Ravito de Cernay, un groupe de tandemnistes mal-voyants
C’était la deuxième journée des randos de printemps à Mulhouse. Organisée par le club Concorde, les postulants avaient le choix entre trois parcours de 35, 45 ou 65 kilomètres.
On étudie la feuille de routeIl attend son maître
J’ai foncé au départ de Pfastatt vent dans le dos. J’avais déjà pris un acompte d’une vingtaine de kilomètres presque gratuitement tellement le vent de sud-ouest était puissant. Puis j’ai pris part à la randonnée sans trouver chaussure à mon pied. J’ai donc roulé seul. Lutterbach-Aspach, un vent de face en rafale. Puis montée à Michelbach, Guewenheim, Sentheim, Bourbach, la grimpée de Rammersmatt…Au loin les Alpes se dessinent sur l’horizon, elles sont bien blanches.
Arrivé au ravito de Cernay, je rencontre quelques amis, la ferveur est là. Je suis quasiment arrivé, il ne me reste plus qu’à retourner à Thann.
J’ai commencé par le plus difficile, monter la route des Crêtes à Uffholtz jusqu’à l’intersection de Wattwiller. Puis je m’arrête à Hartmannswiller. Le cimetière fortifié est une curiosité rare. Les habitants s’y réfugiaient après le XVeme siècle en cas d’attaques. L’enceinte comportait un mur de 4 à 5 mètres de haut munis de meurtrières et de trois tours dont deux subsistent.
A pied entre deux averses de grêle, la fenêtre de tir est étroite.
Départ au parking devant les caves Schmitt. Puis on part vers Soultzmatt par la petite route viticole qui traverse le vignoble du Pfingstberg. On chemine sur les hauteurs jusqu’à découvrir devant nous la vallée noble et Soultzmatt. Puis à la cote 306 on descend le Stumpf et on traverse la route des vins.
Un parcours de 6 km à travers le vignoble d’Alsace
Changement de colline pour le retour, le Bollenberg. Le Bollenberg et son cru célèbre et aussi son sommet classé Natura 2000 pour ses espèces végétales méditerranéennes. Au bout la chapelle et ses sorcières.
Sous la vigne, le vigneron s’est enfermé dans sa caveUne fois la vallée noble et Soultzmatt en vue, demi-tourLe parcours est aussi fléché VTTWesthalten dans ses vignesLa chapelle du Bollenberg, on descendra par le sentier
Puis on descend à Orschwihr. Ne pas rater l’église avec ses Sophors du Japon, le presbytère Art Nouveau et en face le château qui remonte au XIIIeme siècle avec sa douve et sa tour.
Les sophoras de l’église manquent de lumièrele château et ses douvesle parvis de l’église a été rénovéune porte de maison vigneronneles caves Schmitt
Au parking, la balade est terminée. S’arrêter devant l’immense pressoir à arbre exposé à coté du parking. Une dégustation aux caves Schmitt n’est pas interdite.
Cette année, j’ai renoué avec les Randonnées de Printemps. Elles sont au nombre de quatre chaque samedi de mars à Mulhouse. L’organisation est partagée entre le club de Sausheim (CCS) et le club Concorde à Mulhouse-Bourtzwiller.
C’est donc Sausheim qui a ouvert le bal aujourd’hui.
Parcours un peu soporifique sur les routes de la Hardt, mais idéal pour se remettre en selle.
A Radbrunnen, j’ai emboîté le pas à un groupe de grognards de PSA. A Rumersheim, demi-tour par la piste de la Hardt. Les fidèles ravitailleurs de Radbrunnen nous attendaient avec la soupe traditionnelle. On ne s’est pas attardés car la pluie s’est invitée.
Bon sang! je ne dépasse que rarement cinquante kilomètres en ce début d’année. Aujourd’hui encore, j’ai du faire un détour à l’arrivée pour passer au-dessus de la barre.
La barre, c’est l’absurdité du 50 qui fait que selon qu’on est au-dessus ou en-dessous, on remplit sa mission, ou pas. Sur le vélo, je suis en mission avec moi-même. Pas question de rouspéter.
