L’EuroVéloRoute (EVR6) a comme un air de vacances.
Il suffit de s’y rendre pour y voir les touristes de passage.
Ceux qui passent à bord des pénichettes et ceux qui cyclo-campent.
Arnachés de grosses sacoches, ils ne semblent pas harassés.
Leur allure est bucolique.
Les communes riveraines s’ingénient à dévier les visiteurs.
Hagenbach a construit un sentier de découverte et marqué son intersection avec l’EVR6 avec le tocsin de l’écologie.
Je ne sais pas ce que ça signifie…
Peut-on se taper la cloche à Hagenbach?Sentier menant à Hagenbach
Finalement, j’ai pris l’habitude de faire une pause au port de Gommersdorf, confluence de bateliers et de cyclistes.
Prendre plaisir à regarder les voyageurs passer
Puis je rentre.
Burnhaupt-le-Bas est opposée et tient à le faire savoir. Toutes ces communes sont déboutées les unes après les autres par le tribunal administratif. Mais elles persistent.
Le chimilibilic est-il vert? mais non il est rouge. Simone un autre candidat…
Faut qu’je vous dise tout.
Sur mon vélo, je suis sournois.
Une réminiscence du comportement reptilien de l’homme qui perd toute urbanité dès lors qu’il enfourche le vélo?
Je me définis comme un besogneux renfrogné du guidon.
Je m’impose des sets, comme des défis.
Dans le temps passé, il y avait ceux qui se disaient « pas cap de faire x fois le Bannstein »…et il grimpaient dix ou vingt fois le Bannstein dans les deux sens.
Moi je n’en suis pas là, pas encore…et je crois que même que, l’âge aidant, je ne me lancerai jamais un tel défi.
Non moi, mon truc, c’est la sournoiserie.
Je mets le compteur sur horloge et je pédale.
Puis je joue à la devinette, combien de kilomètres depuis le départ?
Beaucoup? pas beaucoup?…
Allez va pour 40 kilomètres! en espérant avoir plus…
Puis je passe le compteur sur distance…38 km!
Déception. Il va falloir rallonger car ce n’est pas digne de rentrer à moins de 50 km.
Pourquoi 50?
Parce que!
En « routier du dimanche », il existe des codes.
Des codes d’intolérance. A moins de 50, interdiction de rentrer.
C’est comme le pêcheur bredouille…il doit passer chez le poissonnier.
Y’en a des…oui y’en a des qui font tourner la roue à vide au bas de l’immeuble pour faire un compte rond.
Y’a un peu plus…j’vous l’mets quand même?
Ben oui, faut pas refuser, on ne va quand même pas reculer!
J’ai pourtant tout ce qu’il faut, des jambes, du souffle, du beau temps…rien n’y fait, sur la route je trouve le temps long.
Pour tout dire, trivialement, je m’emmerde.
J’ai zigué et zagué (vient de zig-zag) dans le Sundgau en surveillant le compas, un peu de sud, un peu d’ouest, puis plein nord.
Bon aujourd’hui, j’ai fait 56 et l’honneur est sauf.
En matière de sournoiserie, mon vélo n’est pas mal non plus.
Voila des semaines qu’il me fait des « clac-clac » et des « clic-clic ».
Pour le « clac-clac », je lui ai déjà donné des claques un peu partout.
Rien à y faire.
Aujourd’hui j’ai profité de la ligne de partage des eaux de Saint-Cosme pour lui lancer un ultimatum, si le « clac-clac » ne cesse pas, je balance tout coté Méditerranée.
Pompe, bidon, boite à outils, j’ai tout mis sur le mur du cimetière et je suis parti. Saint-Cosme
« Clac-clac », « clac-clac ».
Je deviens fou, je saute en marche. Je secoue la bécane comme un prunier… »clac-clac »
Le feu rouge sous la selle.
Mon Cubrider II model RL700 était donc le coupable.
Au moins vingt ans d’âge. Comme le temps passe vite!
Je retourne reprendre pompe et bidon, le feu rouge dans ma poche.
Reste le « clic-clic ».
Celui-là, je l’ai à l’œil.
C’est un « clic-clic » pédale droite basse.
Mon expérience me dit que je suis bon pour une consultation chez le docteur vélo.
Je pense au roulement de pédalier.
Abruti de Maxou: c’est le capteur de tour pédalier qui frotte sur la manivelle.
Je classe en catégorie « humour », non mais sans blague!
A Joncherey, Territoire de Belfort, demi-tour et cap sur Thann. Vous avez vu tous ces plans d’eau?
Mon voyage du jour prend la route.
J’ai mis un fil à plomb devant la carte et j’ai pris le sud.
