Tout simplement parce que j’ai aperçu depuis la route une balustrade à l’aplomb d’une barre rocheuse. Je ne sais pas encore que c’est Uhufels.
Je pars de la gare de Kruth à 14h50.
Sans carte. Erreur!
Je traverse la route en face de la gare.
Deux chemins
Je grimpe à gauche.
Est-ce le bon chemin?
Je quitte Kruth
Ah, justement un randonneur descend avec son chien.
Il m’explique que ça grimpe fort, ne pas prendre le premier sentier à droite mais le second.
Ok!
Je grimpe…Oui, ça grimpe fort.
Je passe un chemin, puis deux…je grimpe encore en me disant que je dominerai mieux la situation. Quand je vois la direction Le Treh, j’hésite à continuer.
Tous les trente pas, je m’arrête.
A force de grimper, je prends un chemin à droite bien à plat
Heureusement que je ne dois pas pousser en plus le vélo!
Direction Gommkopf, je commence à douter.
ici fin du chemin, que faire? je descends en zigzag
Finalement je tourne à droite et j’aborde un grand champ. En bas sur ma gauche une ferme que j’identifie comme étant Tschar une fois à la maison.
Je continue la descente, à ma gauche une ferme, devant une cime, est-ce que Uhufels est derrière?
Je trouve un triangle bleu qui me mène enfin à Uhufels.
Je touche au but
Je ne suis pas déçu, la vue sur la vallée est superbe, tandis que le soleil couchant achève de descendre sur le Frenz en face.
voici les fameuses balustrades vues depuis la route
Tiens, une casquette oubliée…peut-être à Pierre?
J’ai honte de parler de ma descente pas très académique.
Je tente un tout droit, aidé d’un bâton.
Peine perdue: je me trouve à l’aplomb d’un précipice.
Aucune trace, aucun chemin, je longe la pente en tâtonnant.
après une bonne demi-heure de descente à pic, je tiens le bon bout
Je saute sur un chemin en contrebas en provoquant un éboulis de cailloux.
Thérapie, c’est beaucoup dire; je ne suis pas dépressif. Juste sensible aux choses de ce bas monde.
C’est à dire que dès mon retour de balade à vélo, j’éprouve le besoin de traduire mes pensées, mes émotions. Et si possible je m’applique « à faire beau », à respecter mes lecteurs et à trouver un cheminement, une cohérence parmi l’incertitude de mon itinéraire.
La sortie à vélo n’est parfois qu’un alibi pour raconter une histoire…et parfois éprouver le besoin d’en savoir plus.
Je suis roublard, je sais tout de suite dans la lande que le vent est de nord-est, c’est à dire froid.
Alors j’avance en longeant les haies protectrices, celles qui restent.
Puis je me cale dans la forêt.
Les étangs de Cernay sont un havre de paix comme un petit port bien abrité.
Je n’y ai rencontré qu’un cycliste avec un bonnet rouge tandis que je portais mon gilet j…
J’en fais le tour, puis je m’en vais.
Je butte toujours sur cette zone industrielle de Cernay et ses bâtiments sans âme.
Je longe des grillages à la recherche d’un improbable sentier bucolique.
Je franchis des ronciers…puis je fais demi-tour une fois coincé au bord de la voie rapide.
Je reviens sur mon titre.
Il change parfois car la tonalité de mes propos n’est plus en relation.
Aujourd’hui je garde mon verbe du premier groupe.
J’ai déjà posé mon point après rouler.
Alors j’ajouterai un peu, car mon voyage était facile aujourd’hui.
Sur la digue, je m’arrête contempler l’étendue d’eau.
Il a neigé la nuit dernière sur le Thannerhubel
La dame observe les oiseaux avec sa longue-vue.
J’en profite pour me renseigner sur le matériel.
Pas de doute, l’investissement est du même ordre qu’un beau vélo.
Il ne faut donc pas se tromper et se documenter avant l’achat.
Compter 3000 euros avec le pied!
Puis je pars au bout du déversoir qui se jette dans la Doller…
Déversoir de la retenue de Michelbach
Après mon passage chez les Gj…je file à Aspach-le-Bas.
Matthias est emmitouflé dans son sac de couchage, il mange les maquereaux à la sauce tomate que je lui ai apporté dimanche.
Sa situation n’évolue pas.