J’ai l’impression de ramer. Pas seulement dans les côtes. J’avais un vent de sud-ouest soutenu. Fidèle à mon principe qu’il vaut mieux l’avoir de face plutôt à l’aller qu’au retour, je l’ai affronté jusqu’à Angeot au km 24, c’est à dire à la moitié du parcours. La route est un exercice physique devenu sans autre intérêt que celui de son maintien corporel et mental. Il le faut pourtant pour ne pas être à charge trop tôt de nos assurances sociales. Déjà que Macron renâcle à payer nos retraites!…
Puis je suis rentré, j’en avais marre. Mentalement à Sentheim, je me suis rendu compte que je serais encore « court »; alors j’ai pris Bourbach et Rammersmatt. Huit pour cent Rammersmatt dans la dernière ligne droite, c’est bizarre, je semblais ne pas m’en souvenir. Une fois en haut, j’ai regardé ce qu’il me restait derrière sur la cassette…c’était bon. La psychologie du cycliste est primaire, j’en conviens. Il n’y a que la « niaque » qui compte.
Quand j’ai abordé les faubourgs de Thann, fier comme un bar-tabac, un rayon de soleil m’a fait un clin d’œil.
Une petite devinette pour terminer: savez-vous à quoi sert cet objet?
Figurez-vous que je suis allé traîner à Malsaucy. Un grand complexe nature du coté de Belfort. Des étangs constitués dès les XVIeme siècle sur des terres peu fertiles, l’ensemble est devenu un lieu de loisirs pour la marche, la promenade familiale et le vélo. Auparavant, le site était une réserve piscicole. Tous les ans à la Saint-Michel on y péchait le poisson et en 1811, on y préleva 4000 carpes! Pauvres bêtes!
des parcours arborés bien entretenus La maison de l’environnement à l’architecture bizarreLe randonneur pourra entamer le parcours circulaire de la Véronne, la femelle du Véron, je présume?Une signalétique parfaite pour le citadin épris de nature
A éviter le dimanche lorsqu’il fait beau. Le parking est pris d’assaut et la zone nature perd rapidement de son intérêt. Finalement, j’ai préféré me rabattre vers un autre étang moins prestigieux, celui de Champagney en Haute-Saône.
Le bassin de Champagney est composé de terres rouges en référence au grès de surface. Le village est connu pour son passé minier (houille).
Le bassin alimente aussi le canal du Rhin au Rhône (lire l’histoire ici) en complément de la Largue.
A Champagney, le cadre est plus naturel et sauvage On peut faire le tour du lac avec des chaussures de randonnée, quelques endroits détrempés
Ne pas se laisser gagner par la morosité. Quand je n’ai pas envie de vélo, je stresse car au fond de moi-même, je crains de sombrer dans la paresse. La paresse physique. Il me faut donc un joker. Mon joker c’est le VTT. Je me dis si la motivation ne vient pas, tu rentreras au plus court. Finalement j’ai fait trente bornes comme un jour normal.
J’ai commencé par un escalier inconnu, celui qui mène au-dessus de Vieux-Thann. J’ai donc porté le vélo et ça m’a mis en température.
Je commence par les escaliersSympa le chemin au-dessus de Vieux-Thann avec les ombres portéesJe pars à Cernay en longeant la Thur jusqu’aux harasUne chaleur incroyable en ce 16 février
Après: la routine.
Direction Schweighouseparcours de santé de Schweighouse
J’ai fini par m’inviter chez les Gilets Jaunes à Burnhaupt. J’ai pris un siège, j’ai regardé les voitures passer. Puis j’ai repris la route.
Je me suis installé et j’ai taillé bavette avec les gilets jaunes. Puis j’ai repris la route.J’ai grimpé dans la forêt et débouché à Aspach-le-HautMon parcours du jour
Je suis parti tard. Dans ces cas là, je prends le VTT car on peut faire en peu de temps une balade sympa à deux pas de chez soi.
Aujourd’hui « je tourne » du coté des étangs de Cernay.
26 km de VTT sans routes, c’est ce qu’on aime avec ce véloEpicerie? non, cabanon de chasse de ReiningueJ’ai réussi à trouver cette glissière pour traverser le ruisseauJe ne sais pas identifier ces oiseaux. Au fond la pointe du clocher de Schweighouse
Le 26 décembre 1914, le lieutenant Hans Killian occupe le village de Ammertzwiller avec ses hommes. Nous sommes sur la ligne de front qui sépare l’Alsace du Territoire de Belfort. Des galeries sont construites sous le village à 6.5m de profondeur et permettent aux soldats d’y vivre et de se déplacer sans être vus. Le principe s’appelle le Maagstatt du nom de son promoteur, le capitaine Maag.
lanceur de mine allemand (minenwerfer) Wikipédia
Les minenwerfer ressemblent à des torpilles tirées depuis des canons. Elles sont capables d’être lancées à 20 coups par minute au-dessus des tranchées adverses françaises.
