Corona

acrylique sur toile 40×50

Quand dix-sept heures est venu, j’ai dit « j’arrĂŞte ». C’est du couteau que je manipule comme je peux. A tâtons. Je n’ai pas la main, ma peinture est souvent du mauvais cotĂ© du tranchant de la lame et les dĂ©gradĂ©s au couteau me laissent des traces blanches, alors je finis au doigt. C’est dans les possibles dit la profession, le doigt. Alors va pour les doigts! Je connais mes erreurs et je les reconnais. Peut mieux faire, la prochaine fois. Il me faut aussi du meilleur matos, de la meilleure pâte surtout, et des tonales mieux adaptĂ©es.

Bref je suis un peintre amateur.

Je l’ai appelĂ© Corona en souvenir de l’Ă©pidĂ©mie qui dĂ©fie la planète. Il faut croire que le Corona m’a Ă©puisĂ©, je suis fatiguĂ©. FatiguĂ© de tout ce tohu-bohu qui bouleverse nos vies. J’ai eu du mal Ă  me remettre Ă  la peinture depuis la mi-mars. Trop dĂ©stabilisĂ©, trop angoissĂ©, trop tout. Comment peindre? comment jouer? comment lire? C’est dĂ©jĂ  une convalescence sans avoir Ă©tĂ© malade que de reprendre le cours des choses, penser Ă  autre chose.

Mon masque en Sopalin

masque anti-projections en Sopalin deux couches

Important: le masque en papier prĂ©sentĂ© ne vous protège pas des virus, il vous Ă©vite d’ĂŞtre contaminant. Il est donc anti-projections.

Facile Ă  construire, pas cher et confortable, le masque en Sopalin double couche s’avère ĂŞtre le plus simple Ă  mettre en Ĺ“uvre quand on a rien d’autre pour Ă©viter de contaminer son entourage si vous ĂŞtes porteur du virus sans le savoir.

Deux couches de Sopalin, du ruban adhésif et deux élastiques.

Seul dĂ©faut, c’est un usage unique, non rĂ©utilisable…

Se laver les mains avant de mettre le masque et après l’avoir jetĂ© dans une poubelle de dĂ©chets non valorisables. Ne pas rĂ©utiliser! C’est juste bon pour faire les courses.

A Lidl, les clients entrent 10 par 10

Autre solution le filtre Melitta…

Les conseils de Laure Granger, ingénieure textile

Voir aussi ce site qui décrit des masques tissus et papier

Voir aussi le masque à Vélomaxou en tissu

Chronique de pandémie

Mulhouse, la Porte Jeune

Distanciation sociale

Quel terme cruel pour une sociĂ©tĂ© qui se veut unie, humaine! La distanciation sociale, on la pratique chaque jour depuis plusieurs semaines. La vie n’est plus qu’un long farniente oĂą l’on trompe le temps comme on peut. Mais la distanciation sociale n’est pas la mĂŞme pour tout le monde. Elle accroit les inĂ©galitĂ©s de ceux qui sont seuls et confinĂ©s dans de petits logements.

Ceux qui jadis ne savait rien du village voisin pouvait continuer Ă  vaquer dans leurs champs, dans leurs Ă©tables en attendant qu’un colporteur passe. Nous Ă  prĂ©sent sommes ancrĂ©s devant nos Ă©crans, en direct avec la planète.

Et pourtant on ne sait rien

Rien du pourquoi, ni du comment mon dĂ©partement Haut-Rhinois est devenu le Hubei de la France avec ce matin 570 morts depuis le dĂ©but de l’Ă©pidĂ©mie. Nous sommes, nous serons dorĂ©navant maudits. C’est sĂ»r, quoi que fassent les autoritĂ©s pour redorer notre blason alsacien, on parlera longtemps de ce cluster viral qui a pris naissance dans une rĂ©union Ă©vangĂ©lique. Je ne savais pas que Mulhouse disposait d’un tel potentiel religieux et d’une telle capacitĂ© attractive pour rassembler des croyants.