Avec les gelées, dormir dans la voiture devient problèmatique.
Je pense que son cas relève de la puissance publique.
En 2008, il a été accepté sur un terrain communal d’Aspach-le-Haut pendant six mois et il me montre la lettre où la municipalité lui demande de partir. Il n’ose donc pas renouveler sa demande qui s’assimile à celle d’un SDF.
Les communes semblent être réticentes à l’accueillir.
Pendant qu’il couche sur le papier des adresses d’amis à contacter, j’assiste au coucher de soleil.
A la Croisière de Cernay, je ne m’attarde pas car un grain menaçant approche
Ce matin, je profite d’une accalmie du temps pour sortir.
Je rends visite aux gilets jaunes.
A la Croisière de Cernay, leur campement de fortune s’est doté de confort.
Des abris ont été construits à l’aide de bâches et de palettes.
Quelques stères de bois pour tenir si le froid s’installe. Au tableau d’affichage, les consignes à observer quand on change d’équipe.
Je pars à Burnhaupt.
En chemin encore une décharge sauvage. Cette fois c’est l’œuvre d’un chauffagiste qui s’est débarrassé d’une vieille chaudière murale et de ses tuyaux.Matthias a déménagé avec sa voiture. Il est à présent au bout de la rue de la Libération à Aspach-le-Bas. Son radiateur livré n’est pas le bon et son moteur ne démarre plus. Il a faim.
Matthias voudrait du pain, du fromage, du poisson en boites, des chips, de la salade et du chocolat. Je me propose de l’aider en le ravitaillant, si quelqu’un veut se joindre à moi, me faire signe.
Il me demande de joindre l’association Robin des Toits.
Quand j’arrive à Pont d’Aspach, c’est l’heure de « libérer » les caboteurs des pays de l’est parqués au centre du giratoire. Ces types sont exploités par leurs patrons (ils travaillent en France avec les conditions de leurs pays) et faussent la concurrence. C’est un des mauvais coté de l’Europe.A Aspach, du bois pour l’hiver et deux immenses remorques pour s’abriter .
La télévision a été installée dans l’une des remorques.
Les équipes se relaient jour et nuit.
Tout va dépendre de la façon dont le pouvoir va s’exprimer, me dit-on…
La Doller a repris de la vigueur avec les dernières précipitationsLa grande passerelle recouverte de planches est très glissante, je longe à pied en me tenant à la main courante
Emballé dans son sac de couchage, il ne me lâche plus.
Je prends le mesureur de champ…la Led est jaune.
C’est votre portable.
Il veut savoir les nouvelles car il n’a pas de radio.
Je lui raconte succinctement, les Gilets jaunes, Macron, l’Olympe…
Il semble très étonné, comme s’il revenait d’un voyage sur la lune.
Il y a vingt cinq ans, j’étais déjà là à Aspach Gare et il y avait une cabane, mais je ne la retrouve pas.
Je vous ai vu sur YouTube filmé par Télé Doller en 2014…
Oui, mais à Bourbach, je n’ai pas pu y rester, trop de champ électrique avec la ligne à 20.000 volts.
Je parviens à m’échapper.
Au rond-point du Kaligone, ….les Gilets jaunes en discussion féroce avec le député Raphaël Schellenberger (LR) qui n’en mène pas large.(vidéo ci-dessus)
Sans commentairesl’épicerie générale des GJ
Finalement je prends cette grande piste…
…et je vais rejoindre mon avion qui m’attend pour Biarritz.
Au retour, les éternels endurcis du vélo que je croise l’un après l’autre., Maurice, Alain et Pierre
Je repasse sur des lieux connus et pourtant ma curiosité trouve toujours matière à satisfaction.
Avant Hirnelestein, j’ouvre un chantier de mécanique.
C’est rare.
Le grand pignon ne passe pas.
Je décale la butée fin de course…je détends le câble…bref, je patauge.
Enfin ça marche.
Hirnelestein, je grimpe l’escalier.
Morne plaine.
Je pousse jusqu’à l’Amselkopf.
Puis je me laisse descendre jusqu’aux mines.
Steinbach puise son eau dans un puits de mine et la déferrise avec du manganèse.
En 1870, les Allemands avaient rouvert la mine et envoyaient de l’eau polluée aux habitants.