J’ai stoppé à Réchésy.
J’ai fait une branche ouest pour ne prendre le même chemin au retour.
A Joncherey (Guntscherach en allemand), demi-tour et cap sur Thann.
Mes itinéraires vélo ressemblent à la navigation maritime.
Mais elle est sur terre.
Mon titre s’intitule « zones à défendre » tellement j’ai rencontré de sépultures et de stèles de toutes sortes des deux guerres.
Notre terre est marquée à jamais par notre histoire proche.
Images…
On en mangerait. Nénuphars à MertzenHabitat traditionnel d’AlsaceLa commune s’est ingéniée à construire un moulin au centre du village (Uebertrass)Unsere liebe Frau von Grünenwald est sur le ban de Ueberstrass mais dépend de Friesen. Dégommée en 14 et reconstruite dans les années 30. Lieu de pélerinage. Joli cadre de verdureUnsere liebe Frau von Grünenwald, les commodités sont dans l’esprit architectural des lieux. Decaux n’aurait pas fait mieux. Vespasien non plus.Là c’est le carrefour de Réchésy…et le monument dédié aux ambulanciers de la guerreMon attention est attirée par Florimont à droite de mon parcours. J’y file. L’église a été construite en 1863 pour remplacer l’ancienne église dont il ne subsiste que le clocher. Majestueux édifice pour une population qui ne comptait pas 500 ouailles à l’époque!Je grimpe au cimetière qui surplombe le village. Subsiste l’ancien clocher de l’église détruite et mentionnée en 1275Avec mes pneus fins, je ne monterai pas à la tour de Florimont qui est située au-dessus du cimetière. Ruine subsistante du château fort . En 1583, un incendie détruit le château qui est reconstruit. Pendant la guerre de Trente Ans, vers 1632, les troupes suédoises, qui ravageaient les campagnes autour de Belfort, pillèrent la ville et le château qui ne se releva pas de ses ruines.Joncherey. Stèle à la mémoire du caporal Jules André Peugeot tué cinq heures avant la déclaration des hostilités de 1914. Pas de parenté mentionnée avec les automobiles Peugeot. Lire l’histoire sur WikiCe char est exposé dans un haut de côte dangereux. Prudence si vous vous arrêtez. Le 5 novembre 1944, des chars Sherman se dirigent vers Magny…lire la suite ici
A Chavannes-les-Grands, il existe un petit cimetière sur le GR5 direction Montreux Jeune avec les sépultures d’un lieutenant et de ses soldats tous tués en 1914.
Les petits cygnes font leur footing matinal sur le grand canal de Niffer .
Si nos aïeux revenaient.
Je me suis souvent demandé, si nos aïeux revenaient, ce qu’ils trouveraient changé.
Les villages qui se sont agrandis, les voies élargies, le trafic routier envahissant…et un cortège d’échoppes fermées et de champs abandonnés remplacés par de laides zones commerciales.
Il me suffit de revenir dans mon ancien terroir au bout de quelques mois pour voir de tels changements.
Et aussi la même complexité pour le cycliste en milieu urbain.
Sur ce plan, je n’ai pas vu d’amélioration, toutes les chausse-trappes d’antan sont toujours là dès qu’il faut traverser l’agglomération mulhousienne.
Des giratoires à foison où le cycliste est drossé sur les trottoirs, des feux pédagogiques systématiquement au rouge à votre arrivée,…bref, la vie cycliste n’y est pas plus belle qu’avant.
Les Vosges disposent d’un capital sympathie dès que les beaux jours reviennent.
Je parle des touristes qui reviennent chaque année.
Les Vosgiens d’ici la pratiquent par tous temps.
Ce sont les inconditionnels de la montagne ballonnée.
J’étais depuis hier soir à la recherche de je ne sais quel parcours tortueux à faire aujourd’hui en route ou en VTT.
Puis je suis parti me coucher sans savoir où j’irai.
Ce matin, pas de temps à perdre car je souhaite éviter l’après-midi qui s’annonce chaude.
J’ai donc fait simple.
Les chèvres de Kohlschlag se baladent le long de la route
Amic-Hundsrück.
On pourrait dire un format classique qui tient en trois heures.
Des dizaines de cyclos, certains venus de l’extérieur.
Le signe qui ne trompe pas, c’est le petit sac à dos qui témoigne qu’ils sont en voyage.
Des adeptes de la montagne déterminés pas fâchés d’en découdre avec les pentes vosgiennes.
Les Vosges à Goldbach
Christian est déjà là à l’espace repos du col Amic.
Un rencontre fortuite.
Échange de nouvelles, évocation des belles années, on se quitte.
Deux cyclotes LRV qui abordent la montée de Goldbach.
