comme ça en me disant que c’est puéril. C’est seulement après les deux cents premiers mètres de course que je suis gagné par le doute et la difficulté. Bouger sa carcasse à faible vitesse me semble incongru. Il me faut tout de suite fixer des étapes. Le premier kilomètre sera un encouragement, le droit de boire par exemple et de faire un « stop and go », et de reprendre. A mi-course, je me considère déjà gagnant et aussi gagné par la fatigue. Je sais que je vais traîner les pieds davantage comme un vieux déambulant dans le couloir de l’Ehpad Korian. C’est pour ça qu’aujourd’hui j’ai ordonné l’itinéraire en choisissant le sentier « cailloux-racines » à l’aller et la piste cyclable goudronnée au retour où je risque moins de m’étaler.
Les trottoirs sournois
Le trail urbain a ses avantages et ses inconvénients. Je n’en abuse pas pour éviter tous les gaz d’échappement tout en appréciant les sols plats. Ma hantise, c’est de me tordre la cheville car le cycliste n’a pas de chevilles rompues aux efforts latéraux.
Quand j’arrive en ville, les trottoirs sont sournois avec les pentes des bateaux, les aspérités, les regards disjoints, les traversées de rue anxiogènes, les virages en table de bistrot qui sollicitent l’inclinaison latérale des chevilles. Vivement la fin!

J’ai fait 100 bornes hier sur le vélo et 10 en course ce matin. Incomparable débauche d’énergie. Après une demi-heure, je ruisselle encore et j’ai perdu 800 grammes en transpiration.
Garmin ne s’y trompe pas: il enregistre les 4 heures de vélo à 882 calories et l’heure de CAP à 750 calories.
En plus en faisant le plein de ma gourde à Cernay, je n’ai pas redémarré le chrono et je me suis volé 300 mètres. J’ai donc rallongé à la fin pour faire un compte rond.
Complètement barjo le Maxou!
Age, taille, poids

Le triptyque âge, taille, poids est là pour servir de juge de paix. Tous les types demi-gros comme moi sont portés par le vélo et donc « sustentés ». Rejoindre un standard, 1.70m et 70 kg, impensable pour moi. il est normal que je paie « plein tarif » à pied.


Ce matin, je suis parti tôt, avant huit heures, pour échapper à la chaleur. Et j’ai couru 10 km tout rond en 1h08.
Je tente de varier mes itinéraires de course à pied. Pas facile. Le plus pénible ce sont les jonctions entre chemins qui obligent à prendre la route sans accotement. A chaque véhicule venant en face de moi, je me gare dans l’herbe. Impossible de courir là-dedans!

Puis je repars.
A la sortie de Thann en direction de Roderen, la D35 est très empruntée; je me gare six fois sur 700 mètres.
A Aspach, je me suis un peu perdu dans le lotissement pour trouver une jonction avec la D34.
Se perdre en courant en agglo m’oblige à faire des demi-tours sur les chapeaux de roue, et je n’aime pas.
Le long du haras d’Aspach, bien calculer son coup face aux maïs en cours d’arrosage. Un automobiliste pourra trouver un lavage providentiel en emportant un peu de shampoing pour la carrosserie.
Et enfin j’ai encore un tronçon routier sur la D103 pour atteindre la ZI d’Aspach et la rue Scheurer Kestner.
En approche, je louvoie un peu pour affiner mon score à 10km.
A 9 heures, j’étais à la maison.

Je cours dans un univers clos.
Dès lors qu’on part de chez soi, la course à pied permet de s’éloigner encore moins qu’à vélo. C’est une évidence. Et pourtant c’est un univers de liberté. Bien sûr, je pourrais m’éloigner à vélo et courir ensuite sur des chemins nouveaux. Mais je ne sais pas ou garer mon vélo en sécurité pour être sûr de le retrouver au retour.
Je ferais en somme du biathlon sans le savoir.
Prendre la voiture pour aller courir? cela m’insupporte.
Le chemin est long, tellement long que je renonce à compter mes pas.
Je vois au loin une silhouette. Marche t-elle? court-elle?…c’est un sujet de distraction qui m’occupe l’esprit.
Je distingue une petite chose qui bouge à coté de la dame. Un micro-chien qui joue avec sa balle et qui n’est pas emballé par la marche.
Ces petits animaux court sur pattes doivent faire beaucoup plus de pas que nous lors de la promenade.
Je m’arrête pour dire bonjour et échanger quelques mots. Puis je repars.
Il faut m’ingénier à trouver un itinéraire plat qui évite la route et les grimpées qui me sont inaccessibles sur le plan cardiaque. Sauf à marcher. Guidé par un score? un peu mais avec modestie. Je sais courir 10 km et c’est donc un repère dans l’élaboration de mon circuit. Aujourd’hui, je dois monter à Leimbach en fin de parcours. Une épreuve! Je finis par marcher rue des Vignes. Et je reprends une fois arrivé sur les hauteurs.


Mon prochain défi serait d’atteindre le tour du lac de Michelbach en partant de chez moi. Compter 16 km.
Inenvisageable à court terme et avec un temps aussi chaud.
Avant que les forces me manquent de façon définitive du fait de l’âge, je peux encore raisonnablement atteindre le demi, comme disent les runners, c’est à dire 21 km soit un demi-marathon. On a bien le droit de rêver. Pour y parvenir, je dois apprendre à courir pendant 150 minutes soit 2h30. Vaste entreprise.
J’ai pesé ma perte en eau sur la balance, 600 grammes et j’ajoute ma boisson 350 grammes. Presque un kilo, vite repris avec ce que je vais boire dans la journée.
7 km et 48 minutes. Bien assez pour me contenter.
Dans un dernier sursaut, je monte l’escalier.

Mes frusques sur le carrelage font de jolis entrelacs.
Mes pompes en chien de faïence dans leur boite n’ont plus qu’à se recoucher.
J’éponge une à une les gouttes de sueur sur le clavier. Je peine à contenir le flot ruisselant. Et je me dis, là, tu exagères.
J’attends que la chaudière finisse de refroidir.
Je me sens bien.