En réplique, les Français inventeront le Crapouillot au milieu de l’année 1915.
Il existe à Ammertzwiller un sentier de mémoire où l’on peut trouver toutes les explications relatives à ces mines et aux galeries creusées aux abords du village.
Derrière ce grillage subsiste un immense cratère causé par l’explosion des mines destinées à détruire les galeries adverses (derrière le lotissement à Ammertzwiller)
Parti en matinée, j’ai échappé aux rafales de vent et à la pluie. Ce n’est qu’à Wittelsheim sur la piste cyclable que le vent et la pluie ont commencé à se manifester, mais j’étais presque arrivé.
Pompe à incendie de Leimbach. Avant d’aborder la grimpée à Rammersmatt, cette pompe allait-elle être prémonitoire?
Non, une fois débarrassé de cette grimpée de Rammersmatt, je me suis senti motivé. Il est vrai que commencer par une côte « à froid » n’est pas recommandé.
A Sentheim, j’ai pris les Soppe, puis Gildwiller, Galfingue et plein nord jusqu’à Wittelsheim. C’est grandement suffisant pour ce matin.
L’HLM de Wittelsheim a vécu. Il avait du être préalablement désamianté.l’immeuble en cours de désamiantage le 29 novembre 2018 démolition d’une tour à Wittelsheim en 2013, la pelleteuse a été incendiée par la suite démolition en juillet 2008 d’une première tour
Le tribunal cantonal de Rouffach impeccablement entretenu, anciennement couvent des Récollets. C’est sous administration allemande à partir de 1870 que ce bâtiment est devenu tribunal. C’est curieux au frontispice, il est écrit tribunal cantonal en français…un lecteur perspicace viendra nous donner l’explication…
Aujourd’hui c’était open-bar à Wattwiller.
On faisait la queue à la fontaine. C’était un jour sans badge.
J’étais parti avec le bidon à sec, pour peser moins lourd. Au retour, j’ai craqué à cinq kilomètres de l’arrivée. Les autochtones ont eu pitié et m’ont laissé passer devant. Un verre suffira!
Puis je suis reparti à Thann.
Rouffach
Beau temps et léger zéphyr favorable qui m’a poussé jusqu’à Rouffach. Des cyclos en nombre. Trois compères que je dépasse mollement à Readersheim sans esprit de conquête aucunement. A la sortie de Merxheim, j’étais suivi. Ils suçaient silencieusement. J’ai horreur de ça car ce sont des types pas du tout disposés à prendre des relais qui veulent juste profiter de l’appel d’air. Aussitôt, je m’écarte et j’arrête de pédaler. Très mauvais joueur le maxou. Ceux qui me connaissent le savent. Instant d’hésitation…Deux passent devant mais le troisième était dans les choux. Bien embêtant comme situation quand on est leader et qu’il faut attendre. Finalement ils se gareront.
Les hauts de Soultzmatt, joli point de vue sur le vignoble
A Rouffach, je prends Westhalten et je grimpe sur le chemin des vignes à Soultzmatt pour rejoindre Orschwihr.
La suite fut banale le long des collines jusqu’à Uffholtz.
A Dannemarie, pause canards, puis je reprends la route vers Traubach
J’ai mis mon parcours sur Strava. Rien que pour voir.
Quand je passerai à un compteur route avec GPS, je pourrai utiliser Strava. Mais on peut aussi tout simplement laisser « tourner » son iphone dans sa poche et on obtient aussi sa trace comme aujourd’hui…https://www.strava.com/activities/2119381198
A la sortie de Traubach, la pente casse-pattes
On voit tout de suite que les deux bosses direction Guevenatten en quittant Traubach et celle direction Guewenheim en quittant Soppe -le- Bas provoquent du mordant dans les jambes. 1 km pour l’une et 870m pour l’autre.
Pas de déneigement sur les pistes cyclables, ce n’est pas dans notre culture.En Allemagne, on déneige
Beaucoup de retraités sur leur vélo aujourd’hui. Normal, il faisait beau. Quand on voit l’énergie physique dépensée par ces types désœuvrés, on se demande pourquoi on les a mis à la retraite.
