Jour : 25 avril 2020

Chronique de pandémie

J’ai sorti des cartons ma petite Genuis et j’ai cousu un masque.

En France, on nous ment. On nous félicite, on nous enguirlande, on nous gronde, on nous récompense, à l’instar de Macron dans ses interventions ; ou l’on nous tance ou nous insulte, comme le déplorable préfet de police de Paris, Didier Lallement.(L’historien Johann Chapoutot-Médiapart 24 avril)

Le pouvoir politique en France est faible, fragile, composé d’une génération jeune sans expérience et concentré sur la démolition de nos régimes de retraite quand soudain l’épidémie arrive…On connait la suite. L’affolement de nos élites et la découverte qu’on n’a rien pour faire face à la pandémie qui s’est installée.

Alors on confine à tout va!

Non je n’ai pas abandonné ma chronique aujourd’hui, mais je suis d’abord allé faire mon jogging.

Lorsque je reviens à la maison, je suis dans de meilleures dispositions mentales. Le confinement nous use. C’est un véritable démoralisateur de la population. Le pouvoir le sait mais il n’a rien d’autre à proposer à la place.

Je voudrais ce matin vous parler de notre privation de liberté et de la façon dont l’Etat en abuse.

Face à l’épidémie, on pouvait faire autrement. Mais on ne l’a pas fait. Les gens de la campagne paient un confinement qui n’est adapté qu’à la ville. Puisque l’état n’a ni masque, ni test, ni la capacité d’isoler les gens contagieux, alors on isole tout le monde depuis des semaines. Sauf quelques soldats de première ligne comme les soignants, les ambulanciers et les caissières de supermarchés.

Combien de temps ça va durer?

Un certain temps répondait l’adjudant!

Car le 11 mai, on imagine mal en quoi on pourrait trouver une issue à nos interdits d’aller et venir.

Pas très beau mais efficace. Quand j’arrive chez mon boulanger, je le porte à l’intérieur du magasin

J’ai sorti la machine à coudre Genius de son carton et je me suis remis aux masques. Cette fois je me suis inspiré du modèle AFNOR. Dans un vieux tee-shirt en coton, j’ai découpé deux carrés de 20×20 et j’ai commencé à coudre entre-elles les deux épaisseurs. J’ai cassé le fil cinq fois sur la machine alors j’ai terminé avec une aiguille et un dé à coudre pour pousser à travers les couches. Le petit fil de fer pour attacher les tomates fait un excellent pince-nez. Je l’ai cousu à l’intérieur pour qu’il ne bouge pas. Et j’ai trouvé dans la boite à couture, ô luxe suprême! un élastique revêtu de fil doré! Ce matin j’ai emporté le masque dans ma poche pour mon jogging. Quand j’apercevais un promeneur face à moi, j’enfilais la camisole faciale.

Il existe de dizaines de tutos sur YouTube pour fabriquer son masque anti-projections. Ce masque évite que vous projetiez des gouttelettes sur les gens que vous croisez. Il faut le laver (60°C-30minutes) au moins toutes les quatre heures et bien sûr avant s’il est mouillé par la transpiration.

Trois-Epis : la nature derrière les barrières

Une habitante, appréciant la course à pied, vit le confinement comme une « punition », d’autant que les chemins d’accès aux forêts sont barrés…(DNA 25 avril)

Alors la dame franchit la barrière et fait comme avant. Pour ceux qui ne connaissent pas les Trois-Epis nichés au-dessus de Turckeim, il s’agit d’un hameau situé à 700m d’altitude où l’on ne trouve que quelques habitants et un centre de soins de la MGEN…et une boulangerie appréciée des cyclos de passage.

Que répond le préfet à cette interdit absurde?

Que penseraient les habitants d’Ammerschwihr si on estimait qu’à quelques kilomètres du centre de leur village l’application de l’arrêté serait différente ? Et surtout comment appliqueraient-ils ce texte ? Le confinement représente pour l’instant le seul moyen d’éviter la propagation du virus.

Il s’agit donc d’une brimade, on confine même là où ce n’est pas nécessaire.

Comment dès lors aborder un déconfinement territoire par territoire comme le suggèrent certains élus locaux? On se dirige vers des débats sans fin pour savoir qui, quand et où demain le citoyen sera capable d’aller.

Attendez-vous à voir au cours des prochaines semaines d’âpres marchandages entre les tenants du tout répressif en haut de l’Etat et ceux qui sur le terrain veulent assouplir les règles.

Le train-train du rond-rond

Faut faire avec le confinement. Le train-train du rond-rond est parfois monotone. Je ne sais pas combien de temps on va devoir encore supporter ce manège.

Je n’ai jamais contrevenu à la règle du 1km/1 heure. Sauf si je suis déjà sorti plusieurs fois le même jour, ce qui est une entorse j’en conviens.

Mais le vélo, non! Je prends le vélo de ville et la trottinette pour rejoindre la boulangerie de temps à autre.

Ce matin j’ai croisé lors de mon jogging deux cyclistes sur route. Deux cyclotouristes camouflés équipés avec sacoches, j’en ai le sentiment. Mais pourquoi pas? Imaginez que vous habitez Leimbach ou Rammersmatt où il n’y a pas de commerces, rien ne vous interdit d’aller faire vos courses à vélo à Thann et d’en revenir ensuite. Si le confinement dure, on devrait tous aller habiter la campagne.

Cycliste entrant dans Vieux-Thann route de Roderen

Evidemment c’est tentant, mais il faut être suffisamment persuasif pour éviter une prune de 135 euros car ce matin les voitures de gendarmerie sont sur le pied de guerre pour chasser le touriste.