Donnerloch
Je m’arrête au chantier des Trolls au puits du Donnerloch, puis à coté de la cabane en bois cordé, je visite une galerie d’une vingtaine de mètres de long grâce à ma lampe de casque.
pas trouvé de pépite!Mon canasson patientecabane bois, béton et mermiculite
Je traverse la Croisière.
Les Gilets décroissent.
Je termine par ma visite de ligne 63 kV Luetterbach-Thann.
Je les ai rencontrés à Cernay sur la piste de la Thur.
Tous trois équipés de sacoches.
– Vous allez où?
– A Ensisheim…oui, puis nous rejoignons l’auberge de jeunesse de l’Illberg à Mulhouse…
– Vous êtes sûrs de votre itinéraire?
– Pourquoi?
– Parce que Ensisheim, c’est au nord de Mulhouse et l’Illberg au sud…
– Ah bon!…on s’en fout pourvu que ça roule, on n’est pas à 20 bornes près…
Finalement, je propose de les conduire sur le bon chemin, c’est à dire Wittelsheim, Richwiller,…
Cernay-Illberg ne passe pas forcément par Ensisheim
En chemin, on fera connaissance.
Ils viennent de Forbach.
Ce matin, ils ont quitté Châtenois puis ont longé le vignoble jusqu’à Cernay.
Demain, ils comptent reprendre la route du retour en longeant le Vieux-Rhin.
Leurs machines son roulantes, équipées légèrement de deux sacoches pour deux d’entre-eux et d’une remorque pour le troisième.
Ce sont des rouleurs qui n’ont pas peur de la distance.
Étonnement: l’un d’eux (celui à la remorque) est équipé en single speed, aucun dérailleur, un seul pignon, un seul plateau.
Sur le pont de Richwiller, je leur indique la direction à suivre.
Ils installent leurs phares car la pénombre approche.
Je fais demi-tour en leur souhaitant une bonne fin de voyage.
En haut du Grand Ballon, il s’est lâché d’une main en signe de victoire et m’a dit « dur, dur ». Je pense qu’il a grimpé plus vite que moi. Chapeau l’artiste!
Aujourd’hui, c’était mon jour de courage.
A Uffholtz, j’ai pris la direction du Vieil Armand.
Tout penaud parce que c’est un exercice difficile pour moi.
J’ai l’œil rivé sur le cardio et je gère comme je peux.
Une fois aux ruines du Herrenfluh, j’ai gagné mon pari et je m’offre une belle image de la plaine.
Cernay depuis les ruines du Herrenfluh
Quand j’arrive au Vieil Armand, mon attention est attirée par les panneaux.
D’un coté, c’est la commune de Wattwiller, de l’autre c’est celle de Soultz.
Et puis je tente ensuite le Grand Ballon, la tête pleine de calculs.
Je suis un besogneux, je sais qu’il faut grimper encore 7km avec une pente variable de 7 à 8%.
On a coutume de dire qu’à l’auberge du Ballon, c’est gagné!
Voire!
Je trouve encore le temps long après.
C’est dans la dernière ligne droite que je suis rassuré.
La maison de la nature au Grand Ballon prend tournure au-dessus de l’apiculteur Riche
Je « psychote » toujours autant vingt ans après.
J’avais quatre couches pour descendre.
Malgré tout je suis arrivé chez moi avec les doigts blancs, incapables d’ôter mes chaussures.
La Thur à Vieux-Thann. Malgré l’aide du réservoir de Kruth, la rivière est à l’agonie
Cet après-midi, j’en avais un qui me suivait le temps de traverser un champ de maïs coupé.
Puis dès le chemin atteint, il a mis la survitesse.
Inutile de dire qu’il a été vite rendu au carrefour suivant.
Etang de Cernay
Après ma tournée des étangs de Cernay, j’ai mis le cap sur le réservoir de Michelbach.
Et je repensais au débat qui s’empare des clubs.
Faut-il accepter les vélos électriques?
Vaste sujet à n’en pas douter.
Michelbach
Ce n’est pas grave, les possesseurs de vélos à assistance n’attendent rien des clubs.
Ils feront donc comme si on ne les attendait pas et se réuniront par affinités.
Je vois le jour venir où le cycliste « musculaire » sera le dernier des Mohicans.