Je connais la réponse: inemployable. C’est avec ce qualificatif qu’on nous pousse gentiment vers la sortie. Place aux d’jeuns!
Bon ça c’est dit. En conséquence de quoi, je suis allé bouffer mes 2600 kilocalories dans le Bannstein plutôt qu’à l’usine.
Trois degrés en haut et soleil.
J’ai grimpé à mon train habituel, c’est à dire de sénateur.
‘ai essayé le cardio sur l’Iphone. 132 de fréquence. On dit que ça brûle les graisses. Je demande à voir…
Pour courir vite il faut courir lentement. C’est ce que j’ai lu sur un site spécialisé. C’est encourageant. (à voir ici)
Je croise tant de coureurs à pied quand je suis à vélo que j’ai voulu voir à quoi ça ressemble. Aujourd’hui, j’ai récidivé après avoir tenté hier de courir arnaché d’un gros manteau. C’est curieux, les cyclistes en principe n’aiment pas la course à pied sauf ceux qui font du triathlon par exemple. L’hiver, ils préfèrent la marche, en tous cas ceux de ma génération. Mes souvenirs de course à pied remontent au lycée! C’est dire si c’est loin. Je renoue un peu avec le passé. Ceux qui courent avec facilité doivent rigoler de me voir tenter une performance sur 5 kilomètres. J’ai dans ma famille un grand trailer qui a bouclé les 172 km de la Diagonale du Fou à la Réunion en 54h45! (voir l’article ici)
Moi, j’ai fait la course en tête. J’étais tout seul. Casquette, gants, collants, imperméable léger, j’ai couru sur l’accotement quand une voiture arrivait en face de moi et en essayant de ne pas me tordre la cheville avant de rejoindre la piste cyclable. Tout content de mon premier kilomètre arrêté, j’ai poursuivi en marchant. Puis j’ai repris le footing à petite vitesse. Mal aux cuisses et complètement lessivé à l’arrivée. Avec un tout petit 7 km/h.
Je lis à présent … Et s’il peut paraître totalement contre-intuitif de courir lentement pour progresser, c’est pourtant bien plus efficace que n’importe quelle séance de fractionné pour progresser.
Bon la prochaine fois, je vais essayer le footing lent.
Vœu exaucé ou remerciements, les ex-voto perpétuent une tradition religieuse.
Des gens dans la souffrance ou encore dans l’incertitude du lendemain. Je ne sais pas. Certains viennent de très loin témoigner leur croyance ou implorer une grâce.
Propitiatoire ou gratulatoire, l’ex-voto est matérialisé ici par une plaque en témoignage d’un désir de l’offrant.
Restons-en là pour aujourd’hui.
Cette chapelle est récente, elle date de la fin du 19eme siècle. Ce lieu de piété en bordure de la route de Heimsbrunn à Burnhaupt s’appelle le Ramahay ou encore Notre Dame du Chêne en relation avec le chêne Saint-Louis tout proche vieux de 700 ans.
Je n’avais pas le bon vélo pour tenter ce parcours forestier. En 2014, je sui allé par là à VTT et on peut se référer à mon parcours d’alors
J’ai donc bravé le froid puisque la température n’a pas dépassé trois degrés. Au bout de 40 kilomètres, j’étais content d’être à la maison.
Retour à la base de départ, je suis passé entre les gouttes.
Cet après-midi, j’ai tenté le coup malgré le temps incertain.
J’ai commencé par longer le massif et je me suis offert le raidillon de Rammersmatt depuis Roderen.
Une fois le plus difficile fait, j’étais en confiance. A Bourbach, j’ai pris Sentheim et rejoint la vallée du Soultzbach. A Mortzwiller, je me suis laissé couler jusqu’à Balschwiller.
Balschwiller et son beau lavoir remis à neuf. Trente planches! Il ne manque que les lavandières…
lavoir XIXeme de BalschwillerLaver son linge sale en public n’attire plus
Quand je ne trouve pas de titre, je ne vais pas rester une plombe à baptiser ma balade. Sauf avis contraire de mes lecteurs, ce sera donc balade ordinaire. En Alsace, les grains passent avec le redoux. Au pied du massif ça arrose sec! Je pars entre deux. Je passe à Michelbach, je prends la piste à Guewenheim et je m’arrête à Pont d’Aspach.
passage à niveau sans voie
On a vraiment affaire à un campement. Des tas de palettes, un feu, une cabane couverte de bâches. Je ne comprends rien. Mais je ne cherche plus. Les trois gars là ont trouvé une occupation. Ils campent derrière leurs slogans. Le gentil chien vient me renifler, méfiant, des fois que je sois un CRS déguisé en cycliste. Il a son harnais autour du poitrail. Jaune le harnais, ça va de soi. Quand j’ai pris un peu d’escarbilles dans les yeux, je traverse le grand rond en faisant l’épouvantail pour inquiéter autour de moi.
