Chronique de pandémie


La frénésie d’achats de précaution à des effets inattendus. Dans le passé, on faisait provision de sucre. Changement d’époque!

Il y a désormais deux France

Celle de ceux qu’on confine à la maison, et celle de ceux qui travaillent. Comment concilier deux attitudes qui font chaque jour s’interroger les gens.

D’un coté, le « restez chez vous » et de l’autre les ministres qui exhortent des professions entières à aller travailler. Ceux des « utilités » indispensables: soignants, pompiers, police, transporteurs, caissières, usines de fabrications alimentaires, producteurs de primeurs, agents de centrales électriques, agents de maintenance des informatiques, journalistes…

On sent que le pouvoir vacille

De plus en plus, on sent que le pouvoir vacille face à la complexité au fur et à mesure que l’ampleur de l’épidémie se développe. Des consignes brouillées par des cohortes de médecins qui défilent sur les plateaux de télé pour regretter que la France est loin d’être à la hauteur. La polémique des masques qui font défaut chez les soignants, dans les labos qui ne peuvent faire des prélèvements faute d’équipements, des respirateurs trop peu nombreux viennent révéler la pauvreté de notre hôpital public miné par des décennies de rigueur budgétaire.

Vers un confinement total. C’est ce que je pressens ce matin, l’annonce d’un confinement total et son corollaire: de quoi allons-nous vivre si on ne peut plus se ravitaillé? Les préfets édictent des restrictions à la hâte qui visent à restreindre encore le champ géographique de nos déplacements, les parcs, les jardins,…

Ainsi le cas 5 de déplacement dérogatoire pour des déplacements brefs, à proximité du domicile, liés à l’activité physique individuelle est peu à peu vidé de son sens.

Où sont les cotons-tiges?

Les hommes se pressent avec fébrilité dans les rayons d’Intermarché. « Où sont les cotons-tiges? » murmure l’un d’eux, comme s’il ne voulait pas qu’on l’entende…Les rayons sont approvisionnés sauf les stocks de lingettes aux présentoirs vides. Au bout de plusieurs va-et-vient, j’ai réussi à collecter ma liste entière. Je me suis trompé une fois, des berlingots pour lave-linge au lieu de berlingots pour lave-vaisselle. Ben oui! c’est pourtant pas difficile, le lave-linge, c’est la rangée de droite et le lave-vaiselle, c’est la gauche. Je suis donc revenu au magasin avec mes berlingots et on me les a échangés sans mauvaise grâce.

Les caissières masquées sont stoïques. Elles sont dans la crainte. Je le vois. De grand panneaux transparents sont posés devant la caisse. Un toussotement! la file s’impatiente, le monsieur devant moi a oublié ses yaourts au bout du tapis, il n’a pas assez d’argent, il va au distributeur de billets,…les femmes viennent à deux pour remplir plus vite le caddie; elles son expertes, portent le masque et papotent entre-elles en contournant nos chariots abandonnés au milieu de l’allée.

Deuxième semaine de confinement , bonjour l’angoisse!

Comment allons-nous aborder cette deuxième semaine de confinement? la distanciation sociale minimale est portée de un à deux mètres ce qui revient à interdire de se croiser dans les rayons de supermarchés. Allons-nous avoir des sens de circulation dans les allées?

Sur les plateaux d’infos, les invités sont moins nombreux, les autres intervenants sont connectés à Skype; de l’image bas de gamme et supplétive qui montre les effets de la crise.

Il faut enfermer tout le monde

Les médecins sont unanimes: il faut enfermer tout le monde chez soi et ne laisser sortir personne. Comment mettre en œuvre une telle mesure en ignorant ceux qui travaillent comme avant? qui ne bénéficient d’aucune distance de sécurité sur les postes de travail? Enfermer tous les autres, sans pouvoir dire combien de temps a un effet terrible dans les esprits. Il y aura des suicides, sans doute.

Le spectacle de l’Italie est effrayant. Huit cents morts lors de la seule journée d’hier! des cercueils qu’on s’empresse d’emporter vers les incinérateurs sans obsèques. Est-ce vers cela que nous nous dirigeons d’ici quelques jours?

Mulhouse épicentre du tsunami

A Mulhouse, des tentes militaires sont dressées sur le parking de l’hôpital. Une capacité de trente malades quand la Chine édifiait jusqu’à mille lits en une semaine! Et un deuxième vol pour évacuer six malades vers Bordeaux. Mulhouse restera à jamais l’épicentre de ce tsunami qui nous frappe. Triste réputation!

Les garde-chiourme de la pensée unique chez les cyclistes aussi

Hier, j’ai couru à pied pendant 40 minutes autour du quartier sans en sortir

Hier, j’ai fait cinq tours de quartier les plus resserrés qu’on puisse. Ce matin, je les regrette presque tellement les « promeneurs » ont été stigmatisés toute la journée sur les réseaux sociaux. La liste Facebook des Cent Cols est aussi atteinte. S’interroger sur le bien-fondé de l’interdiction du vélo à la campagne est devenu un sujet hautement subversif. Les garde-chiourme de la pensée unique se sont mis à aboyer pour nous faire taire comme si l’on n’avait pas le droit de douter de la justesse des mesures prises en haut-lieu pour juguler l’épidémie.

Aujourd’hui dimanche, je vais donc rester chez moi et choisir le meilleur endroit de mon univers privé où être confiné.

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