Si le vélo électrique nécessite pourtant un effort musculaire, il rompt avec l’académisme du vélo qui veut à l’origine qu’on se déplace sans apport énergétique extérieur.
Mis à part dans les descentes où l’on profite de la gravité!
Foutaise que tout cela diront les nouveaux cyclistes à assistance.
Michelbach
Après le tour de Michelbach qui est quasiment à sec, je suis passé chez Mannheim, le vélociste.
Michelbach
Il avait un VTTAE à me présenter avec une motorisation Shimano…et à essayer.
Comme quoi les fabricants n’attendent pas que le vent tourne pour affronter le marché!
Après traçage sur la carte à mon retour, j’obtiens une silhouette animale.
Étrange!
Changement de temps avec seulement 16°C cet après-midi et vent frais de nord-est.
Peu importe, l’essentiel est de pédaler.
Alors je pédale.
Morzwiller encore dans la brumeHalloween se prépare…je n’en dis pas plus. C’est un banc pour la route. Une fois reposé, on peut emporter le banc avec soi jusqu’à la prochaine halte.
Le vélo électrique, chacun le sait, c’est le vélo fatal, celui dont on a du mal à se remettre.
Les « cyclistesmusculaires » sont épouvantés. Ils craignent la contamination. D’autant que certains sont devenus électro-sensibles: ils portent en eux un gène de prédisposition au vélo électrique.
Léger embonpoint, cardiopathie compatible avec les batteries lithium, …bref! comme disait Pépin, tous les signes annonciateurs d’une mutation prochaine du virus électrique qui les feront basculer vers le vélo hybride, cette chose à mi-chemin entre la petite reine et la fée électrique.
Le diable est en nous, il faut se faire vacciner tout de suite pour exorciser le mal.
J’ai fait mine de m’intéresser à l’étiquette, puis je suis passé devant les compères…Sur l’étiquette, il est écrit « merci de respecter le travail des autres; merci de ne pas voler le bois des autres » un vœu pieux sans aucun doute pour qui n’a pas de morale
Je suis passé en douce devant eux à hauteur du camping en précisant que je n’avais aucune intention belliqueuse d’en découdre, comme pour m’excuser.
Le « maxou » impayable, il s’excuse de passer devant deux types pas nés de la dernière pluie.
Perdu!
Les deux types se sont tus en me regardant passer, piqués dans leur orgueil.
J’ai donc mis un booster pour rester devant avec mes restes d’adrénaline et de testostérone.
A chaque lacet, mouvement de casque vers l’arrière…j’entendais le cardio en émoi qui gémissait sur le cadran.
Ta gueule, le cardio!
C’était pas le moment de péter une durite…
Puis à Kohlschlag, j’ai vidé tous mes bidons pour arriver en haut plus vite et j’ai mis le chrono en marche.
J’attends mes poursuivants
Une minute cinquante huit d’avance!
La dérision à l’état pur.
Sur le banc de granit, chacun a repris son souffle et parlé « triple » et « compact », un sujet confraternel.
Le plus aguerri expliquait sa technique de grimpée, « je remets trois dents quand c’est moins dur »…tout en dégustant une banane…« mais dans les grandes pentes, je prends le triple et je me cale sur le pignon du milieu et je n’en bouge plus… »
A chacun son sophisme! ça fait toujours impression devant l’auditoire.
N’en parlons plus.
C’est très beau ici m’a dit l’autre. Les nimbus traînaient en lambeaux sur le Markstein au loin
La hache de guerre enterrée, on a poursuivi jusqu’au Vieil Armand et ses cargaisons de touristes en pèlerinage mémoriel.
La culture vélo allemande commence là, devant ce feu piéton ET vélo. En France, ce signal est méconnu, on tergiverse pour faire admettre qu’un vélo qui traverse n’a pas les mêmes droits qu’un piéton vis à vis des voitures: il faut descendre de son vélo pour traverser
Imaginez deux villes distantes de cinq kilomètres qui s’unissent et forment une agglomération de 80.000 habitants; c’est le cas de Villingen-Schwenningen en Forêt-Noire.
Aucune chance que cela advienne en France, c’est comme si on voulait fusionner Thann et Vieux-Thann qui se touchent, pourtant.
ô grand jamais!
Je me suis donc offert un week-end en Forêt-Noire.