Je pousse à Bernwiller. Comment ne pas confondre l’un et l’autre? Bernwiller est plus proche de Berne que Berrwiller. Ce sera mnémotechnique à retenir. J’ai vérifié, 2km de moins, ouf!
Quand j’arrive à Heimsbrunn, la capitale est dans un beau halo tricolore. Je continue d’échapper aux grains qui passent. Je remonte vers le nord jusqu’à Bollwiller.
Mulhouse dans le lointain
Demi-tour! Celui-là, pas moyen d’y échapper: à Berrwiller, c’est la saucée jusqu’à Wattwiller. Le cuissard mouillé, ça rafraichit les cuisses. J’ai le vent de face, ça sèche plus vite.
Wattwiller
Oui, c’était la balade ordinaire, la balade de santé.
Kruth, route de contournement du barrage réservoir. Nous sommes à 550m, ce matin il pleut et la neige ne résiste pas.
C’est souvent à regret que le cycliste abandonne son vélo lorsque la neige est là. L’occasion d’essayer la marche, par exemple. Aujourd’hui j’ai fait le tour du lac de Kruth. Une balade familiale de 5 kilomètres. Juste de quoi admirer les couleurs de l’hiver. Les cascades sont en action et le réservoir retrouve un niveau correct qui contraste avec celui de la sécheresse de l’automne.
Au coin d’Emmaus, je quitte le macadam pour rentrer chez moi à travers champ au pied de la montagne
Un original ce Maxou. Il prend son vélo pour faire une course à cinq kilomètres de chez lui et alors qu’il fait moins deux.
Bon d’accord!
J’ai la flemme de mettre en route le diesel. Ma conscience au fond de moi me l’interdit.
J’ai posé des jalons, j’avance par étapes en évitant les chausse-trappes.
Un passage à niveau pour moi tout seul. Elle est pas belle la vie?
Une grande quatre voies mais pas d’itinéraire vélo, bien sûr.
Une ruse de sioux pour rejoindre le tarmac de la ZI de Vieux-Thann, longer la voie et les broussailles et contourner l’usine Nord Réducteurs. Même ça nos édiles ne savent pas le faire.
Alors je zigue et je zague entre les grillages d’usines et les labours.
Toujours penser à faire des moulinets en abordant les ronds-points pour épouvanter la gent bagnolesque.
Au Leclerc, le casque à la main et les grolles à crampons, ça impressionne dans les rayons.
Il faut s’approprier quelques mots d’anglais pour rester dans le vent.
C’est fun.
Alors cheap, qui veut dire bon marché, est aussi employé pour désigner de la camelote.
Aujourd’hui, je peux dire que j’ai fait un tour cheap, un tour camelote, bon marché si vous préférez.
A la faveur d’une ensoleillée, je suis parti à dix heures. Dix heures, c’est au moins l’heure d’un sportif qui a fait la nouba la veille, non? Pourtant non, je n’ai pas fait la nouba. J’avais six degrés au compteur. Le 6 janvier 2017, je le rappelle, nous avions moins neuf en Alsace.
Avant d’arriver à Wattwiller, je suis ébloui par l’usine d’embouteillage. Ça fait cheap, ou toc si vous préférez une usine comme ça.
Wattwiller, ça fait cheap une usine comme ça?
Puis j’ai poussé jusqu’à Bollwiller avant de tourner face au vent. Arrivé à l’étang de Reiningue, surprise! je n’ai que 27 km…Je suis dépité, mon compteur doit retarder. Un vieux Rox 8.1 Sigma qu’a plus de chrome autour. Bref un compteur cheap.
Même mon vélo est cheap, c’est dire!
t’es vraiment cheap, toi aussi avec ton bidon du TDF Tacx bleu délavé, ta sacoche qui pendouille, tes pignons de VTT
Je l’observe…j’ai envie de lui dire « t’es moche aussi toi »
Il a l’air attristé de me voir ainsi, mon vélo. Lui et moi, c’est déjà une vieille histoire; j’ai regardé, il a dix ans…et quelques milliers de bornes.
