Jour : 22 avril 2020

Sausheim

Acrylique sur papier 24×32. Ces petites maisons alsaciennes sont les seules que possède Sausheim. Elles sont amoureusement entretenues par les propriétaires.

Reprendre ses pinceaux n’est pas facile. Voila dix jours que je n’y ai pas réussi. Il faut de la motivation. Comme pour le vélo.

J’ai habité près de vingt ans à Sausheim (Haut-Rhin) périphérie de Mulhouse.

J’ai emporté avec moi une malle en carton contenant toutes mes aquarelles indignes. Je veux dire les ratées, celles qu’on déchire, celles qu’on lave sous le robinet d’eau.

J’en ai extrait quelques unes avec tristesse car elles avaient ce petit manque de supplément d’âme permettant de les réhabiliter.

Alors j’ai commencé à en « reprendre » une à l’acrylique. L’acrylique c’est le cache sexe de l’aquarelle ratée.

Quand l’acrylique est aussi ratée, il n’y a plus d’espoir, c’est le traitement de la dernière chance.

Chronique de pandémie

Le confinement profite au marché du Home-Trainer et à Amazon

Je doute, tu doutes, il ou elle doute.

Nous sommes entrés en zone d’attente. L’attente de la sortie. Un peu comme ces prisonniers en fin de peine qui attendent de voir les portes du pénitencier s’ouvrir en grand.

Se faire des illusions n’est pas de circonstance car on sent que le pouvoir, les pouvoirs hésitent. Ils se concertent en douce, sans le dire, et doutent aussi sur les mesures à prendre. La France, son centralisme, a démontré son incapacité à circonstancier ses décisions. On a vu les dégâts d’une politique du tout ou rien. Tout s’est arrêté et fatalement plus rien ne marche. Les commerces, les coiffeurs, les jardineries, les écoles, les usines, les déchetteries, les transports aériens,…sans parler du monde des loisirs et du sport.

Car ils doutent eux-aussi sur la conduite à tenir pour sortir la France du marasme total dans lequel nous sommes plongés.

Le tiraillement, le déchirement entre les injonctions sanitaires et économiques est tel que tout le monde n’y comprend plus rien face à un Covid-19 invisible et saisissable.

André Comte-Sponville, le philosophe, s’insurge « Il n’est pas question que l’on nous enferme indéfiniment pour une maladie » et demande de « prendre davantage en compte la souffrance des gens confinés »(source)

Vu des médecins, l’argumentation philosophique n’est pas recevable, il faut arrêter la pandémie d’abord. A tout prix.

On va donc assouplir la contrainte puisqu’il faut l’admettre: le confinement a un effet limité difficile à démontrer. Éviter les rassemblements? oui! Maintenir la distanciation sociale? oui! Mettre des masques? oui, bien sûr…et continuer à se laver les mains.

La difficulté de la France est démographique. On a confiné sans aucun discernement des zones rurales immenses qui ne le méritaient pas . On a mis à genoux toute notre économie et notre chômage difficilement contenu va à présent exploser. Voila pour le bilan économique.

Le bilan sanitaire est celui que l’on sait: un désastre! Inutile d’y revenir. Il reste une inconnue: celle que l’opinion acceptera d’inscrire au passif de nos politiciens qui se sont succédé depuis 30 ou 40 ans et qui ont mis l’hôpital en grande difficulté.

Je suis assailli de promotions sur Facebook pour acheter un Home-Trainer. Ils doivent savoir là-haut que je suis un acheteur potentiel. Je résiste. A qui bon transformer un engin de mobilité, de liberté en outil statique et d’enfermement? C’est absurde.

Les masques arrivent…on les attend!

Un milliard de masques à récupérer en fin de vie, un beau challenge pour le marché de l’environnement

Je crains le pire. A t-on au moins prévu une filière de récupération et de décontamination des masques usagers suffisamment contraignante pour ne pas les retrouver au bord des routes ou dans les squares?