A Donaueschingen en passant par Titisee, à Bad-Durrheim, à Triberg et donc à Villingen-Schwenningen.
Du vélo uniquement à Villingen.
Titisee, le lac, les coucous et la clientèle asiatique.
C’est réducteur pour qui ne sait pas voir, mais d’un clin d’œil, je m’arrête sur ce qui surprend mon regard.
Passons!
Donaueschingen, Église baroque Sankt Johann. Impossible d’y échapper!
A Donaueschingen, c’était jour de mariages.
La future mariée attire les regards; elle est belle dans sa robe blanche toute brodée et son foulard discrètement ajusté.
Devant le Musée d’Art Moderne rutilant, sur les bords de la Brigach, ses deux amies lui tiennent compagnie, tandis qu’un groupe de jeunes hommes sont réunis pour la prise de photos-souvenirs sur les marches de l’édifice.
Puis le cortège de grosses berlines a traversé le cœur de ville dans un concert de klaxons en direction du restaurant italien du club de golf.
La communauté turque du Bade-Wurtemberg est pleine de jeunesse et d’allégresse.
Le Président turc Erdogan n’oublie pas ses résidents extérieurs, il est venu cette semaine inaugurer la toute nouvelle mosquée de Cologne.
Étonnante Allemagne!
La quiétude allemande dans le parc de Donaueschingen
Puis, j’ai repris ma marche dans le Fürstenbergischer Park le long de la Brigach.
De larges allées où cohabitent piétons et cyclistes.
A neuf heures, deux degrés en ce dimanche 30 septembre à Villingen-Schwenningen
La selle de mon cheval en aluminium est toute mouillée par la rosée du matin.
Il grelotte.
Et moi aussi.
Je n’avais rien préparé, je me suis donc fié à la signalétique abondante.
Je pars de Kneippbad à l’ouest de Villingen et je longe la Brigach en bordure de la Germanwald
Admirons le pavage des voies.
Les Allemands sont orfèvres en chemins et trottoirs pavés, un travail méticuleux qui doit coûter bonbon…
Une signalétique allemande pour randonneurs à pied ou à vélo.
Se perdre en forêt? difficile à admettre quand on considère le luxe de la signalétique.
L’Allemand aime la nature, il la bichonne et la nature sait lui rendre.
Je relativise car il s’agit du Bade-Wurtemberg et je ne connais pas les autres lands.
A force de longer la Brigach, je cherche à grimper dans la forêt voisine.
Je vais prendre l’Oberhausweg. Des panneaux comme ceux-là en relief et en bois, c’est déjà des œuvres d’artau bord du Weiherweg
Puis je reviendrai au bord de la rivière.
prise d’eau du moulin
la piste est libre, y compris en traversant Feldner Mühle qui est aussi un centre de loisirs équestre. Je ne sais pas traduire Sonntag ist Bewirtung? (dimanche accueillant?)
Puis j’irai faire un tour en ville.
J’ai repris la route en voiture.
A Triberg, je me suis délesté de cinq euros pour avoir le droit de monter le long des cascades.
Cinq bus de touristes patientent au carrefour…
Chemins goudronnés pour touristes en tong.
les cascades de Triberg, chemin goudronné pour touristes.
Cinq caisses cernent les lieux.
A Kasse-Kenzele, on peut acheter des cacahuètes, un euro, pour les écureuils.
Là par exemple, je m’arrête. Et parfois je recule pour retrouver le bon plan de vision.Qui saura reconnaître ce clocher?…c’est facile.
A vélo, j’ai cette faiblesse de m’arrêter pour un oui, pour un non.
C’est contraire à l’esprit du vélo à plusieurs et en partie une des raisons qui m’a fait arrêté ce type de pratique en groupe; beaucoup se demandaient pourquoi je m’arrêtais ou pourquoi je traînais derrière.
Bref, tout seul je suis content.
Je suis du genre contemplatif et bucolique, pas toujours au goût de la discipline sportive.
C’est donc pour regarder le paysage que je m’arrête, le photographier et rapporter un souvenir…et aussi, je l’avoue sans gène, souffler un peu quand je renâcle dans les côtes.
A VTT, on distingue parfois à peine le sentier s’il est peu pratiqué et la nature se referme volontiers derrière nous et l’étroite trace de nos pneus.