Plus personne n’oserait rouler sur un vélo aussi mal foutu, et d’abord c’est de sa faute si je n’ai que 27 bornes au compteur.
Finalement, je lui tourne le dos, je fais semblant de le laisser tout seul.
Puis je le reprends. Je ne vais tout de même pas rentrer à pied.
A Reiningue, j’allonge. Je grimpe à Heimsbrunn derrière un type affûté comme une lame.
Je tiens le grand braquet jusqu’au sommet…puis la lame devant moi prend la tangente pendant que mes guibolles flageolent. Il me met tout de suite 300 mètres. Au stop, il a déjà disparu.
Finalement à cheval, on doit moins fatiguer, c’est le cheval qui pédale à notre place
Il faut préparer des couches de vêtements et réussir un savant dosage vestimentaire qui tout en vous protégeant du froid ne va pas vous handicaper dans les chemins glaiseux.
Pour tout dire, je m’impose parfois la sortie dominicale à l’insu de mon plein gré!
J’attends le cavalier…
Le passe-montagne qui évite d’avaler de l’air glacé est aussi inconfortable dès lors qu’il faut aller chercher de grandes bouffées d’air dans les côtes.
Le cavalier passe devant moi et grimpe le chemin au galop. Ouf, j’ai bien fait de le laisser passer le premier
Bref, le vélo l’hiver est presque un métier.
Quand j’ai fait mes vingt bornes, je vois déjà poindre devant le home salvateur.
Quand j’arrive au bout de la grimpée, je m’accorde une pause (Roderen)Condensation
C’est ma première sortie de l’année 2019. Les vélos n’ont pas eu beaucoup de repos. Moi non plus. Je suis monté à Geishouse. Ce n’est pas loin de chez moi et on peut faire un peu de montagne sans trop de kilomètres.
Bramaly, la colline des corbeauxBernhöh parce qu’on nous dit que des Suisses sont venus s’installer iciEn août 2010, il faisait tellement chaud qu’on s’est baigné dans la fontaine Le col du Höh est peu connu juste à coté Je descends par Merbaechel les mains sur les freins, c’est rapideMalmerspach pour le retour
Ce sera ma dernière sortie de l’année. J’ai pris la route et mon courage à deux mains. J’ai commencé tout de suite par Rammersmatt, puis à Bourbach-le-Haut, j’ai pris la rue du Schirm et la rue du Eschbach, ce qui me permet de visiter une partie inconnue du village. Le col du Schirm, Masevaux. Je descends la vallée du Soultzbach jusqu’à Soppe, Guewenheim, rond-point d’Aspach et retour par Aspach. C’est tout pour aujourd’hui. Je suis content, j’ai réussi mes 600 mètres de dénivelée.
A tous mes lecteurs et amis, un bon nouvel-an et à l’année prochaine!
Kruth et la vallée de la Thur lors d’une accalmie de pluie et de vent en ce 24 décembre
Des Schlossberg (montagne au château), il doit en exister des centaines.
On ne peut pas tous les connaître.
Mais celui-ci, si près de chez moi, je ne le connaissais pas.
Mon cheminement du jour à pied abordera ce piton granitique de l’époque glaciaire qui domine le lac de Kruth
La preuve qu’on peut passer pendant vingt ans sur la route en contrebas au bord du lac réservoir de Kruth avec son vélo et tout ignorer de l’existence de ce château perché là-haut dans la forêt.
C’est un peu le problème avec nos engins modernes, on va trop vite.
Avec le VTT, j’ai déjà ralenti le rythme pour m’engouffrer dans des sentiers improbables.
Aujourd’hui, je serai à pied.
C’est bien aussi la balade à pied.
Mon confrère et ami Pierre Brunner est un esthète de la marche à pied et les vallées de la Thur et de la Doller n’ont plus de secrets pour lui. Sans aucun doute.
Sa notoriété est telle qu’il est en tête du moteur « gougueleu » avec son Circuit des Roches du coté de la Schlucht.
Même le Club Vosgien en rougit. C’est dire!
Ce matin donc, promenade dominicale au barrage-réservoir de Kruth en amont de notre vallée de la Thur.
Je voulais voir son remplissage, après tant de mois de sécheresse.
Je l’ai vu!
Tous les mini-torrents qui l’entourent sont en furie.