Bon courage!
Quelques bucoliques qui daignent s’arrêter pour photographier Bitschwiller et son écrin de verdure.
Un autre qui déclare forfait peu avant la fourmi et s’assoit sur la glissière.
J’en peux plus …c’est encore loin le sommet?
Trois cents mètres…
J’ai un peu minoré pour l’encourager à remonter en selle.
La jeune gazelle qui me dépasse est polie, elle me dit bonjour et enroule un bon braquet sans souffle court. Elle, au moins, n’a pas besoin de savoir si le sommet est encore loin, elle file rejoindre ses copains déjà en haut.
Bon, j’ai accompli mon exercice du jour sans raté.
Ces deux-là descendront le Hundsrück en quatrième vitesse. Des pros, à n’en pas douter.
En descendant le Bourbach, un couple devant qui mouline fort.
Comme je suis un grand bavard de l’écriture, je me dois de compenser l’exercice verbal par l’exercice physique.
J’ai tout de même grimpé dans ma peine le Hundsrück par le Steinby avec son petit 9% avant la première courbe et son 12/13 après le plan Diebold.
La route n’est pas insidieuse, elle ne nous prend pas en traître; j’en connais les difficultés comme ma poche, ses imperfections, ses rapiéçages, ses granulats roulants, pas roulants…et j’ai l’œil rivé sur le cardio comme le machiniste sur le manomètre de sa chaudière à vapeur.
Puis à la sortie de Houppach, je m’arrête.
Et je contemple la vallée.
Je suis un contemplatif, ça ne vous échappe pas.
Les lavandières de Guewenheim m’interpellent.
Tant qu’y’aura du ling’ à laver On boira de la manzanilla Tant qu’yaura du ling’ à laver. Des homm’s on pourra se passer Et tape et tape et tape avec ton battoir Et tape et tape tu dormiras mieux ce soir.
(Luis Mariano)
Ceux qui ont connu la chanson feront la relation avec ces figurines de femmes au lavoir.
En montant le Boenlesgrab. Fontaine mise en valeur. Dommage qu’on hésite à y boire!…
Aujourd’hui, Boenlesgrab.
Adossé au Petit-Ballon, j’ai croisé une dizaine de voitures qui redescendaient, ce qui témoigne de l’attraction pour les lieux.
J’avais en souvenir la distance avec cette route qui serpente lentement.
Je suis monté « à ma main » comme on dit en jargon cycliste.
Sans trop peiner, délesté de mon surpoids endémique.
J’ai regardé, raidard existe dans la littérature cycliste.
Raidard : raidillon, passage raide. Ex. « Fais gaffe, après y’a un raidard à 15%. »(source)
L’auberge du Boenlesgrab a fière allure depuis sa rénovation. 5 km d’ascension et 428m de dénivelée. Je poursuivrai par le chemin jusqu’au Firtsplan et je rentrerai par le Bannstein. Un beau parcours de 77 km et une dénivelée honorable.
En matière de raidard, les cyclos routiers du Haut-Rhin ont le choix.
Neuenweg (celui-là, je crois me souvenir que j’ai fini à pied!) exact, Jacques a retrouvé la photo, je crois me souvenir qu’il a été le seul de l’équipe à finir la grimpée sur son vélo
Montée de Neuenweg au col « Auf der Eck » sur la L131 qui nous ramenait à Badenweiler par le Sirnitz.
Clin d’œil à ce rendez-vous planétaire du ballon rond qui débute demain. Depuis que la violence a envahi les stades, les administrateurs nous supplient en entrant de ne pas casser la gueule à l’arbitre…ni de lui cracher dessus. Salaud d’arbitre!
Occupé par ailleurs, je ne délaisse pas le vélo pour autant.
J’en promène au moins un le soir, comme on promène son chien.
Mais le mien ne crotte pas.
Après le diner, la balade digestive.
La haut-fourneau ne s’essouffle jamais. Le passé minier de la vallée est loin derrière nous.
J’explore des quartiers inconnus sur mon vélo.
La dernière friche industrielle, lieu de rencontre amoureuse, est presque devenue romantique. La jeune fille attend son galant.
A l’écart des chemins de grande randonnée.
lavage du minerai de fer
Et je tombe sur d’improbables ruelles peuplées de ruines, de friches en jachère.
Le soleil se couche derrière le Rossberg. J’enfile mon gilet jaune et je rentre.
J’ai arpenté la campagne et je n’ai vu que des cours encombrées de tuyaux, de Kärcher et de tapis qui séchaient au soleil.
Les orages sont locaux, puissants et insidieux car ils font douter les bâtisseurs qu’ils ont fait le bon choix avec des sous-sols semi-enterrés, devenus réceptacles des fossés défaillants.
