Jour : 7 avril 2020

Chronique de pandémie

Faut-il encourager le port du masque après nous l’avoir déconseillé pendant des semaines?

J’ai quitté ce matin le 68 définitivement.

Il restera attaché à de mauvais souvenirs.

Avec le temps qui passe, les incertitudes demeurent. Et les angoisses grandissent. On ne sait plus ni quand, ni comment on va sortir de ce conflit meurtrier avec la petite bête. Et nous, sociétés modernes, peinons à comprendre qu’on ne dispose que d’air comprimé pour sortir le virus de nos poumons.

L’inquiétude est grande de voir se rapprocher de nous chaque jour de mauvaises nouvelles. Et l’on se dit est-ce que je serai de ceux-là ou de celui-là, ou de celle-là? Le maire de Saint-Louis, à la frontière tri-nationale, est allé mourir à Bonn évacué en urgence sanitaire. Et nos voisins anglais! BoJo, le truculent premier ministre placé sous respiration artificielle!

Fatalement, les esprits s’échauffent face à l’attitude hasardeuse des autorités. La polémique chloroquine semble en sommeil mais les experts ont du ramer longtemps pour se mettre d’accord entre-eux sans convaincre. Alors voici venir à présent la polémique du port des masques, ce machin dont Sarkozy faisait tout pour qu’on ne le porte pas dans l’espace public.

Alors avec le masque, on est partis pour plusieurs semaines avant de savoir qui doit le porter, comment le mettre sur le nez, comment s’en débarrasser…et on se demande même s’il ne faudra pas obtenir un agrément préalable attestant qu’on en connait le mode d’emploi. Car ce que craignent le plus les experts de la pandémie, c’est que le masque nous fasse perdre la fameuse « distanciation sociale » et qu’on se mélange à nouveau au-delà de toute raison.

J’ai enfilé mon masque à poussières FFP2 pour aller au Drive hier. C’est une horreur. La respiration envoie de la vapeur d’eau sur les lunettes et je n’y vois plus rien.

Sortir oui, mais que pour les courses à hauts risques épidémiques! c’est ce que souhaitent les tenants du « restez chez vous! »

On voit au fil des jours les acteurs des réseaux sociaux se distancier. Ceux qui s’époumonent à répéter « restez chez vous! » perdent du terrain. Le slogan n’est plus porteur. L’a t-il été? Ceux-là voudraient nous confiner dans une burqa sanitaire et nous attacher au canapé toute la journée. Et surtout ils voudraient que le gouvernement supprime le fameux K5 de l’attestation de déplacement « loisir-détente » qui selon eux pervertit le concept de confinement.

En attendant, notre pouvoir qui peut peu face à la complexité de la situation tente de boucher à la hâte toutes les imperfections du confinement qui jaillissent ça et là. Les PV qui pleuvent ne suffisent pas à contenir la foule qui voit les beaux jours venir.

L’Etat aux abois qui détourne les masques de la région Franche-Comté sur le tarmac de l’aéroport de Mulhouse, voila qui en dit long sur le climat de guerre larvée que se livrent les autorités publiques face à l’épidémie.

Vous avez dit déconfinement?

Ceux qui ont parlé trop vite de déconfinement rétropédalent et donc mécontentent encore un peu plus le corps social de plus en plus suspicieux face à la conduite des affaires. Vu la complexité annoncée du déconfinement, mieux vaut en effet attendre.

La carte du déconfinement est une fake-news mais elle contribue à alimenter les rumeurs sur un déconfinement séquencé et territorial auquel s’ajouteraient des conditions individuelles selon son statut sérologique.

Ce que craignent les épidémiologistes, c’est le rebond de l’épidémie qui reprendrait avec les individus sans anticorps une fois le confinement levé. Le risque est grand tant qu’on n’aura pas une image représentative du taux de population déjà infectée par le coronavirus. Alors se dessine la question du fameux test que tout le monde attend. A commencer par les Ehpad.

On apprend en marchant.