A pied, j’avise un panneau derrière l’auberge marqué « escalade ».
Grimpeur invétéré, j’escalade ce piton rocheux qui domine le lac.
C’est pas trop difficile, puisque je ne grimpe pas à quatre pattes.
J’apprends la langue sanglier vite fait, ouik-ouik, heu-heu-heu, Ffft, Rouf-vrouff, Wouk…un vacabulaire que beaucoup de nos contemporains peineraient à maîtriser
J’aborde un grand plan forestier.
Toute la surface est couverte d’accrobranches, ce nouveau jeu à la mode pour attrapper le touriste de passage.
Je suis dans un parc d’attractions, vide d’occupants en cette saison.
Puis j’avise un fléchage sentier de découverte…et me voila à nouveau grimpant vers le sommet de ce piton rocheux.
Un parcours confortable
Très vite je comprends que je suis sur le chemin d’un château fort moyenâgeux, le château du Schlossberg, dénommé aussi château de Wildenstein, dont le village en amont du lac porte le nom.
Facile: tous les cent mètres des planches explicatives de belle qualité.
Je commence à l’épisode trois, j’ai raté les deux précédents.
J’ai raté le départ de l’excursion mais pas le plus intéressant, semble t-il.
Je remonte donc le chemin taillé dans la roche avec ses « pas d’ânes » pour aider les animaux de trait à porter les charges jusque là-haut. Sur les cotés de petites rigoles pour évacuer l’eau des pluies.
le sentier taillé dans la roche et ce qui ressemble à une saignée destinée à un barrage de bois
Le château du Schlossberg est mentionné pour la première fois en 1253. Lors de sa vente par les sires de Horbourg à l’abbaye de Murbach. Ruiné dès le XIVe siècle, il n’est rebâti qu’en 1575, puis aménagé pour une défense plus efficace pendant la guerre de Trente Ans…détruit à nouveau par les Suédois en 1644.(in Les Vosges du Sud par le Club Vosgien volume 6-éd 2eme trim 1981)
le château tel qu’il devait être avant sa ruine
Un reste de muraille apparaît
la barbacane et son accès
l’entrée du château est creusée dans la roche. elle est courbe pour déjouer les tirs de l’attaquant. à gauche, une trouée apportant de la lumière et donnant sur un précipice
on identifie quatre niveaux sur les vestiges
A l’étage supérieur de la ruine, on domine la vallée de la Thur
Le Club Vosgien (?) a installé un abri dans l’enceinte de la ruine. Je n’aurais pas osé. J’aurais préféré conservé l’authenticité des lieux sans y ajouter une marque contemporaine aussi discrète soit-elle
on redescend par là.
le sentier est transformé en rû tellement il a plu
Des moraines glaciaires. Débris de roches arrachées lors de la glaciation qui recouvrait la contrée sur 400m de hauteur
on aperçoit la barrage du réservoir de Kruth en contrebas lors de la descente.
Voici le point de départ que j’ai raté au bord de la route qui longe le lac derrière l’auberge
Vous pouvez éviter ma grimpée hasardeuse en prenant tout simplement le chemin balisé qui mène au château (triangle rouge sur ma carte IGN ancienne) mais qui est signalé anneau bleu sur place.
3km-100m de dénivelée. Pour la digestion le jour de Noël, c’est très bien.
Un peu de soleil au départ mais la froidure a eu tôt fait de se rappeler à l’ordre.
Alors j’ai mis les pouces sous la paume pour les protéger.
Les chemins sont très boueux et glissants.
Mieux vaut rouler sur du dur.
J’ai croisé trois routiers en tout.
Des inconditionnels certainement, comme moi.
Il faut quand même une dose de courage avec seulement quatre degrés pour s’engager à pédaler. Le premier cycliste croisé était un grand gars sec qui entamait la montée de Rammersmatt en danseuse, comme pour se donner de l’élan…et de la confiance.
Ensuite un couple emmitouflé, plus prudent, qui entamait Michelbach, caché derrière de généreux passe-montagnes. C’est vrai que le passe-montagne, ça doit bigrement aider à les franchir, les montagnes. Faudra que je m’en fasse offrir un à Noël.
En chemin, j’ai rencontré aussi un photographe animalier.
Il m’a montré ses prises de vues dont un pic épeiche magnifique.
On a échangé sur le matériel.
Ce qui m’inquiète un peu, c’est qu’il faut souvent se dissimuler pendant des heures sous une toile de camouflage avant de saisir dans l’objectif l’animal sauvage.