En période de vendanges, les chemins sont parfois barrés aux randonneurs et des panneaux interdisent le passage. A la cote 425 de Steinbach, les viticulteurs craignent surtout les sangliers. Ils disposent aussi des filets avifaune et des sifflets répulsifs.
Refermez les barrières si vous les ouvrez pour passer.
J’ai aperçu un panache de fumée au bout du chemin, je me suis précipité, il était trop tard.
Impossible de se positionner au bon endroit pour la bonne perspective.
Je n’ai eu droit qu’aux wagons…et au bout du train.
Le train Thur-Doller fait sa pub. J’ai un peu ripoliné le ciel pour gommer le pylône haute-tension juste derrière.
Quand je suis monté à Rammersmatt, l’accueil de la rando de Richwiller attendait ses participants sous le marronnier.
Vous venez de Richwiller?
Non!…
Alors vous êtes un promeneur…
Le saucisson commençait déjà à transpirer à grosses gouttes.
L’organisateur en chef peinait à faire chauffer l’eau sur le réchaud.
L’effet de l’altitude, dira t-il
Puis je suis parti sur le fléchage du retour.
Dépassé par de gros mollets avides de rentrer au plus tôt à la capitale, j’ai bifurqué.
Sans réfléchir.
Les poursuivants s’arrêtèrent, pris d’un doute…
on doit tourner là?…
Puis j’ai poursuivi mon chemin à travers les prairies et les bois comme un papillon qui titube de fleurs en fleurs.
Le veau regardait passer le train de vététistes, dubitatif devant cette curieuse agitation de la campagne.
Sur les hauts de Roderen, l’arbre mort retrouvait une vie
Puis vient un nouveau train, un train mielleux qui ne manquait pas de voyageuses
les voyageuses allaient et venaient sans se tromper de wagonLe conducteur du train d’abeilles a peint ses voitures pour que les abeilles retrouvent plus facilement leur chemin. Le contrôleur vérifie les billets avant de laisser entrer les butineuses
Un gros bourdon m’a poursuivi jusqu’à la route, je l’entendais vrombir près de mon casque.
Au pied du gros tilleul de Rammersmatt, une bouteille de vodka abandonnée. Vide bien sûr. L’œuvre d’un marcheur échappé du sentier botanique, sans doute…
Je savais que le temps n’incitait pas à la balade.
Je suis donc parti avec l’espoir secret que le temps allait tourner au vinaigre à la pluie.
Gagné!
Au bout de quinze kilomètres, la pluie s’invite.
Ô pas une grosse pluie, juste quelques gouttes éparses.
Pour mesurer le taux de pluie, je compte les gouttes sur le compteur qui fait 16 cm2.
Toutes les dix secondes.
Ça occupe.
Puis j’efface lestement du revers de la main.
Quand je n’arrive plus à compter les gouttes, demi-tour!
Je grimpe à Rammersmatt en quatrième vitesse, puis sous le gros tilleul j’enfile l’imper.
J’ai accompli ma plus courte balade de l’année sur route: 25 kilomètres.
C’est pas bézef comme aurait dit Khalîl Ibn Ahmad Al Farâhîdî.
Une façon pour moi de libérer mon après-midi en m’accordant par exemple une sieste.
C’est toujours mes premiers kilomètres qui sont problématiques; c’est parait-il là qu’on nous compare au diesel ou à la locomotive à vapeur qui prennent du temps à chauffer.
Quand l’auberge apparaît
Pour forcer le mouvement, je m’offre le petit raidart de Roderen à Rammersmatt.
C’est une façon de resquiller la grimpée de Rammersmatt par Leimbach.
A Lauw, je prends la Seigneurie, puis Petitefontaine et Lachapelle.
En haut de Traubach, Guevenatten; l’image me plait sur fond vosgien
A Guevenatten, je veux savoir.
ici on vend des belles mirabelles
Je veux savoir pourquoi cette chouannerie s’empare des habitants.
Le monsieur qui vend ses mirabelles me dit tout.
Intégrés à la communauté de communes de Dannemarie, la taxe d’assainissement devrait bondir de 300%.
Pourquoi?
Parce qu’il faut construire des stations d’épuration partout où il n’y en a pas…alors que Guevenatten a financé elle-même sa station roselière. Elle ne veut pas payer pour les autres.
les mécaniciens poussent les feux de la locomotive à Aspach