Le panneau (n.m.)
Chemin vicinal ordinaire.
La panneau est d’origine sans aucun doute.
A cette époque là, on arrêtait le cheval pour lire les distances.
La brume a encore du mal à se détacher du massif (Bourbach le Haut)
Entre deux orages, je saute sur le vélo.
Avec le VTT, on se contente souvent de peu.
Une fois au Hundsrück, je redescends par les sentiers à Rammersmatt, puis à Roderen.
C’est tout pour aujourd’hui.
Cet abri du Steinby n’est plus entretenu. Il est vrai qu’aux portes de la ville, il ne présente plus d’intérêt vu que les randonneurs montent en voiture jusque là.
Au monument du Hundsrück, un campement alors que l’accès aux véhicules est interdit…Ils sont encore à peine réveillés.
La vue est toujours belle depuis le Hochburg, y compris avec de la brume
Moutain Bikes Foundation recevait ses amis ce soir à Michelbach sous l’impulsion de Jean-Luc, le représentant de l’association pour l’antenne vosgienne.
L’occasion de faire un parcours autour du village avant les réjouissances.
Je viens tôt quand le soleil est dans mon dos et qu’il n’écrase pas encore le relief.
On pourrait dire que le paysage est complètement factice, vu que les hommes l’ont façonné en construisant devant le village une retenue d’eau qui alimente Mulhouse depuis la Doller.
Parfois c’est gâché.
Mais là, reconnaissons que l’ensemble est harmonieux.
Vous aurez reconnu Michelbach qui jouit d’un privilège de notoriété pas toujours au goût des habitants qui doivent endurer le va-et-vient des automobiles qui se rendent au parking du lac.
J’ n’en avais pas cueilli trois brins Qu’un rossignol vint sur ma main Il me dit trois mots en latin Que les homm’s ne valent rien Et les garçons encor bien moins ! Des dames, il ne me dit rien Mais des d’moisell’ beaucoup de bien.
Je n’ai jamais entendu un rossignol tenir une telle conversation.
Les gorges de la Moselle à Archettes, très jolies. Je quitte Epinal et l’humidité d’hier m’a entamé le moral et le physique, mes vêtements sont encore humides. Vaude va me donner combien pour la pub?
Je suis rentré.
Mon dernier parcours s’est effectué sans pluie.
Tant mieux!
Mais le temps n’était pas agréable avec seulement 13°C et cette humidité persistante de la veille qui ajoutait à l’impression de froid.
Le paysage est bucolique dès la sortie d’Epinal
A la sortie d’Epinal, j’ai sagement pris la route d’Arches et de Pouxeux qui longe la Moselle.
Cette D42 est vraiment sympa et peu empruntée à cette heure matinale
Une route dégagée du trafic routier puisque la 4 voies parallèle la libère des encombrements.
Au lavoir d’Archettes, je prends quelques notes
J’avais parfois des boulevards pour moi tout seul.
Est-ce la loco qui montait à Bussang? je ne sais pas
A Remiremont, je tenais à prendre la Voie Verte de la Moselle (ancienne voie ferrée) sans me tromper, sans prendre celle de la Moselotte qui m’aurait fait rentrer par Ventron.
Je ne voulais pas.
Je voulais rentrer au plus vite.
ça y est je suis sur la voie verte et ses innombrables chicanes, très roulante pourtant sur le plan revêtement. Pente de 1% moyenne jusqu’à Bussang
Au giratoire cyclable de Dommartin, je n’ai plus qu’a remonter les trente kilomètres de voie cyclable jusqu’à Bussang.
La Moselle à Rupt sur M….Photo piégeuse, pour la prendre, j’ai parcouru une passerelle glissante
Je me demande si j’aurai de la pluie à Bussang
Belle signalétique. La voie Charlemagne, celle que j’ai parcourue de Metz à Thionville. On peut voir le détail ici
Je ne sais pas si les habitants de Saint-Maurice s’entendent bien avec leurs voisins de Bussang. lire la suite ici
A Bussang, la rue des Sources.
La source Marie à Bussang
Avec le petit raidillon à 9% qui me propulsera au col.
Retour en Alsace, je prends l’itinéraire cyclable à Urbès. Quel contraste avec la Voie Verte vosgienne! On est secoués mon bagage et moi jusqu’à Thann. Drôle d’accueil pour les cyclistes de passage! Franchement de ce coté çi de l’Alsace on est en retard d’un wagon ou d’un métro si vous préférez
J’avais vu des cartes postales dans le passé et tous les peintres se ruent sur Collioure pour se faire la main avec ce paysage de rêve. Continuer à lire … « Retour en Alsace »