Jour : 11 avril 2020

Corona

acrylique sur toile 40×50

Quand dix-sept heures est venu, j’ai dit « j’arrête ». C’est du couteau que je manipule comme je peux. A tâtons. Je n’ai pas la main, ma peinture est souvent du mauvais coté du tranchant de la lame et les dégradés au couteau me laissent des traces blanches, alors je finis au doigt. C’est dans les possibles dit la profession, le doigt. Alors va pour les doigts! Je connais mes erreurs et je les reconnais. Peut mieux faire, la prochaine fois. Il me faut aussi du meilleur matos, de la meilleure pâte surtout, et des tonales mieux adaptées.

Bref je suis un peintre amateur.

Je l’ai appelé Corona en souvenir de l’épidémie qui défie la planète. Il faut croire que le Corona m’a épuisé, je suis fatigué. Fatigué de tout ce tohu-bohu qui bouleverse nos vies. J’ai eu du mal à me remettre à la peinture depuis la mi-mars. Trop déstabilisé, trop angoissé, trop tout. Comment peindre? comment jouer? comment lire? C’est déjà une convalescence sans avoir été malade que de reprendre le cours des choses, penser à autre chose.

Mon masque en Sopalin

masque anti-projections en Sopalin deux couches

Important: le masque en papier présenté ne vous protège pas des virus, il vous évite d’être contaminant. Il est donc anti-projections.

Facile à construire, pas cher et confortable, le masque en Sopalin double couche s’avère être le plus simple à mettre en œuvre quand on a rien d’autre pour éviter de contaminer son entourage si vous êtes porteur du virus sans le savoir.

Deux couches de Sopalin, du ruban adhésif et deux élastiques.

Seul défaut, c’est un usage unique, non réutilisable…

Se laver les mains avant de mettre le masque et après l’avoir jeté dans une poubelle de déchets non valorisables. Ne pas réutiliser! C’est juste bon pour faire les courses.

A Lidl, les clients entrent 10 par 10

Autre solution le filtre Melitta…

Les conseils de Laure Granger, ingénieure textile

Voir aussi ce site qui décrit des masques tissus et papier

Voir aussi le masque à Vélomaxou en tissu

Chronique de pandémie

Mulhouse, la Porte Jeune

Distanciation sociale

Quel terme cruel pour une société qui se veut unie, humaine! La distanciation sociale, on la pratique chaque jour depuis plusieurs semaines. La vie n’est plus qu’un long farniente où l’on trompe le temps comme on peut. Mais la distanciation sociale n’est pas la même pour tout le monde. Elle accroit les inégalités de ceux qui sont seuls et confinés dans de petits logements.

Ceux qui jadis ne savait rien du village voisin pouvait continuer à vaquer dans leurs champs, dans leurs étables en attendant qu’un colporteur passe. Nous à présent sommes ancrés devant nos écrans, en direct avec la planète.

Et pourtant on ne sait rien

Rien du pourquoi, ni du comment mon département Haut-Rhinois est devenu le Hubei de la France avec ce matin 570 morts depuis le début de l’épidémie. Nous sommes, nous serons dorénavant maudits. C’est sûr, quoi que fassent les autorités pour redorer notre blason alsacien, on parlera longtemps de ce cluster viral qui a pris naissance dans une réunion évangélique. Je ne savais pas que Mulhouse disposait d’un tel potentiel religieux et d’une telle capacité attractive pour rassembler des croyants.

La Lozère avec ses 77.000 habitants, un département qui ne connait aucun décès du au coronavirus

L’hôpital Émile Müller est construit sur les hauteurs de la ville derrière la montagne du Rebberg en direction de Bruebach.

On n’a pas su trouver pire endroit pour y accéder

Aucune voie rapide en venant des populations. On ne va pas à l’hôpital pour le plaisir surtout avec un réseau routier aussi peu facile. Toute l’année 2019, la chronique ne parlait que des difficultés des Urgences de l’hôpital et de ce ballet de médecins qui ne restaient pas quand d’autres chichement appointés venaient prendre le relai pendant quelques semaines sans y rester ensuite. La mauvaise réputation de cet hôpital est ainsi faite. Je suppute qu’elle est à l’image d’une population difficile et fragile. A tort? je ne le sais pas. Mais un hôpital où les médecins partent les uns après les autres, ça fait mauvais genre.

Tous ces soubresauts ne doivent pas masquer la grande souffrance de l’hôpital public à Thann et à Altkirch où la gestion comptable frappe depuis des décennies notre service de santé.

Restez chez vous! oui mais combien de temps encore?

On en est donc là, c’est à dire qu’on ne sait pas. On ne sait pas ce qui se passe derrière les murs de l’hôpital où l’on a transporté par cargaisons entières depuis des semaines des centaines et des centaines de patients atteints du virus et pourquoi autant sont morts.

Car très peu de choses filtrent depuis la visite rendue par le Président à l’hôpital militaire de campagne de trente lits édifié sous des tentes sur le parking. Le seul écho que nous envoie le personnel, c’est le fameux « restez chez vous! » devenu un leitmotiv peu rassurant.

« Restez chez nous » soit! On a compris qu’il fallait ainsi ralentir le flux. Pas la maladie.

La cruelle vérité des chiffres

A J+25 (nous sommes actuellement en France à j+35), les chiffres parlent d’eux-mêmes…

J+25FranceItalieEspagneAllemagne
morts par million d’hab.599122031
Les chiffres parlent: l’Allemagne toute proche de nous a moitié moins de morts que la France

Repousser les touristes et les vacanciers

Confinés par l’autorité, nous sommes devenus des citoyens en liberté surveillée ou semi-emprisonnés. L’hélicoptère de la gendarmerie a survolé hier la vallée de Thann à marche lente scrutant toutes les failles de la montagne où des fuyards en mal de vivre auraient pu se loger.

Le hasard de la vie fait qu’on est là et pas ailleurs. Obligés de subir cet enfermement qui pourrait encore se durcir si les pouvoirs locaux tentés de se barricader ferment leurs accès. Les États, c’est déjà en cours, ferment leurs frontières comme l’Espagne qui préfèrent renoncer à la manne touristique de l’Europe du Nord cet été.

Ce matin Sète, dans l’Hérault, fait de même, elle barricade tous ses accès pour éviter la venue de vacanciers. Au grand dam du préfet…

C’est une première en France. La décision entre en vigueur ce vendredi 10 avril à 18 heures. L’arrivée confirmée de touristes dans la ville héraultaise située entre mer et étang a fait basculer les choses.(Midi Libre)

Mulhouse, à la différence de Sète, n’aura pas besoin de fermer ses accès, sa réputation suffira à dissuader les touristes d’y venir pendant longtemps.