La Lozère avec ses 77.000 habitants, un département qui ne connait aucun décès du au coronavirus

L’hĂ´pital Émile MĂĽller est construit sur les hauteurs de la ville derrière la montagne du Rebberg en direction de Bruebach.

On n’a pas su trouver pire endroit pour y accĂ©der

Aucune voie rapide en venant des populations. On ne va pas Ă  l’hĂ´pital pour le plaisir surtout avec un rĂ©seau routier aussi peu facile. Toute l’annĂ©e 2019, la chronique ne parlait que des difficultĂ©s des Urgences de l’hĂ´pital et de ce ballet de mĂ©decins qui ne restaient pas quand d’autres chichement appointĂ©s venaient prendre le relai pendant quelques semaines sans y rester ensuite. La mauvaise rĂ©putation de cet hĂ´pital est ainsi faite. Je suppute qu’elle est Ă  l’image d’une population difficile et fragile. A tort? je ne le sais pas. Mais un hĂ´pital oĂą les mĂ©decins partent les uns après les autres, ça fait mauvais genre.

Tous ces soubresauts ne doivent pas masquer la grande souffrance de l’hĂ´pital public Ă  Thann et Ă  Altkirch oĂą la gestion comptable frappe depuis des dĂ©cennies notre service de santĂ©.

Restez chez vous! oui mais combien de temps encore?

On en est donc lĂ , c’est Ă  dire qu’on ne sait pas. On ne sait pas ce qui se passe derrière les murs de l’hĂ´pital oĂą l’on a transportĂ© par cargaisons entières depuis des semaines des centaines et des centaines de patients atteints du virus et pourquoi autant sont morts.

Car très peu de choses filtrent depuis la visite rendue par le PrĂ©sident Ă  l’hĂ´pital militaire de campagne de trente lits Ă©difiĂ© sous des tentes sur le parking. Le seul Ă©cho que nous envoie le personnel, c’est le fameux « restez chez vous! » devenu un leitmotiv peu rassurant.

« Restez chez nous » soit! On a compris qu’il fallait ainsi ralentir le flux. Pas la maladie.

La cruelle vérité des chiffres

A J+25 (nous sommes actuellement en France Ă  j+35), les chiffres parlent d’eux-mĂŞmes…

J+25FranceItalieEspagneAllemagne
morts par million d’hab.599122031
Les chiffres parlent: l’Allemagne toute proche de nous a moitiĂ© moins de morts que la France

Repousser les touristes et les vacanciers

ConfinĂ©s par l’autoritĂ©, nous sommes devenus des citoyens en libertĂ© surveillĂ©e ou semi-emprisonnĂ©s. L’hĂ©licoptère de la gendarmerie a survolĂ© hier la vallĂ©e de Thann Ă  marche lente scrutant toutes les failles de la montagne oĂą des fuyards en mal de vivre auraient pu se loger.

Le hasard de la vie fait qu’on est lĂ  et pas ailleurs. ObligĂ©s de subir cet enfermement qui pourrait encore se durcir si les pouvoirs locaux tentĂ©s de se barricader ferment leurs accès. Les États, c’est dĂ©jĂ  en cours, ferment leurs frontières comme l’Espagne qui prĂ©fèrent renoncer Ă  la manne touristique de l’Europe du Nord cet Ă©tĂ©.

Ce matin Sète, dans l’HĂ©rault, fait de mĂŞme, elle barricade tous ses accès pour Ă©viter la venue de vacanciers. Au grand dam du prĂ©fet…

C’est une première en France. La dĂ©cision entre en vigueur ce vendredi 10 avril Ă  18 heures. L’arrivĂ©e confirmĂ©e de touristes dans la ville hĂ©raultaise situĂ©e entre mer et Ă©tang a fait basculer les choses.(Midi Libre)

Mulhouse, Ă  la diffĂ©rence de Sète, n’aura pas besoin de fermer ses accès, sa rĂ©putation suffira Ă  dissuader les touristes d’y venir pendant longtemps.