C’est un peu le contraire du vélo où il faut bouger.
Faut-il franchir le pas et se doter de matériel?
La question mérite réflexion car un boitier réflex et un objectif de 600mm coûtent autour de …..
Ouille!
Voici mes images pêle-mêle du jour. Vous saurez sans doute les reconnaître.
Des bottes de sept lieues que je ne sors que dans les grandes occasions.
Je les ai depuis au moins vingt ans.
Au retour, mes pompes semblent fatiguées
C’était pour tenter de parcourir à pied (avec mes pompes à pied, donc) la randonnée terrestre et pédestre de mon confrère Pierre Brunner que j’ai piquée sur son blog LTD Rando 68 et qu’on peut voir ici ici ici.
Pierre nous a prévenus: il sera préférable de prévoir la journée entière ; une bonne condition physique semble nécessaire.
C’est vrai que la grimpée au Thanner Hubel fait dans les 800 mètres depuis la vallée.
pas de doute, c’est par là
J’ai donc tracé le parcours sur mon GPS avant de partir, pour ne pas me tromper avec tous ces sigles du Club Vosgien et je suis parti.
Pour changer un peu la donne, j’ai pris le parcours en sens contraire.
un pas devant l’autre
On part de Bitschwiller-lès-Thann, on grimpe à l’abri Vogesapfad Hislà, puis à la ferme-auberge du Thannerhubel et ensuite on fait le tour du massif en passant par Waldmatt, puis l’on redescend au Hundsrück et au plan Diebold et le sentier rouge-blanc-rouge jusqu’à Bitschwiller.
ma trace enregistrée
Fastoche!
Sur le papier.
ça semble facile, mais à force ça use
J’ai emporté avec moi mon sac à dos de VTT avec un litre d’eau (mais le tuyau a gelé rapidement vu qu’il faisait déjà moins un degré au départ)…et aussi un paquet de chips et quatre tranches de pain d’épices.
Et je suis parti…
la vallée de Thann
Dans la grimpée jusqu’à la cote 1108m, il y a huit passages à plus de 15% et le reste est aussi soutenu, même si le sentier est correct.
abri Vogesapfad Hislà
Un effondrement à un endroit et une bifurcation due à des arbres.
Quand arrive l’abri Vogesapfad Hislà, à coté de la place Zundel, une pause.
intérieur cosy
Je resserre mes lacets, je mange une tranche de pain d’épices et je repars.
Arrive la ferme-auberge du Thannerhuebel et sa pente sévère.
Le brouillard fait qu’on ne voit qu’à une centaine de mètres.
J’entends des pas cadencés.
J’entends des pas cadencés.
Une femme qui fait son footing et qui contourne la ferme sans s’arrêter, ni même dire bonjour.
Je pénètre dans le bois.
De belles images.
Je sors du bois et dans la grande lande, on peine à distinguer le sentier.
Je m’assure avec mon GPS d’être sur la trace.
Pan! une ornière et me voila par terre.
Je me relève vite fait.
Personne en vue qui puisse se gondoler de rire.
Mon honneur est sauf.
Moi aussi!
Je repars avec un peu de neige dans les trous de nez.
J’achève ma grande courbe à la Waldmatt.
Personne au refuge du ski-club, mais un groupe qui s’avance dans la brume.
Nos routes se croisent.
La descente commence.
C’est douloureux, la descente, pour les jambes.
Je sors mon bâton télescopique pour m’aider.
Je croise un couple qui monte à bon train.
Et pan! à nouveau par terre. Sur le genou.
Je n’ai pas prêté attention à la couche de glace sous les feuilles.
Je poursuis à pas de loup…
Finalement à midi, je mange mon quatre heures, mes trois tranches de pain d’épices.
Rasséréné, j’entame la prairie de Martiplatz.
En face de moi le monument du Hundsruck (point blanc)
Pas facile sur la fin, je vois la Fourmi au Hundsrück, mais la pente est si raide que je me demande si je ne vais pas rouler en bas comme une barrique.
La descente à Bitsch qui ne devrait être qu’une formalité s’avère compliquée jusqu’au Plan Diebolt. Caillouteuse, rocheuse avec même une ligne de survie en câble d’acier.
Après le Plan Diebolt, j’ai les jambes en compote.
Je me laisse descendre dans le chemin creux…en priant que la fin vienne.